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QUESTIONS d'ACTUART

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15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 17:27

La chronique n° 15 de Nicole Esterolle

robert.jpgUne des qualités premières que chacun reconnaît à tout schroumpf émergent sur la scène artistique internationale, c’est bien sa capacité à rebondir opportunément sur les sujets d’actualité et c’est aussi son opiniâtreté au questionnement sociétal subventionné.

Guillaume Robert est un de ceux –là qui a su habilement profité de la fameuse polémique déclenchée par la délicieuse Michèle Alliot-Marie quand elle a proposé à son regretté copain Ben Ali le « savoir - faire » de la France en matière de maintien de l’ordre. Cet artiste vient en effet d’exposer à la Maison Populaire de Montreuil, une oeuvre constituée, nous dit le DP, « d’une cinquantaine de balles de flashball disposées de telle sorte qu’elle forment le mot « know how ». Le signifié met en évidence le savoir-faire reconnu dans le monde entier des forces de sécurité française…composée de ces boules, la graphie se fait flottante sur le mur… »

Le DP nous dit aussi que les boules ont été « gracieusement fournies à l’artiste par la société Verney-Carron, dépositaire de la marque Flashball et fabricant d’armes à Saint- Etienne »… Vous voyez d’ici le côté complètement tordu de l’opération, où l’on voit le fabricant d’un produit utiliser la ridiculisation de son produit comme argument marketing pour celui-ci… Mais pourquoi s’étonner de cela dans un domaine où l’on voit régulièrement les schtroumpfs recevoir d’autant plus de subventions qu’ils critiquent à qui mieux mieux, questionnent à fond la caisse, subvertissent ou conchient un max le système même qui les subventionne.

On sait bien également que l’art et les armes offrent une très souvent certaine complémentarité de leur service pour l’exercice conjoint des pouvoirs politiques, culturels et financiers. (On me signale d’ailleurs à ce sujet l’existence d’un certain Georges Verney Carron, cousin ou neveu des actuels marchands d’armes, qui tient galerie-boite de com’ à Lyon intitulée « Art et entreprise »… simple coïncidence sans doute)   

(J’ai proposé ce type de chronique au Canard Enchainé, qui en principe aime bien les récits de ce genre de coup tordu. Il m’a été répondu que l’art contemporain était un domaine tabou qui pue trop fort pour eux...)

Vous pouvez par ailleurs suivre l’actualité toujours vivace du schtroumpf émergent sur la scène artistique internationale en allant sur le site : www.schtroumpf-emergent.com

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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 11:44

par Nicole Esterolle

tayou casserolesCa y est : la colonne de casseroles de 7 m de haut que l’artiste Pascale Marthine Tayou avait installée dans l’église Sainte Bonaventure (voir mon précédent communiqué ) vient d’être fracassée par ce que l’on soupçonne être un groupe de cathos intégristes. Ainsi, la profanation escomptée s’est bien produite, le scandale a bien éclaté, et tout ceci pour le plus grand profit médiatique de l’artiste, du musée d’art contemporain, du curé de la paroisse et de la ville de Lyon .

Il y a eu en effet des articles dans tous les journaux régionaux et nationaux et une double page dans le Monde où l’attentat de Lyon est associé à celui, concomitant, d’Avignon (où l’on a vu, à la fondation Lambert , la fameuse photo d’Andrés Serrano - celle du Crucifix trempé dans l’urine - également fracassée par le même type de cathos présumés fachos .). L’opération de com’ a donc fonctionné à merveille et les différents concepteurs et promoteurs du tas de casseroles s’en frottent les mains, car, au prix où sont actuellement les espaces publicitaires, l’ensemble de la surface gratuitement consacrée au récit de cet événement dans tous les médias, doit bien représenter quelques centaines de milliers d’euros.

Alors, bien sûr, ce que l’on pourrait attendre de ces médias, de ces commentateurs, de ces journalistes, plutôt que d’être les complices passifs de cette grosse opération de communication sans contenu artistique, c’est qu’ils effectuent un vrai travail d’investigation, d’information et d’explication; c’est qu’ils fassent leur boulot, c’est qu’ils essaient de s’informer et de nous informer sur les véritables enjeux en amont, sur les bénéfices sous-jacents des différents protagonistes de cette histoire.

Voici ce qu’ils auraient pu expliquer et dire, si l’omerta oppressive qui règne en matière d’art contemporain ne les rendait pas tout avachis de la plume, du cœur et du cerveau:

  • 1- Expliquer pourquoi c’est un curé réputé pour ne rien sentir ni comprendre à l’art, qui a accepté le deal avec l’artiste et le MAC Lyon, et comment cette méconnaissance de l’art - et peut-être de la foi chrétienne - le place ainsi aux avant-gardes des deux. Savoir si l’utilisation d’un édifice public à des fins de mise en scène personnelle avait l’assentiment de sa hiérarchie et de ses ouailles. Expliquer en quoi cette colonne de gamelles atteint un niveau record d’irrespect envers la dimension sacrée de l’art, envers la foi des bâtisseurs d’églises et de cathédrales. Dire que 95% des paroissiens (et des lecteurs de journaux) qui ont réagi sur internet, ont exprimé leur désaccord sur la présence de cette colonne, sans être pour autant d’affreux intégristes, et sans qu’on tienne compte de leur opinion, etc.
  • 2- Dire qui est cet artiste opportuniste qui joue à fond la carte de l’africanité pour se placer dans les réseaux de l’art international, qui utilise cyniquement le thème de la misère africaine pour fabriquer un produit de haute spéculation artistico –financière, qui hurle au racisme anti-black dès qu’on conteste la validité artistique de ses tas de matelas , de parapluies, de tables, de chaises de poubelles, de casseroles, de détritus divers, etc. Expliquer pourquoi il avait besoin de cet alibi du curé de Sainte Bonaventure, et pourquoi l’attentat dont son oeuvre a été l’objet va augmenter considérablement sa cote sur le marché du Financial Art des collectionneurs milliardaires.
  • 3- Dire le profit que va en tirer la ville de Lyon pour son image de cité en permanente effervescence culturelle et à la pointe du combat pour l’art contemporain de haut niveau
  • 4- Dire pourquoi le caractère très souvent provocateur, transgressif, sacrilège, blasphématoire et scandaleux de l’art contemporain est indispensable à son efficacité médiatique, parce que cet art est avant tout conçu comme vecteur et stratégie de communication. Et, dans cette optique, expliquer pourquoi le sujet religieux est particulièrement apprécié pour faire du buzz et du pognon, puisque les deux sont intimement liès. Rappeler l’existence de ces quelques artistes parmi les plus chers du monde parce que les plus performants dans l’outrage aux symboles religieux : Maurizio Cattelan et son Pape écrasé par une météorite, Andrès Serrano et son Crucifix trempé dans son urine, Chris Ofili et sa Vierge Marie à la bouse d’éléphants, Martin Kippenberger et sa grenouille crucifiée, etc. Rappeler aussi le cas d’une grande prêtresse de l’art contemporain en France, notoire fornicatrice débridée devant l’éternel, qui se vantait d’avoir copulé avec tel grand galeriste parisien sur l’autel de l’église de Saint Germain des Près…
  • 5- Expliquer pourquoi et comment le Musée d’Art Contemporain de Lyon s’inscrit totalement dans cette logique de com’ sans foi ni loi d’abrutissement des populations, d’instrumentalisation cynique de l’art et de la foi chrétienne, sous prétexte de rayonnement culturel .
  • 6- Expliquer enfin aux politiques et cultureux de tous bords comment et pourquoi, grâce à eux, cette misérable histoire de casseroles empilées dans une église de quartier va gratifier Marine Le Pen de quelques milliers de voix supplémentaires sur la ville de Lyon.

Vous pouvez par ailleurs suivre l’actualité toujours vivace du schtroumpf émergent sur la scène artistique internationale en allant sur le site : www.schtroumpf-emergent.com

l-oeuvre-d-art-contemporaine-la-colonne-pascale-a-l-eglise-.jpgLIRE L'ARTICLE DU PROGRES

LIRE L'ARTICLE DE LIBELYON

Illustration de l'article: Colonne Pascale, 2010 - Courtesy GALLERIA CONTINUA, San Gimignano / Beijing / Le Moulin © Stéphane RAMBAUD © Adagp, Paris, 2011  

 

 

 

  • A c t u a r t l y o n   r é p o n d   à   N i c o l e    E s t e r o l l e:

Suscitée par cette dernière chronique de Nicole Esterolle (chronique contradictoire puisque ses premières lignes résument parfaitement le fonctionnement de l'art contemporain alors que le reste de l'article n'est que du superflu), la réflexion que nous vous proposons aujourd'hui est un corolaire de nos questionnements sur le discours DE l'art et le discours SUR l'art aujourd'hui.... lire la suite

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26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 08:29

La Chronique N° 12 de Nicole Esterolle

tayou-tables-2.jpgPascale Marthine Tayou, artiste belgo-camerounais, qui expose actuellement au Musée d’Art Contemporain de Lyon, a tenu à ce que son exposition déborde dans la ville et a voulu disposer des œuvres chez « tout le monde », pour qu’elles «habitent les lieux de vie dans la ville comme si elles avaient toujours été là». Et c’est donc ainsi qu’ont été – entre autres - érigés, «comme s ‘ ils avaient toujours été là» , «harmonieusement» intégrés dans la cité (comme le montrent les photos jointes) cet amoncellement de tables de la Place Gabriel Peri (une critique de la bureaucratie) et cette colonne de 7 mètres de haut, faite d’un empilement de grosses casseroles, installée dans l’église Saint-Bonaventure (une critique de la société de consommation et une dénonciation de la faim dans le monde).

tayou-casseroles.jpgLe Père Luc Forestier, recteur de l’Eglise a accueilli le tas de casseroles avec le même pieux empressement que s’il s’était agi du Saint Ciboire lui-même, et l’a religieusement commenté ainsi à ses paroissiens ébahis par une telle envolée mystique: «Ces casseroles empilées renvoient aux incertitudes actuelles sur la capacité des humains, et non de la Terre, à suffire à leur subsistance, tout en désignant le lieu même où s’actualise pour nous le relèvement de notre humanité (…). Elles rendent compte des interrogations qui traversent le champ artistique, comme tous les autres domaines de notre monde tourmenté (…) il y a surtout l’usage d’éléments du quotidien que l’accumulation conduit à transcender (…). Car la source et le sommet de notre rassemblement se trouve dans un repas ritualisé, qui renvoie au dernier repas de Celui qui a librement engagé son existence dans le don de lui-même. Et la taille même des ustensiles choisis conduit à penser un repas qui dépasse toujours le petit groupe, mais qui annonce le festin ultime de l’humanité».

