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QUESTIONS d'ACTUART

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13 août 2013 2 13 /08 /août /2013 21:11

La chronique n° 45 de Nicole Esterolle 


Je commençais, comme vous probablement,  à être perplexe au sujet de cette célébration,  qui n’en finit pas, de l’anniversaire des trente ans des FRAC… Car aucune administration publique en France, n’a jamais atteint une telle propension à l’autocongratulation commémorative …

 

Et c’est bien cette perplexité qui m’a conduite à lire dans le détail le gros dossier de presse de 53 pages , que j’ai reçu (et que je vous joins), intitulé « Les Pléiades, les 30 ans des FRAC », produit par l’association Platform qui rassemble  les directeurs des 23 Fracs, et avec la participation écrite des plus éminents acteurs de l’ aventure  trentenaire de cet art que ses adeptes qualifient aujourd’hui de « temporain », en éludant respectueusement son désobligeant préfixe.

Mais  la lecture de  ce document, qui est une sorte d’auto-panégyrique des FRAC à l’usage des adeptes, du bon peuple et de ses représentants, m’a portée, bien au-delà de la perplexité, à un état proche de l’indicible, devant le caractère éminemment cocasse, voire délirant,  de certaines affirmations et/ou informations que l’on peut y lire,  et dont je vous ai choisi les plus croquignoles:

 

 

  

-       «  Outre l’allocation de 70000 € par an, qu’il reçoit de la Direction générale de la création artistique du ministère de la Culture, Platform a obtenu  un soutien exceptionnel de 315 000€ pour la coordination des manifestations des 30 ans des FRAC. »… Nous sommes donc en présence d’ une organisation constituée uniquement de fonctionnaires d’Etat, d’émanation purement institutionnelle, et  dont le but, semble –t-il,  n’est autre que d’obtenir encore plus d’argent public,  afin d’ augmenter sa visibilité et de justifier son existence auprès de l’ institution-même  qui lui a donné cette existence…. On y lit aussi : « Les FRAC remercient l’État et les Régions qui sont leurs plus solides soutiens »… C’est bien la moindre des choses d’avoir quelque gratitude envers ceux sans lesquels on ne serait rien…Et, puisque l’on est en charge de distribuer l’argent public, distribuons nous le, entre spécialistes, ce sera beaucoup plus simple….Et c’est ainsi que : comme les FRAC, c’est l’Etat + les régions, tout se passe comme si ces derniers se remerciaient eux-mêmes de l’aide qu’ils se sont apportée à eux-mêmes… Nous sommes donc dans un système fermé sur lui-même, endogamique comme pas un, qui n’a de cesse de s’auto-subventionner, pour mieux s’auto-justifier dans une situation délirante d’auto-congratulation permanente… et qui lui permet bien sûr, car là est l’exacte finalité du système,  de se réassurer en permanence et en interne sur sa propre nécessité existentielle. Nous sommes là dans un cas de figure bureaucratique inédit, jamais vu encore dans la fonction publique depuis que celle-ci  existe.

 

-       « les FRAC acquièrent aussi des œuvres qu’ils produisent eux-mêmes, notamment à l’occasion d’une exposition. » Et c’est ainsi que l’autoproduction parthénogénétique  pose parfois problème, comme le soulignait le sénateur Jean-Pierre Plancade  dans un rapport d’information concernant la « piscine » de James Turrell, précisant  qu’il s’agissait  d’une véritable piscine dans laquelle le visiteur devait plonger pour voir l’œuvre !

 

-        « Cette initiative (des FRAC) a été conçue et mise en application
par Claude Mollard
qui a fait preuve d’un esprit d’inventivité peu commun. »…C’est oublier un peu vite que l’idée est venue de la Commission Troche, qui avait elle-même été inspirée par une expérience en cours en Limousin dans les années 70, et qui allait dans le sens d’une vraie démocratisation de l’art actuel… Idée, retournée par le couple Lang-Mollard pour aller dans l’autre sens , comme la révolution d’octobre a été retournée en stalinisme…Mais le plus cocasse dans cette affaire, c’est que Claude Mollard, devenu maintenant artiste, (avec ses « Origènes », photographies de roches, et vieux troncs d’arbres où l’on peut voir  deux yeux, un nez et une bouche, comme apparition originelle de la figure humaine, etc.), voit ses œuvres refusées à l’achat, pour cause de niaiserie et ringardise, par ces mêmes FRAC qui leur doivent pourtant d’exister…

 

-       « Il y a 30 ans, les lois de décentralisation ont donné
 aux collectivités locales la liberté d’agir.
 Au-delà des compétences obligatoires qui leur avaient été transférées, il est un domaine que les collectivités 
ont investi collectivement avec beaucoup d’imagination, c’est celui de la culture, avec les FRAC notamment »…Etrange « décentralisation » cependant, que celle qui, de fait, impose dans les régions des critères esthétiques d’Etat et un « art officiel » émanation directe du grand marché spéculatif international. Stupéfiante « décentralisation »  jacobine en diable, qui impose ses quota d’artistes agréés, aux centres d’art, aux Musées, aux FRAC, aux Artothèques, aux galeries subventionnées, etc., et qui dans le même temps et sans aucune vergogne, se place comme garant de la diversité et de la pluralité (1)…Souvenons-nous de la dissidence du FRAC - Ile-de-France, dans les années 80, qui avait vu ses subventions d’Etat coupées, parce qu’il refusait (en accord avec le Président du Conseil Régional)  les directives du Ministère pour ses acquisitions…Pensons aussi à la richesse et à la diversité des expressions artistiques qui ont été maintenues en Allemagne, à cause de l’indépendance de chaque länder en matière de politique culturelle…

-       « la démocratisation de l’art d’aujourd’hui : Les collections des FRAC sont «centrifuges».Elles sont destinées à rayonner sur le territoire,
avec une politique de prêts et de projets qui se construisent avec une très grande diversité de lieux et de partenaires,le plus souvent non culturels. Ainsi, chaque année, c’est plus de la moitié des collections qui sort des réserves des FRAC en direction des écoles, collèges, des lycées,des universités, des espaces municipaux, des monuments historiques, des entreprises, des hôpitaux, des maisons de retraite, des prisons etc. , en plus des lieux d’art. »…
Nous  avons là un joli couplet sur la démocratisation, qui vaut son pesant de cacahuètes centripètes, en introduisant cette notion très oxymorique de « décentralisation centrifuge »… Il fallait la faire cette acrobatie intellectuelle : elle est faite… bravo ! Et bravo aux petits enfants, aux collégiens, aux ouvriers, aux malades, aux pépés et mémés, aux prisonniers, etc. ,  qui se sont farci sans broncher les explications d’un « médiateur » sur tel tas de parpaings surmonté d’une tomate ou vidéo d’élevage de poules, au nom de la démocratisation de l’art et de l’art comme lien social.

 

-        « Les FRAC font vivre le marché de la jeune création nationale et internationale. Cette dimension économique ne doit pas être oubliée. Il est donc indispensable que les Ecoles d’Art intègrent le rôle des FRAC comme partenaires du parcours professionnel pour les étudiants. Sans soutien financier, sans acquisition il n’y aurait plus d’artistes. Et sans artistes, il n’y aurait plus de FRAC ». Alors là, l’argumentation pro-FRAC atteint des sommets d’impudence! et nous sommes bien là au nœud de l’affaire et de cette ahurissante logique de l’appareil d’état, au point exact où se révéle  la collusion systémique entre l’enseignement en écoles d’arts, le dispositif FRAC et le marché international des bulles spéculatives de  produits artistiques toxiques et pourris… Une collusion qui exclut la plus grande partie libre et vivante  de la création actuelle, la discrédite ou bien la tue, au nom du développement économique.

