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QUESTIONS d'ACTUART

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14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 09:41

La chronique sauvage de Nicole Esterolle

Taupinière et palissade

le-tas-de-d--blais-pdf.jpgPayées par le contribuable français, voici deux œuvres de l’artiste Hans Schabus : un tas de déblais obtenu par le creusement d’un tunnel entre son atelier et la galerie de son marchand et puis la palissade en planches de bois qu’il a construite l’an passé devant le FRAC-Institut d’Art Contemporain de Villeurbanne.

la-pallissade-pdf.jpgLe texte suivant explique la « démarche créatrice» de l’artiste :« A travers ses sculptures, volumes architecturaux, actions, vidéos et photographies, Hans Schabus s'intéresse aux notions d'espace, de perception des réalités spatiales de toutes sortes, aux mouvements dans un espace donné. Il visite, explore les espaces, il modifie, déstructure et restructure les lieux afin de modifier les repères conventionnels, les siens et/ou ceux du public. Il propose ainsi la possibilité d'une fuite perceptive et existentielle par une nouvelle appréhension de l'espace et des lieux »…

Dans ces conditions, et au point où l’on en est dans ce domaine de l’art d’État, , on est en droit effectivement de se poser la question de savoir si on peut et même si l’on doit « sauver » la culture.

Peut-on encore « sauver » la culture ?

Hans Schabus, est le prototype de ces innombrables artistes « émergents - sur-la-scène-internationale » , qui fournissent en produits certifiés d’origine contrôlée par le Ministère et labellisés « pur art contemporain », les musées, les FRACs, les centres d’art, les galeries et les lieux subventionnés, dédiés à cet Art … Il n’est pas le pire des représentants de cet art officiel dit contemporain …

zhuyu6.jpgJe pense à cet artiste chinois qui dévore en public des fœtus humains bouillis, à cet autre français qui faisait des boudins de son sang pour le faire manger à ses amis et qui a obtenu grâce à cela un poste de prof à l’Ecole des Beaux-Arts de Nancy, à cet autre qui coupe des vaches en rondelles, à cet autre qui suspend un énorme homard dans la Galerie des Glaces du Château de Versailles, à cet autre obsédé copain de Verney Caron qui couvre tout ce qu ‘il voit de rayures noires et blanches, etc., etc. Je pourrais vous faire une liste cinquante pages de ce genres d’extravagances payées par l’Etat français ou les collectivités locales aux ordres de leurs DRAC respectives.

Et il y a manifestement un gros sujet d’inquiétude avec cet art contemporain –là, et avec tous ses protagonistes, qui ne vont évidemment pas bien ni du cœur, ni de la tête ; avec l’extension de cette pandémie mondiale de l’inepte en art (en liaison étroite d’ailleurs avec l’inepte économique au niveau mondial).

Il est donc grand temps de prendre cela très au sérieux et de considérer ces œuvres , non plus comme vecteurs de rêverie poétique, d’élévation, de rédemption ou de transcendance, mais plutôt comme signes d’une grave régression , d’une profonde perturbation de l’esprit, de l’affect, des repérages sociaux et spatio-temporels, comme symptômes d’une sorte de pathologie très particulière liée au délabrement général des repères psycho-familio-économico-sociaux.

Perturbations spécifiques aussi des situations d’enfermement, où les individus s’entre-dévorent, font des trous et des palissades justement, s’agitent, hurlent à la culture pour justifier leur appointements, urinent partout pour subvertir le bourgeois, jargonnent pour ne rien dire, délirent à qui mieux mieux. Et il nous faut bien admettre , en effet, que le dispositif institutionnel art contemporain, qui , depuis trente ans se consolide dans cette situation de repliement autistique et totalitaire , n’est pas pour rien dans l’extension de cette pathologie…comme l’étaient l’appareil soviétique, le système de Père Ubu ou celui du Père Ceaucescu, il n’y a pas si longtemps.

