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QUESTIONS d'ACTUART

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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 09:12

Printemps arrive, les acteurs de l'art s'éveillent! Depuis le début 2011 plusieurs courriers à teinte politique sont arrivés dans notre boîte aux lettres:

 

Ce qui confirme sans aucun équivoque que l'art, l'argent et la politique sont étroitement liés. Ils l'ont été d'ailleurs depuis la nuit des temps, puisque si les artistes du Moyen Age vivaient largement des commandes de l'Eglise, à la Renaissance l'art suivait l'Etat et les grands commanditaires privés, aujourd'hui il suit l'argent dans les nouveaux paradis financiers du Moyen Orient et de l'Asie. Donc rien de plus naturel!

Nicole Esterolle, vous pouvez écrire toutes les chroniques du schtroumpf, ceux qui ont le pouvoir financier et implicitement politique en feront toujours à leur guise. Bientôt il n'y aura d'autres lecteurs pour vos chroniques que quelques frustrés en mal de révolution. Vous allez lasser votre public si vous passez votre temps à vous quereller et à ne faire que dénoncer à tout va.

Votre contestation si vive contre l'art contemporain, devenu aujourd'hui art pompier - complètement institutionnalisé avec des unités décentralisées comme les Fonds Régionaux d'Art Contemporain - n'a rien de nouveau, nous l'avons dit maintes fois sur Actuartlyon. La querelle de l'art contemporain des années '90 en France n'a mené à rien, sinon à éloigner le grand public de l'art, comme aujourd'hui les déboires de nos dirigeants aboutissent à l'éloignement des électeurs de la classe politique. Et voilà qu'elle recommence!

D'une part, le problème de l'art en France est qu'il y a un ministère de la culture, ses Centres d'art contemporain, ses subventions qui tuent les initiatives privées et l'autonomie des choix artistiques, le formatage au niveau des institutions culturelles étant le même qu'à n'importe quel niveau administratif de l'Etat. Et nous insistons fortement sur ce constat, car nous avons rencontré des cas déséspérants, dont le comble est d'avoir à la tête de la Direction Culture de la Ville de Lyon une personne complètement étrangère aux thématiques supposées par ce poste...

D'autre part, comme seul l'art contemporain, par son polymorphisme et parfois son fort potentiel de scandale, permet aujourd'hui d'exister sur la scène médiatique, tous les richissimes de cette planète trouvent dans l'art contemporain l'objet sublime qui leur offre l'impression de suprématie sur leur semblables. Plus c'est cher, mieux c'est.  Seul art hors de prix encore disponible sur le marché - car l'art ancien, gelé dans les musées, soumis à des règles strictes de conservation du patrimoine national, est définitivement retiré du marché, du moins en France -, l'art contemporain profite à ces cercles fermés de ces oligarques qui ne savent plus quoi faire de leur argent, même si tous les centres d'art contemporain et les galeries qui gravitent autour des FRAC revendiquent haut et fort la volonté de rendre "accessible" et proche du grand public la création actuelle. D'ailleurs comment la définir, cette création actuelle?

Entre l'indifférence de ceux qui font le marché, la satisfaction des institutions et leurs satellites et la critique de leurs détracteurs comme Nicole Esterolle, QUI se soucie vraiment du grand public, de l'image qu'il reçoit et de la signification qu'il donne à l'art dit "contemporain"? Tout comme les dérapages des politiques font la une des médias, l'incompréhension et l'absurde font le scandale de l'art contemporain. Savoir pourquoi on poursuit Thierry Ehrmann pour sa Demeure du Chaos et on acquiesce à l'exposition de Jeff Koons à Versailles est complètement futile pour plus grand nombre. Il serait plus constructif de leur donner les clés de l'art!

Dans notre société basée sur le profit et sur l'individualisation, le souci des acheteurs est que l'oeuvre prenne de la valeur, que l'artiste remonte sa cote. L'estampille par excellence est celle de l'institution publique. Takashi Murakami l'affirme clairement: son exposition à Versailles fera grimper sa cote. Et la grande perversité du système est que les institutions publiques, les musées courent après les oeuvres rares alors qu'elles n'ont pas les moyens financiers pour se les offrir. Ils font alors la cour aux riches collectionneurs ou aux petits mécènes privés qui vont rêver de détenir symboliquement quelques millimètres carrés des Trois Grâces de Cranagh, ce petit panneau de bois de 37/24cm, oeuvre achetée dernièrement par le Louvre pour 4 000 000 €.

Le public, lui, est en attente d'émotion et à ce jour qu'est-ce qui leur donne cette émotion? Le cinéma, la musique, la danse, la littérature, le théâtre!!! Les arts plastiques?...

 

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commentaires

K

Tout simplement, c'est exact.
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