« Sans soutien financier, sans acquisition, il n’y aurait plus d’artistes » : comment peut-on écrire cela sans être gravement malade de la tête? Et c’est bien la caractéristique du crétinisme bureaucratique que de pas s’apercevoir que les vrais artistes ne sont pas, ne peuvent pas être  subventionnés. (à ce propos, je vous informe qu’ il existe un collectif d’artistes déclarant  refuser toute aide publique et qui apposent  sur leurs documents  de communication le tampon « garanti 100% sans subvention » : tampon que je vous joins à toutes fins utiles, si vous êtes artiste et si vous voulez vous joindre à  ce salutaire mouvement – gardez son format PNG qui permet la transparence)

 

-        « Les FRAC ont décidé de rassembler le « Réseau des amis des FRAC » ou « Comité des personnalités des FRAC » composé de tous ceux qui, depuis trente ans, ont travaillé avec eux et les ont aidés. Nuls mieux qu’eux ne peuvent être les ambassadeurs des FRAC et les accompagner de leurs conseils. »… Alors , vous lirez dans le document joint, la liste de ce qui fait aujourd’hui de plus VIP en matière d’art contemporain officiel et/ou international, grands curators, conservateurs, mécènes, marchands, collectionneurs, etc ., tous accourus, pour soutenir, cautionner, réconforter et défendre  leur moribonde créature  contre les lâches attaques dont elle est l’objet de la part de l’ensemble des forces réactionnaires de ce pays
 

-       « Les FRAC de deuxième génération . Initialement conçus pour être des collections sans lieu propre d’exposition, les FRAC connaissent depuis une dizaine d’années, une nouvelle phase de développement correspondant à la volonté commune des collectivités publiques d’implanter ces fonds dans des équipements appropriés à la diversité de leurs missions. »… Ainsi , ces FRAC de  deuxième génération, vont-ils se doter de locaux visitables et se transformer en Musées de type Bilbao (voir celui d’Orléans avec des tuyaux partout), contrevenant ainsi totalement avec leur mission première…  Mais qu’importe , car dans cette recherche désespérée de raisons et de moyens  de survivre, on n’est pas à un reniement près.

 

-       Enfin pour couronner le tout , en guise d’apothéose médiatique pour cette célébration anniversaire,:  « chaque FRAC donnera d’avril à décembre 2013 une carte blanche à un créateur pour, à partir de sa collection, imaginer des expositions ou inventer des dispositifs pour les présenter ». Cette  opération ayant pour but de bien montrer l’interchangeabilité des rôles, fonctions et compétences à l’intérieur de l’appareil, nous permet donc de disposer de  la brochette de 23 polyvalents multi-casquettes, virtuoses notoires du mélange de genres, des alliances  consanguines  et des conflits d’intérêts – à la fois artistes, critiques, professeurs, conférenciers, curateurs, installateurs, performeurs, etc. , des acteurs de l’art temporain français parmi les plus talentueux… 23 serviteurs zélés d’un système à leur service exclusif et qui leur procure une qualification d’ « artiste » ou de « créateurs » qu’ils ne pourraient, bien entendu, pas obtenir autrement… 23 spécimens top niveau  ineternachionaul, que voici nommément : Francis Baudevin, Marc Bauer, Otto Berchem, Alejandro Cesarco, Marc Camille Chaimowicz, Jordi Colomer, Alain Declercq, Marcel Dinahet avec Jean- Marc Huitorel , Claire Fontaine(2), Gavillet & Rust, Monica Grzymala, Éric Hattan(3), Bertrand Lacombe et Sophie Dejode, Vincent Lamouroux, Frigide Barjot,  Guillaume Leblon, Laurent Mauvignier, Anita Molinero avec Paul Bernard , Laurent Montaron, Hugues Reip, Bernard Tschumi, Olivier Vadrot, Xavier Veilhan, Cecilia Vicuña, Heidi Wood, Raphaël Zarka, Wilhiam Zitte.

 

Comment expliquer globalement ces aberrations ?

 

Je pense que l’administration de l’art n’a pas, avec ce dont elle a à s’occuper, d’objet bien compréhensible pour elle, cernable et définissable, contrairement à celles qui s’occupent des trains, de la poste ou des anciens combattants : l’art étant  par nature insaisissable, évanescent, incertain, virtuel… surtout pour les agents de l’administration qui, par nature également,  n’ont pas les outils autant sensibles qu’intellectuels pour pouvoir  en appréhender la vraie substance constitutive.

Et c’est, je crois par un phénomène de compensation à cette incapacité à saisir l’objet par son intérieur , que l’on assiste à une hypertrophie de l’extériorité, du contenant et de l’enrobage discursif…mais également  à la mise en place d’une organisation institutionnelle défensive, en réseaux d’amis et d’initiés de plus en plus serrés et exclusifs, de type communautaire et sectaire, avec bien sûr l’apparition de bouffées délirantes auto-congratulatoires et de jolis comportements paranoïdes… mais également, faute d’avoir un contenu substantiel permettant à cette administration de pouvoir se doter de ses propres repères, on assiste parallèlement à une indexation aux critères d’évaluation du grand marché international et de ses bulles spéculatives ( l’internationalisme de la subversion étant devenue une pulsion  obsessionnelle chez tous les bureaucrates de l’art).

 

 

Subversion-subvention

Rappelons l’hommage rendu récemment par Aurélie Filipetti au côté « subversif » de l’art contemporain lors de l’inauguration d’une exposition d’art officiel au MAC-VAL, et puis , en écho à cette déclaration ministérielle, le rapport 2011-2012 d’Artprice sur le marché de l’art qui conclut : « Les collectionneurs occidentaux préfèrent les artistes expatriés et en décalage avec la production locale subventionnée. » …

 

 

 

1-    On peut citer la ministre Trautmann, dans un discours de février 2000, qui menaçait de supprimer les subventions de l’État pour les institutions et les collectivités locales qui remettraient en question la « liberté de création sous toutes ses formes », c’est-à-dire pour elle la conformité à la doxa étatique

2-    Claire Fontaine (applaudissons l’audacieux jeu de mots !) est un collectif de 2 personnes dont une œuvre récente était faite de tubes de néon agencés de façon à former « Strike » (c’est-à-dire « Grève », en français). Lorsqu’on s’en approchait trop, la structure lumineuse s’éteignait ; elle se rallumait si l’on s’en éloignait. Il fallait comprendre que l’immobilité était la stratégie de protestation politique et sociale opérant dans l’installation Strike

3-    Eric Hattan : Artiste poly-compétent dont  une œuvre a été achetée par un FRAC, 15 000 euros, intitulée Beyroots (2011) et « composée de 34 chaises trouvées, avec blocs ciments »

 

 

 Et voici quelques petites   friandises :

Enfin réunis !

Je vous joins la photo où l’on voit BHL (l’un des plus grands philosophes français temporains) et Buren (l’un des plus grands plasticiens  français temporains) exceptionnellement réunis pour un entretien publié dans le Nouvel Observ’ma soeur au sujet le l’exposition intitulée « Les aventures de la vérité » (rien de moins…), organisée par le premier  à la Fondation Maeght de St Paul de Vence. .. deux éminents penseurs et « aventuriers de la vérité » donc,  dans un dialogue aussi  pâteux, glaireux  que laborieux… au sujet d’une expo fourre-tout trans-historique, allant des peintures rupestres  à Jeff Koons, sans propos bien identifiable hors celui de donner matière à la flamboyante logorrhée béhachailienne, mais qui salit un lieu magnifique qui avait su rester propre et digne jusqu’à l’arrivée de Kaeppelin… Si Miro et Aimé Maeght voyaient ce qui s’y passe aujourd’hui ! Mon Dieu, ma pauv’dame, j’ose même pas y penser!

Buren le suffisant toujours à la pointe du combat 

Dans cet entretien du Nouvel Obs, j’ai extrait  ces quelques mots de Buren le suffisant : « Il n’y a que deux choses qui puissent faire changer la situation actuelle de l’art : ou bien il y aura un bouleversement social violent – et alors ce ne sera pas seulement l’art qui sera bouleversé – ou bien une nouvelle génération d’artistes dira « ça suffit ! »… ». Dans un Oeil de 2011, j’avais , du même, relevé ça : "Contemporain" est un terme complètement dénué de sens, mais c'est l'une des trouvailles les plus performantes jamais trouvées afin d'annihiler dans l'œuf tout ce qu'un artiste pourrait présenter d'un tant soit peu neuf et dérangeant ». Notre Buren national est donc, dans sa catégorie des culottés, des impudents ou des enfoirés poids lourds, un champion vraiment indépassable !

 

Lisez « Arnolphe et Pantruffe, les enfoirades esthétique de BHL » , par Jean-Paul Gavard-Perret

http://www.lelitteraire.com/?p=8412

  Jean -Paul Gavard-Perret est Docteur en littérature, il enseigne la communication à l’Université de Savoie à Chambéry. Il est membre du Centre de Recherche Imaginaire et Création. Il est spécialiste de l’Image au XXe siècle et de l’œuvre de Samuel Beckett. Il collabore à de nombreuses revues dont Passage d’encres, Les Temps Modernes, Esprit,

 

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10 juillet 2013 3 10 /07 /juillet /2013 21:17

 

La chronique n° 43 de Nicole Esterolle

 

Cette quarante-troisième chronique revêt une importance particulière, car elle a l’ambition  d’ inciter les politiques à intervenir pour que cesse cette erreur majeure qu’est l’ intervention de l’Etat dans la création artistique  contemporaine.

