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QUESTIONS d'ACTUART

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22 novembre 2012 4 22 /11 /novembre /2012 15:30

La chronique n° 36 de Nicole Esterolle

Il n’y a plus d’argent dans les caisses de l’Etat, et c’est bien sûr la panique dans l’appareil institutionnel et para –institutionnel subventionné, qui voit ainsi la manne publique, sous laquelle il est en permanente perfusion pour exister, se tarir dangereusement.

Sauvez-nous, Madame la Ministre ! implorent les 1.600 professionnels de l’art contemporain et les 550 structures culturelles (musées, galeries subventionnées , écoles d’art, artothèques, centres d’art, AICA, bibliothèques, Fonds régionaux d’art contemporain) groupés sous le label CIPAC, pour la défense de leurs prérogatives.

 

Sauvez la culture ! pétitionnent –ils à tout va…Car la culture, c’est eux et en aucun cas les artistes comme le disait, il y a quelques années, un des responsables de cette organisation, lors d’un de ses congrès annuels, avec cette formule devenue célèbre : « Quoi ? Inviter des artistes à notre congrès ? Et pourquoi pas aussi inviter des malades à un congrès de médecins ? »…

 

Mais pour ce qui est d’inviter les Pinault, Lambert et autres richissimes collectionneurs à profiter du dispositif muséal et patrimonial publics pour valoriser leurs produits, là, il n’y a pas de problème, pas de conflits d’intérêts, pas de magouille…et puis quoi, quelle dérogation à la morale et au droit communs, ne se permettrait-on pas pour aider cette grande cause et « exception » nationale qu’est la culture? .`( Et puis, que voulez-vous, aux prix pharamineux qu’atteignent lesœuvres du grand marché, il est impossible de leur faire une belle expo à Beaubourg sans le « soutien » de la grande galerie et de ses collectionneurs milliardaires qui voient ainsi leur produit prendre encore plus de valeur… et être dès lors encore plus inaccessible pour les expos et collections muséales, etc. )  

 

Et pour ce qui est d’inviter toutes les associations et structures subventionnées à devenir des outils de propagation de l’esthétique foutage de gueule du grand marché spéculatif de type Koons, Hirst, Murakami, Cattelan, etc., , aucun problème non plus ! La collusion patente entre l’appareil institutionnel et le business art international étant une pratique courante et tout à fait naturelle dans la tête des gens du CIPAC, tout comme, corollairement, peuvent l’être leur mépris et leur méconnaissance de 95% de la production artistique de ce pays ( Cruel tout de même pour tous ces dévoués de la culture de classe et de fric, d’être ainsi lâchés comme des harkis, après avoir si bien servi pendant des années à l’enrichissement des spéculateurs, des administratifs et des affairistes de l’art)

 

Oui, bien que je sois résolument une femme de gauche, j’ai tendance à penser que cette pénurie d’argent pour l’art contemporain officiel est une aubaine pour l’art et les artistes, car elle peut être utile pour une vraie réflexion sur l’interventionnisme d’un Etat de gauche en la matière. Je pense aussi que le fait qu’Aurélie Fillipetti « débarque » la pauvrette, sans rien savoir ni comprendre probablement à ce qui se passe et s’est passé, peut lui être utile pour une vraie, libre et sans a priori restructuration de son appareil.

 

Enfin, j’ai été immensément heureuse de recevoir cette lettre ouverte, que je vous joins ci-dessous, émanant manifestement d’un agent d’Etat pour l’art contemporain, parfaitement au courant du fonctionnement interne du système, dissident du CIPAC, traitre à la nation: une taupe je présume, un infiltré, un retourné, qui doit absolument cacher son identité pour ne pas être fusillé sur le champ par les sbires de la DRAC la plus proche.

 

Cette lettre devrait être lue solennellement à l’ouverture du prochain congrès du CIPAC.Elle prouve qu’au sein- même de l’appareil, il y a de la résistance cachée. Elle prouve que tout le personnel n’est encore complétement lobotomisé par les terrifiants sermons des innombrables ayatollahs de la doxa artistique française tels que les Blistène, Bouriaud, Sans, Ardenne, Millet, Douroux, De Loisy, Pacquement, Allizard, Marcadet, Lequeux, ect., dont il faudra bien couper la chique un de ces jours.

 

Lisez-la absolument, c’est un bijou de haute orfèvrerie, un régal absolu pour le cœur et l’esprit ! Voici cette lettre ouverte :





Madame la Ministre de la Culture, 

L’ensemble des personnels sécuritaires de l’art contemporain français, réunis dans la CIPAC ( Confédération Interprofessionnelle des Polices Artistiques& Critiques ), dit aujourd’hui son inquiétude et son incompréhension, vu son budget-fric global qui reste bloqué chez vous.

Cette décision de geler l’augmentation de notre fric public ne va bien sûr rien changer à la condition de l’écrasante majorité des artistes de ce pays — pour eux, depuis longtemps c’est déjà l’enfer, haha ! — mais elle va gravement amplifier notre petit malaise à nous, corporation tellement miteuse que depuis des années déjà, elle ne récoltait que le plus petit budget du Ministère de la Culture. Et notre syndicat vous le demande solennellement : pourquoi ça, hein, pourquoi ? Dites-le nous donc si vous êtes vraiment une Miiinistre ! Car tous les autres cultureux nous rigolent au nez quand on leur pose la question...  

A côté des grands institutions de l’art contemporain que nous abhorrons vu que nous serons à jamais infoutus de les diriger (et dont nous avons laissé entrevoir aux visiteurs étrangers consternés à la dernière Triennale de Paris, sous quels flots de néant nous serions capables de les noyer), à coté de ces grandes institutions, il y a NOUS.

NOUS : les rois de la petite expo de proximité réunissant 25 personnes et autant de gobelets en plastique le soir du vernissage. Sans budget de production pour les artistes, mais avec une petite publication financée à 100 % sur fonds publics qui finira immanquablement soldée à un Euro cinquante chez Mona Lisait, vu que personne ne les achètera jamais, mais c’est pas grave, car la seule finalité de ces opuscules est de gonfler artificiellement l’épaisseur de nos propres CV en prévoyance des jours de chaises musicales où nous nous redistribuons les postes les uns aux autres.  

Nous, les princes de la résidence temporaire à mille Euros le mois pour jeunes artistes fauchés et dociles — futurs fossiles, aux tréfonds intribulés d’introuvables provinces de banlieues. Ça ne profite ni à l’art ni aux artistes, mais ça comble la supérette, le Bricomarché et l’élu local, justifiant ainsi le financement de nos petits emplois culturels tout le reste de la sainte année.    

Nous, les commissaires, qui, dans l’attente du jour sacré où s’achèvera notre quête du Graal curatorial —l’exposition sans œuvres !!— veillons à ne mouler aux quatre vents scolaires de nos moulins artothèquaires de deuxième génération, que des idées sans formes ou bien des formes sans idées, en récitant le mantra de nos titres d’expositions ineptes : « disjonctions », « dérives et des rêves », « objet-milieu », «transition », « futurs anté- rieurs » « même pas mort » « western moderne » «looping » « vous êtes ici » « sugar water » « résonance » « caractère » « texto» « leçon de choses » « ponctuation » « géométrie singulière » « évolution » «à contretemps » « présumés innocents » « top 50 » « au pied du mur » «irrévérences ».... oui, indéniablement: «une connerie terrible est née»(Biennale de Lyon 2009).  

Nous, les promoteurs des petites écoles d’art, locales et supérieures à la fois, d’où sortiront demain les futurs formateurs précaires des stagiaires free-lance en médiation culturelle intérimaires d’après-demain. Inexorablement OGMisés par des injections de pseudo-littérature rebaptisée pratiques d’écriture et de para philosophie rebaptisée recherche, au dépens des expérimentations plastiques, nous attendons le jour où— nos écoles étant rendues au comble du ratatinement — l’Université n’aura même plus à se baisser pour nous ramasser comme des figues trop mures éclatées sur le sol, avec une pince à déchets.  

Nous, les syndics de la petite commande publique discrètement invisible pour ronds-points, abribus, lignes de tramway et restos-U; garantie sans risque pour la vue, l’esprit, et intégralement accessible aux usagers à compréhension réduite. Artologues aphémiques reconvertis en forains culturels, nous redéployons aux beaux jours nos trampolines événementiels sur d’anciens cénotaphes dédicacés : « Au monument inconnu », comme des Antéchrists de Miséricorde pour les enfants battus des« Divorcés de la Tour Eiffel ». 

Nous, les indignés moins dignes que des ouvriers arbitrairement licenciés de Peugeot, Mittal ou Lejaby, qui crions à la menace contre l’art contemporain si l’un d’entre nous est juste non-reconduit en fin de mandat, en raison de sa trop flagrante incompétence et qui lançons des pétitions de soutien internationales qui feront immanquablement postillonner de rire le microcosme artistique de New-York à Berlin.  

Nous, stoïques politiquement ! Quand le FN montrait ses crocs dans nos Régions, mettant toute la Culture en ébullition, nous seuls, courageusement, nous nous terrions. Quand la droite attaquait l’art, la culture, l’intelligence, déclenchant des tornades d’indignation, nous seuls, persévérants, nous nous taisions. Mais quand la gauche fraîchement élue revient au pouvoir — et sur nos budgets, alors, nous les premiers, énergiquement, nous pleurnichons. Des larmes — comme nos langues — de bois.

Schizophrènes des quatre fers, nous sommes de droite intrinsèquement quoique de gauche structurellement. Socio-cul pratiquement et libéraux substantiellement, nous nous sommes complaisamment offerts comme charognes en pâture à la pub, à la mode, au design et au fric, dans les ruines désertées de l’avant- garde.  

Nous, petits-enfants pénultérins issus des accouplements monstrueux de Michel Troche avec Claude Mollard, subissant depuis trente ans la violence incestitutionnelle de nos propres pères, forceurs de nos pensées, de nos gorges critiques, et même de nos entrecuisses parfois, avec leurs boursouflures statutaires turgescentes, leurs titres usurpuants, leurs salaires impudiques, leurs honoraires d’experts décalottés, leurs pratiques de frais de mission honteuses, et les giclées poisseuses de leur glamour bureaucratique compulsif étalées sans pudeur. Et voici qu’au moment où ces soixante-huitarés s’en iraient croupir leur néant théorique dans des retraites plus obscures qu’un tombeau de Max Ernst profané, vos restrictions budgétaires viendraient miner notre espoir de nous vautrer à notre tour dans la bauge de leur corruption.  

Madame la Ministre, sous notre ère, pratiquement aucun artiste d’envergure mondiale n’a émergé de ce pays. Et absolument aucun n’est parvenu à s’imposer. Pour une bonne part, vos subventions nous permettaient d’y veiller efficacement. Toutes les issues, sitôt qu’il s’en dessinait une, nous les avons bloquées successivement, et afin que même les plus grands parmi les plus prometteurs demeurassent obligés de s’en aller courbés, nous avions pris soin de faire renforcer et rabaisser le plafond de verre artistique français.  

Notre vieux pays fourbu n’en a que trop connu de ces monstres sacrés, les Courbet, Rodin, Duchamp, Léger, Picasso et autres César, ingérables de leur vivant, inassurables après leur mort, et nous avons juré: PLUS JAMAIS çA! La France n’a pas besoin d’artistes qui n’auraient pas besoin de Nous.

Ainsi, grâce à notre vigilance, nul Cattelan, nulle Whiteread, nul Fischli & Weiss, nul M. Barney, nul Mc Queen, nul Kelley, nulle Sherman, nul Koons, nul Tur- rell, nul Ruff, nul Basquiat, nulle A-V. Jansens, nul Balkenhol, nul F. West, nulle Goldin, nul Delvoy, nul R. Prince, nul Barcelo, nul Kapoor, nulle Stockholder, nul Kippenberger, nulle Kusama, nul Gurski, nul Rondinone, nulle Holzer, nul Kieffer, nulle... Louise Bourgeois française n’ont surgi.  

Nul, nul, nul artiste français ! Mais attention ! On n’est pas restés totalement inactifs non plus. Du gibier de biennale, par exemple, on en a toujours fait, un peu. De la viande d’expo collective aussi — morte ou sur pied, ça finit toujours par s’écouler sur le marché domestique. Et même du jeune broutard d’école juste diplômé, exploitable de suite en salons « jeune découverte », qui rend pas trop mal en principe, du moins jusqu’à l’âge d’abattage, au bout de trente-six mois.  

Sinon tenez. Le cas limite type pour nous, c’est les deux veaux d’or incontournables de l’officialité franco- française —Boltanski, Buren. Ils s’étaient déjà pas mal engraissés avant la création de nos exploitations, d’accord ! Il n’empêche. Grâce aux commandes et aux aides publiques de toutes sortes dont nous les avons littéralement gavés par la suite, ils n’ont jamais pu accéder à une stature indépendante et incontestable d’artistes d’influence mondiale, comme, au hasard, John Baldessari, Christo, ou William Klein...  

Aux dernières nouvelles, il paraîtrait que les Grandes Expositions, Monumenta et Versailles, vont s’arrêter !! Tout le monde dira évidemment que c’est de votre faute politique et budgétaire. C’est bien pratique. Mais c’est aussi un peu frustrant pour notre corporation dont le rôle, une fois de plus, n’est pas reconnu. Car en vérité, nous savons pertinemment, nous, que c’est précisément grâce à notre patiente œuvre d’éradication bureaucratique qu’il ne subsiste plus aujourd’hui aucun artiste français de taille à relever des défis artistiques d’un tel niveau.  

C’est à se demander si vous êtes bien maligne Madame la Ministre.

Même si vous êtes trop jeune pour vous souvenir que le véritable geste fondateur de notre prise du pouvoir absolu sur l’art en France fut une ratonnade artistique en bonne et due forme, un beau jour de mai 1972…Et voyez plutôt comment, depuis, avec si peu de fric et de compétences réunis, nous avons cependant conservé le meilleur ratio de flicage social, esthétique et intellectuel de tout le secteur culturel français !  

Avec nous, pas de crise des intermittents, nulles manifs bruyantes sous vos fenêtres, aucune inauguration sous les lazzis, point d’occupations sauvages. Juste quelques lamentations autocomplaisantes et policées comme celle-ci, strictement institutionnelle notez bien ! — aucun artiste n’a cosigné notre glorieuse page de pub dans Libé (http://www.cipac.net/actualites/la-culture-une-priorite-pour-la-france-et-l-europe.html). 

Vous n’êtes pas convaincue? Imaginez un peu une République censitaire des Lettres qui serait représentée seulement par les éditeurs, des agents littéraires et Amazon. Ou une industrie du cinéma feudataire qui ne s’exprimerait que par la voix des producteurs, des exploitants de salle et des patrons de festival. Oui, imaginez la belle paix des cimetières culturels qui prévaudrait.  