Alors il faudrait , puisque nous sommes en démocratie et en pays des Droits de l’Homme et de la Sécurité Sociale, nous préoccuper de ce phénomène. Il faudrait sauver tous ces gens d’appareils, toute cette monstrueuse faune artificielle proliférant à l’intérieur et autour des tuyaux d’alimentation en argent public, tous ces intégristes de l’art, tous ces communautaristes, ces talibans incultes (pas un seul qui connaisse Eduardo Cremonini – je pense à lui parce qu’il vient de mourir- ami de Umberto Eco, Alberto Moravia, Italo Calvino et de centaines d’artistes et d’écrivains qui ont fait l’art de la fin du 20e siècle), talibans décérébrés qui sont plus à plaindre qu’à blâmer pour la plupart ; il faudrait d’abord les désarmer, puis les aider, les réintégrer socialement, les désintoxiquer, les réhumaniser, leur réapprendre l’histoire de l’art, la vie, l’amour du prochain, la beauté du monde.

Pour cela il faudrait arrêter de subventionner leur délire destructeur, leur subversivité de pacotille, et consacrer l’argent des subventions non plus à entretenir ainsi une nécrose dont on connait maintenant bien la nature, mais à la soigner.

Mais quand vous proposez cela à un politique, qu’il soit de droite ou de gauche, d’en haut ou d’en bas, il dit : « Je ne sais ni ne comprends rien à l’art contemporain, mais ce que j’ai compris, c’est que ces gens sont des chercheurs, des expérimentateurs de pointe… Leur couper la perfusion d’argent public, ce serait comme si on arrêtait de financer le CNRS » !

Et c’est ainsi , qu’en entendant ça, consterné, on est amené à penser que la culture ne sera paradoxalement sauvée que lorsqu’il n’y aura plus d’argent pour elle dans les caisses de l’état, et que, dans cette situation , on sera bien obligé d’arrêter de prescrire bêtement le symptôme au nom de la recherche médicale de pointe, de cesser d’alimenter les fibromes artistiques , les oedèmes, et autres enflures culturelles au nom de la sauvegarde des emplois bidon et d’on ne sait quel rayonnement culturel hautement nocif pour la santé mentale des citoyens de ce pays.

Nicole Esterolle

(j’ai proposé mes chroniques à divers quotidiens, hebdos, mensuels, gratuits ou payants, culturels ou profanes de Lyon… Mais tous ont refusé de les publier. Alors j’ai décidé de les passer gracieusement et régulièrement par internet aux divers acteurs lyonnais de l’art et de la culture)

 

REACTION D'ACTUARTLYON

Ouvrir son reg-art

oeilnb.jpg« Déconcertant, dérangeant, scandaleux pour certains, innovant, inventif pour d’autres, ce jeu est bien peu de chose comparé à ce que le monde dans son organisation actuelle est capable d’engendrer. Quoi que fassent les artistes contemporains, leurs œuvres les plus incongrues, les plus provocantes et en apparence les plus barbares ne sont guère en mesure de concurrencer en atrocité et en épisodes sanglants le réel tel que nous le renvoie quotidiennement son écho médiatique et électronique : victimes déchiquetés par les attentas, otages suppliciés, prisonniers torturés, violés, égorgés ! » [1] lire la suite

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commentaires

N


Chère Eliane,
merci pour cette réaction avec laquelle je suis d'accord à 100% bien sûr....
il reste encore une grande majorité de gens "normaux" comme vous et moi
dans ce monde de tordus, qu'ils aient l'alibi artistique ou non
Nicole



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E


Je suis d'accord avec vous : ces artistes sont des fous tout juste sortis d'un asile ! Ce chinois dévorant des foetus humains, cet autre creusant un trou dans une expo, ou encore celui qui fait
un tas de bois, que l'on peut trouver dans les jardins de tout un chacun, des homards suspendus dans un château renommé français, c'est de la folie douce et un outrage à notre culture artistique
qui a tant fait notre renommée ! Quelle dégringolade ! Et de plus, financée par l'Etat, c'est-à-dire les Français ! C'est comme cette expo chinoise (encore les chinois...) où l'on exposait des
corps découpés en tranches !!! Quel irrespect pour l'humain ! Comment est-on descendu dans une telle bassesse ? L'art devient du "grand n'importe quoi" qu'on jette aux pauvres ignares qui
applaudissent ! Quant à Actuartlyon, quelle comparaison ridicule ! Ce qui se passe dans le monde comme atrocités a toujours existé et existera toujours malheureusement, et occulter la folie qui
envahit le monde artistique contemporain ne changera rien à la donne ! C'est comme si vous disiez de ne pas vous soucier de la souffrance des animaux car les humains qui souffrent sont plus
importants ! A chacun son combat et sa cause ! L'un n'empêche pas l'autre ! Si des artistes se sentent offusqués, c'est qu'ils n'ont rien compris à l'art, le véritable art et qu'ils se vautrent
eux-mêmes dans la boue !