La transcendance par empilement de gamelles!… Fichtre! même dans les sermons de Bossuet on ne trouve pas ça! Il y va fort dans la métaphore le Père Forestier! Mais il est bien probable qu’il se fasse très vite remonter la soutane par Monseigneur Barbarin, évêque de Lyon, qui, paraît-il, ne confond pas, lui, transcendance et foutage de gueule, spiritualité et bouffonnerie.

Mais le plus inquiétant dans cette affaire on ne peut plus schtroumpfesque, c’est de voir ce type d’ art contemporain à très haute teneur de crétinerie irradiante, sortir de son habituelle enceinte de confinement qu’est un Musée d’Art Contemporain, pour se répandre dans une ville et en contaminer toute la population, au nom de la culture pour tous (… partout et Partouche comme dit le slogan du sponsor local et casinotier Partouche).

Il est donc grand temps que la municipalité de Lyon s’inquiète des retombées de telles délétères évaporations d’inepties culturelles, en terme d’image pour une ville, qui, victime de cet incroyable raz de marée de monstrueuse crétinerie, devient, en fait de rayonnement international, un sujet de grosse rigolade pour le monde entier et même au-delà, puisque, comme on le voit sur l’image, Dieu lui-même est convoqué.

* Vous pouvez suivre l’actualité du schtroumpf émergent sur la scène artistique internationale en allant sur le site : www.schtroumpf-emergent.com

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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 09:12

Un communiqué de Nicole Esterolle

khadaf-aillagon-1.jpgLes atrocités du schtroumpf Mouammar Khadafi peuvent-elles être considérées comme œuvres d’art contemporain au même titre et dans le même ordre d’idées esthétiques que celles de Koons, Murakami, Hirst, Cattelan, & cie? Il parait que le débat fait rage au plus haut niveau des responsables politiques après la récente visite de l’artiste lybien au Château de Versailles en vue d’y installer sa prochaine rétrospective, qui ferait suite à la fameuse installation de sa yourte personnelle dans les jardins du Palais Marigny en 2008. La photo ci-dessous montre l’illustre Mouammar en compagnie de Jean-Jacques Aillagon (Directeur du Château de Versailles et ex-ministre de la culture) lors de sa récente visite des lieux.

Vous pouvez suivre l’actualité du schtroumpf émergent sur la scène artistique internationale en allant sur le site : www.schtroumpf-emergent.com

 Et Actuartlyon de répondre: L'inévitable Triangle des Bermudes: ART - ARGENT - POLITIQUE Printemps arrive, les acteurs de l'art s'éveillent! Depuis le début 2011 plusieurs courriers à teinte politique sont arrivés dans notre boîte aux lettres lire la suite...

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19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 00:00

par Nicole Esterolle

Au secours! Les Rives de Saône bientôt ravagées par l’art contemporain!
Scénario pour un River Movie qui s’annonce haletant

Un réaménagement urbano-sociétal de 50 kilomètres de long
Une biennale d’art contemporain permanente aux bords de la rivière
Un triomphe du Financial-art-schtroumpf
Un Colomb qui va bientôt obtenir le Gérard de l’art contemporain

"Le projet des Rives de Saône répond de la même envie. Un nouveau projet d’aménagement, cela signifie d’abord donner une âme, en faire le lieu de la rencontre des populations et des possibles. Nous avons tous besoin d’un urbanisme sociétal, capable de saisir de manière complémentaire les questions de développement économique, d’équilibre social" Gérard Colomb

AVEC à la DIRECTION ARTISTIQUE : Jérôme SANS

Jérôme Sans, né en 1960, est un conservateur et critique d'art contemporain français. Il a co-dirigé avec Nicolas Bourriaud le Palais de Tokyo à Paris et été l’un des complices de Thierry Raspail à la Biennale de Lyon en 2005. Il dirige actuellement l'Ullens Center for Contemporary Art (UCCA) de Pékin, en Chine. Le baron Guy Ullens de Schooten est un industriel et collectionneur milliardaire belge, qui figure parmi les descendants de Guillaume Wittouck, et qui était propriétaire par la famille Wittouck, grands magnats de l'industrie, entre autres, de la société Weight Watchers International. Jérôme Sans est également Cultural Curator pour le groupe hôtelier américain Le Méridien. En 2002, il publie un livre d'entretiens avec l'artiste Daniel Buren. (pour en savoir plus sur le Financial-art: http://www.dailymotion.com/video/xbc5g1_l-art-s-explose_news )

AVEC TREIZE ARTISTES INTERPLANÉTAIRES
- Débouché de la passerelle du Palais de justice : Elmgreen & Dragset.
- Défilé de la Saône et fil rouge artistique : Tadashi Kawamata.
- Bas-port Gillet : Pablo Reinoso, Meschac Gaba.
- Chemin nature : Érik Samakh, Pascale Marthine Tayou.
- Ancienne écluse de Caluire : Richard Woods, Jean-Michel Othoniel.
- Promenade de Fontaines-sur-Saône : Le Gentil Garçon.
- Promenade des guinguettes de Rochetaillée-sur-Saône : Le Gentil Garçon, Didier Fiuza Faustino, Lang & Baumann.
- Maison du projet : Didier Fiuza Faustino.

Des oeuvres de ces artistes, dans l'ordre:

Elmgreen & Dragset Tadashi Kawamata

Pascale Marthine Tayou richard-woods-

Le Gentil Gar+ºon did fiuza faustino

Lang & Baumann

 

 

 

 

 

 

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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 21:00

La chronique n° 10 de Nicole Esterolle
Quand le schtroumpf émergent devient hargneux et vulgaire

« OUVRE BIEN TA BOUCHE ET FAIS OH!
BRAVO C'EST BIEN. MAINTENANT JE TE PISSE DEDANS!
ET SURTOUT NE ME RÉPONDS PAS. »

Ceci est le mail que m’a envoyé un schtroumpf après lecture de ma précédente chronique . Il provient de l’adresse mail : contact@wallpapersbyartists.com. qui, après recherche sur internet , s’avère être une entreprise privée produisant des « papiers peints d’artistes ». Entreprise située à Dijon et dont le schtroumpf gérant, auteur probable de ce mail, est aussi professeur à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de cette même ville. Ce que l’on découvre en outre, c’est que, Parmi les 5 ou 6 artistes créateurs de ces « wall papers » (le schtroumpf parle américain de préférence), il y a, je vous le donne en mille … Olivier Mosset !

J’ignorais tout à fait que notre Mosset national s’adonnait aussi, en plus de la motocyclette, au plaisir du papier peint monochrome , mais cette révélation me permet de comprendre la bouffée hargneuse de ce schtroumpf éditeur de « contemporary art wall paper », quand il voit que dans ma chronique je lui casse son fond de commerce en ridiculisant son artiste vedette.

J’ai reçu des centaines de réactions élogieuses et enthousiastes de lecteurs de mes dernières chroniques et de visiteurs du site que j’ai dédié au schtroumpf émergent : www.schtroumpf-emergent.com . Je n’ai reçu que deux réactions de schtroumpfs : la première venant des auteurs du tas de bois et qui a fait le sujet de ma chronique n° 9, et puis celle-ci qui vient de l’éditeur de papier peint… Sa violence mesure la dangerosité de cette petite frappe, tortionnaire coutumier du sens, au service d’une gestapo culturelle sentant venir sa débâcle. On imagine également la monstrueuse crétinerie de cette élite culturelle s’achetant du papier monochrome signé Mosset pour tapisser ses murs et affirmer ainsi sa supériorité sur son prochain….

Dijon, capitale historique de la moutarde… est donc devenue maintenant capitale de la schtroumpferie artistique émergente à l’international, avec son « Consortium » qui est sans doute le lieu d’art le plus terrifiant de ce pays ; avec son FRAC Bourgogne qui est l’un des plus artistiquement anorexiques de France ; avec son école des Beaux Arts des plus sternutatoires ; avec sa galerie Triple V, son Athéneum, ses Editions « Presses du réel », etc. On se demande pourquoi cette jolie petite ville est frappée d’une telle malédiction artistique, plutôt que Montauban, Limoges ou Poitiers ?

Pour comprendre les raisons profondes de cette inhumanité artistique dominante et proliférante y compris dans nos belles provinces, je vous conseille de lire l’essai récemment paru aux Editions Gallimard, de François Chevallier, critique d’art et de cinéma, ex –directeur des « Chroniques de l’art vivant » . Ce livre est intitulé « La société du mépris de soi – De l’Urinoir de Duchamp aux suicidés de France-Télécom ».

Pour vous inciter à sa lecture, je vous livre ci-dessous cet extrait de l’entretien accordé par François Chevallier à Benjamin Berton pour le site http://www.fluctuat.net/ et téléchargeable sur internet.

Est-ce que L'Urinoir de Duchamp n'a pas pris avec les années une dimension presque chaleureuse ?

Vous voulez dire qu'une fois l'effet de surprise passé l'objet non seulement ne choque plus mais devient attendrissant comme le vestige d'une jeunesse rebelle passée ? Bien sûr si vous oubliez son prix astronomique, les manœuvres pour faire monter sa cote et la désymbolisation catastrophique qui en est toujours le résultat. Bref si vous oubliez que cette amusante tentative dadaïste de désacralisation de l'art humaniste soi-disant « bourgeois » a abouti à une frénétique sacralisation d'objets bas de gamme ramenant l'être humain civilisé des temps « modernes » à un fétichisme de primates éblouis par des icônes clinquantes ....