Avec nous, Madame la Ministre, le milieu de l’art français est devenu aussi calme et silencieux qu’un point de distribution des Restos du Cœur à la tombée du soir. Si parfois ça ronchonne bien un peu ici ou là, c’est toujours à voix basse, entre soi, par tout petits groupes dispersés, tandis que l’atmosphère exhale la peur diffuse et la résignation: les gueux, tête baissée autour de la marmite, ont eu vite fait d’apprendre à leurs dépens les règles qui conditionnent l’aumône artistique. Les rares qui ne voulaient pas comprendre, tous savent confusément comment nous les avons chassés, barrés, exclus, censurés, ridiculisés, insultés publiquement ou secrètement, diffamés, privés d’ateliers. Et même fait poursuivre en justice, voire menacer de mort. Et tranquilles avec ça. Car nous nous savons protégés par le vieux truc imparable des curés pédophiles : avec nos bonnes gueules culturelles et nos cartables fatigués, personne ne voudrait jamais croire que nous soyons capables d’aller aussi loin dans la saloperie: ce sont nos victimes qui risqueraient de passer pour folles!  

Oui, oui, Madame la Ministre, nous méritons bien le surnom d’enfoirés.  

Madame la Ministre, le CIPAC, notre organe officieux affirme que vous n’aimez pas l’art contemporain. A charge de réciprocité, sachez que nous non plus nous ne vous aimons guère — mais la question n’est pas là. Car, comme diraient des banquiers véreux de Wall- Street sortant de la Maison-Blanche : « nous sommes dans le même bateau ». Craignez le jour où, nous étranglés, il n’y aurait plus, face à face, que des artistes, leurs œuvres, un public, et quelques intellectuels débattant passionnément. Comme quand la France était l’épicentre mondial des arts et des idées, en somme. En un temps, il est vrai, où il n’y avait pas de bureaucratie de l’art contemporain... et pas non plus de Ministère de la Culture.

CIPAC , Confédération Interprofessionnelle des Polices Artistiques & Critiques
8 rue Yves Trouduc, Montpellier sur Seine : http://www.cipac.net/

 

   

Transférez à Madame la Ministre ! Vous pouvez transférer ce mail à Madame la Ministre, en le chapeautant de vos propres commentaires au mail aurelie.filippetti@culture.gouv.fr, ainsi qu’à sa directrice de cabinet laurence.angel@culture.gouv.fr, ainsi qu’à son attachée de presse Lydia.poitevin@culture.gouv.fr   

 

De l’insoutenable cuistrerie du« professionnel confédéré » de l’art contemporain

1- Une expo sur le thème du lit. Regardez cette petite Video réalisée un artiste de Montpellier http://www.facebook.com/l/LAQHCZm-0AQFZR70f-PUpc-g9iMkerahJkWOGGNbgv0EQ/vimeo.com/32596069

C’est en été 2011, le FRAC Languedoc-Roussillon propose une exposition « sur le thème du lit». A quelques mètres de l’entrée, des sans domicile dorment sur des cartons.

2- Un colloque sur la « post-performance »Ce colloque invraisemblable sur un non-sujet, atteint des sommets de bouffissure ubuesque. Il aura lieu les « Les 4 et 5 décembre 2012, l’École nationale supérieure des beaux-arts de Lyon propose deux journées d’études sur la « post-performance » aux Subsistances. Rassemblant, artistes chercheurs, philosophes, critiques, professeurs et artistes associés issus des écoles ou intervenant en leur sein, ces deux journées visent à produire une réflexion commune sur la notion même de performance et son devenir. » nous dit le communiqué De presse, et vous pouvez vous y inscrire sur :

http://www.ensba-lyon.fr/danslesmurs/1213/PostPerformanceFuture/ 

Tous ces colloques, journées, rencontres, etc., sous des prétextes sans objet véritable et tous plus ridicules les uns que les autres, sont en fait, des occasions, tous frais de nourriture, voyage et hébergement payés par la princesse, de se retrouver entre soi, de s’auto-congratuler, de se rassurer et de resserrer les liens de solidarité dans le réseau des professionnels confédérés dans cette grande communauté de l’inepte flamboyant qu’est le CIPAC…. Cette espèce de fuite en avant désespérée, de plus en plus délirante, imbécile et paroxystique, ressemble fort à l’ ultime spasme de l’appareil en phase terminale d’auto–asphyxie post performative.

________________________________________
texte que vous pouvez trouver aussi sur le site : www.schtroumpf-emergent.com
et sur Mic Mag, le magazine des médias libres : www.micmag.net/es/voz-libre
et sur 9 propositions pour une renaissance artistique en France  

 
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31 octobre 2012 3 31 /10 /octobre /2012 11:02

La chronique n° 35 de Nicole Esterolle

Une image très odorante

 

Madame la Ministre,

01-Au-Muse-ue-d-Unterlinden-.jpegJe vous joins cette image qui est parue dans le Monde du 13 10 2012, pour accompagner un article intitulé « l’art n’a pas d’odeur »… C’est une image qui pourrait en effet figurer en couverture du dossier brûlant intitulé Art Contemporain , que vous ont transmis vos prédécesseurs : un paquet-cadeau du genre patate chaude et très malodorante…  

 

Alors, que voit–on sur cette image ?

    1 - Le jeune Adel Abdessmed, artiste récemment « émergé » sur la scène des grands produits artistico-financiers internationaux. Un modèle pour tous les petits artistes « émergents » frais émoulus des écoles de formatage artistique et perfusés à l’argent public. Une fierté nationale, que l’institutionalité que vous dirigez, (mais qui est en fait aux ordres des grandes galeries et collectionneurs milliardaires) vient d’honorer comme elle le mérite, en lui organisant une rétrospective au Centre Pompidou. Cette exposition s’ouvre avec une croupe de cheval émettant son inévitable pet plus ou moins puant. Il y a aussi la video d’un petit cochon qui ne sent pas non plus l’eau de Cologne en train de téter goulument le sein d’une femme voilée : une stigmatisation blasphématoire de la race porcine, avec en perspective un scandale mondial qui va bien sûr doubler la cote desœuvres du dit Abdessemed. Parmi celles-ci on notera une sculpture de 3 mètres de haut, en résine noire, figurant exactement Zinédine Zidane administrant son fameux « coup de boule » au méchant italien. Cette œuvre majeure orne l’entrée du centre Beaubourg. On remarquera aussi un squelette en plastique de diplodocus de 25m de long, un Boing 707 transformé en hamburger, une vidéo d’un serpent dévorant une grenouille et celle d’un couple forniquant parmi la foule d’une sortie de messe, etc. Autant d’œuvres dont la saveur et la forte odeur de contemporanéité artistique sont aisément détectables par les narines expertes des agents de votre ministère en étroite liaison olfactive avec les grands marchands d’art.

 

    4-François Pinault, le collectionneur milliardaire bien connu, 5e fortune mondiale, l’homme le plus riche de France et qui , pour cela , est reconnu comme le meilleur expert français en art contemporain. Un art, qui, comme tous les produits de luxe dont il a fait sa spécialité, voit sa valeur boursière flamber à mesure que les gens s’appauvrissent, que les artistes s’inscrivent au RSA, que les galeries prospectives ferment et que la récession économique s’installe. Grand prédateur cynique devant l’Eternel, il sait, à travers des artistes tels qu’Abdessemed, transmuter l’angoisse existentielle, la violence, la souffrance sociale, le questionnement sociétal en produits financiers à haute valeur spéculative… Un recyclage en boucle, parfaitement vicieux, qui a obtenu l’agrément des Ministres de la Culture qui vous on précédée, puisque l’un d’eux , Jean-Jacques Aillagon, fut son dévoué serviteur à la direction de sa Fondation Vénitienne et a mis ensuite à sa disposition le Château de Versailles pour valoriser un peu plus ses produits tels que Koons et Murakami. Je vous conseille d’ailleurs de rester en bons termes avec François Pinault, qui pourra vous procurer, comme pour Aillagon, quand vous ne serez plus ministre, un bon job dans ses entreprises. Mais je doute pas qu’il déjà content de vous, quand il vous voit présider la remise du Prix Marcel Duchamp (voir photo jointe) , décerné par l’ADIAF, qui est une association de riches collectionneurs dont le but est de fabriquer et valoriser les nouveaux titres artistico-financiers qu’ils ont créés et possèdent. Je ne doute pas non plus que vous ayez apprécié à sa juste valeur l’œuvre lauréate du couple Dewar et Gicquel, artistes qui « adorent faire voler en éclats le répertoire usuel des thèmes de la sculpture. ils manifestent une prédilection pour le kitsch et le grotesque à la limite du mauvais goût » : une sculpture toute noire, longue de près de deux mètres, représentant un plongeur avec ses palmes et qui était à l'origine, un projet de stèle mortuaire …

 

    3-Le Christ en fil de fer barbelé Cette œuvre, grossièrement symbolique ou lourdement allégorique, juste une idée sans aucune invention formelle (et réalisée probablement par les assistants de l’artiste sur indication sommaire de celui-ci), dont on aperçoit deux éléments sur quatre, baptisée laconiquement « Décor » a été achetée 2 millions d’euros par François Pinault. Il est écrit à son propos : « Adel Abdessemed y pose la question sans réponse de la souffrance humaine (…) un corps constitué de fils de fer barbelé acéré et tranchant, instrument et symbole contemporain de la violence et de la souffrance. L’artiste figure le crucifié comme une immense blessure, concentrant en un seul corps à la fois la torture et la cruauté. »… Ainsi, comme je vous le disais plus haut, torture, violence et cruauté sont ici, par une cynique, grossière et odieuse instrumentalisation à la fois de l’art et de la religion, transformées en gros paquet d’argent…lavé bien entendu de toute saleté malodorante par la bénédiction conjointe des Affaires Culturelles et des Affaires Religieuses.… et qu’importe si ici, la mémoire de Germaine Richier, dont l’artiste n’a évidemment jamais entendu parler, est foulée au pieds. 

 

4-Le Retable d’Issenheim Derrrière François Pinault on peut apercevoir le chef-d’œuvre de Matthias Grünenvald qui est au Musée Unterlinden de Colmar et qui a aujourd’hui 500 ans. Et c’est justement pour commémorer le 500 ème anniversaire du fameux retable, que Jean-Jacques Aillagon , toujours en embuscade derrière son Pinault préféré, a eu cette idée de génie du prêt des 4 paquets de fil de fer , pour les confronter au trésor de l’humanité. : "J'ai appelé la conservation du musée d’Unterlinden, ça s'est fait très rapidement, j'adore monter des coups comme ça » (extrait du Monde du 27 avril article de Florence Evin)… Et voilà, Madame la Ministre, comment, avec ce magistral coup de com’, d’une abjection et d’un irrespect record, votre distingué prédécesseur a fait passer le prix de la ferraille, de 2 millions d’euros à 4 ou 6 millions au profit du milliardaire. C’est beau , c’est grand, c’est sublime, l’art et la culture, ne trouvez-vous pas, quand on arrive à ces sommets d’ineptie, d’impudence , de cynisme, de corruption, de perversité, de grossièreté, d’ignominie,(les mots me manquent), de mépris total pour notre patrimoine et pour toutes valeurs autant morales qu’esthétiques…

   

02-remise-Prix-Duchamp.jpgAlors, je vous pose une question, Madame la Ministre : qu’allez-vous bien pouvoir faire de ce tas d’immondices qu’on vous a légué? Comment allez-vous vous y prendre pour arrêter ce délire, mettre fin à cette gigantesque, odieuse et sinistre farce ? Comment arrêter ce massacre ?

Allez-vous vous contenter, comme vos prédécesseurs, de nier farouchement les évidences ? Continuerez vous d’affirmer qu’il n’y a pas de problème avec les collections des FRAC et FNAC, qu’il n’y a pas d’art officiel, pas d’esthétique d’Etat, pas de formatage des élèves en écoles d’art, pas de collusion entre l’appareil institutionnel et le grand marché ? Continuerez-vous de penser que des artistes comme Paul Rebeyrolle, Velikovic, Antonio Segui, Pat Andrea, par exemple, ne méritent pas une rétrospective à Beaubourg et reconnaissance nationale. Continuerez – vous de dire sans honte que vos « inspecteurs de la création », commissaires et conseillers divers sont les garants de la diversité ? Continuerez vous d’ignorer que l’action institutionnelle n’intéresse que 5% d’artistes agréés et conformes à l’esthétique officielle ? Que 95% des plasticiens de ce pays sont ringardisés, disqualifiés, oubliés, on nom de critères de sélection imposés par le réseaux quasi mafieux dominants? Que 35% des artistes déclarés sont inscrits au RSA ? Que les galeries proposant des produits spéculatifs, des valeurs confirmées et du signe d’appartenance de classe, prospèrent au détriment des galeries prospectives ? Qu’on assiste à une déconstruction systématique des valeurs patrimoniales et du patrimoine lui-même ?… et enfin, continuerez vous d’affirmer que ceux qui révèlent et dénoncent tout cela sont des ringards, aigris, populistes et réactionnaires avec , à leur tête, des gens aussi peu recommandables que Jean Clair, Baudrillard, Luc Ferry, Comte Sponville, Domecq, Claude Levi Strauss et j’en passe ?

Votre tâche est certes herculéenne, puisqu’il s’agit rien de moins que d’assainir le champ de l’art contemporain qui pue encore plus fort que les Ecuries d’Augias. Et pour cela , vous n’êtes pas aidée, semble-t-il par notre gentil président, qui n’a rien trouvé de mieux, pour affirmer son attachement prioritaire à la culture, que d’aller visiter le monumental et notoire fiasco burénien au Grand Palais, et honorer un artiste on ne peut plus anti-culturel, puisque se revendiquant, dès le départ, avec ses bandes verticales, comme anartiste conchiant la culture et l’art bourgeois…Lesquelles bandes verticales sont devenues aujourd’hui signe de reconnaissance et de distinction pour les dits bourgeois, depuis que Vuitton en a décoré ses sacs à main…

Il est pourtant permis de ne pas désespérer totalement de vous, quand on apprend que vous avez annulé le projet FrédéricoMittérandien, particulièrement stupide et démagogique de construire une Villa Médicis en banlieue défavorisée, quand on sait que vous avez écouté les élèves de l’école des Beaux-Arts d’Avignon et viré leur directeur, quand on apprend aussi que vous avez décidé d’arrêter cette énorme foutaise de Monumenta, tout à fait contre-productive en termes de « rayonnement culturel français à l’international », et de consacrer l’argent ainsi économisé, à l’amélioration de la vie et des conditions de travail du plus grand nombre possible d’artistes….Bravo pour cela , Madame la Ministre, car c’est une preuve de votre bonne volonté! 

Mais malgré cela, la question reste entière : par quel bout allez-vous commencer cet énorme chantier ? Car il s’agit rien de moins que de faire accomplir à l’appareil institutionnel, un retournement complet sur lui-même de 180 °, pour qu’il retrouve le sens de la marche, le bon sens en quelque sorte. Quelles consultations ? Comment réintroduire l’expertise des artistes eux-mêmes ? Quels audits ? Quelles enquêtes ? Quelles commissions pour quelles évaluations ? Quelles personnes, quelles instances pour la désignation de quelles autres instances de réflexion? Quelles réformes structurelles, proposées par quels experts nécessairement extérieurs à l’appareil à réformer?... Un vrai casse-tête !  

