Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Rechercher Un Sujet (Articles)

QUESTIONS d'ACTUART

point-d-interrogation_7692_w300.jpg
26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 08:29

La Chronique N° 12 de Nicole Esterolle

tayou-tables-2.jpgPascale Marthine Tayou, artiste belgo-camerounais, qui expose actuellement au Musée d’Art Contemporain de Lyon, a tenu à ce que son exposition déborde dans la ville et a voulu disposer des œuvres chez « tout le monde », pour qu’elles «habitent les lieux de vie dans la ville comme si elles avaient toujours été là». Et c’est donc ainsi qu’ont été – entre autres - érigés, «comme s ‘ ils avaient toujours été là» , «harmonieusement» intégrés dans la cité (comme le montrent les photos jointes) cet amoncellement de tables de la Place Gabriel Peri (une critique de la bureaucratie) et cette colonne de 7 mètres de haut, faite d’un empilement de grosses casseroles, installée dans l’église Saint-Bonaventure (une critique de la société de consommation et une dénonciation de la faim dans le monde).

tayou-casseroles.jpgLe Père Luc Forestier, recteur de l’Eglise a accueilli le tas de casseroles avec le même pieux empressement que s’il s’était agi du Saint Ciboire lui-même, et l’a religieusement commenté ainsi à ses paroissiens ébahis par une telle envolée mystique: «Ces casseroles empilées renvoient aux incertitudes actuelles sur la capacité des humains, et non de la Terre, à suffire à leur subsistance, tout en désignant le lieu même où s’actualise pour nous le relèvement de notre humanité (…). Elles rendent compte des interrogations qui traversent le champ artistique, comme tous les autres domaines de notre monde tourmenté (…) il y a surtout l’usage d’éléments du quotidien que l’accumulation conduit à transcender (…). Car la source et le sommet de notre rassemblement se trouve dans un repas ritualisé, qui renvoie au dernier repas de Celui qui a librement engagé son existence dans le don de lui-même. Et la taille même des ustensiles choisis conduit à penser un repas qui dépasse toujours le petit groupe, mais qui annonce le festin ultime de l’humanité».

La transcendance par empilement de gamelles!… Fichtre! même dans les sermons de Bossuet on ne trouve pas ça! Il y va fort dans la métaphore le Père Forestier! Mais il est bien probable qu’il se fasse très vite remonter la soutane par Monseigneur Barbarin, évêque de Lyon, qui, paraît-il, ne confond pas, lui, transcendance et foutage de gueule, spiritualité et bouffonnerie.

Mais le plus inquiétant dans cette affaire on ne peut plus schtroumpfesque, c’est de voir ce type d’ art contemporain à très haute teneur de crétinerie irradiante, sortir de son habituelle enceinte de confinement qu’est un Musée d’Art Contemporain, pour se répandre dans une ville et en contaminer toute la population, au nom de la culture pour tous (… partout et Partouche comme dit le slogan du sponsor local et casinotier Partouche).

Il est donc grand temps que la municipalité de Lyon s’inquiète des retombées de telles délétères évaporations d’inepties culturelles, en terme d’image pour une ville, qui, victime de cet incroyable raz de marée de monstrueuse crétinerie, devient, en fait de rayonnement international, un sujet de grosse rigolade pour le monde entier et même au-delà, puisque, comme on le voit sur l’image, Dieu lui-même est convoqué.

* Vous pouvez suivre l’actualité du schtroumpf émergent sur la scène artistique internationale en allant sur le site : www.schtroumpf-emergent.com

Partager cet article
Repost0

commentaires

R


Enlève tes œillères Vollerin! On t'a reconnu!



Répondre