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B


Génial !


Le temps d' une RENAISSANCE de de nouvelles valeurs artistiques me semble "proche". le ras le bol se généralise, des textes critiques de plus en plus violent fleurissent (arrivant de temps à
autre aux médias de masse); des artistes proposent déjà de nouvelles voies, mais les portes leur sont pour l' instant fermées.


Votre texte est génial, ça raisonne comme un manifeste.


Continuez comme ça, bravô !


 



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G


Bonjour,


L'article ci-dessus à le mérite de se positionner et de faire entendre une voix qui soulage beaucoup de personnes sceptiques (pour ne pas dire plus) quant au système de l'art contemporain, à son
évolution, à ce que les institutions décident de montrer ou non. Je crois qu'il est nécessaire d'avoir ces débats et de remetre en question ce qui nous est proposé. Toutefois, je trouve que les
attaques de cet artcicle ne sont pas pertinents. Heureusement, madame Esterolle, que tout le monde ne pense pas comme vous car on peut dire que votre jugement est peu nuancé et très coercitif.
Vous semblez très certaine de ce qu'est du 'bon' art ou du 'mauvais' art, que cela est appliquable à tout le monde, on peut dire que c'est pour le moins présomptueux. Il vous a peut-être échappé
que les individus sont tous différents, que leurs aspirations sont différentes, et que leurs jugements du bien et du mal le sont également. Que doit apporter l'art? Par quel biais un art
contemporain actif passe-t-il? Quel imprégnation dans le présent doit-il avoir? Quelle en est sa fonction? Autant de questions qui ramènent des réponses différentes suivants chacun et qu'il me
semble difficile de critiquer, tant chaque réponse est personnelle et échappe au cercle de la morale. Vous allez sans doute me dire que vous critiquez sans doute plus le sytème que les artistes
eux-mêmes, c'est à dire que: ce sont toujours les mêmes artistes qui sont montrés, les institutionnels sont des gens snobs et méprisants, vous dites mêmes à plusieurs reprises que ce sont des
talibans. Ce dernier terme, je le trouve intéressant car en matière de censure et d'idéologie dogmatique, vous ne semblez avoir à prendre des leçons de personne. En tout cas, là encore, je trouve
irrecevable cette présomption de culpabilité de, de qui d'aiileurs? des politiques, des directeurs de musée, de galeristes d'art contemporain? enfin bref d'une masse indistincte de gens tous
pourris qui veulent le déclin de l'humanité, le chaos dans nos vies, qui méprisent la veuve et l'orphelin, ou peut-être tout simplement qui sont des gens négligents et jmenfoutistes. Comment
pouvez-vous penser que tous les décideurs en art contemporain (ou une majorité) puissent tous être incompétents, idiots, irresponsables, malveillants, cyniques ou ennemis de l'humanisme? Je crois
que ces gens-là sont comme partout ailleurs, différents, et qu'ils sont bien aussi responsables et respectueux des autres que n'importe où ailleurs. Je terminerai cette réaction en disant ceci:
Les codes de l'art contemporain sont tributaires de l'histoire de l'art et de l'histoire tout court. Ils nécessitent un apprentissage et une implication importante de ceux qui veulent en retirer
les fruits. On peut regretter que l'art contemporain ait pris cette forme qu'il a aujourd'hui majoritairement et qu'on peut qualifier de post-duchampienne, qu'il soit régie par des codes autres
que ceux du milieu du XXè siècle, que ces codes soient plus complexes qu'on veut bien nous le dire, mais ce débat me semble sans utilité. La forme actuelle de l'art n'a pas tant d'importance que
cela pour plusieurs raisons:


1. Quel que soit la forme qu'il prenne, l'art exprime la même chose depuis toujours en fonction de deux critères: la perception de son auteur et le contexte historico-social de son éxecution.
Seules les référents formels changent. Les questionnements existentiels, esthétiques, sociaux, les aspirations mystiques, poétiques restent les mêmes. Et c'est cela qui est important pour le
regardeur, c'est cela qu'il reçoit.


2. Même s'il existe un art d'un certain format particulièrement plébiscité en France dans une majorité de grandes institutions dédiées à l'art contemporain, il existe tellement d'artistes
différents et de lieux d'expositions que la diversité est une réalité pour qui se donne la peine de la voir avant de crier qu'elle n'existe pas.