Un vrai casse-tête , oui, mais si vous ne faites qu’amorcer ce chantier, l’histoire de l’art vous en saura gré, Madame la Ministre, et sera fière de vous,(ceci compensant la honte qu’elle a déjà de vos prédécesseurs ), car enfin : Fluxus fête ses 50 ans ; Marcel Duchamp, cela fait 90 ans que cela dure ; Buren cela va faire 50 ans, etc… Un demi siècle donc au moins que ces références poisseuses bloquent votre appareil et verrouillent la pensée artistique institutionnelle, et tout cela au nom de la contemporanéité avant-gardiste ! Un comble, ne trouvez-vous pas ? 

Alors oui, il faudrait passer à autre chose, permettre la libre éclosion de nouvelles formes pour le 21 e siècle, qui ne soient pas celles imposées par la collusion fonctionnaires et spéculateurs de l’art. Et pour cela nous comptons sur votre contribution, Madame la Ministre. Aussi, merci de nous tenir au courant de tous projets de votre ministère qui iraient dans ce sens.

P.S. : Je n’ai pas votre mail direct ( sauf celui de votre service presse : , Service-Presse@culture.gouv.fr ou bien Lydia.POITEVIN@culture.gouv.fr , mais j’espère, que parmi les quelques milliers de mes lecteurs, quelques - uns vous feront parvenir cette chronique…  

J’aimerais bien aussi que Monsieur Castelain ; directeur de publication du Journal des arts, qui est très attentif , m’a-t-il dit mes chroniques, publie celle-ci dans son journal… histoire de mettre un peu d’ambiance dans le paysage de l’art contemporain français et de réjouir ses lecteurs. 

 

En cadeau : les GérARTs de la FIAC 2012

En marge du Prix Marcel Duchamp cité plus haut, voici un lien vers des photos d’ œuvres encore plus tarées,
http://elolang.tumblr.com/post/34114100963/les-gerart-de-la-fiac

qui ont obtenu les GérARTs 2012 pour leur magistrale insignifiance. ( Le Ministère qui fait chaque année pour 800 mille euros d’achats à la FIAC pour soutenir le cours de l’inepte, n’a acheté aucun de ces GérARTs…c’est surprenant ! )

 

texte que vous pouvez trouver aussi sur le site : www.schtroumpf-emergent.com
et sur Mic Mag, le magazine des médias libres : www.micmag.net/es/voz-libre

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3 octobre 2012 3 03 /10 /octobre /2012 19:18

Ecole d’Art d’Avignon : "Aujourd’hui le préfet nous confirme, Ferrari, c’est fini" ML Actu, 1er octobre 2012

suivi par La chronique n°34 de Nicolle Esterolle: "L’art contemporain, c’est bon pour le moral"

 

pierre-jourlin-sud-solidaire-84-et-laurent-santi-sud-etudia.jpgLe conflit qui agite l’Ecole d’Art d’Avignon depuis 4 mois, opposant les étudiants et Sud Education au directeur de l’établissement Jean-Marc Ferrari, semble s’apaiser. Après des semaines de mobilisation, ce dernier a été suspendu de ses fonctions le 18 septembre, une suspension « qui nous a été confirmée aujourd’hui par le nouveau préfet » nous informent les représentants du syndicat, reçus avec des étudiants ce lundi 1er octobre à la préfecture. Se disant « enfin écoutés », ils suspendent les projets de rassemblement et de blocage de l’Ecole pour la rentrée.  

« Nous sommes très satisfaits, d’abord d’avoir un nouvel interlocuteur qui nous reçoit quand on lui demande. Lui, il va œuvrer pour que les choses évoluent ». Jacques Maire, co-secrétaire de Sud Education 84, sort à peine de l’entrevue avec Yannick Blanc, le nouveau préfet du Vaucluse, et à l’écouter échanger avec ses collègues et les étudiants, le soulagement semble de mise. Il faut dire que les relations avec le précédent représentant de l’Etat, François Burdeyron, étaient des plus tendues. « Là, c’est un autre personnage, il est à l’écoute, on a posé beaucoup de questions, on a reçu quelques réponses, les autres devraient arriver. » Parmi elles, une en particulier les réjouit, et pas des moindres : « On l’a interrogé sur l’après Ferrari. C’est bon, c’est sûr, il ne reviendra pas. Le préfet nous a confirmé qu’une nouvelle direction serait recrutée à la fin de l’année. La grande nouvelle du jour, c’est l’officialisation par le préfet que Ferrari, c’est fini, et le système Ferrari avec ! ». Un départ réclamé depuis le début du conflit par les élèves mobilisés et le syndicat. 

Laurent, étudiant de l’Ecole qui ignore encore s’il passe en 2nd cycle pour cette rentrée (dans moins d’une semaine) se dit quant à lui soulagé, « je n’aurai plus de copines qui viendront me raconter qu’elles ont été harcelées par le directeur, ça y est, c’est fini ». Car le conflit à l’ESAA est complexe, portant à la fois sur des dysfonctionnements au sein de l’établissement, au Conseil d’Administration, dans l’organisation même de l’école et sur le passage de certains élèves en cycle supérieur ; mais il est aussi question de plaintes déposées pour harcèlements sexuels et moraux à l’encontre de Jean-Marc Ferrari, en poste depuis 18 ans. « Le nouveau préfet s’est engagé à corriger tout ce qui se passe mal à l’école mais des changements concrets et importants doivent avoir lieu, avec des problèmes actuels comme l’absence de démocratie et de règlement intérieur ou la précarisation du personnel. Il faut plus de transparence et de collégialité, stopper les abus de pouvoir » nous explique Pierre Jourlin, co-secrétaire du Sud Education 84. Le 18 septembre dernier, date à laquelle le directeur de l’établissement était suspendu « dans l’intérêt du service mais aussi de son propre intérêt », l’organisation d’un prochain Conseil d’Administration extraordinaire était aussi annoncée. Il aura lieu demain, mercredi 3 octobre, « afin de prendre des dispositions avant la rentrée des étudiants, relatives à la gouvernance de l’école et à son fonctionnement ». Jointe par téléphone, la préfecture nous a fait savoir que Yannick Blanc ne ferait pas de communication sur l’Ecole d’Art avant cette réunion. La rentrée, initialement prévue le 1er octobre, est reportée au début de la semaine prochaine afin de permettre la tenue de ce nouveau CA extraordinaire. Si, avant le rendez-vous avec le préfet ce lundi, le syndicat et les étudiants affirmaient « n’avoir aucune confiance dans ce CA », prévoyant même un rassemblement le jour même, les choses ont depuis évolué. « C’est vrai, on avait prévu une action mais au vu de l’entretien avec le préfet qui a pris des engagements fermes, on va réfléchir, revoir tout ça. Le blocage le 8 octobre pour la rentrée est suspendu aussi, mais maintenant on veut du concret, des décisions officielles et publiques. Si tout ce qu’il nous a dit n’est pas effectif, on reprendra la lutte » prévient Pierre Jourlin. La rentrée des classes devrait donc être plus calme que prévue, mais les étudiants l’affirment, ils ne baisseront pas la garde tant que l’organisation de leur école ne sera pas entièrement revue et modifiée. (Maud Fontanel) 

 

La chronique n°34 de Nicolle Esterolle: "L’art contemporain, c’est bon pour le moral"

Lorsque les ouvriers des aciéries de Florange ont appris que leur patron, Monsieur Mital, qui, d’un côté les licenciait pour faire des économies, avait par ailleurs dépensé 24 millions d’euros pour la tour des jeux Olympiques de Londres (photo ci-dessus ) conçue par le Financial contemporary artist Anish Kapoor, cela leur a, paraît-il, grandement remonté le moral. Quand ensuite, on leur a annoncé que leur haut - fourneau désaffecté serait bientôt « mis en lumière » pour un millions d’euros par l’ambianceur Claude Lévêque, autre Financial contemporary artist de la Galerie Yvon Lambert, comme il avait été précédemment procédé pour le haut-fourneau U4 d’Uckange, alors, ils se mirent à danser de joie autour de leur représentant syndical. 

L’art contemporain semble donc de plus en plus indispensable, en ces temps de récession économique et de baisse du moral des ménages, pour remettre un peu de gaité au cœur à tous ceux qui souffrent de la dureté du temps.   

Egayant en effet d’apprendre qu’il existe depuis peu des tasses à café signées Daniel Buren : http://www.artaban.com/categories/petit-prix-art-design/coffret-tasses-daniel-buren

Rigolo de découvrir la ligne de bottes en caoutchouc décorées d’haricots multicolores signés Claude Viallat (La galerie Bernard Ceysson et Sergio Rossi sont heureux de vous inviter à l’exposition de 18 bottes peintes par Claude Viallat. Le vendredi 22 octobre de 18h à 22h en présence de l’artiste) 

Réconfortant de savoir que Rüdiger Weng, de la galerie chinoise Weng Fine Art, l’un des marchands d’art les plus influents du monde, vient d’annoncer un chiffre d’affaire en hausse sur les six derniers mois, de près de cinq millions d’euros et un résultat net après impôt de 1,3 millions d’euros ; et cela pour moins de dix salariés payés au SMIC. 

Hilarante cette performance de l’artiste plasticien Abraham Poincheval, qui s’est fait emmuré dans les fondations de la galerie Histoire d’un jour à Marseille, pour y passer « 604.800 secondes », titre de la performance, enfermé dans un trou de 62 cm de diamètre et 1,70 m de profondeur recouvert d’une énorme pierre, privé de lumière et dans l’impossibilité de s’asseoir ou se coucher.

Cocasse cette exposition à la la galerie Metro Pictures, dè New York, de l’artiste Andreas Slominski intitulée : « Sperm », qui, comme son nom l’indique, présente au public de la semence humaine et animale dispersée dans la galerie sur les murs ou au sol. Avec notamment l’œuvre Sperm of a Black Panther (2012) constituée du sperme de l’animal sur une paire de sandales, mais aussi de Sperm of Two Pilots ou du sperme humain exposé au mur au dessus de bottes de foin ( L’artiste nous dit-on, porte beaucoup d’importance au principe de fertilisation qu’il considère, à juste titre, comme étant la clé de l’existence ) 

Enthousiasmante pour nos valeureuses Gueules noires cette exposition en pays minier, intitulée Age of Coal , « qui se penche sur la manière dont le charbon a influencé et défini la production artistique », et où ils pourront voir le fameux sac de charbon suspendu au plafond de l’Armory Show par Marcel Duchamp en 1917, et le non moins historique tas de charbon de Vernar Benet en 1965 à New York. 

Tonifiante pour la santé du marché que cette vente chez Sothebies d’un sac de 150 kilos de graine de tournesols en porcelaine du célèbre dissident chinois Ai Wei Wei, au prix de 140 000 euros (voir ma précédente chronique). Poilant d’apprendre que c’est ce même chinois qui va représenter l’Allemagne à la prochaine Biennale de Venise. On pourrait, au-delà de ces quelques exemples pris au hasard, citer des centaines, voire des milliers, d’opérations art contemporain toutes plus roboratives et stimulantes les unes que les autres pour le moral du citoyen que l’inepte fait rigoler, …

Mais il y en a une qui semble vouloir les couronner toutes, c’est celle de Bertrand Lavier que l’on peut voir actuellement au Centre Pompidou. 
Une exposition rétrospective qui semble vouloir célébrer l’art contemporain comme colossale poilade, et pour les vertus neurothérapeuthiques de celle-ci en termes de stimulation des glandes productrices d’endomorphines, de dopamine et autres hormones du bon moral et de la joie populaire. Avec Bertrand Lavier en effet, nous dit Philippe Dagen, le critique d’art le plus marrant de la place de Paris « On ne compte plus les musées, biennales, expositions personnelles et collectives où ses objets et installations ont fait entendre son rire - celui du pastiche, du sacrilège, de la parodie et de l'absurde ». Désopilant en effet ce Bertrand Lavier, quand il réaffirme comme Franck Stella, que la peinture sur la toile doit être aussi belle que la peinture dans le pot ou dans le tube, et que c’est la raison pour laquelle il a pris le parti de ne pas même la sortir du tube et de peindre le tube d’une autre couleur que celle qu’il y a dedans. Distrayant, quand il repeint en blanc un réfrigérateur déjà blanc et qu’il installe un gros caillou dessus, on ne sait trop pourquoi, sinon pour que la pièce ainsi formée soit évaluée à 900 mille euros dans la Collection qu’Yvon Lambert donnée à la France. Comique, et récréatif pour collectionneurs d’art africain, quand il coule en bronze ou en métal chromé des statuettes Dogon. Divertissante, sa façon de « bouleverser les codes de la peinture et de la représentation » , quand il monte sur socle une tronçonneuse électrique achetée 125 euros chez Castorama et que cette petite facétie à trois balles est estimée aujourd’hui à 90 000 euros dans la prestigieuse collection avignonnaise de Lambert. Burlesque en diable quand il précise que « Teddy, l'ours en peluche (100 000 dollars), ne doit rien au hasard, qu’il ne l'a pas trouvé abandonné dans la rue, mais acheté aux puces et choisi pour son air vicieux ». Réjouissant de l’entendre dire : « "Oui, je ne mesurais pas à quel point mes pièces ont un côté narratif.", avec son éternel sourire jaunâtre de nounours vicieux et son allure sournoisement modeste de vieux dandy farceur post duchampien de sous-préfecture, toujours prêt à dégainer une formule sibylline, façon plaisanterie éculée ou perfidie bien faisandée au sujet de l’art, des artistes et de la société de communication. Esclafatoire de l’entendre dire qu’il a fait des études d’horticulture et que c’est lorsqu’il a compris que l’art contemporain n’était pas de l’art, qu’il est devenu artiste contemporain. Très drôle de savoir qu’il a commencé sa carrière en peignant en blanc les feuilles d’ampélopsis (vigne vierge) de sa maison, que cela a plu énormément à l’énorme critique d’art Pierre Restany, qui l’a présenté à l’exquise Catherine M. , etc. Réconfortant quant il précise : « ... On parle toujours, à mon propos, de ready-mades. Mais ce n'en sont pas. Je crois avoir échappé à Duchamp, être au-delà."… Car voici un artiste qui dépasse de loin Marcel Duchamp et Daniel Buren réunis, en matière de drôlerie, bien plus marrant en effet, plus poilant, plus enjoué, plus primesautier, que sais-je ?…plus performatif dans la sollicitation des muscles zigomatiques et des glandes à hormones de la joie. 

safe_image-copie-1.jpgMais quant à moi, que tout ce qui précède ne fait absolument pas rire, ce qui vient de me mettre vraiment en joie, de me remonter le moral à fond, de me déclencher une sécrétion de dopamine aussi forte que pour un bel orgasme, c’est d’apprendre que, d'un commun accord, le préfet du Vaucluse, Marie-Josée Roig, maire d'Avignon, et la direction des affaires culturelles de la ville ont décidé, mardi 18 septembre, de suspendre Jean-Marc Ferrari, dont je vous avais parlé dans mon avant-dernière chronique N° 32 , directeur de l'Ecole supérieure d'art d'Avignon, ami d’Yvon Lambert, fervent adepte de Harcel Duchamp, et accusé justement de marcélement moral et sexuel par quelques - unes de ses élèves. 