Vous y trouverez

1-    le récit à la fois cocasse et édifiant d’une visite d’ exposition au centre Pompidou par un groupe d’élus,

2-    un rapport tout à fait accablant de l’IFRAP intitulé « Art contemporain, des collections publique à fonds perdus » L'IFRAP, Institut français pour la recherche sur les administrations publiques –reconnu d’utilité publique -  est un think tank français, qui se donne pour objectif d'apprécier et publier la performance des administrations publiques afin de proposer des améliorations. (Rapport à diffuser sans modération) 

3-    Mon commentaire d’un récent texte du Monde intitulé ‘Les FRAC, une richesse nationale »…

4-    Quelques friandises   récréatives diverses

 

1-Les élus et l’art contemporain : une tartufferie aussi tragique que cocasse

 

Au cas où vous n’auriez pas eu l’occasion de voir et entendre l’allocution de Nicolas Sarkozy pour l‘inauguration de la friche en déshérence au sous-sol du Palais de Tokyo, vous pourrez la découvrir ici : http://www.youtube.com/watch?v=Zlj_kgRZfLM&noredirect=1

C’est un morceau d’anthologie qui vaut bien le fameux discours du Président  Mac Mahon inaugurant les grandes inondations de la Garonne en 1875 : un événement qui, en termes de catastrophisme médiatico-performatif , préfigurait bien notre actuel art contemporain.

Un discours difficile à entendre cependant par Frédéric Mitterrand – comme vous le verrez sur la vidéo – qui, devant un tel enfilage de frétillantes  niaiseries en gardait la tête baissée de consternation, le regard rivé sur la pointe de ses Louboutin.

Peu de temps après, pour n’être pas en reste, le gentil François Hollande inaugurait une autre épouvantable inondation : celle  des parasols multicolores de Buren au Grand Palais, pour bien signifier que la culture était, pour lui aussi, une priorité majeure au même titre que 50 autres priorités nationales tout aussi majeures.

Tout cela pour illustrer cette grosse tartufferie tragico-comique que sont aujourd’hui les rapports qu’entretiennent les politiques avec la culture et le dit « art contemporain ».

Mais si ce dernier est parvenu à un degré d’enflure, auquel nos élus  assistent pour la plupart effrayés, impuissants, le teint blême   et la queue basse, c’est pourtant bien grâce à eux. C’est bien eux, autant que je sache,  qui ont mis en place les dispositifs institutionnels qui ont généré et qui entretiennent ce furoncle  plein d’asticots subventionnés…Enflure  directement liée, grâce à eux aussi,  à cette autre  boursoufflure qu’est  la grande finance spéculative. Et c’est bien à eux, puisqu’il n’y a qu’eux qui ont les moyens techniques ou législatifs de le faire, d’initier les réformes structurelles susceptibles de résorber ou réguler cet oedème ravageur propre au système français..

 

Mais pour cela et avant cela, il faudrait que les politiques veuillent bien et puissent être informés de ce qui se passe dans le domaine de l’art contemporain, pour qu’ils comprennent et mesurent mieux l’importance des dégradations qui y ont lieu. Il faudrait qu’ils osent mettre les pieds dans ce territoire qui leur semble tabou, où ils sont été déresponsabilisés pour cette incompétence artistique dont les « spécialistes » fonctionnarisés les affublent régulièrement, alors qu’il suffirait qu’ils abordent la question du côté de l’éthique, du juridique et de l’humain tout simplement

 

Il faut donc les alerter, les interpeller et les re-responsabiliser aussi souvent que possible sur le sujet. Et j’espère que cette présente chronique contribuera à ce faire, avec le récit qui suit d’une expérience qui les met en scène et qui met bien en évidence le problème de fond les concernant..

 

Il s’agit d’une expérience osée, particulièrement édifiante  et révélatrice, provoquée et vécue par Jérôme Serri, directeur adjoint du FRAC Ile-de-France, puis directeur, de 1983 à 1990, qui nous l’a racontée au Sénat le 25 janvier dernier lors du colloque sur « 30 ans de dirigisme étatique en art ». : http://www.sauvonslart.com/modules/news/article.php?storyid=68589

 

 

Rappelons que le FRAC Ile-de-France fut le seul qui prit son indépendance à l’égard des directives du Ministère et s’installa dans la dissidence. « Moins d’argent, plus de liberté ! », fut à l’époque son slogan.

 

 

Le récit de Jérôme Serri (1) :

Une visite d’une exposition d’art contemporain au Centre Pompidou avec des élus

 

C’était en 1988 – j’étais alors directeur du FRAC Ile-de-France –  mon Président, Adolphe Chauvin, par ailleurs  Sénateur et Vice-président du Conseil régional d’Ile-de-France chargé de la culture, m’avait demandé d’organiser quelques visites d’exposition pour les membres de la commission culture du Conseil régional, afin de  « les initier à l’art moderne ».

 

Nous avons commencé par une visite de l’exposition Van Gogh à Paris qui se tenait au Musée d’ Orsay et qui enchanta les élus. Ensuite je programmai la visite de l’exposition consacrée aux Demoiselles d’Avignon  au Musée Picasso. Ce fut Pierre Daix lui-même, l’un des commissaires, qui fit ouvrir le musée un jour habituel de fermeture (privilège qui plaît toujours) et nous commenta l’exposition. Cette visite fut à nouveau très appréciée de notre groupe composé d’une douzaine d’élus de tous  bords.

J’ai alors expliqué à mon Président qu’il serait important maintenant que les élus puissent se rendre compte de ce qui se passait dans le domaine de l’art contemporain puisque c’est en tant que Président du FRAC qu’il avait souhaité cette « initiation » et ces visites, même si tous les membres de la commission des affaires culturelles ne siégeaient pas dans notre comité d’achat. Je lui proposai que nous allions au Centre Pompidou visiter les salles d’art contemporain.

 

Pour que cette visite soit profitable à notre groupe, il fallait qu’elle puisse se faire dans les meilleures conditions de « sincérité ». Aussi avais-je fait en sorte  que ce soit le responsable même de ces salles qui nous guide dans cette visite, que celui-ci ne sache pas que notre groupe était constitué d’élus et que les élus, eux, ne puissent soupçonner que ce conservateur ignorait leur statut d’élus.  Nous étions donc aux yeux de ce conservateur une association d’amateurs pleins de curiosité et ayant l’habitude de faire des visites de musée.

 

Le jour de la visite, notre parcours commença par un baril du groupe BP rempli d’une huile qui débordait et ruisselait sur ses flancs ondulées. Une sorte de fontaine imaginée par une âme de garagiste. Nous ne nous sommes pas arrêtés devant cette « œuvre » au pied de laquelle se trouvait un groupe d’enfants d’une dizaine d’années. Chaperonnés par leur institutrice et sans doute un « médiateur » du musée, ces écoliers, assis en demi cercle à même le sol, dessinaient avec la plus grande application ce baril. 

 

Nous sommes ensuite passés devant des œuvres devant lesquelles notre guide débutait chaque fois son commentaire par un inévitable « il y a tout un travail » ou un prétentieux « il y a toute une réflexion »,  et nous nous sommes arrêtés  devant une œuvre  constituée d’une veste en jean jetée sur le dossier d’une chaise qui côtoyait une caisse ou un cageot défoncé, le tout  au milieu de plâtras jonchant le sol. Peut-être y avait-il aussi une table en mauvais bois, je ne sais plus. Le conservateur nous expliqua fort doctement qu’ « il y avait là tout un travail » sur le discours hypothétique et proposa quelques hypothèses pour éclairer cette nature morte grandeur nature à mi-chemin entre l’atelier et le chantier. Je pris alors la parole  pour lui poser la question suivante : «  Si nous sommes dans le domaine de l’hypothèse, pourquoi serais-je désobligeant si j’ajoutais aux hypothèses que vous formulez celle-ci par exemple : "Peut-être s’agit-il d’un conservateur qui, lors d’une visite d’atelier, a laissé sa veste sur une chaise pour aller boire un coup avec l’artiste au bistrot du coin" ». Tout de suite le malaise s’installa, qui s’aggrava au fur et à mesure que la visite avançait.