Vous vous en prenez assez violemment dans le livre au travail de Buren. Est-ce que vous pouvez redire ici très rapidement ce que vous lui reprochez ?

Apposer son logo sur le maximum d'espace possible, comme un chien pisse pour se créer un territoire, ne suffit pas à remplir le vide ainsi créé. Et faire plébisciter ce vide par des spectateurs ingénus, en leur faisant croire qu'ils participent à ou même qu'ils sont l'Art, relève d'une mécanisation de l'Autre typique du narcissique manipulateur qui ne se sent exister que par le public.

En fait de caractère ludique et participatif il y a chez ces artistes exploitation du spectateur pour lui donner, en échange, une sorte de divertissement passager attirant l'attention sur eux-mêmes. On retrouve là la notion clef de la société de consommation : le divertissement du réel au profit d'un objet-spectacle commercialement siglé.
S'il voulait vraiment établir une communication avec des spectateurs le nouvel artiste ferait ce que tous ses collègues ont fait depuis la nuit des temps (et que beaucoup continuent d'ailleurs de faire) : il créerait une forme personnelle et signifiante, impliquant son corps et sa sensualité, à travers laquelle il se révèlerait peu à peu à l'autre par l'originalité de son trait, la dimension de ses espaces, la cadence de ses rythmes, l'intensité de ses couleurs, la dynamique de sa composition ... Bref il lui offrirait, d'une façon ou d'une autre, un aperçu de sa « subjectivité », que l'autre accepterait ou non, mais sans laquelle aucune véritable relation humaine de toute façon n'est possible. C'est cette diabolisation de la subjectivité par Duchamp, reprise par les minimalistes, qui est la véritable origine du nouvel art ayant recours à toutes sortes de procédés mécaniques pour tenter de rétablir un contact avec le spectateur sans passer par les sens.

Et si le spectateur ingénu croit se sentir ainsi plus proche de l'artiste c'est que, comme 90% de la population, il n'a jamais su vraiment ressentir une œuvre plastique, c'est-à-dire percevoir à travers les traits et les formes revigorant sa vitalité et agrandissant son champ de vision, la conscience de l'autre en train de communiquer avec lui. Il est heurté par le tableau comme par une énigme parce qu'il n'en reçoit pas sa « forme signifiante », laquelle exige un certain travail de recul sur soi-même pour en jouir ... alors qu'il éprouve un plaisir immédiat, et infantile, à ces nouveaux jeux de société que sont les « happenings » ou les installations. Comme le savent bien les marchands la foule va toujours au plus facile : le tape à l'œil des créatures infantiles de Murakami, de la pornographie Saint-Sulpicienne d'Araki ou des mickey-mouseries de Jeff Koons, l'impressionneront toujours plus que la Joconde ou Fautrier. Surtout s'ils s'accompagnent de discours ésotériques d'experts médiatisés ...

Comment vous démarquez-vous théoriquement des ennemis de l'art moderne... pour l'art moderne ?

La meilleure façon de discréditer un contradicteur plausible est d'amalgamer sa protestation avec celle de tous les ringards terrifiés par la nouveauté en tant que telle. Le journal Les Inrocks en a fait dernièrement une démonstration, éblouissante de mauvaise foi et de démagogie jeuniste, en présentant comme uniques opposants à l'exposition Murakami une bande de vieillards cacochymes brandissant des pancartes à la porte du château. Bref des « Versaillais » rétrogrades assassinant cette grande figure de l'éternelle Commune artistique luttant pour sa liberté ! Comme s'il n'y avait pas d'autres critères de l'art que cet épithète de « moderne » brandi à tout bout de champ pour faire croire que la modernité est une fin en soi (comme le bonheur ou la justice sociale ) déterminante de la valeur de l'œuvre. Et sans qu'aucune voix ne demande : de quoi donc est faite cette modernité ( que les fascistes brandissaient aussi, non sans raison, face aux vieilles démocraties, comme le meilleur argument en faveur de leur régime )? Mais la principale malhonnêteté médiatique, soigneusement entretenue par toutes les parties prenantes de l'expertise artistique actuelle, est précisément ce terme de « contemporain » noyant dans un même vocable à connotation positive des formules d'art ne relevant ni de la même finalité, ni du même niveau de conscience. D'autant plus que le surgissement dans les années quatre-vingt sous le nom de « néo-expressionnisme », « nouveaux fauves », « figuration libre » etc.. . de dizaines d'artistes notoires, reprenant la représentation de l'homme et du monde là où Stella l'avait laissée, constituait un grand retour aux critères incontournables de l'art, tel qu'il s'était toujours pratiqué, et un rejet de tout ce qui se voulait l'héritage de Duchamp : la mécanisation minimaliste, l'intellectualisme conceptuel et la création industrielle de babioles spectaculairement monstrueuses baptisées pour l'occasion ready-made.

Bref, à la fin de ce siècle cohabitent sous l'épithète « contemporain » deux, sinon trois formules d'art aussi dissemblables dans leurs conception que dans leurs effets. Dans la première les artistes reviennent à ce qu'ils étaient depuis toujours : des constructeurs de mondes imaginaires, consolateurs d'eux-mêmes et des autres, nous fécondant de leur propre folie par le truchement de leurs formes. Dans la deuxième, celle des formules « minimalistes », la relation de l'artiste avec le spectateur se réduit à une expérience mécanique troublante pour la perception de ce dernier, dans le but, semble-t-il, de le convaincre de son impossibilité à saisir le réel, sans qu'on discerne très bien le bénéfice que ce constat d'impuissance puisse apporter à l'un et à l'autre. Quant à la troisième formule, qui constitue l'aboutissement logique de la réification et de la mécanisation de l'art en cours depuis les années soixante, il est une tentative d'ériger en mythe des objets industriels d'inspiration purement matérialiste pour leur conférer un statut « d'œuvre d'art », tout en restant accessible à des sensibilités ne fonctionnant que sur le mode primaire. Le but étant de susciter une nouvelle classe de collectionneurs peu enclins aux efforts exigés jusqu'ici par l'appréhension d'une œuvre.

Ceci étant posé, en quoi Anselm Kiefer et ses murs d'ex-votos géants, ses immeubles-bunkers fracassés où poussent des soleils noirs, ses monumentales bibliothèques de plomb et ses entassements de débris inorganiques est-il moins « moderne » que Jeff Koons et son univers pour petits bourgeois immatures avec ses poupées kitsch, ses nains de jardin géants et ses dessus de cheminée coquins ? En quoi les personnages quasi pariétaux de Penck ou Baselitz, les récits sarcastiques d'Immendorf ou les figures mythiques de Luppertz ou Basquiat sont-ils moins « modernes » que les mini-peluches d'un Mike Kelleigh, les rectangles de briques d'un Carl André ou les monuments d'acier vaguement dissymétriques de Richard Serra ? En quoi Ernesto Neto qui intègre lui aussi les spectateurs dans son œuvre comme dans des installations mais pour les régénérer par la vitalité et l'harmonie de ses rêves de tulle est-il moins moderne qu'un Buren baladant des spectateurs passifs dans des dédales sans surprise ? Ou faut-il croire, ce qui est probablement le cas, que le seul fait d'être industriel et mécanique, c'est-à-dire vide de toute référence à l'imprévisible matière vivante, assure actuellement à tout objet artistique mort une aura prestigieuse de modernité ?

Vous considérez que cet art est symptomatique d'une sorte de projet d'autodestruction monté par l'homme pour l'homme et qui s'exprime dans d'autres domaines. Comment peut-on réorienter la mécanique suicidaire ?

L'art n'est qu'une conséquence : l'expression d'un état de l'homme à un moment donné. Il n'est en aucun cas l'initiateur de la dépression en cours. Et il n'y a pas un « projet » suicidaire mais un fonctionnement auto-destructeur de l'homme qui a produit un repliement sur soi lui interdisant de se revitaliser par la communication subjective avec les autres, fonctionnement qui était jusqu'ici à la base de l'art traditionnel. Le nouvel artiste a donc inventé une nouvelle formule d'art dans lequel la communication ne s'effectue plus par les sens mais par les moyens mécaniques du happening ou des installations minimalistes .Ce qui n'a pas les mêmes résultats bénéfiques pour la conscience et le désir de vie ... Quant à « réorienter la mécanique suicidaire » engendrée par le post-moderniste c'est là l'énorme problème de société que vos générations devront résoudre pour survivre, et pour lequel l'art ne peut être d'aucune utilité, sinon de signaler en temps opportun, par un renouveau de dynamisme stylistique, que l'être humain reprend du poil de la bête.

Peut-on parler d'adhésion des élites, critiques, bourgeoises, snobinardes, à ce projet d'autodestruction ? Y a-t-il une motivation consciente ou intéressée à ce projet, l'idée souvent évoquée dans la littérature de science-fiction ou d'anticipation, selon laquelle une élite autoproclamée survivrait en ayant sacrifié volontairement tout le reste ?

Il n'y a pas de « projet » d'auto-destruction. Il y a un fonctionnement auto-destructeur de l'homme dû aux contraintes de la société industrielle engendrant un manque de communication humaine et un relativisme idéologique lui interdisant de donner un sens à sa souffrance, et une direction pour la combattre. Quand à l'adhésion des « élites bourgeoises, snobinardes » à l'art contemporain, elle s'interprète de deux façons. D'une part elle donne à des cadres technocrates, particulièrement formatés et serviles, du fait de leur carrière, et particulièrement insensibles du fait de leurs études techno-scientifiques, l'illusion gratifiante et sans danger de « transgresser » (le maître-mot de cet univers irréel qu'est l'Art contemporain) les pesantes conventions du monde totalitaire de leurs entreprises en participant à une activité rédemptrice et ésotérique réservée aux happy-fews.