Et ce qui booste encore plus mon moral, c’est d’imaginer la tête déconfite que font aujourd’hui tous les "grands noms" de l’art contemporain français qui ont signé la pétition de soutien au présumé harceleur , tels que Christian Boltanski, Joel Hubaut, Philippe Cazal, Ami Barak, Eric Duyckaerts, Bernard Marcadé, Ghislain Mollet-Viéville, Françoise Gui, Jean de Loisy, Arnaud Labelle-Rojoux, Pierre-Jean Galdin,Yves Le Fur, etc, Autant de jolis spécimens d’apparatchiks verrouillant l’appareil institutionnel, acteurs d’un harcélement duchampien tous azimuts et qui voient avec inquiétude, dans cette condamnation de l’un des leurs, les murs de la forteresse de l’inepte qu’ils ont construite, se fissurer dangereusement pour eux… C’est d’imaginer aussi la grave contrariété d’un Yvon Lambert qui voit avec cette affaire la valeur estimée de sa collection bidon diminuée d’au moins 50%, qui voit son crédit amenuisé auprès des édiles avignonnaises et qui découvre également que le cynisme et le pervers deviennent moins efficients en termes de culture et de stratégie artistico-financière.

 

 

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13 août 2012 1 13 /08 /août /2012 11:51

La chronique n° 32 de Nicole Esterolle
Que vous pouvez aussi trouver sur www.schtroumpf-emergent.com

 

Petite info préliminaire

Il est de notoriété publique que la principale vertu du grand stratège artistico-financier Yvon Lambert est de ne rien comprendre ni à la peinture ni à l’art. La preuve : lorsqu’ on lui a présenté Miguel Barcelo, le grand peintre catalan qui est aujourd’hui dans sa collection, il a trouvé que sa peinture était « sale »… Mais il s'est bien vite ravisé un ou deux ans après, quand il a vu que l'artiste catalan mettait le pied chez d'autres gros marchands... Je tenais à vous donner d’emblée cette info et ce paramètre éminemment éclairant pour cette affaire avignonnaise.

La beauté du monde

En Avignon, c’est donc la grosse mutinerie depuis deux mois, à l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts, avec des manifestations dans les rues du Festival et des pétitions organisées par les élèves, qui en ont marre de leur Jean-Marc Ferrari de directeur et veulent le passer par dessus bord (voir le commentaire d’Alan Bic ci-après).

Certains pensent que ce serait une perte irréparable, car un directeur qui est capable d’énoncer une phrase de cette trempe-là : « "dans une école d'art, il y a le chaos d'abord, et de là ensuite peut émerger quelque chose qui puisse interroger la beauté du monde", ne peut être complètement mauvais... et d’ailleurs son projet de commissariat pour la prochaine BAC - Lyon intitulé justement « du chaos à la beauté du monde », le plaçait en tête des postulants… sauf que cette révolte d’étudiants risque de tout compromettre.

 

150 millions de dollars 

L’autre personnage - clef de cette rébellion avignonnaise, c’est le galeriste-collectionneur milliardaire Yvon Lambert, qui a fait don à l’Etat de sa collection d’une valeur inestimable, mais estimée par Christie’s à près de 100 millions d’euros, qui a reçu la Légion d’Honneur et la visite du gentil François Hollande pour cela, et qui a fait de la ville d’Avignon son dépositaire et hébergeur permanent en l’Hôtel de Caumont et l’Hôtel de Montfaucon voisin (ex-gendarmerie mais néanmoins superbe édifice historique classé).

La commune vertu entre les artistes de cette collection, c’est qu’ils sont parmi les plus chers du monde. Ce sont dans l’ordre alphabétique : Carlos Amorales, Miquel Barcelò, Jean-Michel Basquiat, Christian Boltanski, Daniel Buren, André Cadere, Vincent Ganivet, Nan Goldin, Douglas Gordon, Jenny Holzer, Roni Horn, Zilvinas Kempinas, Anselm Kiefer, Barbara Kruger, Bertrand Lavier, Claude Lévêque, Allan Mac Collum, Robert Mangold, Brice Marden, Vik Muniz, Diogo Pimentao, Robert Ryman, Richard Serra, Andres Serrano, Niele Toroni, Salla Tÿkka, Cy Twombly, Lawrence Weiner… Il s’agit donc du nec plus ultra du conceptualo – financial – art mondial. Car à part Barcelo, Basquiat, Kiefer et Twombly, dont les œuvres contiennent une substance artistique tangible et durable, tous les autres sont d’une immatérialité artistique qui les classe dans les bulles à haute valeur spéculative, mais à haut risque d’éclatement à court terme. Citons notamment les inénarrables Buren, Lavier, Toroni, qui ne vaudront pas un pet de lapin dès que l’inepte dominant aura implosé. 

 

Un parfum d’ambiance 

Citons aussi le délicieux Claude Lévèque, « ambianceur » de renommée internationale pour FRAC, Musées, Châteaux, Eglises, Cathédrales, Biennales, hangars agricoles, grottes préhistoriques, qui a, dit-on, « puisé ses influences dans les milieux noctambules et festifs parisiens des années 80 », et qui affirme lui-même qu’ « une oeuvre est réussie quand le spectateur ne peut pas la supporter plus de trois secondes »…  

(Signalons ici plutôt qu’ailleurs, que Lambert avait proposé sa collection à la ville de Montpellier, mais qu’il s’est fait éconduire par Georges Frèche, qui avait très vite compris qu’il s’agissait d’un cadeau empoisonné et qui, comme tout le monde le sait, n’aimait pas qu’on le prenne pour une banane). 

 

Une bande de jeunes crapauds de bénitiers 

Et puis il y a enfin le très scato-bigot-bigorneau-Serrano, dont la photo d’un crucifix trempé dans son urine a été violentée par une bande de jeunes crapauds de bénitier cagoulés, intégristes hitlériens du quartier. Lequel attentat, très bien exploité médiatiquement par Mézil, Ferrari et Cie, a multiplié immédiatement par trois la cote de ce « Piss Christ » sur le marché, au point qu’on se demande si les intégristes n’étaient pas manipulés, comme la jeune hystérique qui peu auparavant avait déposé un baiser rouge baveux sur un tableau de Twombly, ce qui avait triplé aussi sa cote et avait provoqué chez l’artiste de 92 ans une érection carabinée. Aussi, l’œuvre profanée, a-t-elle été pieusement conservée et exposée en l’état. Elle a bien entendu attiré des milliers de festivaleux en quête de sensations culturelles fortes. Et toute cette plèbe culturolâtre, venue se prosterner éplorée devant les symboles profanés de l’argent–roi, fait, paraît-il, hurler de rage les mânes de Jean Vilar.

 

Déguerpissez jeunes gens ! 

2-jean-marc-ferrari-.jpgEt c’est là, devant ce Piss Christ défoncé que nous retrouvons notre sus-dit Jean-Marc, chaotique beauté du monde de Directeur, qui y va, devant un public subjugué, de son émouvant couplet sur l’intolérance, l’intégrisme, le nazisme, la bête immonde, etc, pour se faire bien voir de son prestigieux voisin Yvon Lambert. Car il faut savoir que jouxtant l’Hôtel de Caumont, où est hébergée la Collection Lambert, il y a l’Hôtel de Montfaucon, superbe édifice historique classé (ex-gendarmerie au demeurant) qui a hébergé jusqu’à aujourd’hui, l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts dont Jean Marc Ferrari est le Directeur. Ce voisinage ayant été pensé au départ comme pédagogiquement vertueux pour les élèves ainsi placés en proximité irradiante des « grandes œuvres de notre temps ».

 

Une générosité bien partagée 

Et c’est là que l’on trouve une première des multiples raisons de la révolte des élèves, car pour ce qui est de l’« irradiation » bienfaisante dont ils devaient bénéficier, cela consista surtout à les utiliser comme larbins balayeurs et manutentionnaires. La deuxième raison, c’est qu’aujourd’hui, cédant aux exigences de Lambert, la municipalité a décidé de déloger l’école des Beaux Arts pour donner les deux Hôtels contigus à sa « fabuleuse » collection . « La mairie préfère investir massivement de l'argent public pour la Collection d’un milliardaire, plutôt que d'assurer la survie d'une école et montrer aux yeux de tous le mépris des pouvoirs publics pour l'école et ses étudiants », protestent les élèves, qui commencent à comprendre le mécanismes et la logique de fond de cette collusion entre bien public et intérêts privés dont ils font les frais. Ils comprennent comment l’argent et le dispositif publics sont utilisés pour cautionner, valoriser, garantir la cote des artistes et donner valeur patrimoniale à des produits financiers qui n’en ont pour la plupart aucune. Ils découvrent ainsi la vraie nature de l’« art contemporain ». 

Ils comprennent maintenant pourquoi Yvon Lambert est récompensé pour tout l’argent qu’il a gagné et pour son long travail de promotion de l’art américain au détriment de l’art français et européen. Ils comprennent pourquoi on les déloge, pourquoi la ville prend à sa charge tous frais d’entretien, d’assurance, de loyer et de gardiennage, et pourquoi le Département, la Région et l’Etat subventionnent un maximum cette ahurissante opération. Ils ont compris le caractère forcément pervers de l’enseignement qu’on devait leur infliger dans ce contexte de dérogation totale à toutes les règles et valeurs respectées ailleurs...

 

Ras le bol Duchamp 

« Nous considérons notre mouvement comme le point de départ d’une remise en question générale de l’enseignement de l’art en France », disent-ils sur leur site http://www.esa-avignon.fr où l’on peut retrouver l’historique, les raisons et l’actualité de leur lutte au jour le jour. 

Ils y dénoncent :

  • les très nombreux dysfonctionnements de leur école et les abus de pouvoir de son directeur. 
  • l’annulation de l’élection d'un représentant étudiant, le clientélisme, le management par la terreur, le harcèlement moral et physique, le sexisme 
  • les pressions qui s'accentuent, culminant lors d'un dépôt de plainte au commissariat à l'encontre du directeur, notamment pour les faits de harcèlement dénoncés : refus de prendre les plaintes, accusations répétées de « mythomanie », présence de policiers en civil de la DCRI, intervention du commissaire... 
  • les coups tordus portés par ceux qui tiennent à maintenir coute que coute leur rôle de petits chefs et de serviteurs d'un enseignement policier de l'art des élites,  
  • une pégagogie axée moins sur une approche de fond de la création que sur des stratégies à court terme de communication, de marché, de succès, d’expositions. 
  • l’absence totale de formation académique classique au métier, au dessin, à la peinture, aux techniques, pour privilégier de nouvel académisme de la transgression systématique avec l’éternelle référence à Duchamp. 

 

Une action judiciaire 

Les élèves ont pris un avocat qui leur permet de donner à leur lutte une dimension juridique, avec obtention déjà de nombreux témoignages, tel qu’il est possible de le lire dans leur blog au 25.07.12: 

• Un témoignage de mise au placard et de harcèlement moral, exercé sur un ancien professeur poussé au départ par Jean-Marc Ferrari, 

• Un témoignage de harcèlement sexuel, qui montre que les pratiques de harcèlement sexuel exercées par Jean-Marc Ferrari existent depuis de longues années au sein de l'école : durant les années 2000 déjà, certaines étudiantes ont été victimes des pratiques de ce directeur.( Il est vrai que ce type de harcèlement est une pratique pédagogique homologuée dans beaucoup d’écoles d’art comme exercice d’initiation à l’art contemporain et de débridage de l’imaginaire. NDRL) 

• Un témoignage qui évoque un cas de favoritisme; dans ce domaine également, ce témoignage démontre que le tout-puissant directeur Jean-Marc Ferrari pensait déjà dans les années 2000 pouvoir délivrer un diplôme contre l'avis des enseignants, alors qu'une étudiante n'avait pas validé les U.V. (Unités de Valeur) indispensables. 

• Un témoignage qui fait la démonstration du défaut d'organisation de l'école d'art d'Avignon, 

• Un témoignage qui évoque la maltraitance et les humiliations exercées par Jean-Marc Ferrari sur les personnels comme les étudiants-es, 

• Un témoignage qui démontre encore que les productions du management du directeur Jean-Marc Ferrari sur la santé des personnels sont parfaitement connues des services de la Mairie d'Avignon depuis plusieurs années. 

• Un témoignage enfin de harcèlement et de menaces, témoignage qui fera l'objet d'un nouveau dépôt de plainte contre le directeur Jean-Marc Ferrari, dès le début de la semaine prochaine.

 

Une subversion non subventionnée 

Cette révolte d’Avignon apparaît donc comme une brèche historique ouverte dans la gigantesque forteresse de l’« art contemporain » façon Lambert, et de son enseignement. Il est probable qu’elle sera étouffée, que les élèves n’auront jamais leur diplôme, qu’ils seront exclus et en seront pour leurs frais d’avocat. Car ici, il ne s’agit plus, comme à l’habitude, d’une subversion de pure forme, subventionnable et récompensable par les félicitations d’un jury aux ordres. Ici nous ne sommes plus dans l’immatériel, la rhétorique sans objet, le conceptuel duchampien, le mors–moi le nœud intello. Ici, nous sommes dans le dur, dans le réel, la vraie vie, l’authentique prise de conscience, la vraie lutte, la vraie création, et la vraie subversion d’un système parfaitement nécrosé par l’argent et la bureaucratie réunis. 

Alors, allez sur le site de ces jeunes, courageux et vrais résistants que les culturolâtres auront du mal à faire passer pour des ringards réactionnaires et fachos. Lisez ce qu’ils écrivent de leur lutte et ce qu’on en dit dans les journaux locaux (rien bien sûr dans les nationaux) et puis signez la pétition de soutien : http://www.petitionenligne.fr/petition/petition-des-etudiants-de-l-ecole-d-art-d-avignon/2673  

Quant à vous, Messieurs les élus des collectivités avignonnaises : Honte à vous ! L’histoire se souviendra de votre incurie et du préjudice que vous avez causé à l’art et à la culture. 

 

Un premier commentaire : Ferrari et autres domestiques de l’art comptant pour rien
Par Alan Bic 

Dans cette affaire de l’Ecole d’art d’Avignon, c’est toute une ambiance nocive qui remonte à la surface. C’est comme l’extrême fin des années '80 avec leurs excès et leur folie douce fonctionnarisée. Jean Marc Ferrari après avoir été un artiste de fantaisies et avoir ouvert à Montpellier une galerie branchée, fut conseiller artistique en Midi Pyrénées. A cette époque là avec un petit diplôme des beaux-arts on pouvait devenir un décideur de l’art comptant pour rien. Bon nombre d’étudiants en histoire de l’art devinrent des directeurs de centres d’art.  

C’était la période de Jacquot, je veux dire Jack Lang avec toute sa bande de domestiques qui étaient devenus des petits chefs de région, le ministère des Affaires Etrangères n’était pas en reste avec l’Afaa qui dispensait des résidences en pays étrangers à ses petits amis… Quand on parle de racisme on oublie de dire que ce milieu de l’art contemporain était drivé par un grand nombre d’homosexuels qui faisaient la pluie et le beau temps éliminant de ses tablettes les braves hétéros qui s’ingéniaient à continuer la peinture et ne jouaient pas avec les petites astuces qui étaient et est toujours la pâtée des artistes internationaux dont les revues diffusent comme un seul homme, les produits déco du marché ! 