Nous nous sommes ensuite arrêtés devant une « œuvre » très connue de  Bertrand Lavier : un frigidaire juché sur un coffre-fort. Et le conservateur de nous expliquer que cette « pièce » était « tout à fait intéressante » parce qu’ « il y avait là toute une réflexion » sur l’analité dont la possession et la conservation sont des traits prépondérants, le frigidaire étant le lieu où l’on conserve la nourriture, le coffre-fort celui où l’on met en sûreté l’argent que l’on possède. Je le laissais poursuivre son interprétation que, d’un air entendu et satisfait, il qualifia de freudienne,  et je l’interrompis à nouveau pour  lui demander si,  au delà de l’interprétation qu’on en pouvait proposer, ce superbe ready made s’adressait également à notre sensibilité ? Il considéra un moment le frigidaire, puis le coffre-fort, et me répondit : « La sensibilité du visiteur est, bien sûr, engagée. Oui, tout à fait ». « Nous ne devons pas avoir la même sensibilité, lui dis-je, car la mienne est  mise en mouvement non point par deux lieux de conservation, mais par trois, car l’ensemble frigidaire/coffre-fort est situé dans un troisième lieu de conservation : le Centre Georges Pompidou. Une sensibilité plus ouverte devrait vous conduire à intégrer dans votre analyse cet autre lieu de conservation qu’est le musée ».

 

Les élus étaient de plus en plus gênés. Nicole Bricq (notre actuel ministre du commerce extérieur), qui était alors Présidente de la Commission de la culture du Conseil régional, s’éclipsa. Il est vrai qu’il y avait mieux à faire. Cependant être témoin jusqu’au bout de cette étrange visite n’était pas sans intérêt. Je dois, par honnêteté, vous dire qu’elle m’apporta son soutien lors du décès du Président Chauvin et défendit, face à certains, la ligne qui était celle du FRAC Ile-de-France.

 

L’atmosphère devint de plus en plus lourde et certains élus, notamment du Front National, commencèrent de se gausser. Un peu plus loin, après avoir contourné un piano à queue recouvert  de peinture du même Bertrand Lavier, notre groupe, déjà moins nombreux, arriva dans une salle au milieu de laquelle se trouvait un bonhomme habillé, pieds en l’air, la tête enfoncée dans un seau. Un peu plus loin, une vieille portière de train accompagnée d’une enseigne lumineuse sur laquelle défilait un texte assez court dont je ne me souviens plus. Un élu ne put s’empêcher d’apostropher notre conservateur : « Là, vous vous moquez du monde, cher Monsieur ! » Et celui-ci de lui répondre : « Attendez ! Attendez ! Approchez-vous, vous allez voir ! » En effet, en s’approchant pour passer la tête au-dessus de la vitre baissée, chacun pouvait sentir l’air du voyage ferroviaire lui cingler le visage. Un ventilateur était branché derrière la portière. « Vous n’allez pas nous faire croire que c’est une œuvre d’art, vous vous foutez de nous ! » Et le conservateur, ignorant toujours le statut des membres de notre groupe, de rétorquer : « Je vous observe depuis un moment. Vous me faites penser à vos arrière-grands-parents. Eux aussi, ils rigolaient devant la peinture des impressionnistes ! » Puis, il ajouta ces mots qui firent déborder le vase : «  Vous vous comportez devant l’art de votre temps comme des bourgeois du XIXème siècle ! »  Que n’avait-il pas dit ! L’élu qui l’avait apostrophé était socialiste. L’orage éclata : « C’est scandaleux !  Vous nous insultez, vous n’avez pas le droit de nous parler ainsi ! C’est nous qui vous payons ! »  Notre misérable guide tourna les talons et s’enfuit, abandonnant son groupe agglutiné près du bonhomme  la tête dans le seau, qui désormais semblait le totem d’un monde à l’envers.  Fin de la visite.

 

Mon  Président m’exprima alors son mécontentement : « La visite de l’exposition Van Gogh à Orsay, c’était très bien. Celle sur Picasso avec Pierre Daix, également. Mais là, je ne suis pas d’accord. Vous êtes allé un peu loin ».   « Président, vous m’avez un jour expliqué que, après avoir connu l’entre-deux-guerres, puis la guerre, vous étiez inquiet de la progression du Front National. Et vous aviez ajouté que vous ne pensiez pas revoir, au soir de votre vie, un mouvement extrémiste refaire surface dans notre pays. Président, cette visite s’est effectivement mal terminée. Comment aurait-il pu en être autrement après autant de commentaires affligeants sur des œuvres qui n’avaient rien à leur envier ? Cela dit, ce qui est grave n’est pas là. Vous avez vu au début de notre visite ces enfants assis par terre autour du bidon d’huile. Vous êtes parlementaire, vous votez le budget de la nation et donc du Centre Pompidou. Peut-être ne saviez-vous pas jusqu’à ce jour que vous votiez aussi pour pareille imposture. Je n’ai fait que mon devoir. Il y a un fascisme culturel qui s’introduit jusque dans nos écoles – le fascisme consistant non pas tant à empêcher qu’à contraindre, pour reprendre une définition de Roland Barthes. Ces enfants que vous avez croisés au début de notre visite sont contraints de dessiner ce bidon, contraints de croire qu’ils sont en présence d’une œuvre d’art. Nous sommes passés à côté d’eux sans rien dire. Aucun d’entre vous ne s’est ému de cette situation. Nous sommes tellement habitués à des scènes de ce genre.

Je n’ai pas organisé cette visite sans une certaine appréhension. Comme vous, comme vos collègues, je ne peux pas dire que je me suis senti à l’aise. Malheureusement, c’était pour moi la seule façon de vous faire toucher du doigt une certaine réalité et un véritable problème : comment obliger l’imposteur à se démasquer ? comment obliger Orgon à ouvrir les yeux sur Tartuffe ? »

 

Je ne sais plus très bien si c’est à la suite de cette visite que notre FRAC a refusé les crédits de l’Etat ou si nous avions pris notre indépendance un peu plutôt.  Toujours est-il que je n’ai eu de cesse de convaincre le Président Chauvin et le Président du Conseil régional, Michel Giraud, que nous n’avions nullement besoin d’être financés par l’Etat, si ce financement avait pour contrepartie l’obligation de faire nos courses dans les galeries officielles et l’interdiction de faire des visites d’atelier. Il était scandaleux que l’Etat ait voulu nous empêcher d’acquérir des meubles de Diego Giacometti quand aucune institution publique n’en possédait et que les prix auxquels l’artiste nous les cédait étaient des prix d’ami. Nous avons bien entendu acheté ces meubles. Puis Diego est mort. Une magnifique rétrospective a eu lieu au musée des arts décoratifs et les prix se sont envolés. Ce qui ne prouve évidemment rien, la preuve de la qualité d’une œuvre ne se trouvant que dans sa mystérieuse nécessité.

1-Journaliste au magazine Lire, ancien directeur du Fonds régional d'art contemporain (FRAC) d'Ile-de-France, Jérôme Serri a été commissaire de plusieurs expositions,  notamment : Roland Barthes, le texte et l'image (1986), Les planches de l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert vues par Roland Barthes (1989), Bleu, blanc, rouge, les couleurs de la France dans la peinture française, de Monet à Picasso (1989), André Malraux, le texte et l’image (1996), en collaboration avec François Busnel. Il est le seul directeur de FRAC à avoir, en 1985, rompu avec l’État en demandant « moins d’argent, plus de liberté ». Membre du « Groupe de recherches André Malraux » de Paris-IV Sorbonne, il milite pour que nos politiques et nos responsables culturels cessent de subventionner l’imposture et se mettent à lire sérieusement les textes de l’ancien ministre sans lesquels aucune politique culturelle digne de ce nom ne peut être conduite.

Jérôme Serri signe un article intitulé « Art contemporain : y a-t-il un pilote dans l’avion ? » dans le numéro d’été du magazine Artension, en kiosque à partir de la fin juin. 

 

 

Les élus ne sont pas informés…

…et préfèrent ne pas l’être ?

 

Imaginez un peu que Jean-Luc Mélanchon soit informé et prenne  brusquement conscience de ce qui se passe avec cet art contemporain de type Lavier ou Buren, art de classe, art médiatico-financier étroitement  indexé à la grande finance spéculative, esthétique aussi putride  que terrifiante du grand capitalisme international, instrument de pouvoir d’aliénation et d’écrasement des masses laborieuses, etc…Imaginez que notre fougueux Jean-Luc comprenne ça : vous imaginez la ire mélanchonesque ?