Mais à un plus haut niveau, celui où les très grandes fortunes s'allient aux politiques, il est bien évident qu'en sus des profits dus à la spéculation sur les oeuvres, l'Art Contemporain est un des principaux leurres déployés dans le monde par les puissances d'argent pour convaincre les bourgeoisies occidentalisées de la sophistication intellectuelle et morale du système qui leur est imposé. Un club fermé qui a l'avantage d'offrir de généreuses prébendes à une population d'intellectuels en mal de carrière qui se trouvent politiquement désamorcés du fait même qu'ils participent à la promotion de l'Art. Et quel mal peut-il donc y avoir à aider des artistes à sortir de l'ombre ? D'autant plus que comme chacun sait ceux-ci sont absolument libres de faire et dire ce qu'ils pensent : dans l'univers clos de l'art contemporain tout est permis y compris de cracher à la gueule de son commanditaire. Un acte « transgressif » justement, qui, habilement présenté par quelque « expert » intellectuel, valorisera le crachat pour lui donner une plus value.

Cela dit le manque de réaction populaire aux destructions économiques et humaines provoquées par l'avidité sans frein des banques démontre que nous sommes effectivement entrés dans cette ère de l'asservissement indolore planétaire prédit par A.Huxley, H.G. Wells et d'autres. Nous avons commencé à vivre les prédictions les plus pessimistes de la Science Fiction parmi lesquelles, évidemment, le renforcement du système d'auto-protection des élites bien conscientes que les ravages écologiques imminents risquent de mettre en péril leur pouvoir si on ne diminue pas drastiquement la population du globe. La consultation des minutes et autres documents confidentiels des Forums de Davos, du groupe de Bilderberg et de la Trilatérale, ou autres think tank conservateurs, serait à cet égard bien intéressante. En attendant que Wikileaks nous les révèle, je vous renvoie à l'excellent livre de Susan George : Le Rapport Lugano (aux Editions de l'Aube). Selon lequel la survie du système capitaliste nécessiterait le sacrifice de deux milliards d'individus dans les dix ans. Choisis parmi les plus pauvres de préférence...

Le livre se termine par une jolie question : « A partir de quel degré d'insensibilité, est-ce que je deviens un tortionnaire ? » Comment voulez-vous qu'on se débrouille avec ça ?

On n'apprend à vivre qu'en se mettant en danger. A cet égard l'inexpérience humaine et le manque de vécu de vos générations hyperprotégées sont devenus à la longue redoutables. Quiconque n'a pas affronté la vraie violence des guerres ou des révolutions ignore avec quelle rapidité un bourgeois cultivé plein de bonnes intentions sombre dans le sadisme et la férocité pour peu qu'il ait peur et qu'il en ait reçu l'ordre. Et quelle maîtrise de soi il faut avoir pour garder malgré la panique cette empathie minimum qui garde en vous un reste d'humanité. Les technocrates impubères et carriéristes qui commettent des désastres humains dans les entreprises comme France-Télécom sont exactement ceux qui, sans état d'âme, au cours des fameuses expériences sur la torture, augmentent sur ordre la décharge d'électricité malgré les hurlements apparents du supplicié.

François Chevallier : Journaliste et critique d’art, François Chevallier a été producteur à France Culture et collaborateur de la galerie et de la Fondation Aimé Maeght. Âgé de 80 ans, il a été le fondateur et le rédacteur en chef des « Chroniques de l’art vivant », avant de se consacrer logiquement à l’art visuel par excellence du XXe siècle, le cinéma.

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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 23:50

La Chronique n° 9 de Nicole Esterolle

chro-9-happy-Schtroumpfing--1-.jpgL’image que vous voyez ci-contre, m’a été envoyée par mail par Alexandre Durand, accompagnée des quelques mots suivants : Happy schtroumpfing, MADAME.( et merci pour la pub) Le Tas de Bois- Alexandre Durand. Il s’agit donc de la réponse de l’un des deux auteurs de l’installation « tas de bois »figurant  à l’espace Plateforme à Paris et que j’avais choisie pour mon site à la rubrique « la perle du mois » à cause de son caractère typiquement schtroumpfesque.

J’ai reçu des centaines de mails d’encouragements et de félicitations pour mon site, mais aucun venant de schtroumpf caractérisé…sauf celle-ci, qui n’exprime d’ailleurs pas un désaccord de fond avec mes analyses, mais plutôt une gratitude pour la pub qui est ainsi faite à l’oeuvre et à son  lieu d’exposition. Je pense que cette réaction, aussi succincte soit-elle mais assortie d’une image spécialement concoctée pour l’accompagner, mérite constituer le sujet de cette présente chronique n° 9, car elle nous donne l’occasion d’examiner de plus près et in vivo ce bon spécimen de schtroumpf.

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De l’arroseur arrosé

Intéressante réaction en effet, car nous sommes ici dans la configuration de l’arroseur arrosé ou du subversif –subverti, où le coutumier de la dérision et de l’autodérision se voit à son tour objet et victime surprise d’une opération foutage de gueule qu’ il se croyait le seul habilité et autorisé à pratiquer professionnellement avec l’agrément du Ministère de la Culture.

Alors bien sûr, « même pas mal !» fanfaronne-il, «  et « merci pour la pub ! », rappelant ainsi que son oeuvre est uniquement une affaire de com’ et que,  dans une logique de pur marketing et dans un système où toute disqualification est qualifiante, ma  tentative de ridiculisation à son endroit reste finalement vaine et globalement bénéfique pour lui.


Car il faut savoir en effet que cette impunité s’appuie sur l’énorme et tentaculaire dispositif étatique et marchand du foutage de gueule artistique officiel ; il faut savoir aussi que Plateforme qui héberge ce « tas de bois » , est l’émanation de l’Entreprise, elle-même articulée aux grands réseaux institutionnels et  de la spéculation internationale.(50 artistes autoproclamés « internationaux » sont dans cette « Entreprise »)


De l’esprit de sérieux dans le  foutage de gueule

Mais là où cette dialectique parfaitement perverse de la dérision institutionnalisée  et de la facétie subventionnée possède son point d’achoppement, c’est bien dans cet esprit de sérieux ou dans cette prétention à la rigueur scientifique  dans l’exercice du foutage de gueule.

Ainsi ces quelques extraits de textes concernant nos deux schtroumpf au tas de bois :« Tas de bois  est le support d’une projection physique sociale et spirituelle » et encore : « Fra Gioviani utilise l’image pour réfléchir et se réfléchir dans cet espace-temps qui serait le propre de l’homme, la pensée » et enfin: « Alexandre Durand fait partie d’un projet  F.L.I.M.( Fabulations Libertaires Intrinsèquement Médiocres), influencées par le concept du « guérilla sémiotique », développé par Victor Burgin, qui consiste à détourner les outils de la communication à des fins artistiques et critiques ; et que ce décalage représente la mise en forme d’un discours critique et ironique sur les thèmes qui fondent notre société : la mondialisation, le copyright des marques que l’artiste ne peut pas utiliser légalement, la chirurgie esthétique, la dépendance pharmaceutique, l’impact des mass médias dans la cellule familiale...etc ; et que les F.L.I.M défendent un ton ironique et grinçant afin d’échapper un peu à l’aseptisation morale et culturelle de notre temps. »

Ainsi voilà un schtroumpf on ne peut plus oxymorique. Quand sa rigolade se fait on ne peut plus pontifiante, quand il affirme  vouloir défendre un ton « ironique et grinçant » en utilisant un « discours critique » qui n’est , au contraire - qu’un galimatias  docte et pédant ; quand il nous accable de ses vieux clichés de la subversion libertaire pour faire nouveau et subversif et mieux ramasser l’argent de l’État;  quand, prétendant lutter contre l’aseptisation morale et culturelle,  il contribue de fait à l’arasement de toutes les aspérités sensibles et poétiques, à l’éradication du sens et du vécu comme valeurs ringardes et malpropres ; quand sa « guérilla sémiotique » n’est rien d’autre que gesticulation de marionnette aux mains du pouvoir  qu’il dit combattre, etc.

Même Hara Kiri n’en voudrait pas.

Car enfin, cette image de schtroumpf sablant le mousseux sur son tas de bûches, en compagnie d’un guerillero sémiotique façon sous-commandant Marcos encapuchonné, même Hara Kiri ( qui a pourtant fait ses preuves en matière de  terrorisme sémiotique) n’en voudrait pas, car elle n’est pas drôle et parce que, quelque soit l’angle pour la regarder, elle n’a ni queue ni tête… appendices, certes,  dont tout schtroumpf émergent a subi l’ablation  lors de ses études en Ecole des Beaux-Arts ou en Université d’Arts Plastiques..

Réaction du 2eme schtroumpf au tas de bois

Le mail ci-dessous m’est parvenu tout juste après avoir terminé la rédaction de ce qui est écrit plus haut. Il vient à point nommé pour conforter et illustrer parfaitement ce que je dis du cynisme désinvolte et infantile propre à ces petits farceurs,  révolutionnaires chamalos d’un « sentier lumineux »  perfusé à la subvention publique.