Pour en revenir à Ferrari, il fut, un manipulateur qui se servait des jeunes artistes pour produire beaucoup de projets bidon. Toulouse a poussé un ouf quand il est parti mais ses successeurs furent tout aussi pauvres d’idées. Pour ce qui est de son despotisme à l’Ecole d’Avignon, il faudrait que les étudiants se souviennent qu’il y a eu Mai 68 et qu’il suffit de le mettre dehors de cette école par la force des étudiants eux-mêmes, prenez donc le pouvoir dans votre école, travaillez par vous-mêmes, l’information vous l’avez, ne vous êtes-vous pas rendu compte que tous ces profs ne vous servaient à rien ?! 

Toujours à Toulouse, est née la carrière de Pierre-Jean Galdin, petit jeune boutonneux sorti des beaux arts, bombardé du jour au lendemain, par l’intermédiaire de Ferrari et de quelques socialistes, directeur du centre d’art de Labège. Un lieu où personne ne venait ! Galdin un vrai produit domestique et cirage de pompes à vomir. Lui aussi parti, à Blois chez Jacquot le Craquant…  

Ces deux jeunes types friands de pouvoir on fait beaucoup de mal à Toulouse qui dans les années 80 avait une dynamique formidable initiée par ses artistes, leurs associations et revues. Bien sur, les politiciens ignares de la Région Midi Pyrénées, du département de la Haute Garonne et la Drac (Direction Régionale des Affres Culturelles) suivirent ces deux imbéciles et sortirent les sous ! 

Pour ce qui est d’Yvon Lambert, dont le milieu de l’art connaît son avarice, j'imagine que la totalité de sa collection ne lui a pas couté un sou, car je sais comment il procède avec les artistes! Comme 99% des marchands il lui manque un œil, ce n’est pas le tout de connaître son histoire de l’art. Lambert n’a jamais découvert un artiste, il a suivi toujours la mode. Il passa avec difficulté de l’Art minimal qu’il défendait aux mythologies individuelles et autres figurations du début des 80’s, aujourd’hui, le voila mis sur un piédestal de grand mécène, grand montreur d’art pour les masses… 

Après lecture du comité de soutien à Ferrari, comité de soutien de l’éthique magouille et grenouillage d’un petit milieu qui ne connaît pas la crise, je vois aussi le nom de Jean de Loisy, un peu plus fin que ses deux précédents collègues, celui qui présente bien, à l’aise partout, bsbg comme on les aime en France. Rien à dire sur cet élégant bipède qui lui aussi défend le bifteck et son petit monde de privilégiés.  

On a comme l’impression que cette affaire d’Avignon met le feu aux poudres, que la révolte ne serait tarder, que l’art ornemental qui corne et ment n’est plus qu’une imposture, on sent que les choses pourraient changer. Mais pour que ça change, il faut avoir une grande distanciation et du courage, alors c’est pour quand la révolte d’Avignon ?  

Alan Bic

 

Un deuxième commentaire: Pourquoi le maire d'Avignon devrait être plongé dans une oeuvre de Serrano... 

Hello Nicole

Je viens d'aller faire un tour sur le site de ces étudiants poil-aux-dents, et ce que j'y ai lu est très exactement la même chose que ce qui se passe à l'école de bédé d'Angoulême (l'EESI) depuis quelques lustres, a décidé une bonne fois pour toute qu'il était parfaitement inutile de savoir dessiner et de savoir écrire un scénario pour faire de "l'art séquenciel" (ndt: bande-dessinée) et s'appliquent à le démontrer à longueur d'ouvrages issue de ce qu'il est convenu d'appelé "la nouvelle béday" 

À aucun moment (sur les 2 ou 3 ans de formation) la culture classique (celle qui consiste juste à apprendre à dessiner et à apprendre à écrire) ne sera abordée car leur technique doit désengager l'élève de la convention naturelle des sens pour mettre l'artiste en rupture lui permettant d'explorer le chaos créateur ... (putain: 300 pages sans une seule virgule!!)

Absolument tout ce que tu nous expliques depuis quelques années dans ta chronique a un reflet dans mon milieu, tout à la gloire du Saint Pognon - non plus comme récompense affirmée (un véritable auteur ne crache pas dessus, pas con non plus...) mais comme Alpha et Omega de la non-création, sans importance aucune sur la qualité de la production artistique, où ce qu'il est convenu d'appeler à présent "éditeur" (titre éminement usurpé, l'ancien nom de cette engeance étant "gestionnaire de compte") essaie surtout de ne pas sortir le bouquin qui l'éjectera de son luxueux fauteuil...

C'est affligeant, ce qui se passe en Avignon, et donc ça mérite d'être porté au grand jour. 

Eric P.

 

Courrier reçu à la rédaction Actuartlyon lundi 6 août 2012:

Mesdames et Messieurs les journalistes, 

Nous vous écrivons car ce mercredi 8 août 2012 à 14h, SUD Étudiant 84 est convoqué au tribunal d’Avignon pour avoir osé acheter et utiliser le nom de domaine www.esa-avignon.fr pour un blog d’informations concernant la lutte du collectif d’étudiants de l’ESAA (École Supérieure d’Art d’Avignon). Nous vous convions donc à une conférence de presse à la sortie de l’audience, à 15h, devant le tribunal d’Avignon. 

Après le déni, après le mépris, le directeur Ferrari choisit de traîner les étudiants-es devant les tribunaux pour des motifs fallacieux. 

Le directeur de l'ESAA - École Supérieure d'Art d'Avignon, Jean-Marc Ferrari, a maintenant décidé de traîner SUD Étudiant devant les tribunaux, pour avoir, selon les termes de la plainte, « tenté de créer une confusion dans l’esprit des internautes ». 

Il nous semble pourtant évident que les internautes sont capables de voir la différence entre un blog syndical et le site officiel d’une école. Mais le directeur de l’ESAA veut nous donner tort et montrer qu’il est là pour apporter la lumière à toutes ces pauvres âmes égarées sur internet. 

Pour être plus précis, le site "SUD étudiant École d'Art d'Avignon, Blog des étudiant/e/s de l’École Supérieure d'Art d'Avignon adhérent/e/s ou sympathisant/e/s du syndicat SUD Étudiant", n'a jamais cherché - ni dans son contenu ni dans son apparence - à imiter le site officiel de l'école. Dès la première page, la confusion est strictement impossible. Le choix du nom de domaine a simplement été fait selon des critères de techniques de référencement visant à augmenter la visibilité du site, et par conséquent à plus et mieux faire connaître les revendications d'étudiantEs de l'école d'art d'Avignon, ce qui est évidemment un des objectifs principaux, socialement et légalement défendables, de SUD Étudiant. 

En outre, toujours selon les termes de la plainte, « tous les articles publiés sur ce site ont pour objet exclusif de dénigrer l’École Supérieure d’Art d’Avignon et son Directeur, Monsieur Ferrari ». Il suffit de jeter un œil à notre blog pour se rendre compte que cette affirmation est fausse : nous ne dénigrons pas l’école, seulement un fonctionnement arbitraire et obsolète. Quant à Monsieur le directeur, Jean-Marc Ferrari, nous ne le dénigrons pas: nous l’accusons ouvertement, et pour ce faire, nous avons de solides preuves.

Toute revendication d'un corps social peut être interprétée comme une volonté de nuire à l'institution à laquelle les revendications s'adressent. Mais attaquer juridiquement un mouvement social au seul titre de l'exposition publique de ses revendications en dit long sur l'idéologie portée par le plaignant. 

Le site est composé de textes émanant d'anciens et d'actuels étudiants et personnels de l'école. En exposant publiquement les graves dysfonctionnements de leur école, ils prennent le risque de dévaloriser les diplômes ou l'expérience qu'ils ont acquis ou qu'ils vont acquérir dans cette école. 

S'ils prennent ce risque, c'est bien pour obtenir à terme, l'amélioration du fonctionnement de l'école. L'amélioration de "l'image" ne peut être décemment envisagée qu'après l'amélioration de la réalité. 

Nous ferons le point à l'occasion de cette conférence de presse sur la situation actuelle, nous parlerons de la volonté de la direction de l’école de vouloir étouffer notre colère par des procédures juridiques plus que douteuses.

Nous en profiterons également pour nous féliciter du départ prématuré de Monsieur le Préfet Burdeyron dès la fin du mois d'août, alors que nous avions demandé par une lettre ouverte son départ à l'occasion de la visite du Président de la République en Avignon. Monsieur le Préfet Burdeyron s'était particulièrement illustré dans un étonnant soutien spontané du directeur Ferrari, dans un mépris ouvert de notre mouvement et des quinze étudiants-es évincés-es.

 

A mercredi,

SUD Etudiant ESAA
SUD Etudiant 84
06 19 61 17 45 (Laurent)

 

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15 avril 2012 7 15 /04 /avril /2012 21:47

La chronique n° 28 de Nicole Esterolle

aa-chro-n---28-couv-AP.jpgLa présence du « Musée imaginaire » de Catherine M. au Salon 2012 du dessin contemporain Drawing now à Paris , a été le sujet d’une récente actualité qui a replacé cette importante figure de l’art contemporain français au centre de mon collimateur.

Car ce qui semble, en l’occurence, vraiment très étonnant, c’est qu’il est de notoriété publique que si, pour Jean-Auguste-Dominique Ingres, le dessin était « la probité de l’art », pour Madame Catherine M., en revanche, le dessin n’est en rien la preuve de l’art, de même que la preuve de l’art n’est pas non plus dans l’art, mais dans ce qu’on en dit et surtout dans ce qui en est écrit dans sa revue Art Press. Et d’ailleurs que du dessin, elle s’en contrefiche comme elle le précise bien dans le texte de préface du dit salon : « Quelqu’un comme moi, tombé dans la marmite de l’art contemporain en plein bouillonnement de l’art conceptuel, ne s’est jamais posé la question du dessin, ni dans l’art en général, ni dans le cadre de ses intérêts…j’ai très tôt aimé des peintres qui n’avaient aucune pratique du dessin. » 

Nous sommes donc ici en plein dans cet exercice acrobatique dont Catherine M. est la spécialiste insurpassable : celui du paradoxe, de la contradiction, de l’oxymore, de la torsion du sens commun , du retournement de la logique élémentaire, de la rupture avec les valeurs tant éthiques qu’esthétique, du petit bout de bois dans les trous de nez, bref du décervelage ordinaire, et tout cela au nom du progrès de la pensée, du bien être intellectuel et de la contemporanéité de l’art français.

Et ceci me donne l’occasion de revenir sur quelques aspects de cette stupéfiante capacité à la torsion du sens dont fait preuve Catherine M. depuis bientôt 40 ans.

1- Il y a d’abord ce best seller traduit en 33 langues de Madame M. , intitulé « La vie sexuelle de Catherine M . », et dont on commémore officiellement ces jours - ci le dixième anniversaire de la publication. Dans ce livre, ce n’est pas tant la « hardiesse » de son contenu qui soit étonnante, car je connais des personnes qui m’ont confié avoir fait beaucoup mieux dans le même registre, sans en faire pour autant un bouquin … non, ce qui me stupéfie , c’est le fait que ce livre se soit vendu à 900 000 exemplaires en Corée du Sud (plus qu’en France)… un pays , qui, paradoxalement, comme le Japon n’a strictement rien à faire de l’art contemporain et ignore Murakami, quand il ne reproche pas à celui-ci d’être une honte nationale pour avoir profané de ses kitcheries patissières le Château de Versailles inscrit au patrimoine de l’Humanité.

2- Ce qu’il y a d’étonnant aussi, c’est cette coutume qu’on a de faire intervenir Catherine M ., dans telle ou telle des rencontres-débats sur la cause féminine, qui ont lieu dans le cadre de la journée de la femme ou de la fête des mères, quand, par ailleurs, elle tient les propos suivants : « Par rapport à nos pratiques de 68, il me semble que c’est aujourd’hui moins ludique, qu’il manque la liberté de la chose improvisée. On dînait avec des copains, rien n’était prévu, on se déshabillait et tout le monde baisait ensemble » ( Interview Rue 89 )…Ou bien: « Je pense que s’il m’était arrivé de me voir imposer un acte sexuel - et après tout, ça m’est peut-être arrivé, et j’ai oublié -, j’aurais laissé faire en attendant que ça se passe, et je m’en serais tirée en me disant que c’était moins grave que de perdre un œil ou une jambe. » … Prouvant, je pense, que cette dame a aussi peu à voir la cause féminine qu’avec le dessin contemporain

3- Il y a aussi cette grande photo des fesses de Catherine M. parue dans les pages culture du Monde (une première dans ce journal plutôt pudibond ), assortie d’un texte absolument ébouriffant de Philippe Sollers, disant que Catherine M. est une sainte au même titre que Sainte Thérèse, alors que le tout Paris sait très bien que la sainte en question s’est vantée d’avoir forniqué avec Templon sur l’autel de l’église St Germain, et alors qu’elle écrit dans son best seller avoir pris du plaisir à s’être faite sauter par toute un équipe de travailleurs clandestins dans une cabane de chantier (une anecdote qui a fait un tabac en Corée du Sud).

4-Il y a aussi le fait que la revue Art Press, que Catherine M. dirige depuis quarante ans, est née ( outre les apports financiers de la french connection Castelli-Templon), des rapports incestueux entre les revues La Nouvelle Critique et Tel Quel, la première de type crypto-intello- stalinien, la seconde de type mao spontex tendance Kampuchéa démocratique cambodgien de sinistre mémoire… et le fait de penser que si le règne de Pol Pot a fait long feu, celui de Catherine M. dure encore malgré les dizaines de milliers de disparitions d’artistes ignorès et non reconnus grâce à elle. A cet égard, souvenons-nous de ce fameux procès de Moscou de 1992 à L’Ecole des Beaux-Arts de Paris, avec Catherine M. dans le rôle de la grande inquisitrice, pour clouer Jean Clair, Pierre Gaudibert, Jean-Philippe Domecq, et quelques autres « réactionnaires » au pilori de l’histoire de l’art.

5 - Il y a aussi effarement à voir ce pur produit de la gauchiasse caviar - partouze germanopratine, donner des leçons de subversion anti-capitaliste, quand simultanément il fait une première couverture d’Art Press montrant les parties génitales de Jeff Koons et de la Cicciolina en plein accouplement, et quand on sait que le Koons en question est devenu grâce à cela un des produits phare du Financial Art international.