 

Imaginez également  que les écolos verts découvrent le caractère éminemment toxique de ces produits artistiques contre - nature, parce que génétiquement modifiés par les grands réseaux d’intérêts spéculatifs. Imaginez qu’ils découvrent la non-durabilité de ces monstrueux produits artificiels conçus pour un art à hauts rendements financiers, et les dégâts qu’ils font sur la flore artistique naturelle, en termes de pollution intellectuelle, de disparition d’espèces rares, de destruction de patrimoine, de déshumanisation, de séquelles génétiques irréversibles sur la descendance…

 

Oui, ne serait-que pour ces deux partis - là, l’enflure art contemporain devrait être un  sujet à saisir, un vrai cheval de bataille à enfourcher.. au lieu de le laisser au FN, qui avec cela aussi récolte  un maximum de  voix…Mais voilà : les Mélanchon, Cohn-Bendit, Duflot, Mamère, etc. s’en foutent comme de leur première chemise semble-t-il, et considèrent que ce que je viens de dire là est « tout à fait exagéré et de mauvaise foi»…

 

Et voilà ce qu’il faut bien constater sinon admettre :

 

* le politique, de tous bords, a peur de l’art contemporain, cet énorme et mystérieux ectoplasme international et tentaculaire sur lequel il n’a aucune prise possible , pas plus qu’il n’a de  contrôle sur  la grande finance mondiale qui nourrit cet ectoplasme..

 

* L’élu , le plus souvent ,  botte donc en touche,  ne regarde pas, n’écoute pas, et dit qu’il a d’autres chats à fouetter beaucoup plus importants. (Mais il existe beaucoup d’ élus « héroïques » municipaux ou départementaux, qui savent résister aux directives de la DRAC, et soutenir des initiatives ancrées dans les réalitès locales et dans le sens, proches des artistes et du public, et pas pour autant ringardes ou « réactionnaires »…

 

* le politique à peur également, en critiquant l’art contemporain, de passer pour un ringard ou un extrêmiste de  droite, parce que le syllogisme :  Le FN dénigre l’art contemporain, vous le dénigrez aussi, vous êtes donc vous aussi un populiste démago, voire un fasciste comme les hitlériens qui brulaient les œuvres « dégénérées », fonctionne encore très bien, et Catherine Millet et ses nervis n’ont toujours pas honte d’utiliser ce misérable amalgame.

 

*  l’élu amateur d’art sincère, va devoir cacher une  passion qui devrait pourtant l’honorer, et acheter en catimini dans les galeries prospectives, quand l’élu qui n’aime pas l’art, va utiliser cyniquement le contemporain de type burennien, pour augmenter la  « visibilité » de sa propre gidouille et  le « rayonnement culturel »,  international, de sa ville.

 

* C’est ainsi que l’on peut voir par exemple, tel Président de Conseil Régional,(amateur d’art clandestin), assisté de son adjoint délégué à la culture, hébété, la mine  grisâtre et l’œil abattu, au vernissage de l’exposition de tel jeune asticot subventionné  émergent sur la scène internationale, qui vient de passer 2 mois en résidence dans les locaux du FRAC, pour y défoncer les cloisons  entre les salles, afin d’y loger un gros boudin grisâtre lui aussi en mousse de polystyrène expansé de 15 m le long et 2 mètres d’épaisseur, et portant à ses deux extrémités les facsimilés de la première et de la dernière page de l’édition originale des « Pensées » de Pascal .

 

* Il est proprement ahurissant, en cette époque de fabuleux  développement des moyens de communication et de sur-information sur tout et n’importe quoi, de constater l’ignorance, la surdité  et la cécité des élus pour ce qui concerne  l’art de leur temps, comme si la sur-visibilité de l’inepte creux  n’avait d’autre but que  d’obtenir l’invisibilité de ce qui a du sens et du contenu…

 

Alors oui, il faut absolument informer et alerter les élus sur cette énorme farce de cet art dit contemporain qui les manipule et dont ils sont, avec l’argent du citoyen,  les complices aveugles et ridicules

 

Il faudrait donc qu’  une commission parlementaire soit chargée de faire un rapport sur « l’intervention de l’Etat dans la création d’aujourd’hui »

Ce qui leur permettrait de comprendre par exemple, pourquoi en Allemagne où chaqsue région possède son autonomie culturelle et n’est pas soumise à un diktat ministériel central, de formidables  peintres comme Neo Rauch et Jonas Ruperts ont la notoriété qu’ils ont, alors qu’en France ils resteraient inconnus et méprisés par les agents du burénisme bureaucratique dominant, qui détestent la peinture…

 

**************************************************

 

2-Le rapport de l’IFRAP (Institut français pour la recherche sur les administrations publiques)

Ce rapport que vous trouverez en pièce jointe, fait par un organisme indépendant, est aussi accablant qu’implacable, car il s’agit d’un rapport comptable qui s’appuie sur des mesures objectives et qui se garde bien de tout jugement esthétique autant qu’éthique. «  Il est temps, selon lui,  de repenser les missions de ces collections publiques d’art contemporain devenues démesurées et coupées du public ».

Il faudrait que ce document soit diffusé le plus possible, de telle sorte qu’il puisse atteindre tous les élus, à quelque niveau qu’ils soient

 

3-Les trente ans des FRAC : « une  richesse  nationale » selon le journal Le Monde

 

J’ai lu, dans le monde du 24 avril, les trois pages d’un grand dossier destiné à  commémorer l’anniversaire des trente ans des FRAC et intitulées «  Les trente ans des FRAC, une richesse nationale » (quand le rapport de l’IFRAP parlerait plus exactement de « catastrophe nationale imminente )

Le texte introductif de Madame Lequeux, se termine ainsi à propos  du FRAC-Lorraine : « Un des axes importants de cette remarquable collection : les œuvres immatérielles. Première en France a avoir osé acquérir une œuvre de Tino Seghal (artiste international dont les œuvres exigent de n’avoir aucune trace d’elles-mêmes, ni textes, ni factures , ni rien), Béatrice Josse accumule le désincarné, « par goût de la performance autant que par nécessité, dit-elle…Car cela m’amuse de souligner que le capitalisme est capable d’acheter tout et n’importe quoi !»…Et si notre richesse nationale, au-delà des 26000 œuvres rassemblées, était aussi dans la pluralité – immatérielle – de ces regards ? »…En fait d’accumulation de  désincarné, je crois que nous avons avec ce texte l’incarnation même de cette pétillante imbécillité dont je parlais plus haut, relevée  ici par un cynisme d’une au moins égale pétillance…

 

Je dois dire qu’une telle flagornerie vis à vis de l’ appareil étatique me rappelle celle de la Pravda au joli temps du soviétisme, .. pire encore quand aujourd’hui, elle se voit augmentée de la même flagornerie vis à vis de la branchitude néo-capitaliste trash new-yorkaise telle qu’on peut la voir en couverture d’un récent supplément du Monde avec cette image que je vous joins de ce dandy jaunâtre  et édenté, ex junky recyclé dans l’art contemporain, et  qui occupe 15 pages du dit supplément à nous montrer ses différents accoutrements, à faire vomir les grands couturiers, mais comme illustration assez exacte de l’esthétique néo-décadente de  la haute finance néo-libérale.

 

On dit du Monde, qu’il est un journal «sérieux. Je pense qu’il ne l’est plus et que s’il voulait le redevenir il se séparerait de Madame Lequeux ( et pourquoi pas de Messieurs Dagen et Bellet par la même occasion) pour engager des journalistes d’art plus ouverts , inspirés, proches de réalités, moins mondains et cyniques, engagés et francs du collier et qui soient capables de faire  le véritable et libre travail d’information et d’investigation que les lecteurs attendent, au lieu de leurs  habituels et très ennuyeux  textes formatés , pénibles, pédants, et inutilement révérencieux..

 

Car si le Monde devenait un journal sérieux, voilà ce sur quoi, notamment,  il pourrait nous fournir informations et explications :

-       comment il se fait  que cette dame, directrice de FRAC puisse s’amuser à assouvir son penchant personnel à « l’accumulation du désincarné »,  en utilisant  l’argent et un dispositif publics sans contrôle semble-t-il des commissions ad-hoc et comités techniques paritaires prévus pour le choix des œuvres à acheter ?

 

-       Comment cette même personne  peut sans aucune vergogne  énoncer cette énormité : « cela m’amuse de souligner que le capitalisme est capable d’acheter tout et n’importe quoi !». Et montrer  en quoi cette formule exprime bien l’esprit délétère des FRAC et leur collusion patente avec le cynisme odieux type Maurizzio Cattelan du grand marché spéculatif

 

-       Comment, pourquoi, en fonction de quels critères, à l’issue de quelles délibérations, par quel retour d’ascenseur, par quelle rencontre de couloirs, à quel prix, à qui, à quelle date, chacune des 26000 oeuvres des FRAC a été achetée. Et si ces informations ne sont pas disponibles, nous expliquer les raisons de cette  non-transparence ou les bienfaits  de l’opacité ou du secret-défense dans ce domaine.