« Bonjour Nicole est stérile, je crois que tu connais mal qui je suis pour radicaractérialiser ma stroumpherie que le correcteur orthographique d'Outlook Express traduit par tromperie. Je me trompe peut-être. J'apprécie ta critique et certains des passages des textes présents sur ton site que j'ai lus. Je me trompette en stroumph peut-être mais je te trouve très radical tout de même, d'autant plus dans les passages dont je pense que tu y dénatures la pensée dans ses potentiels d'ouvertures culturelles spirituelles et physiques, allez je lâche le mot, métaphysiques,  que tu amoindris de ton intégrisme, certe peut-être juste mais outrancier. Sans doute avons nous un ami (un ennemi)) ah je me gausse, en commun pour qu'un tas de bois paraisse dans tes pages! Tu auras sans doute déja reçu cette foto que je te glisse en clin d'oeil fraternel, mais pour savoir si tu en as, et qu'on puisse échanger, je t'invite à regarder le film Donnie Darko vers la 33ème minute. De l'explication donné à l'existence strouphesque voire stroumphiste que tu subiras, j'aimerai que tu me donnes quelques mots en réponse ». Fra Giovanni

Ma question en guise de réponse :
Avez-vous eu vent de l'existence de peintres tels que Paul Rebeyrolle, Leonardo Cremonini, Vladimir Velickovic par exemple et si oui, qu'en pensez-vous? Nicole

La réponse du schtroumpf n° 2
bonjour Nicole, très vite répondu je connais des oeuvres de Paul Ribeyrolle que j'ai vu à Lyon ds le fonds du Musée des Beaux Arts. J'ai alors acheté son dvd pour finir par aller voir son Musée à Eymoutier. Cela doit répondre en partie. Je ne connais pas les deux autres. Ton mot a été l'occasion de survoler quelQUES VIGNETTES de leur oeuvre. à priori plus d'affinités avec Vladimir. Je prendrais le temps. Fra Giovanni

De l’inculture du schtroumpf

Laissons donc de côté l’ingénuité barbe à papa, orthographique et syntaxique de cette réponse, et félicitons-nous plutôt de constater que ce schtroumpf connaît bien l’existence de Paul Rebeyrolle… Mais celui-ci figure dans les  collections François Pinault …  or chacun sait que le schtroumpf sait réciter par cœur la liste des artistes achetés par  le divin François comme d’autres savent réciter les versets du Coran. Alors est-ce bien significatif de sa culture artistique ?  On se le demande d’autant plus que, par ailleurs, parvenu à ce niveau d’émergence sur la scène internationale, il ignore encore Alberto Cremonini, ami d’Alberto Moravia et de Umberto Eco…

 

Vous pouvez trouver cette chronique ainsi que toute l’actualité du schtroumpf émergent sur la scène artistique internationale sur le site www.schtroumpf-emergent.com


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Vous vous demandez qui est Nicole Esterolle, voici notre réponse ICI.

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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 09:56

A la lecture de cette nouvelle chronique, la question se pose: mais le vrai critique d'art n'est-ce pas Nicole Esterolle? Poser les problèmes, ne plus se soumettre ne serait-ce pas le véritable acte de critique? Résumer le critique d'art aujourd'hui à faire l'éloge, quelque soit la valeur de l'oeuvre, de ce pourquoi il a été payé, c'est bien dévaloriser la critique d'art. Mais aujourd'hui ils sont nombreux à se considérer critiques, ces "littérateurs" qui se prennent pour des référents. Nicole Esterolle dérange, tant mieux, quant à l'activité de critique d'art, lire le dossier du dernier numéro d'Artension: "A quoi servent les critiques d'art?". Messieurs les critiques, utilisez l'art littéraire pour défendre, commenter, initier, apprendre et laissez l'oprobre aux joutes politiques stériles, marchands de bas étage, frustrés et ratés...

 

A propos du «brûlot fascisant» sur le schtroumpf émergent
Chronique n° 8 de Nicole Esterolle
A la fin de ma précédente chronique, je vous avais signalé que le Magazine Artension avait pris le risque de publier mon « brûlot fascisant » intitulé « L’avenir de l’art appartient-il aux schtroumpfs émergents sur la scène artistique internationale ? ». Ce texte, je l’ai appris, a réjoui quantité de lecteurs de ce magazine , d’artistes (qui l’ont épinglé au mur de leur atelier), de galeristes (qui l’ont fait circuler), etc… mais bien évidemment rendu furibards pas mal de sbires de la gestapo du système officiel ( que ces sbires - là justement me traitent de fasciste vichyssoise, c’est tout de même le monde à l’envers!).

Et je viens en effet de découvrir sur le site www.lacritique.org cette réaction signée Christian Gattinoni, qui me semble exemplaire de cette irascibilité dont fait preuve l’institution dès qu’on la chatouille un peu là où elle a mal, qui contient tous les poncifs en matière d’anathèmes contre les contestataires du système, et dont je vous livre cet extrait édifiant.

 

1- Voici le texte qui fusille mon « brûlot »:

critique.org.jpg(…) Les dernières pages du numéro d’Artension voient ce travail d’approche professionnelle (un grand dossier sur la critique d’art) totalement gâché par un brûlot imbécile et profondément réactionnaire issu d’un envoi mail anonyme. Nous l’avions reçu et mis à la poubelle de l’histoire de l’art. Ce qui est grave c’est encore une fois la confusion des genres et la perte des usages et des valeurs. Le mail doit demeurer dans la sphère privée, lui donner valeur de tribune c’est se réduire au niveau de médiocrité médiatique des buzz. Pourquoi avoir confié trois pages sur « les schtroumpfs émergents » à cette personne lâchement cachée sous son pseudo débile, Nicole Esterolle, Elle (il) s’attaque notamment aux écoles d’art d’où elle (il) a du être refusé(e) comme étudiant(e), ou enseignant(e) et ignoré(e) en tant que juré des diplômes d’enseignement supérieur où des professionnels compétents sanctionnent les trois ou cinq ans de recherche au service d’une pédagogie du projet.

Au moment où l’université tente via la commission de l’AERES, et au nom de la reconnaissance des diplômes au niveau master 2 de formater les recherches en les réduisant à de purs exercices intellectuels de rédaction d’un mémoire codifié, au moment où des menaces contre les plus petites écoles au nom de la rentabilité remet en question leur existence comme celle de beaucoup d’autres lieux de diffusion actifs sur le terrain, donner importance à des propos aussi viles est inadmissible. Ces attaques sans fondement contre un artiste subtil et engagé comme Francis Alys ne méritent que dédain. Ces propos fielleux et revanchards ne constituent pas une critique mais des ragots et des dénonciations que le retour de la réaction politique décomplexée autorise aujourd’hui.

Nous attendons une réaction de la rédaction d’Artension pour démonter le mal fait dans cette publication. Françoise Monnin en consacrant des dossiers à des artistes comme Sandra Martagex ou Marine Joatton sorties des écoles d’art ou en mettant en valeur le formidable sculpteur Stephan Balkenhol formé dans ce circuit et y enseignant contredit déjà les propos de cette porteuse de maladie telle que l’athérosclérose et les cardiopathies. Nous savons soigner ces attaques, les écoles d’art fournissent d’excellents contre-poisons théoriques et pratiques.

 

2-Voici mon commentaire du texte:

Je vais donc voir sur internet qui est Christian Gatinoni pour mieux comprendre les raisons de sa ire. Je vois qu’il est à la fois professeur en Ecole d’art, critique d’art, artiste , et peut-être commissaire d’expos à l’occasion…. Profil type du représentant multicarte de la pensée officielle , qui n’a peur ni du mélange des genres, ni du conflit d’intérêts et qui devient donc automatiquement hargneux dès qu’on remet en cause l’appareil qui lui fournit son identité, son appartenance communautaire et ses revenus. Pour Monsieur Gattinoni, les choses sont donc ainsi réparties : - Avec d’un côté , le retour de la bête immonde, désormais « décomplexée » et cornaquée par une coalition de ringards crypto –fachos, revanchards et fielleux, venus de tous horizons et parmi laquelle on trouve des gens peu recommandables comme, Jean Baudrillard, Marc Fumaroli, Michel Schneider, Marc Le Bot, Christian Delacampagne, Claude Levi-Strauss, Luc Ferry, Pascal Brukner, André Comte Sponville, Marcel Gauchet, Jean Paul Aron, Pierre Gaudibert, Jean Clair, Jean-Philippe Domecq, Benoit Duteurtre… tous voués également aux poubelles de l’histoire de l’art et de la pensée. - Et de l’autre, les hautes figures de la Résistance au fascisme artistique, désormais inscrites au Panthéon de l’histoire de l’art parmi lesquelles on trouve au hasard de la cueillette : Fabrice Bousteau (l’homme au chapeau), Catherine M. (la femme à la vie sexuelle), Paul Ardenne (l’homme à la moto), Jean-Jacques Aillagon (l’homme du Château de Versailles) , Bernard Marcadet (l’homme de Buren), Nicolas Bourriaud (l’homme de l’esthétique relationnelle) ; Jérôme Sans ( sans commentaire), Emmanuelle Lequeux (la petite jeune du Monde), Judith Benhamou (l’amie des collectionneurs milliardaires), Olivier Kaeppelin, (l’homme de la DAP), Laurent Lebon (L’homme à l’expo du vide), Alfred Pacquement (l’homme du Centre Pompidou)… et notre Christian Gattinoni ci-présent, animateur du fameux site internet lacritique.com. A propos de critique d’art justement, je pense que, de cet invraisemblable panier de crabes qu’est l’AICA (Association internationale des Critiques d’Art), devraient s’extraire au plus vite tous les gens qui gardent un certain respect d’eux-mêmes, qui en ont assez d’être les cireurs de pompes d’un système inepte, assez de participer à cette énorme farce qu’est le marché international de l’art, pour créer une AICA dissidente retrouvant l’esprit de ses initiateurs français comme Raymond Cogniat , Dora Vallier, Jacques Lassaigne, Jean-Jacques Lévêque, etc.

 

3-L’avenir de l’art appartient-il aux Schtroumpfs émergents ?
( Le « brûlot fascisant » en question, tel qu’il a été publié dans le magazine Artension, Intro d’Artension)

21941-04a8f.jpgUn schtroumpf émergeant est un jeune plasticien, fraichement diplômé le plus souvent d’une école des beaux-arts, et qui, dûment formaté, commence à montrer ses oeuvres dans les circuits d’expositions institutionnels installés pour cela. Nicole Esterolle se penche sur cette ethnie apparue dans les années 1980. Cette mystérieuse critique d’art fait circuler ses chroniques par mail. Elle les envoie à quantité de journalistes et leur propose de signer à sa place, estimant que c’est le contenu du texte qui importe et non la signature. Aucun journaliste n’a encore accepté de jouer ce jeu déontologiquement problématique. Mais nous sommes heureux d’être les premiers à publier cette auteure, dont la vision acide et cocasse des mondes de l’art invite et incite à la réflexion. Voire, à la rébellion.