6- Il y a sidération totale à apprendre que cette revue issue de la gauche la plus hard, ait pu, en pleine période de guerre froide, servir de cheval de Troie à l’impérialisme artistique américain et se faire l’allié objectif de la CIA, qui, quelque temps auparavant, s’employait à démolir la domination de l’art russe et européen et la prééminence de Paris sur la scène artistique internationale.( Voir le livre de Frances Stonor Saunders, Qui mène la danse ? La CIA et la guerre froide culturelle -Titre original : Who Paid the Piper - Editions Denoël, 2003, )

7- Il y a hallucination quand on découvre que cette Dame disait en 1973 avoir créé Art Press pour sortir l’art français de sa médiocrité et faire découvrir l’art américain ; Que cette dame a en réalité trahi, disqualifié et ringardisé la création française , au point que le dispositif muséal français n’ose plus montrer des créateurs nationaux sous peine d’être taxés de nationalisme franchouillard . Remarquons aussi que dans l’actuel n° 398 d’Art Press, sur les 12 expositions sélectionnées pour la rubrique Mondovision, il y en a trois pour les produits Gagosian…et zéro pour une expo ayant lieu en France.

8- Il y a nausée de constater que cette dame est devenue la référence centrale pour l’appareil d’Etat de soutien à la création, la grande prêtresse de tous les apparatchiks de tous niveaux, la générale en chef d’une armée de pervers enseignants, l’inspiratrice des pollutions nocturnes de tous les directeurs de DRAC, FRAC, MAC, IAC, CRAC, LAC et autres CAC de l’hexagone, et l’égérie de tous les Trissotins de la culture, qui ne parlent qu’anglais parce que c’est plus chic, et pour lesquels justement Art Press offre une traduction simultanée en cette langue.

aa-chro-n---28-Dracula.jpg9- Il y a terreur et froid dans le dos à feuilleter Art Press ; d’y voir par exemple cette horrible image de la déshérence ruinique du Palais de Tokyo ornant la couverture du dernier numéro ; de voir, dans les pages intérieures, toutes ces images d’atrocités artistiques, de torture mentale, sans la moindre émotion, sans la moindre spiritualité, sans la moindre aspérité d’ordre poétique ; C’est glacial, implacable et on se demande comment on en est arrivé à ce niveau de frigidité, et ce que l’art a bien pu faire au Bon Dieu pour être supplicié de la sorte. D’ailleurs je vous joins justement pour bien illustrer ce que je dis , cette image, figurant dans ce même numéro, d’une oeuvre de l’artiste roumain Victor Man où l’on voit une fourrure de loup coincée sur une plaque de cheminée par un serre – joint… Qu’y voir d’autre qu’une apologie du supplice de l’art, de la torsion du sens, de la torture mentale ou de la lobotomisation crétinisante ? Et comment ne pas avoir peur du texte qui va avec , intitulé comme par hasard « Dans la nuit du non-savoir « et où l’on peut lire des choses aussi chaleureuses et roboratives que ça : « L’artiste met en réseau des signes et des concepts, dans une atmosphère lourde et énigmatique »…

10- Mais il y a tout de même rigolade à lire l’ édito de Catherine M. pour ce même numéro et qui commence ainsi : « d’ou vient cette impression de travailler dans un monde de l’art de plus en plus amnésique dans lequel trop d’artistes servent de vieilles recettes dont se régalent, non seulement des amateurs, mais aussi un certain nombre de professionnels »… Hou, la sainte suffisance ! Hou la vieille mère Ubu décatie qui se lamente de constater que « la domesticité n’est plus ce qu’elle était », et de voir sa gidouillesque autorité se dégonfler …  

Rigolade aussi avec ce titre croquignolesquement oxymorique: « Penser plus pour plus d’émotions »… Plutôt bidonnant aussi, non ? Car enfin, qu’attendre d’autre de la part de celle qui est le fruit d’une espèce de monstrueux couplage sexe-intellect , court -circuitant le cœur et l’esprit ? Qu’attendre d’autre d’une personne dont le moteur est une incapacité de fond à l’orgasme et donc à la transcendance, et donc à l ’amour de soi , à l’amour d’autrui et au véritable amour de l’art?  

Rigolade encore, avec cette phrase pour conclure l’édito : « En étant moins exigeant sur le savoir historique on l’est aussi beaucoup moins sur les émotions que l’on attend des œuvres d’art » … Quand on sait que celle qui est une anomalie historique en soi, et qui pour cela est obsédée par l’historicité, sera inéluctablement balayée par la vraie histoire à laquelle elle n’a jamais rien compris, ni intellectuellement, ni émotionnellement.

Je pense en effet, que ce personnage, qui est l’incarnation exacte de la collusion sexe-argent-pouvoir, qui a fait de l’art une arme au service de l’appareil répressif et exterminateur du sens, tenu par les politiques, les publicitaires, les faiseurs d’argent, les trissotins cultureux, les pervers sodomiseurs de mouches fonctionnarisés peuplant les écoles d’art nationales, régionales et municipales ; ce personnage invraisemblable qui règne depuis près de 40 ans sur l’art français, par l’appareil de terreur intellectuelle qu’elle a réussi à y installer et dont elle est la clef de voûte … Oui, je pense que cette figure de proue d’un système dictatorial de type soviéto-capitaliste, comme quelques autres tyrans grotesques viennent de le faire récemment, doit, elle aussi, DÉGAGER !

 

Quelques liens vers des documents concernant le sujet traité ici: 

http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/journal-besson-de-campagne/besson-le-vote-des-routiers-par-catherine-millet-07-03-2012-1438604_498.php

http://www.rue89.com/2011/06/24/dix-ans-apres-catherine-millet-vous-reparle-de-sexe-et-damour-210817

http://www.drawingnowparis.com/site/FR/Evenements/Le_Musee_Imaginaire,I14174.htm

 

 

 

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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 12:27

La chronique n° 20 de Nicole Esterolle

Le prix Fayot de la meilleure critique d’art (un gros haricot en bronze de chez Cartier et signé Claude Viallat), récompensant le plus habile passeur de pommade, le plus élégant thuriféraire, le plus beau lèche-cul, le plus talentueux cireur de pompes, vient d’être attribué, lors d’une brève cérémonie à la galerie Perrotin, à l’éminent critique Philippe Dagen pour la pleine page qu’il vient d’écrire dans Le Monde du 1er décembre 2011, au sujet de l’artiste Maurizio Cattelan pour son expo au Guggenheim de New-York.

Maurizio-Cattelan-8.jpgCet article est intitulé : « Maurizio Cattelan, saint patron des subversifs », car en effet, vous savez comme moi que Cattelan est le champion du monde de la subversion, de la dérision, du cynisme (au sens onfrayien du terme), du sarcasme, de la grosse farce et du foutage de gueule du monde de l’art. Vous savez aussi que les collectionneurs milliardaires, qui en sont les cibles ou les victimes lui vouent pour cela une telle vénération, qu’ils ont fait en sorte que ses œuvres deviennent parmi les plus chères du monde.Parce qu’aujourd’hui, la meilleure façon de fayoter, avec ces milliardaires, c’est de leur cracher dessus, de les moquer, de les conchier, de les compisser, de les ridiculiser; parce qu’ils aiment ça, parce qu’ils en redemandent et veulent payer très cher pour ce plaisir réservé à l’élite de l’élite planétaire . Et c’est ainsi que dans un tel contexte de brouillage des valeurs, les lèche-culs et les subversifs , les obséquieux et les bouffons, deviennent complémentaires et se donnent la main dans un même combat dialectique pour le bien-être culturel des populations du monde et l’enrichissement intellectuel et financier des puissants de ce même monde. Et c’est ainsi que le fayotage de type Philippe Dagen, peut-être considéré comme hautement subversif dans un domaine ou l’oxymore est signe de distinction intellectuelle.

Mes félicitations donc à Philippe Dagen, mais je pense que cet autre éminent critique qu’est Jean-Luc Chalumeau , aurait pu aussi obtenir ce prix, pour un texte de sa récente news letter hebdomadaire du 2 décembre 2011, intitulé : « Pourquoi il faut remercier Maurizio Cattelan » … Déjà l’obséquiosité du titre laisse perplexe. Mais quand on lit la fin du texte : « La démonstration était faite que le monde de l'art n'était plus, pour l'essentiel, qu'un club de snobs incultes et richissimes. Il faut remercier Cattelan, Pinault et Szeemann d'avoir implicitement dénoncé ce désastre historique il y a déjà dix ans. Et regretter que bien peu de monde ait compris le message » , on est encore plus perplexe et on se demande si c’est à prendre au premier degré du fayotage ou au dernier du sarcasme ?

J’ai donc posé la question à Jean-luc Chalumeau lui-même et voilà ce qu’il m’a répondu : C'est pourtant clair : Cattelan s'est vraiment moqué du monde de l'art, ce qui doit être porté à son actif. Quand j’insiste et lui demande si c’est pour s'être moqué de lui, que le monde de l'art business reconnaissant en a fait l'un des artistes vivants les plus chers du monde...et s’il faut vraiment mettre ça à son « actif », il m’a répondu : « Mais justement, le monde de l'art ne s'est absolument pas rendu compte qu'il était ridiculisé (et seul Harry Bellet l'avait écrit alors) »

Je pense donc qu’il est nécessaire de stimuler un peu les neurones de Monsieur Chalumeau et lui rappeler que cette opération très médiatique conçue par Cattelan et son comparse Szeemann, qui consista à amener de Venise par avion les 150 des plus gros collectionneurs d’art du monde dans cet immense et pestilentiel cloaque qu’est la décharge de Palerme, pour les ridiculiser et les asphyxier définitivement, a permis au contraire », comme je le dis plus haut, à ces « snobs incultes et richissimes » de se faire un maximum de communication et d’argent en montant la cote de Cattelan à un niveau pharamineux. Rappeler à Monsieur Chalumeau que François Pinault, malgré son regard ironique (Bien détecté par le rusé Bellet), n’est pas étranger à la flambée financière de titres aussi pourris que toxiques comme Murakami, Koons, Hirst, Cattelan, etc. que collectionnent aussi, pour suivre son exemple, les autres snobs incultes et richissimes du voyage à Palerme dont il veut se moquer. ( je vais envoyer à Monsieur Chalumeau la copie d’une page d’un reportage dans le Monde ou Libération sur la misère en Inde ou en Amérique latine avec , en face une pleine page de pub pour Hermès ou Vuitton, grands mécènes de l’art contemporain des susdits snobs incultes et richissimes , et propriété de François Pinault). Rappeler enfin que l’immense Harald Szeemann est l’inventeur de la formule « quand les attitudes deviennent forme » , autrement dit : « Quand le foutage de gueule devient produit artistique de haut niveau culturel et financier »… Mais à quoi bon rappeler tout ça à Monsieur Chalumeau, quand il reste aussi candidement persuadé que ceux-là mêmes qui ont notoirement et évidemment contribué à l’avènement du désastre, auraient pu, si on les avaient écoutés, en faisant du désastre lui-même une valeur boursière, éviter ce même désastre…

Je pense comme vous, chers lecteurs, que tout cela dépasse l’entendement moyen, que c ‘est extrêmement décervelant pour les non initiés et que nous vivons une époque vraiment terrible pour la logique et l’intelligence humaine …Mais je vous réserve le meilleur pour la fin : il n’y a pas que Cattelan qui pense qu’il faut prendre sa retraite pour que cesse la plaisanterie , il paraît que l’immense collectionneur Saatchi vient également de déclarer qu’aujourd’hui, il vomit l’art contemporain… C’est donc bien vraiment la fin des ha-ri-cots !
(et de nos gentils fayots dont vous pouvez lire les textes en cliquant sur ce lien)

 

Allez sur internet ! Vous pouvez par ailleurs suivre l’actualité toujours passionnante du schtroumpf émergent sur la scène artistique internationale en allant sur le site : www.schtroumpf-emergent.com Ce site vient d’être remodelé pour mieux accueillir vos réactions et commentaires. Cette chronique est envoyée régulièrement à 9000 journalistes , diffuseurs d’art et décideurs institutionnels en France.Jetez un oeil sur Google en cherchant "schtroumpf emergent"avec les guillemets pour une recherche exacte (pas les Schtroumpfs bleus). Il y a plus 1850 sites qui parlent du schtroumpf emergent . Google a même créé un sommaire pour le site. Cliquez sur ce lien : http://www.google.fr/#hl=fr&sugexp=kjrmc&cp=20&gs_id=3n&xhr=t&q=%22schtroumpf+emergent%22

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10 novembre 2011 4 10 /11 /novembre /2011 13:59

La chronique n° 20 de Nicole Esterolle

Chro n-¦ 20 cortex sur pattes jpgMa précédente chronique disait les méfaits de la questionnite dans l’art contemporain et comment cette maladie du questionnement sur l’art entrainait la stérilisation de l’activité artistique au profit du discours sur celle - ci. .. Mais il faut parler aussi de l’un des effets corollaires de la questionnite : la pédagogite. Car en effet , "l'idéologie du questionnement en soi et pour soi", est devenue centrale dans l’enseignement des écoles d’art , où, dès lors, la célèbre boutade de James Joyce : « si tu peux faire quelque chose, fais-le ; si tu ne peux pas , enseigne-le » y prend tout son sens.

Ma précédente chronique évoquait aussi le rôle de la questionnite comme facteur de dématérialisation de l’art et de titrisation du néant pour la fabrication des produits artistico –financiers toxiques qui ont inondé la marché international…Mais il est nécessaire d’évoquer corollairement le rôle de la pédagogite comme facteur de titrisation du pervers pour la qualification de ces des innombrables professeurs toxiques et tordus du psycho-mental, agents du grand marché mondial de l’inepte, peuplant les écoles d’art et grassement payés par le bon peuple français pour abrutir ses enfants . (Une pédagogite qui, précisons le, a commencé à se développer au début des années 80, avec l’entrée en masse comme professeurs d’école des Beaux -Arts, de questionneurs - interpellateurs subversifs en tous genres de la peinture , tels que les gens de support-surface qui théorisaient à s’en faire péter les neurones, en peignant sur le châssis même, à l’envers de la toile ou sur toile mais sans châssis, pour subvertir l’art bourgeois et soutenir les classes défavorisées… mais qui aujourd’hui, retraités grassement payés et avachis des neurones , ont des cotes fabuleuses sur le marché du Financial art alors que les classes défavorisées le sont encore plus et que les autres artistes sont encore plus misérables … merci Support surface pour votre héroïque participation à la lutte des classes);

Et c’est ainsi que des milliers de jeunes gens normaux, sains de corps et d’esprit, artistiquement doués, doivent chaque année fuir les Ecoles des Beaux-arts pour sauvegarder leur intégrité mentale et physique …et laisser toute la place aux futurs schtroumpfs émergents, que Nicolas Favre (dont je vous joins le mail ci-dessous), appelle «cortex sur pattes».

Je vous joins donc une photo d’une oeuvre que j’ai trouvée à la FIAC 2011 et qui représente exactement le petit cortex sur pattes ou schtroumpf émergent à son degré ultime de cérébralisation. Je vous joins le lien avec la fameuse galerie bordelaise (la seule galerie française dit-elle, à être acceptée en Foire de Bâle) opportunément nommée « Cortex Athlético », proche tout à la fois et comme par hasard du CAPC, de l’Ecole des Beaux-Arts et du FRAC aquitaine : http://www.cortexathletico.com/. Je vous joins enfin le témoignage à la fois émouvant et drôle, que m’a envoyé Nicolas Favre sur ses mésaventures à l’Ecole des Beaux-arts de Bourges. On y voit comment un jeune peintre au travail très estimable, un homme sain, positif, joyeux (voir la photo de lui dansant dans son atelier), est humilié, bafoué, disqualifié par ces sinistres et prétentieux pédagogues du néant:

chro n-¦ 20 FavreChère Nicole, vos lignes sont les mots mis sur ce que je n'arrive pas à verbaliser depuis des années, et cela m'apporte beaucoup d'apaisement de vous lire. Je tenais à vous remercier pour cela. Merci aussi de mettre un nom sur ces produits du système! Moi j'employais le terme de cortex sur pattes.