 

 

-       A quel prix revient, pour la collectivité publique, l’unité visiteur de FRAC, en prenant bien en compte le nombre exact  des vraies visites (sans comptabiliser les voisins  qui viennent seulement boire un coup à la buvette, ou les gamins de maternelle qu’on y traine de force) et le coût total :  achat des œuvres, frais d’entretien restauration, salaires (une dizaine par FRAC), frais de restaurant et de voyages et frais de fonctionnement, etc.

 

-       Pourquoi l’inaliénabilité de ces collections hétéroclites, achetées selon les fantaisies et pulsions mondaines  de petits fonctionnaires arrogants à la pensée ratatinée, sans aucune durabilité ou valeur  patrimoniale, qui se dégradent ou pourrissent très vite,, etc…Et pourquoi dans le même temps,  ces mêmes  FRAC ignorent 95% de la création actuelle ainsi ringardisée et disqualifiée, et parmi laquelle cependant résident les œuvres qui auront , elles , valeur patrimoniale…le jour bien où on en aura fini avec cette immense farce de l’art contemporain indexée à l’immense farce de la finance internationale.

 

 

-       Nous donner les raisons systémiques de ce gâchis, nous donner la liste bibliographique de tout ce qui a été écrit sur le sujet, mais que l’on cache pudiquement : voilà ce que le Monde s’honorerait de faire…

 

-       Nous expliquer pourquoi et comment, en ces temps de pénurie budgétaire et de restriction de la manne publique, les FRAC activent ce qu’ils appellent joliment les « publics empêchés » : hôpitaux, prisons, maisons de retraite, écoles maternelles, handicapès mentaux, non-voyants, banlieues défavorisées, etc. qui sont, comme objets de prédilection des opérations de marketing  caritatif, d’excellents capteurs de subventions. publiques parce qu’accélérateurs des glandes lacrymogènes de ces messieurs et   dames patronnesses férus d’art contemporain.…Pourquoi, parallèlement, ils activent le mécénat privé dans la plus belle confusion des genres où le marketing d’entreprise se trouve en parfaite symbiose avec le marketing culturel et le marketing de la commisération.

 

 

-       Pourquoi nous avons, dans ces trois pages du Monde, les encadrés- interviews des ci-devant Vincent Lamouroux et Anita Molinero, qui sont l’exemple même de ces sbires  multicartes du soviétisme néo-libéral d’Etat, à la fois artistes, professeurs en école d’art, commissaires d’expo, critiques d’art, conférenciers, membres de commissions et jurys divers et parfois galeristes privés… Parfaits spécimens de ces innombrables cumulards multicasquettes, qui peuplent les réseaux institutionnels et para-institutionnels et qui  font de cet art des FRAC le produit d’un appareil  parfaitement fermé et opaque et de conflits d’intérêts systémiques passibles des tribunaux.

 

-       Expliquer l’apparition de ces petites et coûteuses enflures architecturales qui veulent imiter le  Guggenhein de Bilbao,, comme la grenouille le bœuf,  dans quelques villes de France ( la plus belle , intitulée Les Turbulences, est à Orléans), pour abriter le FRAC local, alors , qu’autant que je sache, un FRAC n’a pas fonction muséale..

 

-       et le reste à l’avenant…

 

 

Oui, le Monde, s’il redevenait un journal sérieux, publierait un contre-dossier d’autant de pages sur les FRAC et l’intitulerait «  Les trente ans des FRAC, une honte pour la France » … toute l’info est disponible, pour peu que Le Monde, veuille bien se préoccuper des réalités dans le domaine de l’art d’aujourd’hui.

 

 

 

 

4-Quelques friandises

 

Bernard Henry Levy : « Avec Jeff Koons, l’art est aussi vivant aujourd’hui qu’à la Renaissance »…

 

Olivier Kaeppelin, qui avait quitté ses fonctions de Délégué aux Arts Plastiques en déclarant « on a eu tout faux », a été recyclé dans le privé comme directeur de la Fondation Maeght à St Paul de Vence. Il vient de faire un gros coup de com’ pour fêter les 40 ans de la Fondation en demandant à BHL le philosophe que l’on sait, engagé sur tous les fronts, aussi  polycompétent  que son compère  Onfray, d’être le commissaire de cette exposition anniversaire « où des œuvres du passé seront confrontées aux plus contemporaines qui soient. ». « Les œuvres de toutes les époques se répondent et se parlent » nous dit le toujours fringant Bernard-Henry, dans la video que je vous joins, où il atteint un sommet de la flamboyante  imbécillité qu’on lui connaît et qui fait son irrésistible charme. « J’ai rencontré Jeff Koons et j’ai pu constater qu’il était en dialogue constant avec les maître du passé »

Et c’est ainsi que le looser Olivier Kaeppelin, pour continuer d’avoir « tout faux », va nous concocter une expo de l’ex-trader Jeff Koons à la Fondation Maeght, au grand dam d’Aimé et Marguerite Maeght, de Calder, de Miro, de Giacometti, etc., qui n’ont plus leur mot à dire…et qui, pour cela , comme bien d’autres maîtres du passé, vont être irrespectueusement  utilisés comme caution pour valoriser les produits financiers pourris de type Jeff Koons…

Mais on apprend aussi dans cette video, que la petite sœur de Bernard-Henry vient de se convertir au catholicisme salafiste (c’est nouveau, ça vient de sortir)  et d’y entrer comme bonne-sœur voilée: ceci compensant cela… dans le meilleur des mondes de l’art et de la philosophie française.

 

 

http://www.europe1.fr/MediaCenter/Emissions/L-interview-de-Jean-Pierre-Elkabbach/Videos/BHL-L-art-est-aussi-vivant-aujourd-hui-qu-a-la-Renaissance-1537905/

 

N.B. : Rappelons aussi à BHL, admirateur de Koons et pourfendeur de Khadafi, qu’avant la fameuse performance du premier  à Versailles, il y avait eu celle du deuxième, orchestrée toutes les deux par son ami Aillagon…

 

 

Hilarissime!

Bien plus drôle que Bernard Henry, et pour vous récompenser d’avoir lu tout ce qui précède, je vous livre cette petite video de Jacques Yves Rossignol ( de l’Intitut pour une esthétique poètique-cherchez sur google) qui a placé de la poudre hilarante sur des formules creuses qui parsèment les très doctes textes relatifs à l’art contemporain.

http://www.dailymotion.com/video/xgn2fw_de-qui-se-moque-t-on_lifestyle#.UbIBiuuWd7w

 

Yves Michaud, l’autre philosophe bien connu, ex directeur de l’Ecole des Beaux-Arts de Parie, et qui s’éclate aujourd’hui à Ibiza, m’a envoyé un mail pour me dire qu’il me trouvait « euphorisante »… J’espère que cette vidéo va également bien le réjouir….et que ça va faire un tabac à Ibiza

 

 

Moi, Nicole, en lady Gaga

à Ibiza et en couverture  d’Artension.

Je vous joins cette image de moi à Ibiza, déguisée en Lady Gaga avec des jambons partout. Cette peinture de Mark Ryden, notre Cranach contemporain, figurera en couverture du numéro d’été d’Artension, où figure également le récit de Jérôme Serri.

 

 

 

 

C’est quoi cette poilade burénienne?

Avec Buren en vedette armoricaine (voir photo jointe)

 

Je vous joins cette image où l’on voit, à droite, notre outilleur visuel et anartiste de notoriété internationale, Daniel Buren, se poiler comme jamais il ne le fait, lui qui affiche plutôt d’habitude, ce  petit sourire entendu de l’homme pénétré de l’intensité de sa permanente réflexion sur l’art, tel le Sphinx  seul capable de déchiffrer l’Enigme du monde à travers  la grille de lecture de sa  bande verticale régulièrement espacée de 7,5 cm.

A droite, l’homme à l’élégant tombé-semi tirebouchonné de  foulard  Cacharel, et à l’hilarité moindre, c’est Jean Schalit, homme de presse, créateur de « Clarté » le journal des jeunes communistes dans les années 60, puis du journal gaucho-mao-spontex un rien kampoutchéa démocratique « Action » post soixante huitard, puis, beaucoup plus tard, du journal « La Truffe », après de nombreuses participations à plein de canards plus ou moins de gauche et extrème gauchiasse tout au fond du couloir, furieusement anti-bourgeois…Et puis maintenant gardien – chef du Jardin de Grand Launay à Lanrivain en Bretagne, où justement notre outilleur visuel doit intervenir in-situ, comme d’hab’, pour donner plus de visibilité au grand menhir qui se trouve au centre de ce jardin.