Oeuvres de Schtroumpfs récemment repérées : celle de Jean Alain Corre est faite de racines de gingembre transpercées de pointes ; celle de Elena Bajo, de châssis usagés, imbri- qués les uns dans les autres et liés entre eux avec du scotch; celle de John Cornu, de châssis brûlés ; celle de Philippe Eydieu, d’une cuvette de WC d’où surgit une tête de canard. Celle de Aymeric Hébrard (Grand Prix du salon de Montrouge 2010) est un tas de poubelles gonflées ; celle de Sylvain Bourdet, une accumulation de cure-dents ; celle de Gaston Bizouille, un amoncellement de chaises ; celle d’Andrea Knetch, des tas de paille; celle de Guillaume Poulain, un vélo suspendu à l’entrée d’une église, etc. Ces quelques exemples ont été choisis au hasard sur les sites internet des officines spécialisées en art contemporain que l’on trouve, grassement subventionnées, dans toutes les grandes villes de France soucieuses de développement culturel et qu’on parle d’elles en bien..

Car des Schtroumpfs de cette sorte, il yen a des milliers en France, représentant plusieurs générations de diplômés des beaux-arts (avec félicitation du jury bien entendu) et qui n’ont évidemment aucun avenir ni carrière possible hors des structures institutionnelles. Elles leur donnent durant un moment l’illusion qu’ils sont des artistes à vocation internationale. Très peu d’entre eux parviendront toutefois à la notoriété, tant la concurrence est grande dans ce milieu d’une férocité inouïe. Ils seront donc, pour la plupart, impitoyablement massacrés et sacrifiés sur l’autel du marketing culturel et de la modernité à tout prix ; et jetés à terme comme kleenex usagés. Une sorte de kamikaze décérébré Le schtroumpf émergeant est donc une sorte de kamikaze décérébré et programmé pour le sacrifice à la cause artistique d’État, elle-même liée structurellement à la cause de la grande spéculation financière mondiale. C’est un peu comme ces jeunes talibans, étudiants en théologie, sortant des écoles coraniques, parfaitement lobotomisés et analphabètes mais redouta- blement armés pour défendre et promouvoir leur ignorance et leur vide cérébral. Le Schtroumpf émergeant ne sait pas dessiner ni peindre. Il bricole tout juste. Il est parfaitement inculte en histoirede l’art, hors celle qui concerne ses référents. Il est puissamment armé en arguments rhétoriques d’une extrême sophistication, qu’il peut répéter mécaniquement ; et qui lui permettent de justifier son engagement socio-esthétique, sa lutte contre le vilain bourgeois réactionnaire, sa volonté farouche de déconstruire les modèles, de dénoncer la ringardise, de faire exploser les conventions, les codes, les icônes, etc. ; et de fusiller sur le champ les mécréants qui osent douter de la pertinence de ces inepties. C’est un vrai révolutionnaire terriblement subversif et hautement performatif, une bombe conceptuelle capable de faire péter les icônes, comme les talibans les statues de Bouddha. Sacré Marcel ! Le référent historique, c’est Marcel Duchamp, le géniteur, la reine mère, la grand-mère porteuse en quelque sorte, la matrice initiale de la subversion institutionnalisée. À son insu et contre son gré d’ailleurs, car si il s’était douté qu’il engendre rait une telle envahissante descendance, il est probable qu’il eût évité de faire les galipettes conceptuelles qu’on connaît, en les croyant stériles.

Les référents nationaux en France? On peut en citer des dizai- nes, des centaines, autour de Daniel Buren, Sarkis, Philippe Cazal et surtout Claude Lévèque, incarnation parfaite et nou- veau gourou de la schtroumpfitude; et d’ailleurs désigné pour cela représentant de l’art français lors de la dernière Biennale de Venise. J’en passe et des dizaines de meilleurs, tous ceux qui donnent matière aux bonimenteurs de cour, qui occupent les lieux officiels, et dont les oeuvres ont été abondamment achetées par les FRAC (Fonds régionaux d’Art Contemporain).

Les référents internationaux ? Damien Hirst avec ses grosses bêtes dans le formol, Wim Delvoye avec ses cochons tatoués, Jeff Koons et ses homards supendus, Maurizio Cattelan et son cheval à la tête enfoncée dans un mur de la Fondation Pinault à Venise… Autant de produits à haute valeur spéculative tant intellectuelle que financière, puisque c’est à ce niveau qu’Art d’État et Business Art se rejoignent, en un commun sommet du cynisme et du mépris pour l’art. Ces Schtroumpfs internationaux, compte tenu des prix phara- mineux atteints par leurs oeuvres, sont pour les petits schtroumpfs de province des guides spirituels, des repères mythiques, dans leur quête frénétique de l’inepte à forte valeur ajoutée.

Le salon et le palais du Schtroumpf. Il fallait un lieu de célébration nationale de la schtroumpfitude émergeante, et c’est le Salon de Montrouge qui a été investi de cette fonction. La ville y a mis le paquet financièrement, la DRAC aussi, le Ministère peut-être et les sponsors bien évidemment. Il fallait bien entretenir un Collège critique, soit une quinzaine d’éminents acteurs du réseau, journalistes, historiens, critiques, galeristes et commissaires d’exposition, sous la coordination du rédacteur en chef du magazine Particules ; collège, chargé de proposer les exposants et de les accompagner. Sans compter le jury, qui sélectionne ensuite quatre-vingt exposants et qui attribue les prix et désigne les trois lauréats qui exposeront individuellement au Palais de Tokyo. Le Salon de Montrouge est le vrai concours d’excellence de l’art français émergeant ! Il est donc naturel que le Palais de Tokyo, qui est la meilleure vitrine de la création contemporaine dans notre pays, s’associe à cet élan dit Pierre Saint-Cyr de Cornette, Président du Palais de Tokyo, commissaire-priseur bien connu du tout Paris. Les deux plus récents invités d’honneur au Salon du Schtroumpf sont Arnaud Labelle-Rojoux, professeur de schtroumfologie comparée à la Villa Arson et Ernest T., reconnu, dit le catalogue de l’événement, comme esthète de l’absurde et du mauvais goût, artiste conceptuel de l’oeuvre nulle et ridicule ou caricaturiste cynique et foutraque du monde de l’art. Le plus ahurissant sans doute est d’entendre le Salon de Montrouge se proclamer sans aucune vergogne puissant accélérateur de carrière pour le schtroumpf émergeant. Il faudrait plutôt le qualifier de puissant précipitateur de désastre, tant individuel que collectif pour les artistes. Car enfin, comment envisager que ces jeunes gens qui répudient toute mise en forme, toute sensibilité, toute poésie, pour ne privilégier que dérision, pathos, morbidité et négativité systématique, puissent aller ailleurs qu’au casse-pipe ? Il fallait un Palais pour héberger les plus beaux ébats schtroumfesques et célébrer la création émergeante hexagonale comme elle le mérite. Il a été décidé que ce serait celui de Tokyo. Alors là, c’est bien l’apothéose de la Schtroumfomania post - moderne. C’est la course permanente au toujours plus extrême, c’est l’immense et permanent chantier de l’inepte, du déconstruit et du foutraque très rarement amusant, où l’on casse, on brûle, on vomit, on cultive la moisissure, on se moque à qui mieux mieux, on pète les murs et les plafonds, où c’est laid ou ça pue… Bref, la création en marche, selon les porte-paroles de l’institution.

Le coût du Schtroumpf. L’élevage et la promotion du Schtroumpf émergent coûte très cher à l’État et aux collectivité locales, c’est à dire au contribuable français. Ainsi, par exemple, pour la ville de Lyon (c’est la même chose pour chaque grande ville de France), pas moins de quatre lieux sont consacrés à la mise en visibilité de cette production : La BF 15, La Salle de Bain, Chez Néon et Le Stand, subventionnés par la ville (à raison de 133 000 €en 2007 et 52 000 en 2008 pour BF 15 par exemple), la région (23 000 €en 2007 et 35 000 en 2008 pour La Salle de Bain par exemple), et la DRAC (qui refuse de diffuser le montant des subventions qu’elle accorde). Soit environ une moyenne annuelle de 250 000 €pour l’en- tretien de ces quatre écuries de Schtroumpfs, indispensa- bles, selon le Maire de la cité, au rayonnement culturel de la ville et de la région… Sachant maintenant que ces quatre lieux, hors les quarante mêmes personnes de leur réseau qui tournent dans les ver- nissages (et ne regardent surtout pas ce qui est exposé), n’accueillent quasiment aucun public, ça fait cher le cacahouète grillé.

Texticules pour Schtroumpfs
(exemples de textes diffusés par des lieux d’art contemporain subventionnés)
L’oeuvre de Romain Huteau se nourrit de pertes, de déficits de sens, d’égarement dans les signes, de prospections-limite, à la lisière de l’expli- cite et de son contraire, entre visibilité et opacité, apparition et dispari- tion.

Chez Cédric Alby, l’inscription du mot BAU répété, sur la sculpture même, vient ponctuer sa progression, discrètement, telle une image graphique et sonore fortement évocatrice (…). La sculpture est un trou construit : un terrier. Elle est une écriture dans l’espace, une chose imma- térielle, qui montre finalement plus son image que sa réalité.

En un sens, ce travail de Philippe Eydieu est quasiment performatif, il pré- sente – seulement – des traces de quelque chose qui a été, mais n’est presque plus, quelque chose qui s’est perdu entre la nuit, le jour mais pourrait advenir à nouveau espoir et suspens.

L’ensemble des oeuvres de Francis Alÿs déploie un espace d’errance phy- sique et mental, désynchronisé du temps réel. L'ordinaire y est transformé et de possibles narrations s'entrouvrent aux spectateurs.

Jean-Daniel Berclaz a réalisé deux vernissages de points de vue: l’un sous le pont Kirchner, par un soir de pluie ; l’autre sur la passerelle des quatre vents. Ces moments d’échange suffisent à désigner le paysage et font du monde un ready-made que l’artiste signe.

Magali Reus décrit ces hommes comme attendant des instructionset l’on pourrait donc dire que, comme ces hommes, les sculptures de Background, toutes génériques, attendent elles aussi des instructions. L’artiste ironise sur la nature militaire de l’art minimal, son austérité for- melle et son devoir de réserve.