De 1996 à 1998, dans l'usine à schtroumpfs de Bourges ou je m'étais retrouvé pour - m'illusionnais-je alors - expérimenter la peinture auprès de maîtres, j'ai été confronté à cette ineptie. J'ai assisté pendant deux années, tous les mois de juin, à la mise bas de cette curieuse bête . En effet, au bout de cinq années de gestation, cette institution accouche inlassablement de clones qui s'empressent d'aller pointer à la DRAC ou au FRAC. Alors moi je suis entré en résistance, et devant ce régime totalitaire où je risquais le camp de concentration pour insubordination et non conformité avec la politique artistique, je suis passé en zone libre. Alors je me suis plongé dans la matière, dans la couleur, j'ai nagé dans la peinture, oubliant et refusant toute intellectualisation, j'ai fait mon expérience en marge de l'artistiquement correct. En laissant ma tête de côté, j'ai ressenti ô combien l'expérience de soi est engagée dans la transformation de la matière, pour peu que l'on prête attention à ce que nous enseignent nos tripes, et j'ai senti la poésie de Bachelard vibrer : " en transformant la matière, nous nous transformons nous-même". Et puis, affamé par des années d'errances, en juin dernier, je suis retourné dans la gueule du loup me faire dévorer. Pour alimenter l'alimentaire, mon cher Watson, j'ai décidé de repasser cette chose nommée DNSEP ( Diplôme National de Schtroumpf Emergent Professionnel), par la Validation d'Acquis d'Expérience. Je pensais niaisement que la politique avait changé, que l'on accueillerai mon travail de façon objective.... Je me suis plié donc à l'exercice impensable de Schtroumfiser mon travail, et, pendant un an, j'ai travaillé à intellectualiser l'inintellectualisable, à faire rentrer du sensible, de l'invisible, de l'émotionnel, dans une toute petite boîte réductrice, castratrice. Cela m'a fait l'effet de capturer un papillon et de l'enfermer dans un bocal. Je me suis fait "coaché" par une schtroumpfette de cette usine de Rueil-Malmaison, qui m'a dit un jour ne rien comprendre à ma manière de parler de mon travail.... nous ne parlions tout simplement pas le même langage. Je voyais bien qu'il y avait quelque chose qui clochait. Le jour de l'examen, c'est devant cinq schtroumpfs ( installateurs, directeur d'école d'Art, historiens de l'Art) médusés par le non-intérêt de mes propos ( dixit le président du jury lors du débriefing téléphonique) que je me suis fait manger tout cru, comme le petit chaperon rouge. J'ai vraiment ressenti à ce moment le caractère politique de ce que ces écoles appellent l'Art, et je me suis senti encore une fois comme un opposant au régime. La politique définit les règles de l'Art, tout ce qui n'entre pas dans ces clous n'existe pas...Ce que m'ont renvoyé ces personnes ce jour là est justement cela : votre travail n'existe pas. "Votre peinture va mourir" m'a dit un des schtroumpfs, approuvé fidèlement par les autres. Eh bien ne lui en déplaise, ma peinture émerge, palpite, vit, et résistera toujours tant qu'il faudra se battre pour lutter contre cette "connerie subventionnée", pour reprendre un terme lu plus haut. Si eux sont des Schtroumfs, je suis du côté du village des irréductibles gaulois Je peins, persiste et signe, je m'appelle Nicolas FAVRE Et merci pour cet espace d'échange contact@nicolasfavre.com www.nicolasfavre.com

Reçu en dernière minute: ce magnifique témoignage

Bonsoir, "je ne m'attendais pas à ça". Ce sont les mots d'une étudiante Erasmus d'un pays de l'est qui a dit ça à un professeur cette semaine. Effectivement, moi qui suis français franchouillard, en venant aux beaux-arts, moi non plus, je ne m'attendais pas à ça. Je ne m'y attendais tellement pas que je n'y arrive pas, à en devenir cinglé. Voyez-vous, j'ai déjà un bagage un peu fourni, je ne sors pas directement du lycée. Donc réorientation oblige, j'ai l'esprit à vouloir plus de libertés puisque mes anciennes études d'allemand ne m'apaisait pas. J'ai fait une prépa où déjà là, je sentais un clivage se former petit à petit. Et pourtant, à y réfléchir, cette prépa était largement plus stimulante - car elle n'a d'autre raison de vivre que de vouloir expérimenter des choses. Là où j'ai atterri (une école dont on dit qu'elle a très mauvaise réputation, même si c'est une des premières de France), j'ai soudain senti le poids, la présence des Autres autour de moi: des gens, qui, lancés dans les sujets, lancés dans leur création, se foutant royalement de ta personne, dévorant tout cru idée après idée, élève après élève, centimètre d'atelier après centimètre d'atelier. L'année fut difficile, autant plastiquement qu'humainement à en devenir un Playmobil, figurine de plastique aux bras mouvants mais à la tête creuse. Je ne suis seulement qu'en deuxième année. Enfin, je retape ma deuxième année. Incapable de prendre une décision, incapable d'assumer les petits trésors d'idées que j'ai en moi (et j'en ai un paquet), incapable de lever la main pour commencer à les réaliser, par peur du résultat, mais surtout de ce que l'on va en dire. Cette situation est proprement scandaleuse, j'en deviens devenu fou (un coup de nerfs a d'ailleurs accéléré je pense ma calvitie). On nous dit qu'en deuxième année, l'heure est à l'expérimentation. Moi, je le dis, je n'ai expérimenté qu'en prépa, là où on réfléchissait à peine sur le discours de l'objet et les recherches. J'étais un chercheur, pas un Playmobil. Aujourd'hui, l'année a recommencé. Je suis à nouveau là parce que je veux arriver à explorer mes idées. Je sais qu'elles sont à moi, parce que j'ai un bagage, mais surtout parce que j'ai l'intelligence de me rendre compte à quel point l'école des beaux-arts française me formate. Suis-je maso ou simplement incapable de savoir ce que je veux? Je ne saurai répondre car ceci est une affaire privée. La France est un vieux pays à l'idéologie axé sur le nouveau, oubliant complètement ce qu'elle a été capable de faire: des choses fortes, complexes, belles (ce mot est honni), où le discours ne se forme qu'avec le spectateur. Et quand quelqu'un arrive à le faire, à créer quelque chose de beau, on lève le doigt en disant "non ça ne va pas", ou "ferme ta petite gueule, tu es jeune". Parfois, souvent pour ceux qui n'ont aucun problème d'égo, on leur dit "tu es le meilleur de ta promo", "tu es un artiste, tu peux tout te permettre". Quand on me dit ce genre de choses, moi, je réponds "ah non, je ne suis qu'étudiant, je veux apprendre des choses, pas acheter des chaussures taille 53". Mais ça ne marche pas ici, le discours prime, et je déprime. Je ne sais pas bricoler (oui, je fais partie de ces gens-là), je ne suis pas peintre, ni sculpteur, ni vidéaste. Non, moi, mon truc, c'est le dessin, mon dada c'est l'imaginaire. Le grand drame que ma prépa (que j'adore vraiment), c'est qu'un prof m'a dit au tout début "arrête de dessiner comme ça". Je dois réellement être maso, parce que je l'ai écouté (et aussi parce que je me suis dit que c'était le moment de tenter d'autres choses). Les gens qui me connaissent peuvent dire de moi que je réfléchis constamment. Je veux dire, je ne fais que ça: un geste, une action, une parole, un dessin, tout est pour moi sujet à réflexion. Et quand je commence à réfléchir, je suis comme qui dirait passionné. Je suis de facto UN PUR PRODUIT DES BEAUX-ARTS: je peux tourner toute chose en matière à réflexion, en littérature, en sens insensé. Je peux, j'ai du charisme. Mais en fait tout ce que je veux moi, c'est dessiner. Mes aspirations sont aux beaux-arts de plus en plus précises, saines (selon mes critères esthétiques): du dessin, du texte, de la photo. Mon petit univers à moi, sans discours préalable, mais avec de l'humanité, du beau, du sens, à ma manière. Moi tout simplement. Les beaux-arts te font oublier tout ça, ils te font oublier que tu es capable de choses patientes et folles, de créations imaginaires et non pas d'images politiques. Il y a cette phrase qui n'arrête pas de revenir en ce moment, "la lucidité tue". Mince, moi qui rêvait d'être aux beaux-arts. Je ne m'attendais pas à ça. V.B.

Vous pouvez par ailleurs suivre l’actualité toujours passionnante du schtroumpf émergent sur la scène artistique internationale en allant sur le site : www.schtroumpf-emergent.com Ce site vient d’être remodelé pour mieux accueillir vos réactions et commentaires. Cette chronique est envoyée régulièrement à 9000 journalistes , diffuseurs d’art et décideurs institutionnels en France. Jetez un oeil sur Google en cherchant "schtroumpf emergent"avec les guillemets pour une recherche exacte (pas les Schtroumpfs bleus). Il y a plus 1850 sites qui parlent du schtroumpf emergent . Google a même créé un sommaire pour le site. Cliquez sur ce lien : http://www.google.fr/#hl=fr&sugexp=kjrmc&cp=20&gs_id=3n&xhr=t&q=%22schtroumpf+emergent%22

 

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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 14:22

La Chronique n° 19 de Nicole Esterolle

Picasso disait : « je ne cherche pas, je trouve » , autrement dit « je ne me pose pas de questions, je fais ». Un autre peintre très connu répondait à qui l’interrogeait sur le pourquoi de sa peinture : « demandez-vous à un pommier pourquoi il fait des pommes ? Non ? Et bien ne me demandez pas à moi pourquoi je peins», parce qu’en effet, si le pommier commence à se se poser des questions sur son droit à pommer, il devient vite malade , dépressif et irrémédiablement stérile.

chro-n---19-ClaudeRUTAULT.jpgEt c’est ainsi que nous assistons aujourd’hui, dans l’art dit contemporain, à la disparition progressive du faire au profit du questionnement sur le faire , à l’exemple de Claude Rutault (voir image jointe) , artiste majeur de la scène française, qui peint des monochromes de la couleur des murs où ils sont accrochés, et dont « l’enjeu du travail est celui d’un questionnement des conditions d’apparition de la peinture dans l’espace social, beaucoup plus que de déterminer un protocole de création des œuvres à l’aide de concepts. »

Aujourd’hui, on ne peint donc plus, on convoque, on interpelle et on questionne la peinture dans ses rapports avec à peu près tout. On interroge l’art à fond, on fait ce que Jean-Philippe Domecq appelle de l’art sur l’art, on cérébralise au maximum. Aujourd’hui, les neurones du cerveau des décideurs d’art s’interrogent eux-mêmes sur leur rôle là-dedans , ce qui provoque dans certains cas de questionnite aigue, une liquéfaction de la moelle et du tissu cervical dont le symptôme principal est une diarrhée verbale du type de celle dont était affecté le directeur de la Biennale de Lyon (voir ma précédente chronique), et dont sont affectés un grand nombre de chroniqueurs d’art actuels.

    Aujourd’hui, la question branchée chez les nouveaux critiques à cheveux jaunes est celle-ci : « pourquoi y a-t-il de l’art plutôt que rien ? »…Ben oui !.. La question n’ est pas nouvelle, mais elle fait fureur dans le milieu, car ce rien au lieu de l’art leur permet de développer en boucle une méta-interrogation tirebouchonnée sur l’absence d’objet de cette même interrogation et donner ainsi libre cours à leur talent de sophistes mondains . D’où par exemple cette exposition sur le vide, organisée au Centre Pompidou en 2009, par le schtroumpf en chef Laurent Lebon, actuel directeur du Pompidou bis à Metz, occupant 5 immenses salles avec strictement rien dedans (sauf un type qui avait pissé dans un coin et que ça puait très fort), mais assortie d’un catalogue de 500 pages de commentaires et de questionnements sans objet identifiable, illisibles et que personne n’a d’ailleurs lues.

Un ample discours sur le non-faire, le non-sens et le non-contenu artistique remplace donc le faire déclaré désormais salissant, puant , rural et ringard. Le déconstruit questionne la validité du construit. La torture mentale remplace le plaisir esthétique. Le critique schtroumpf ne regarde désormais plus la peinture que par les oreilles ou les trous de nez . Anita Molinero, la crameuse de poubelles, remplace Germaine Richier. Grand Corps Malade remplace Bob Dylan. La subvention devient un soin palliatif pour une nécrose artistique maintenue sous perfusion d’argent public. Le douloureux questionnement existentiel du critique ou du fonctionnaire de l’art prime sur le travail du vrai créateur, etc… et l’art contemporain devient le lieu d’une pandémie d’auto-fellationnite aigue ou de masturbationnite questionnatoire fermée sur elle-même, et où se multiplient exponentiellement ces petits branleurs de l’interrogation à tout va, que sont nos schtroumpfs émergents sur la scène internationale…

 

Les schtroumpfs questionnent à tout va :

J’ai passé une petite demi-heure sur quelques sites internet de FRAC et autres lieux de « l’insondable connerie culturelle subventionnée » (comme dit l’un de mes correspondants), pour vous cueillir au hasard et vous copier-coller, à titre de preuve et illustration de ce que vient de dire, ces quelques petits extraits où il est question …de questionnements sur l’art.

Claude Rutault (ci-contre) L’enjeu de son travail est donc celui d’un questionnement des conditions d’apparition de la peinture dans l’espace social, beaucoup plus que de déterminer un protocole de création des œuvres à l’aide de concepts.

Jordi Colomer Son parti pris absurde vient très directement interroger la valeur que l’on doit prêter à cette « manière » de faire, mais, plus avant, il questionne avec acuité l’évaluation esthétique – et donc sociale et psychologique – de ce type de « monuments » dans notre environnement.

Victoria Klotz Explore la cohabitation entre l’être et son écosystème, questionne la sauvagerie des comportements sociaux. In extenso Ces artistes interrogent les notions de traversée, de contamination, d’interaction ou d’illusion, qui semblent construites sur des zones d’ombre, laissant planer autour d’elles le mystère de leur conception.

Kaz Oshiro Dotées a priori d’une faible valeur symbolique, ses œuvres se révèlent peu à peu d’une complexité telle qu’elles finissent à obliger les spectateurs à se poser les questions de la représentation et de sa mise en scène.

Eric Hattan Qu’il s’agisse de l’espace urbain ou de celui d’un centre d’art, chaque situation est l’occasion d’un déplacement, d’un décentrement du regard, et d’une mise en question du sens donné.

Exposition « Coup d’éclat » Ces artistes viennent interroger les mutations des structures de pouvoir qui conditionnent en grande partie notre quotidien.