Et voilà ce qu’on lit dans le canard local, dans le plus pur dialecte  bas-breton : « Le charme du Centre-Bretagne a touché Buren au coeur... Et l'oeuvre que ce grand artiste va créer dans le jardin extraordinaire du Grand-Launay, à Lanrivain, devrait être particulièrement inspirée (…) L'auteur des fameuses colonnes du Palais royal, à Paris, a été sollicité par son ami Jean Schalit, maître du Grand-Launay, jardin classé remarquable, pour « poser la première pierre » du Festival  « Lieux mouvants », qui s'y déroulera début juin. »

Bon, d’accord, mais tout cela ne nous explique pas l’hilarité des deux compères…

1-première hypothèse : ils se bidonnent en pensant au grand menhir que Buren va recouvrir de bandes verticales noir et blanc, avec plein de petits menhirs  en plastoc disposés tout autour comme  les colonnes du Palais Royal.

2- Deuxième hypothèse, et la plus probable : Buren vient de raconter à son vieux pote au lourd passé révolutionnariste comme lui, ,  sa récente participation à la conception du nouveau design des sacs Vuitton et des foulards Hermés et du pactole qu’il a touché pour avoir permis qu’on sculpte ses fameuses bandes dans la roche des caves du Champagne Pommery….Et c’est bien, à mon avis cette énorme farce qu’ils ont joué au grand Kapital et à l’Etat culturel (et à la montagne de pognon que notre bidouilleur visuel a obtenu des  deux à la fois) qui les fait se marrer comme des malades

 

 

Buren m’a estropier

J’ai reçu ce mail avec la photo que je vous joins du coude de son auteur.

« Chère Nicole, je vous envoie la photo de mon coude que j’ai fracassé, il y a trois ans, lors d’une chute provoquée par un des plots cubiques que Buren a disposés sur la place de l’Hôtel de Ville , à Lyon, et que je n’avait pas vu…Je suis donc handicapé à vie, et sans pension,  à cause de notre artiste  national…J’envisage de créer une association des victimes de dernier…Qu’en pensez-vous ? (des tas de gens ont eu des accidents à cause de ces poteaux très dangereux et laids de surcroît)

 

 

Le  populaire, polyvalent et fringant philosophe Onfray a soif d’argent public

Envoi d’un lecteur :

je ne sais pas si vous avez vu la dernière vidéo d'Onfray qui pleurniche parce qu'aucun élus, encore moins les fonctionnaires liés à la culture ne viennent aux vernissages des expos qu'il organise ( Combas, Ben etc)...sans compter les subventions peau-de-fesse qu'il touche....ou pas....on va peut être par finir de le récupérer dans nos rangs ( malgré son penchant pour cattelan )..


http://www.youtube.com/watch?feature=player_detailpage&v=QV03T-Lib84&list=UUsOu0TZEFmSJ2lOQOTWIVnQ

 

 

 

 

 

Allez sur internet !

Vous pouvez retrouver ces chroniques en allant sur les sites : www.schtroumpf-emergent.com

, sur Mic Mag, le magazine des médias libres : www.micmag.net/es/voz-libre , sur www.actuartlyon.com

sur http://ragemag.fr/  et sur le site Défi Culturel :  http://www.sauvonslart.com/

 

 

Allez sur facebook !

http://www.facebook.com/profile.php?id=100003611733859

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Mes chroniques que vous pouvez trouver aussi sur le site : www.schtroumpf-emergent.com

, sur Mic Mag, le magazine des médias libres : www.micmag.net/es/voz-libre , sur www.actuartlyon.com

sur http://ragemag.fr/  et sur le site Défi Culturel :  http://www.sauvonslart.com/ et ( en anglais ) sur le site US, subversify.com

 http://subversify.com/2013/04/18/its-official-marcel-duchamp-is-more-contemporary/

et l’interview-profession de foi  que j’ai donné au  magazine en ligne languedocien idem.mag

http://www.idem-mag.com/nicole-esterolle/

 

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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 21:15

La chronique n° 44 de Nicole Esterolle

Je vous joins le lien vers cette video où l’on voit quelques poules s’ébattre dans une galerie d’art. C’est une exposition qui a lieu actuellement dans la galerie Marcel Duchamp, en Normandie : galerie subventionnée par la ville d’Yvetot, la DRAC et le Conseil Régional.

Voici le lien :  http://alternatif-art.com/vod/?p=531

 

Avec cette « installation », nous sommes donc,  encore une fois, en présence de ce qu’il convient d’appeler, selon les formules consacrées dans le milieu, « une bousculade  des conventions  esthétiques », ou bien  « un bouleversement des codes sémantiques du discours sur l’art », ou bien d’une « subversion du binôme pensée-regard  », ou bien d’un « très pertinent  et performatif  questionnement sur le rapport à la dimension poulaillière des  processus de légitimation », ou bien sur « le rôle socio-critique de l’espace public péri-urbain de diffusion culturelle », etc…Bref, nous avons donc affaire à une « performance » plutôt banale, comme on en a vu  des milliers d’autres dans les lieux institutionnels dédiés à cet art contemporain-là... Des milliers de répétitions ad nauseam du même type de provocation- dérision questionnante à tout va… et toujours  au frais du  contribuable français, qui cependant et heureusement pour lui, se désintéresse autant de  l’existence de poules « élevées en galerie » que de la progéniture volaillière de ce dindon-dandy qu’était Duchamp… Lequel Marcel,  n’intéressant plus qu’une toute petite communauté de ses descendants, dont la nation se doit  d’assurer la survie, par une assistance sous perfusion permanente d’argent public, pour remédier aux  effets tératogènes de l’inceste bureaucratique et  de la   consanguinité intertextuelle pratiqués depuis trente ans dans les réseaux de l’art institutionnel.

 

Alors pour contribuer à l’extinction de  cet éternel et pitoyable questionnement endogamique de la crétinerie par et sur elle-même, qu’est l’art dit contemporain et toutes ses déclinaisons  de type  élevage de poule, perroquets, pigeons, etc , voici ce que je vous propose : C’est que chacun de vous, chers lecteurs, en se plaçant dans le rôle de « lanceur d’alerte »,  envoie dans  un mail,  à tout ou partie de l’ensemble des parlementaires députés et sénateurs dont je vous fournis en pièces jointes le listing des adresses  mail, son souhait personnel que soit mise en place une commission d’enquête parlementaire sur les bienfaits et méfaits de l’action de l’ Etat en matière d’accompagnement, de soutien, de légitimation, de la création artistique d’aujourd’hui en France.

 

Ainsi nous pourrons ensemble et massivement envoyer  à  chaque parlementaire, le message mail suivant :

 

Madame le Députée, Monsieur le Député

Madame la Sénatrice, Monsieur le Sénateur,

C’est en tant qu’artiste (galeriste, amateur d’art …), et après avoir été informé de l’existence d’un élevage  de poules comme œuvre d’art, dans un lieu institutionnel ( la galerie Duchamp à Yvetot),  que je vous adresse ici mon souhait personnel que soit mise en place une commission parlementaire pour une enquête sur l’action de l’ Etat en matière d’accompagnement, de soutien, de légitimation, de la création artistique d’aujourd’hui en France , caractérisée , selon moi par :

-   Une exclusion du champ de  la reconnaissance institutionnelle de 95% de la    production artistique actuelle, ainsi disqualifiée au profit des 5% de produits conformes à l’esthétique d’Etat et/ou du grand marché spéculatif.

-       Une destruction des valeurs et critères d’évaluation qui ont permis la constitution de notre  patrimoine artistique

-       Une collusion patente entre le dispositif public (Musées, FRAC, FNAC, etc) et le grand marché spéculatif privé. Avec ce que cela implique de mélange des genres, de conflits d’intérêts, à l’intérieur de ce système.

 

-       Une constitution, une conservation et une gestion ahurissantes des collections publiques d’art contemporain de tous types et à tous les niveaux… le tout accompagné du désintérêt croissant du public (voir le rapport de l’IFRAP)

 

-       Une disqualification systématique, menée depuis trente ans par l’appareil d’Etat, à travers son réseau de conseillers, commissaires, inspecteurs de la création, etc ., qui noyautent les instances d’achat et d’évaluation, de tout ce qui est d’ l’ordre de la mise en forme sensible, du savoir – faire, du métier, du dessin, de la peinture-peinture, etc. pour privilégier l’art conceptuel, discursif et d’attitude de type élevage de poules .