L'activité proposée par Sylvain Bourget engage un travail du négatif. L'appauvrissement de la valeur d'action y est obtenue par l'addition de deux facteurs : l'ajout d'une contrainte arbitraire et le relatif ou total asser- vissement de l'action à cette contrainte. Ce travail engage donc un prag- matisme, qui se déploie parallèlement à une certaine forme d'absurde : le signifié de l'activité est aussi inutile que son signifiant est unique.

L’installation de Tatham et O'Sullivan semble de plus en plus concep- tuelle à mesure qu’on la regarde. En effet, le soi-disant côté divertissant et décoratif annoncé par le titre résiste peu de temps aux questions. Les réponses sont évidemment à chercher dans la définition du truc (thinga- majig)ou de la chose (thing),qui pourrait être l'histoire universelle des for- mes.

Spaghetti Hoopsest un plat traditionnel qui fait partie de la vie quoti- dienne britannique et c'est aussi le titre choisi par Anthea Hamilton pour sa première exposition personnelle en France (…). Le all-overde pâtes sur les murs de la salle d’exposition fonctionne comme un fond commun à tous les objets rassemblés.

Le travail de John Cornu brouille sans cesse les limites entre l’espace d’exposition et l’oeuvre qui l’occupe en jouant sur les spécificités topogra- phiques, fonctionnelles et humaines d’une situation. En filigrane se des- sine une esthétique virale et invasive souvent de l’ordre du subliminal. La recherche d’Andrea Knetchvise à utiliser les matériaux dans un autre contexte, à les transformer. Cette attitude ouverte permet un éventail de possibilités dans la création formelle de produits. La paille n’est plus de la paille, il faut la toucher, la réexaminer, de plus près.

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6 novembre 2010 6 06 /11 /novembre /2010 09:11

... des crachotis buréniens en panne sur la place des Terreaux à Lyon ?

Chronique n° 7 de Nicole Esterolle

les-poteaux-de-Buren-2.jpgJe pense que nous sommes tous bien d’accord avec cette obligation qu’ont les municipalités d’entretenir dans le meilleur état possible les œuvres d’art qu’elles ont acquises et installées dans leur espace public. Ce principe très simple de respect élémentaire dû aux artistes et au public peut s’appliquer sans difficulté particulière en ce qui concerne par exemple les sculptures d’Ipoustéguy et de César, installées prés de l’Opéra de Lyon, et dont la « nature » 100% artistique est indéniable.

Là où cela devient plus compliqué, c’est à cent mètres de là, place des Terreaux, face à l’Hôtel de Ville, avec l’ « oeuvre » de Buren installée en 1994… Une patate chaude, encore plus brûlante que celle des colonnes du Palais Royal ! L’artiste commence en effet à se répandre dans la presse pour hurler au vandalisme municipal, à convoquer sa cohorte d’avocats et à menacer gravement la Ville de Lyon pour sa négligence à réparer la centaine de petits jets d’eau parsemant la place des Terreaux, qui n’éjaculent plus verticalement depuis que des camions de pompiers ou de la voierie leur sont passés dessus.

Pas de problème pour les 14 poteaux typiquement buréniens encadrant la Fontaine Bartholdi, ils sont robustes, (voir photo jointe) indéracinables, autonettoyants… Ils font déjà partie du patrimoine artistique lyonnais et dans 300 ans ils seront toujours là, intacts et majestueux, pour témoigner de la haute exigence esthétique des décideurs culturels de notre époque. Gros sac de nœuds en revanche pour ce qui concerne les petits jets d’eau qui faisaient partie du packaging burénien livré à la ville…

1-D’abord parce qu’ils ne participent pas de la ligne esthétique ou du propos plastique (ou anti-plastique) habituel rayuré verticalement caratéristique de l’artiste ( ou anartiste comme il l’a longtemps revendiqué) ; parce qu’ils sont du domaine de l’architectural et que la responsabilité du choix et le mérite de la réalisation reviennent autant aux édiles politiques qu’au couple artiste-architecte.

2-Ensuite parce que , justement, les politiques en question ont une large responsabilité dans cet affaire, puisqu’ils auraient dû à l’époque (hors de tout jugement esthétique) refuser une installation sur laquelle il était bien spécifié que ne pourraient circuler des camions.

3- Enfin, parce que notre « outilleur visuel », a beau jeu désormais, de dégainer l’outillage d’ une procédure juridique qui fait, c’est pourtant bien connu, partie intégrante de sa démarche artistique. Notre plasticien national, est en effet un redoutable procédurier du concept (on a vu avec quelle férocité inouïe il a attaqué le brave pépé fabricant des cartes postales qui avait osé en faire une de la place de Terreaux sans payer de droits à Buren), bardé d’avocats s’appuyant sur un document public de trente pages où toutes les dispositions juridiques son alignées comme autant de dents de pitbull pour protéger, prolonger et pérenniser son « oeuvre ».

Nous en sommes donc là, et on imagine l’embarras des responsables politiques pour s’extraire du piège Buren où ils sont tombés ; on imagine leur gène quand ils annonceront le coût de la restauration aux contribuables lyonnais (même s’il est inférieur au 10 millions d’euros que coûterait la démolition de ces crachotis); on imagine qu’on ne les y reprendra plus…

Et bien non ! il n’y rien à imaginer du tout. La burénisation de Lyon continue de plus belle par l’entremise du comparse de Buren, l’affairiste culturel Verney Caron, grand gourou de l’art contemporain lyonnais avec sa galerie - agence de com’ Art-entreprise, qui, outre la place des Terreaux et la parking des Célestins, vient de rafler pour son poulain zèbré, le 1% « mise en lumière » du hall du nouveau bâtiment du Conseil Régional (joli pactole) , ainsi que très probablement, dit-on, la décoration du futur tunnel de la Croix Rousse.

A suivre…

Nicole Esterolle

N.B. :

1- Ben Vautier (le fameux stripteaseur ) parle de moi dans sa news letter : « Nicole Esterolle : poujadiste ou critique d'art lucide ? lisez-la sur le net actuartlyon.fr, elle m'assassine ! »

2- Le site Actuartlyon.fr publie régulièrement mes chroniques et vous pourrez toutes les y retrouver. Je l’en remercie.

3- Le site Artpointfrance.fr avait commencé à me publier, puis m’a viré…j’ignore pourquoi.

4- La revue Artension vient de publier dans son numéro 105 de novembre-décembre ma chronique N° 6 sur le Schtroumpf post-moderne. Elle m’a demandé d’y faire quelques corrections et améliorations, ainsi que l’apposition d’un autre titre :« L’avenir de l’art appartient-il aux schtroumpf émergents ? ». Merci à Artension de relayer ainsi mes efforts.

5- Ma prochaine chronique risque fort d’être consacrée à l’ exposition au MAC Lyon des « Toblerones » en pains de glace du monochromiste et motocycliste Olivier Mosset, l’ex - copain de Buren du groupe BMPT des années 70.

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13 juillet 2010 2 13 /07 /juillet /2010 14:34

La chronique N° 6 de Nicole Esterolle

  © Jean-Alain Corre , « Psychobuilding » - 2009 Gingembre, vis, citron, réflecteur

02-jean alain corre psychobuilding pdf 2009-copie-1Un schtroumpf émergent est un jeune plasticien, frais émoulu le plus souvent, d’une école des Beaux-arts, et qui, dument formaté,  commence à montrer ses œuvres  dans les circuits d’expositions  institutionnels installés pour cela. Ses œuvres sont du type de celles que l’on voit sur les images jointes : La première de Jean-Alain Corre est faite de racines de gingembre transpercées de pointes, la seconde de Elena Bajo est faite de châssis usagés imbriqués les uns dans les autres et liès entre eux avec du scotch. La première a été exposée à la Galerie Chez Néon à Lyon, la deuxième est actuellement visible à la galerie La Salle de Bains à Lyon et sur le site www.lasalledebains.net.

© Elena Bajo. « Il en est de même pour Is music the essence of words?
I wrote messages but received no reply 
(2010)
Crédit photo: Eric Tabuki 

01-elena Bajo pdfLe schtroumpf émergent, c’est un peu comme ces jeunes talibans-étudiants en théologie sortant des écoles coraniques, parfaitement analphabètes mais redoutablement armés pour défendre leur ignorance. Le Schtroumpf émergent ne sait pas dessiner, ni peindre, (il bricole tout juste comme on le voit sur les 2 exemples fournis), il est parfaitement inculte en histoire de l’art, hors celle qui concerne ses référents, il est puissamment armé lui aussi en arguments rhétoriques d’une extrême sophistication lui permettant de justifier, notamment la sus-dite imbrication de chassis (voir en note n° 1 le texte accompagnant cette oeuvre), et de fusiller les mécréants qui doutent de la pertinence ses inepties. Il est, lui aussi, un vrai révolutionnaire, un modeste  et courageux combattant pour une société meilleure.(« Discrétion / détermination » : tel est le titre en effet de l’actuelle exposition à la Salle de Bains)

_________________
1- Ces peintures décharnées dont il ne reste que des châssis imbriqués les uns dans les autres sont maintenus de façon précaire par de l'adhésif. Vandalisme puis reconstruction primaire, ces gestes érigent une structure ou sculpture ajourée, faites de peintures à travers lesquelles il est de nouveau possible de voir.

marcel-duchamp.jpgLe référent historique, c’est Marcel Duchamp, le géniteur, la reine -mère porteuse en quelque sorte, la matrice initiale … à son insu et contre son gré d’ailleurs, car si elle s’était doutée qu’elle engendrerait une telle descendance, il est probable qu’elle eût éviter de faire les galipettes conceptuelles  qu’on connaît.

buren-diagonal.jpgLes schtroumpf –référents nationaux. On peut en citer des dizaines, des centaines autour de Daniel Buren (référent central), de Sarkis, de Philippe Cazal, de Claude Levèque, etc., j’en passe et des meilleurs,  enfin de tous ceux qui donnent matière aux commentateurs officiels, occupent les lieux officiels et dont les œuvres ont été abondamment achetées par les FRAC  notamment.