Clemence Torres Son exposition se développe autour de la perception du lieu, son appréhension et les mécanismes et instruments de mesure permettant de le saisir - distances, échelles, proportions -. Elle interroge parallèlement les relations entre les individus, les rapports de force, de rapprochement et d’interaction des uns avec les autres.

Dominique Blaise Son travail in situ a la capacité de métamorphoser la perception commune de l’espace . En permettant au spectateur de parcourir ce dispositif menaçant, il questionne les espaces de narration issus du théâtre et de l’exposition artistique.

Claire Healy & Sean Cordeiro Ils développent un travail sculptural à travers une variété de médias. En explorant les matériaux de notre monde contemporain, ils soulèvent des questions sociopolitiques, comme la mondialisation, la culture médiatique, la consommation ou la propriété.

Angela Detanico et Rafael Lain Ils nous invitent à bousculer nos repères et à nous interroger sur les systèmes qui organisent notre lecture du monde. Meriem Djahnit le travail de cette artiste interroge l’aspect tangible et aléatoire de notre position dans le monde, analyse le caractère transitoire de notre condition en tant qu’être physique, social et psychologique.

Nicolas Fournier Siège de l’intimité et de la mécanique du vivant, le corps demeure pour les artistes contemporains le lieu d’interrogations existentielles que réactivent les mutations dues aux technologies du vivant.

Jean François Gavoty Le vivant et le construit, le réel et le virtuel, le pérenne et le temporaire... sont des interrogations liées à la conception de tout projet urbain.

Gonzalo Lebrija Questionne le décalage entre les mégas récits du progrès liés au modernisme et notre existence contemporaine individuelle.

Laurent Perbos Toujours confrontées aux problématiques de formes, les productions de Laurent Perbos questionnent les potentialités sensibles et poétiques des objets issus de notre quotidien.

Laurent Pernel La question est : alors que des impératifs très concrets liés aux travaux de l’espace d’exposition, ordonnancent le temps et l’espace, et remplissent le volume d’une sonorité toute entière constructive, comment faire naitre puis développer, au sein d’un chantier, un travail artistique qui demande du temps, du doute et de l'errement ?

Arnaud Pirou Pour sa première exposition personnelle, il traite des grandes chaînes de fast food, dans une exposition très contextuelle qui pervertit les symboles, et joue avec les signes de la ville. C’est un prétexte pour convoquer des questions sociales et culturelles.

Raster Noton Cette exposition montre le caractère résolument hybride de cette plate-forme de création, tout en questionnant la position de l’artiste dans l’interface de l’acte individuel et de son inscription au sein du collectif.

Mathilde du Sordet Les sculptures de Mathilde du Sordet ont été conçues spécifiquement pour cette exposition de groupe questionnant les notions de territoire et de déplacement.

Yann Toma Le travail de Yann Toma, structuré autour de la société Ouest Lumière, questionne les messages et leur transmission par la mise en œuvre de systèmes parallèles.. Le lieu d’exposition devient le centre multi-modal d’un trafic quotidien de pigeons voyageurs porteurs de dépêches AFP. Chaque jour, ces dernières sont transformées en interrogations.

Bernard Bazile Des mélanges de matières et d’images industrielles parfaitement maîtrisés interrogeant en permanence la question du goût et celle de l’autorité.

Knut Åsdam réalise des films et des installations qui interrogent notre degré de conditionnement par l’espace urbain et nous incitent à le vivre de manière plus consciente.   

Basserode L’œuvre de Basserode se présente, depuis le début des années 1990, comme un questionnement autour des notions de « nature » et de « culture » et sur les conventions qui sont attachées à l’une et l’autre dans les représentations artistiques modernes et contemporaines.

Carla Arocha Toutes interrogent la perception de l’espace dans lequel nous nous trouvons. Car l’espace est le matériau de prédilection de l’artiste. Ses œuvres l’intègrent et le transforment.

Hubert Duprat L’œuvre d’Hubert Duprat prend sa source dans un questionnement critique des modalités de la création des objets d’art.


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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 20:07

La Chronique n° 18 de Nicole Esterolle

Biennale de Lyon 20112Voici un tout petit extrait du texte de cinq pages bien tassées (dont l’une vous est jointe) que Thierry Raspail, le Directeur de la Biennale d’Art Contemporain de Lyon vient d’écrire pour la préface du catalogue de cette manifestation, qui a pour titre « une terrible beauté est née »:
« La plasticité des faits d’histoire, comme celle des œuvres quelles qu’elles soient, et qu’elles s’espacent dans le temps ou non, délimite un cadre, une configuration et des périphéries, qu’il est vain d’énoncer a priori. (…) Mais à cette histoire, il faut bien un début, car avant d’être un qui (playlist), l’exposition est un comment. Qu’est-ce qu’un début ? s’interrogeait Louis Althusser avant d’étrangler son épouse (…) Comme l’histoire générale, mais pour un temps seulement, l’exposition doit pouvoir tracer sans trahir les propriétés combinatoires d’une morphologie définitivement conjoncturelle, sans passé ni avenir, au présent. Et contenir en prélude (ce qui interdit au « savoir constitué », comme à la « certitude des choses », à la « pensée readymade », à la « structure » et au « fondement »), d’imposer un type, fut-il « idéal (Weber), un modèle, (un telos), et contenir, ce qu’à défaut de mots nous empruntons à Carlos Ginsburg, « des éléments impondérables » : le flair, le coup d’oeil, l’intuition. »

Je vous soumets cela, car j’aimerais savoir si je suis la seule, à ressentir le caractère absolument abscons, insensé, délirant, complètement halluciné ou explosé du dedans, de ce texte, dont on se demande si son auteur n’a pas trop fumé la moquette et ne va pas bientôt manger son chien, sa sacoche ou la plante verte de son bureau. J’aimerais savoir aussi si je suis la seule à détester le caractère éminemment anxiogène de l’épais catalogue où ce texte figure , avec sa sinistre mise en page toute en noir et sa ligne graphique façon pièces d’archives du KGB, avec ses articles optiquement illisibles et intellectuellement foutraques, avec ses terrifiantes images pourries, ses cinq pages entièrement blanches, ses doubles pages de cercueils, d’entrée de cimetière ou d’intérieur de bouche aux dents fracassées, avec cette poisseuse complaisance pour les misères du monde, avec cette obsession permanente du questionnement sans fond sur le réel ou sur l’histoire, avec cette compacité inouie de négatif, de morbide et de désenchantement… Bref, savoir si je suis la seule donc, compte tenu de ce pathos catastrophile ou nécrophile, à m’inquiéter sur les chances de survie sur cette terre, de l’art, de l’humanité, des animaux et des plantes vertes.

Car enfin, cette Biennale n’a rien d’une inoffensive amusette de quartier, c’est une énorme machine de guerre médiatique qui est devenue l’emblème de notre vitalité culturelle nationale (pas étonnant d’ailleurs, qu’avec cette réussite planétaire, son directeur, parvenu au paroxysme de boursoufflure de son ego, puisse se permettre impunément de faire preuve d’ une telle effervescence langagière et d’une bouillie rhétorique qui lui serait fatale dans tout autre domaine. Il paraît d’ailleurs, qu’au mieux de son exaltation mégalomaniaque , il lui arrive de grimper sur son bureau pour hurler comme Tarzan en se frappant la poitrine). Car la Biennale est une colossale usine à gaz culturel. Elle fait la fierté des édiles locaux. Elle coûte je ne sais plus combien de millions d’euros à la région, à la ville et aux sponsors (Dont les casinos Partouche au fameux slogan: « la culture pour tous, partout, Partouche »). Elle emploie des centaines de personnes. Elle occupe avec ses manifestations annexes des centaines de lieux dans les zones prioritairement défavorisées des alentours. Elle fait venir des trains entiers de journalistes transbahutés logés-nourris et encadrés pire qu’en URSS. Elle se paie quatre pages centrales dans le Monde signées par la dream team de la critique d’art française : la fameuse triplette Dagen -Lequeux - Bellet, etc., Je m’inquiète donc de cette croissance exponentielle d’un contenant qui semble ne pouvoir se faire que par diminution accélérée de la possibilité de retour d’un contenu positif, vivant, sain, senti, pensé, coloré, travaillé, inventé, généreux, prospectif, aimable à voir et qui élève l’âme….

Je m’inquiète de voir politiques et journalistes, tous ensemble piégés dans un même mécanisme incontrôlable, honteux parfois de ne rien pouvoir faire et dire pour réguler cette emballement de l’inepte, qui ne leur fasse risquer de perdre leur rôle et attribution dans cette même mécanique décérébrée.

enfants-001.jpgMais je me réjouis en voyant le Conseil Régional proposer en ses magnifiques locaux tout neufs , cette exposition intelligente et gaie de peintres de la tendance Lowbrow et Pop-surréalistes, en contre point de cette biennale stupide et triste, et comme pour se faire pardonner le soutien obligé qu’il apporte à cette dernière. (Et je vous joins aussi cette belle image du Pop surréaliste Tom Schorr, qui pourrait opportunément s’intituler « Tarzan, la honte de la jungle »)

 

Vous pouvez par ailleurs suivre l’actualité toujours passionnante du schtoumpf émergent sur la scène artistique internationale en allant sur le site : www.schtroumpf-emergent.com Ce site vient d’être remodelé pour mieux accueillir vos réactions et commentaires. (Cette chronique est envoyée régulièrement à 9000 chroniqueurs, diffuseurs d’art et décideurs institutionnels en France)

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14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 09:05
La chronique n° 16 de Nicole Esterolle par Nicole Esterolle
chroA--16delphine-Coindet.jpgQu’est-ce que les Châteaux de France, de Versailles à Suze la Rousse, ont bien fait au Bon Dieu, pour que la plupart d’entre eux soient , tous les étés , bourrés à l’art contemporain ? Quel est le rapport entre la splendeur architecturale de ces édifices, leur intérêt historique et les zigouillis d’art contemporain dont on les remplit et qu’on impose aux visiteurs ? Tous les étés, c’est une coutume, l’atmosphère, dans la plupart des Châteaux à visiter en France, est à l’art dit contemporain. (…Dit contemporain, mais qui fait une solide fixation au stade dada anal pervers duchampien polymorphe de bien avant la guerre 39- 40).
  • Choisi au hasard parmi les dossiers de presse que je viens de recevoir, voici celui des « parcours d’été » dans les Châteaux de la Drôme (Château des Adhémar à Montélimar, Château de Grignan, Palais Delphinal de Saint Donat, Espace Visitation de Romans, Château de Suze la Rousse). C’est le FRAC-Institut d’art contemporain de Villeurbanne qui squatte ces cinq lieux chargés d’histoire en proposant un parcours artistique intitulé justement «Atmosphères».
  • Moi, je vous dis franchement que je trouve très abusif, voire malhonnête, voire pervers, d’obliger un public venu tranquillement là pour la beauté architecturale des lieux et pour leur histoire, à se farcir ce type de produit culturlurel, comme s’il s’agissait de lui casser le moral et de le faire désespérer à la fois de lui-même et de l’avenir de l’humanité, qui est déjà par ailleurs bien mal barré. En effet, pour ce qui est de «l’atmosphère» , on ne peut pas dire que ce soit vraiment l’optimisme et le gai soleil d’été, à en juger par ces quelques extraits du texte du dossier de presse où il est surtout question d’invisibilité, d’immatérialité, de déconstruction, de rupture, de vertige, d’absurde, d’impénétrabilité des mouches , de disparition, d’instabilité, d’insaisissable, etc. , bref, de notions bien tordues, bien débilitantes et férocement schtroumpfesques… :

    Laurent Grasso cherche à « transcrire l’invisible » et à restituer le mystère anticipatoire des dispositifs de contrôle. Pascal Convert dessine un rapport mental aux lieux, dont il retient ce qu’il nomme des « seuils visuels », comme les fenêtres de villas vouées à disparaître. La sculpture « architecturale » de Bojan Sarcevic met en lumière l’espace tout en le rendant impénétrable. Teintées d’une dimension sacralisante, les œuvres de Spalletti sont des formes stylisées qui lient proximité et espace cosmique. L’œuvre de Bernhard Rüdiger incite également le visiteur à se projeter vers un horizon sans limites, ni géographiques ni temporelles. L’installation sonore de Sylvia Bossu met à l’épreuve la réalité corporelle du spectateur en suscitant une promiscuité physique avec l’œuvre et un questionnement sur ce qu’il perçoit. Conjuguant le savant au populaire l’œuvre de Rodney Graham déploie une dimension poétique et doublement réfléchissante. La poétisation du réel est également au cœur de l’œuvre de Pierre Malphettes qui associe matérialité et imaginaire. Travaillant à la frontière entre documentaire et fiction, Melik Ohanian filme le vide et le temps, jusqu’au coucher du soleil. Tout aussi énigmatique, l’œuvre de Laurent Montaron génère une spatialisation du son et met en forme une allégorie. Bien que minimal dans sa forme, le Corps noir d’Ann Veronica Janssens crée un espace spéculaire qui enveloppe le visiteur et modifie sa présence corporelle. Ce dernier est confronté à « l’insaisissable », une expérience subtile où il perd le contrôle de ses sens. Dans le travail de l’artiste, la déconstruction de l’objet ramène le spectateur à son propre corps et à une expérimentation de l’instabilité. Les œuvres environnementales de Philippe Decrauzat troublent la perception de l’espace, déstabilisent nos repères jusqu’au vertige. Le travail de Delphine Coindet joue d’une rationalité apparente pour devenir un objet quasi immatériel » (à preuve l’ image jointe)…
  • Vous avez bien lu ? Alors, dites-moi, d’où ça vient ces borborygmes cervicaux ? c’est quoi ces flatulences intello-débiles?, c’est quoi ces machins sans queue ni tête encombrant les vénérables parquets ? C’est quoi cette embrouille où l’on voit, comme troupeaux de cloportes, des œuvres ineptes et sans valeur patrimoniale parasiter des lieux chargés de sens et de vécu à haute valeur historique ? C’est quoi cet irrespect des ancêtres et des actuels visiteurs? De quel droit ? Au bénéfice de qui ? Au nom de quelle logique à la mors-moi-le-nœud culturlurel ? Doit-on dépenser autant d’argent public pour polluer des lieux qui n’ont rien demandé et persécuter ainsi leurs visiteurs à coups de petites cruautés mentales subventionnées par la cultirelire ? Quel ministre du patrimoine aura un jour le pouvoir et le courage de faire le ménage dans nos Châteaux et d’y interdire ces dépôts estivaux d’insanités artistiques?
Et maintenant, je vous propose ce devoir de vacances, qui consiste à me répondre à la question suivante: Est-ce vraiment démagogique, populiste et réactionnaire de ma part, de vilipender cette façon d’instrumentaliser le patrimoine historique français à fin de promotion de cette part exclusivement schtroumpfesque de l’art d’aujourd’hui? Vos réponses intéressent particulièrement une copine sociologue de l’art. Merci !!!!

Vous pouvez par ailleurs suivre l’actualité toujours vivace du schtroumpf émergent sur la scène artistique internationale en allant sur le site : www.schtroumpf-emergent.com

(Cette chronique est envoyée régulièrement à 8000 chroniqueurs et diffuseurs d’art en France)

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