3. Si l'art d'avant était mieux, il existe nombre de musées qui peuvent satisfaire des affinités différentes des canons actuels, que ce soit de l'art ancien ou de l'art moderne.


Bref, tout n'est pas si mal et il faut avoir des démarches intellectuelles plus rigoureuses si on ne veut pas avoir des arguments d'émotion qui reflettent juste une frustration située à d'autres
endroits.



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P


Oui je suis bien d'accord avec tout le monde, l'art officiel est insupportable de cynisme et d'arrogance, cela fait biensûr écho aux "valeurs" économiques qui dominent actuellement.


Quant à couper les vivres à tous ces escrocs ce serait une bonne chose mais cela me semble difficile sans une révolution générale de la société. Pour ma part je suis optimiste, à court, moyen ou
plus long terme, tout ceci va s'effondrer et on n'entendra plus parler de ces faux artistes et vrais cupides.


 


Moi je fais des tableaux dans mon coin et me fout royalement des subsides de toutes sortes.


Vive la liberté!


 


Amitié



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J


Dans le genre ZHU YU (mangeur de foetus humain ) , il y a un Anglais, Damien Hirst qui est pas mal non plus .Mais ce qui m'inquiète le plus, ce ne sont pas ces quelques "artistes" ils sont une
très faibles minorité et on les oubliera vite,même s'ils focalisent un temps, toute l'attention des médias. C'est surtout la fascination d'un certain public, les expos de HIRST sont bourrées de
curieux, voir une vache pendue, éventrée, les viscères étalées, des écorchés et j'en passe et des pires, c'est à ce niveau là qu'il faut se poser la question, qu'est ce qui motive autant de gens
à se déplacer, le cinéma d'horreur ne suffit plus, il faut du réel, du concret, jusqu'où iront-ils ?  Et je crains que quelque part ces "artistes" répondent à une certaine demande et là , ça
craint.



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J


Difficile de définir des limites dans l'expression artistique, je pense que chaque artiste porte en lui ses propres limites. Et il est normal, quand cette expression devient une pathologie
psychiatrique, de le dire. Il y a eu des travaux très interessants , au niveau artistique en milieu psy , mais cela reste de la thérapie, donc c'est de l'ordre de l'intime, mais qu'est ce que
l'intime maintenant , tout s'expose, même la "merde".


Alors merci à Nicole Esterolle, que je ne connais pas, de mettre des mots la dessus, c'est courageux et très rare. Il y la peur de passer pour un ringard, un réac , de ne pas être dans le
mouvement, on sait ou ça mène ce genre de comportement. L'art contemporain est multiple, il y a encore de magnifiques choses à découvrir.  a+


 



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C


A peine debout ce matin j'ai plonge dans votre site,tout cela me parle,enfin un langage elevateur sur l'art ca fait du bien,tres belle selection,continuez comme ca!



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I


Bonjour et merci pour cet article. Toutefois j’avoue rester perplexe face à ce chinois mangeur de fétus humains, d’autant que je n’en
avais jamais entendu parler auparavant.  Il aurait-il moyen d’avoir son nom ?



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A


Bonjour Isabelle, le nom de l'artiste chinois est Zhu Yu.



N


Quel journalisme! Je vous trouve très courageuse et j'aimerais connaître plus de personnes de votre trempe



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N


Nombreux sont les gens qui partagent votre dégoût et votre indignation !! Merci de tenter de faire passer ce message politiquement incorrect, mais si nécessaire, pour tous, artistes ou pas.



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F


Intéressant


 


Invitation à un voyage dans le temps


http://www.femmes-en-1900.over-blog.com


 






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J


Avec mes excuses pour avoir oublié de dire merci à actuartlyon qui a eu le courage de publier cette très intéressante chronique de Nicole. C'est courageux et j'aimerai bien lire les prochains
numéros.


J'aimerai aussi connaître Nicole. Si vous savez où je peux la contacter, merci de réagir à ce message.



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J


Bravo Nicole!


C'est toi qu'il faudrait subventionner pour nous désintoxiquer de toute cette organisation étatique (de type mafieux) qui monopolise la culture.



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R


BRAVO !!!


On en pleurerait, l'effet de la vérité sans doute...


Alors : MERCI !!!



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