Damien-Hirst-Vache.jpgLes Schtroumpfs –référents internationaux. C’est Damien Hirst avec ses grosses bêtes dans le formol,  Wim Delvoye avec ses cochons tatoués, Jeff Koons et ses homards supendus au Château de Versailles, Maurizzio Cattelan et son cheval à la tête enfoncée verticalement dans un mur de la Fondation Pinault à Venise. Autant de produits à haute valeur spéculative tant intellectuelle que financière, puisque c’est à ce niveau qu’Art d’Etat et Business-Art se rejoignent en une commune apothéose. Ces schtroumpfs internationaux, compte tenu des prix pharamineux atteints par leurs œuvres, sont , pour les petits schtroumpfs de province, des guides spirituels , des repères mythiques, dans leur quête de l’inepte à forte valeur ajoutée.

salledebain.jpegLe schtroumpf –référent régional. C’est par exemple l’artiste-professeur-designer-curator-galeriste  et créateur de la dite Salle de Bains (qui a couté 268000 € d’installation il y a 3 ans et que quelques facétieux de la rue Burdeau ont rebaptisée « le Kabinet de toilette »)… Un schtroumpf très polyvalent donc et « hautement performatif », puisqu’il est à la fois 1-professeur en école d’art, 2-curator d’expos (on lui doit les expositions « Freaks » et « N’importe quoi » au MAC de Lyon), 3-artiste plasticien (on lui doit le fameux « kiosque » -acquis par quelque FRAC – qui est une sorte de grand aquarium en plastique où un groupe de musique peut jouer sans que personne ne l’entende), 4- Co-associé dans la galerie privée Triple V à Dijon… Des polyvalents régionaux comme ça, qui savent saisir et réunir toutes les opportunités, il y en a des tas en France.

Tout cela peut sembler risible, mais l’est beaucoup moins quand on sait ce que cela coûte à l’État et aux collectivité locales, c’est à dire au contribuable français. Ainsi, pour la ville de Lyon, pas moins de quatre lieux sont consacrés à la « mise en visibilité » de cette production « émergente » : La BF 15, La Salle de Bain, Chez Néon et Le Stand, subventionnés par la Ville, la région, et la DRAC (voir tableau ci-dessous).

 

 

Année 2007

Année 2008

Structures

Ville

Région

DRAC

Ville

Région

DRAC

Néon

9 000

7 000

?

9 000

15 000

?

Salle de bains

20 000

23 000

?

29 000

35 000

?

BF15

133 000

27 350

?

52 000

33 600

?

Le Stand (Worx)

17 000

4 000

?

14 000

8 000

?

 

Notes
268.000 € de travaux d’installation de la Salle de Bains
La DRAC ne diffuse pas les subventions qu’elle distribue avec l’argent public
Les subventions 2009-2010 ne sont pas encore disponibles

Soit environ une moyenne annuelle de 250 000 € pour l’entretien de ces quatre écuries de Schtroumpfs indispensables, selon Mr le Maire, au rayonnement culturel de la ville et de la région…

Sachant maintenant que ces quatre lieux, hors les quarante mêmes personnes de leur réseau qui tournent dans les vernissages, n’accueillent quasiment aucun public (et d’ailleurs s’en foutent totalement), admettez, Mesdames et Messieurs que cela fait cher le coup d’œil à 3 bouts de gingembre piqués de pointes et à un entremêlement de châssis vides… 

Paroles de Schtroumpfs

(florilège de  textes extraits au hasard des sites des galeries subventionnées Chez Néon (www.chezneon.fr), Salle de Bains (www.lasalledebains.net), BF 15 (www.bf15.org), Le Stand (pas de site)

 

Jean-Alain Corre Jean-Alain Corre développe un «feuilleton-exposition» intitulé «Johnny»,  qui est un homme lambda, sorte de double fictionnel de l’artiste. Nous, spectateurs, ne le croisons jamais vraiment, en revanche chacune des pièces et des expositions de l’artiste nous entraînent dans les errances mentales de ce personnage.

Cédric Alby L’inscription du mot BAU répété, sur la sculpture même, vient ponctuer sa progression, discrètement, telle une image graphique et sonore fortement évocatrice…. la sculpture est un trou construit : un terrier. Elle est une écriture dans l’espace, une chose immatérielle, qui montre finalement plus son image que sa réalité.

Francis Alÿs L’ensemble des œuvres déploie un espace d’errance physique et mental, désynchronisé du temps réel. L'ordinaire y est transformé et de possibles narrations s'entrouvrent aux spectateurs. 

Jean-Daniel Berclaz A réalisé à Lyon deux « vernissages de points de vue » : l’un sous le pont Kirchner, par un soir de pluie ; l’autre sur la passerelle des quatre vents. Ces moments d’échange suffisent à désigner le paysage et font du monde un ready-made que l’artiste signe.


Gianni Motti L’œuvre de Gianni Motti présentée à la Salle de bains consiste en une série de plaques commémoratives dédiées aux 759 prisonniers du camp de Guantanamo, à Cuba.

 

Magali Reus L’artiste décrit ces hommes comme « attendant des instructions » et l’on pourrait donc dire que, comme ces hommes, les sculptures de Background, toutes génériques, attendent elles aussi des instructions. l’artiste ironise sur la nature militaire de l’art minimal, son austérité formelle et son devoir de réserve.

 

Olivier Mosset peint une série de toiles blanches où figure, en rouge, la seule lettre « A » majuscule. Il faut bien commencer quelque part, et le début de l'alphabet semble tout indiqué. Faux départ, toutefois, puisque presque simultanément, il fait une autre peinture avec les mots « RIP » et une autre avec les mots « THE END », comme pour boucler le parcours au moment-même où il l'entamait.

 

Tatham et O'Sullivan L'expression perplexe de ses sculptures parodie la théâtralité des  sculptures minimalistes, autant qu'elle fait référence à la position du visiteur. Et l’installation semble de plus en plus conceptuelle à mesure qu’on la regarde. En effet, le soi-disant côté divertissant et décoratif annoncé par le titre résiste peu de temps aux questions. Les réponses sont évidemment à chercher dans la définition du truc (thingamajig) ou de la chose (thing), qui pourrait être l'histoire universelle des formes, l'histoire de la sculpture post-moderne ou simplement l'expérience banale, mais culturellement fondamentale que nous vivons au travers des objets.

 

Anthea Hamilton Spaghetti Hoops est un plat traditionnel qui fait partie de la vie quotidienne britannique et c'est aussi le titre choisi par Anthea Hamilton pour sa première exposition personnelle en France.  Dérivé des pâtes italiennes, le spa- ghetti hoops peut être associé à la bonne qualité des oliviers baignés par soleil…Le all-over de pâtes sur les murs de la salle principale fonctionne comme une teinte homogène ou un fond commun à tous les objets rassemblés.

 

Sylvain Rousseau Pour la Salle de Bains, Sylvain Rousseau a imaginé une exposition qu’il décrit comme un « scénario » dont chaque œuvre est un personnage. On y trouve, par ordre d’apparition, un perroquet (Le Grand Cacatoès Blanc, sculpture sonore), des cactus aux feuilles dessinées de croquis d'œuvres (Maybe), un grand plafonnier au néon, des posters (Maybe, Panoramic View of a Daily Walker, XXI) et des petites planches de bois en perspective, posées au sol …

 

Claire Healy & Sean Cordeiro développent un travail sculptural à travers une variété de médias. En explorant les matériaux de notre monde contemporain, ils soulèvent des questions sociopolitiques, comme la mondialisation, la culture médiatique, la consommation ou la propriété.
Pour leur première exposition en France, les artistes reproduisent à l'aide de briques de Lego le relief d'une région de Chine connue sous le nom de «Zone 51».

 

Marc Chopy Le travail pictural de Marc Chopy interroge depuis de nombreuses années le rapport du plan au volume, dans ce qu’il peut avoir d’inconciliable. Il s’est concentré depuis une dizaine d’années autour des “basculeurs” : « représentations en perspective de volumes géométriques simples, produisant des effets de bascule de l’espace selon les positions du spectateur. »

 

Anita Molinero Anita compose une archéologie de notre quotidien à partir d’objets qui nous entourent et tout particulièrement d’éléments en plastique qu’elle fond et déforme, leur redonnant ainsi une nouvelle présence esthétique.(Elle crame surtout des poubelles) 


Christophe BERDAGUER - Marie PÉJUS Plus qu’une exposition, un service public offert à la ville : un lieu d'enregistrement et de stockage de nos traumas. Toute personne ayant subit un choc traumatique est invitée à "ranger" cet épisode insurmontable psychologiquement, selon un protocole fourni par la médecine. L’exposition propose un subtil équilibre entre la mise en œuvre de ce protocole que l’on peut réellement suivre (mise en condition au rez-de-chaussée, opération de transfert à l’étage, puis stockage des « traumas » collectés) et l’œuvre sujette elle-même à une nouvelle interprétation selon le décor, la mise en formes, en sons et en symboles.

 

Enfin, pour apprendre à bien causer l’art contemporain, voici , Mesdames et Messieurs, un rendez-vous à ne pas manquer à Toulouse: Les journées professionnelles du laboratoire des médiation d’Art Contemporain. C’est un Espace de formation, d’expérimentation, d’échanges et de débats autour de la médiation en art contemporain, le LMAC-MP (Laboratoire des Médiations en Art Contemporain de Midi-Pyrénées) rassemble une trentaine de professionnels de la médiation issus de centres d’art, musées, associations, fondations ou services culturels de collectivités locales. Ce laboratoire a pour origine une formation continue destinée aux médiateurs en art contemporain  financée par la DRAC et le Conseil Régional. Après trois années de formation aux fondamentaux de la médiation, le réseau s’est associé à Jean-Christophe Vilatte, issu du laboratoire de recherche en communication de l’Université d’Avignon, pour aborder des questions relatives à l’évaluation des actions et des outils de médiation. Se sont ainsi constitués des groupes de travail thématiques autonomes qui se réunissent à intervalles réguliers entre les deux sessions plénières annuelles. L’un d’entre eux travaille sur des questions relatives à la médiation écrite.


Les 30/11/2010 et 01/12/2010 aux Abattoirs à Toulouse

Inscriptions 15 € : contact@lmac-mp.fr

 

 

 

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