 

-       Une destruction de la substance-même de l’art, pour placer l’enseignement de celui-ci au seul service d’un marketing culturel lié à des   stratégies de communication et /ou de placement financier, nécessitant une survalorisation du spectaculaire et de l’événementiel au détriment du contenu.

 

-       Une omerta totale sur le sujet, de la part des grands médias et de la grande critique historiciste de l’art.

 

 

Ainsi, chers lecteurs, si chacun de vous peut envoyer ce mail à nos parlementaires, augmenté  de ses propres remarques et suggestions, nous contribuerons, je l’espère, au réveil de l’attention et de la responsabilisation du politique, sur un important problème de société  qu’il est le seul à pouvoir régler parce que  né de son désintérêt…et nous ferons acte citoyen

 

 

 

 

Allez sur internet ! 

Vous pouvez retrouver ces chroniques en allant sur les sites :

 Mon site officiel : www.schtroumpf-emergent.com

 

Sur le site québéquois http://levadrouilleururbain.wordpress.com/2013/07/01/cest-officiel-marcel-duchamp-nest-plus-contemporain-par-nicole-esterolle/,

 sur Mic Mag, le magazine des médias libres :www.micmag.net/es/voz-libre ,

sur www.actuartlyon.com 

sur http://ragemag.fr/  et

 sur le site Défi Culturel :  http://www.sauvonslart.com/

et ( en anglais ) sur le site US, subversify.com

 http://subversify.com/2013/04/18/its-official-marcel-duchamp-is-more-contemporary/

et l’interview-profession de foi  que j’ai donné au  magazine en ligne languedocien idem.mag

http://www.idem-mag.com/nicole-esterolle/

 

je vous recommande aussi

http://blablartcontempourien.wordpress.com/

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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 21:20

La chronique n° 42 de Nicole Esterolle

(2e version revue et augmentée)

 

Tous les deux ans, je lis avec gourmandise, le dossier de presse de la Biennale de Lyon, car c’est une friandise qui s’améliore sans cesse dans la préciosité conceptualo- langagière et la pétillante imbécilité… des qualités rares, comme je les aime, car avec elles, ma tâche  de vitrioleuse est  facilitée : il n’y a qu’à copier-coller les plus savoureux passages…et je vous en ai sélectionné deux ou trois.

 

Cette année, ça s’annonce assez copieux dans le genre, et ça commence hardement avec cette affiche de l’événement ( que je vous joins) où l’on voit un garçon avec un œil au beurre noir à côté d’une fille sans aucune anomalie physique détectable à premier examen

 

Qu’est-ce donc ? Mon Dieu ! par Sainte Thérèse de Lisieux et Sainte Catherine Millet réunies, par Saint Deleuze et Saint Derrida qui êtes aux Cieux, que s’est-il bien passé ? me demandai-je, terrifiée…et je subodore d’emblée le terrible « questionnement sociétal » propre à ce genre de manifestation d’art terriblement  contemporain. Quoi ? La bonne dame  aurait-t-elle flanqué un méchant coup de tête à son ci-devant bien aimé ? S’agirait-il alors d’une performance subventionnée  pour la défense des maris battus et comme cadeau d’anniversaire des trente ans du FRAC local?

Ou bien,  autre hypothèse tout aussi plausible :  l’évocation d’un nouveau procédé de production d’images, le phosphène, qui est ce que l’on voit quand on s’administre un bon coup de poing  dans l’œil : une symphonie chromatique aléatoire d’éclairs très psychédéliques… Le phosphène, qui aux arts visuels, ce que l’acouphène est .aux arts auditifs et le sapuphène aux arts olfactifs, est en effet une pratique créatrice de plus en plus répandue, dit-on, chez les jeunes artistes en mal d’émergence sur la scène artistique internationale, et c’est une discipline qui va , dit-on encore, entrer bientôt dans le cursus des meilleures Ecoles de Beaux-Arts françaises.

 

Troisième hypothèse, qui apparaît encore plus probable, lorsqu’on commence à lire les textes : c’est que cette photo choc a été choisie par le service de  com’ pour son adéquation avec le thème de cette Biennale qui est « le récit » ,. Titre évoqué d’ailleurs par le sous-titre bien visible à côté de l’œil poché : «  entre-temps, brusquement , et ensuite » qui sont les locutions habituellement employées par celui qui raconte pour ponctuer sa narration. L’œil ravagé implique donc l’existence d’un récit afférent, d’une histoire à raconter …et c’est le fait divers sordide  exemplaire d’une violence intra-congugale où le garçon se fait frapper parce qu’il avait osé dire à sa douce fiancée qu’il en avait marre de cette société matriarcale… D’où la pertinence en effet du choix de cette image épouvantable pour bien indiquer que le questionnement sociétal est le propos central de cette biennale, en même temps, bien sûr, que de se conformer à l’esthétique du financial art international qu’il s’agit, comme le prône le ministère de la culture,  de mettre à la portée du grand public, et des masses laborieuses, etc.

 

Alors, on va voir sur internet ce que font les jeunes artistes cités pour figurer dans cette biennale, et l’on tombe par exemple sur l’américain Karl Haendel  dont le sujet, très sociétal en effet , est de dénoncer la prolifération des armes à feu au USA (voici le lien http://www.biennaledelyon.com/fr/videos.html )…Et l’on tombe sur la française Lili Reynaud-Dewar. : http://www.dailymotion.com/video/xo8rvy_interview-lili-reynaud-dewar-fr_creation#.UXo9uoKWd7w   qui nous fait un récit de ses problèmes domestiques et de cette névrose propre aux ménagères qui ont plus de cinquante balais, parmi l’indescriptible désordre, en fond d’image, de caisses et ustensiles divers que  la dite ménagère a installé dans  son appartement.

Et l’on tombe enfin sur le fabuleux et très performatif Roal Romano Choucalesco, dont je vous recommande expressément cette fracassante vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=G0WoW7hbOWA&feature=related

 

 

Et puis, comme promis au début de ce texte, je vous fais un copié-collé d’un extrait de la préface  du directeur de cette biennale :

« Depuis sa création en 1991, je propose aux commissaires que j’invite de réfléchir à un mot- clé. Celui-ci vaut pour trois éditions successives. Puisé dans l’actualité immédiate, à l’usage fréquent et aux amplitudes sémantiques incertaines, ce mot appelle une interprétation artistique autant que sociétale. Il y eut d’abord Histoire en 1991, puis Global en 1997, Temporalité en 2003 et enfin de 2009 à 2013 : Transmission.  

Au mot Transmission que je soumets à Gunnar B. Kvaran, celui-ci me répond de façon littérale par Récit.(…)  Pour Gunnar B. Kvaran, poser récit à côté de transmission c’est par conséquent énoncer l’évidence de ce qui se passe («Le réel est ce qui se passe» dit le philosophe). Au néo- modernisme qui emplit nos murs et les patine d’une douce nostalgie, Gunnar B. Kvaran oppose une nouvelle attention à la forme. Car c’est une forme inédite de pensée. Et la forme de cette pensée est probablement ce qui dit le plus. Les histoires peuvent être bonnes, mais ce qui les distingue au bout du compte on le sait, c’est la pertinence de leur forme, car c’est elle qui crée le sens en formant le récit. Le Petit Prince a dit : « Raconte- moi une histoire », et le poète l’a dessinée. »

 

Moi, ce que j’aime bien dans ce texte, outre « la patine de douce nostalgie », outre la souplesse  du phrasé, et outre l’exquise  sophistication du propos, c’est  la formule : « mot-clé aux amplitudes sémantiques incertaines »…,autrement dit un mot qui veut dire n’importe quoi, ou plutôt rien du tout, mais sur lequel on est tout de même invité à puissamment réfléchir….au cas où il y aurait un mystérieux sens caché dans quelque anfractuosité sémantique. Et puis j’aime bien aussi l’allégorie du  Petit Prince qui voit son œil joliment encocardé par le conteur-poête subventionné…

 

 

Amplitude sémantique approximative,  tête de porc et pétillante imbécillité.

 

Ah ! J’allais oublier : parmi les 4 images qui feront la signalétique de l’événement BAC Lyon, outre le garçon à l’œil poché, la fille quelconque, l’autre qui souffle dans un ballon, il y a cette tête de porc que je vous joins… Oui, pourquoi pas une tête de porc ?… à l’amplitude sémantique très incertaine en effet, parce que nulle part il nous est précisé à quoi cela fait allusion.

Et puis comme promis : voici un deuxième savoureux passage de la préface écrite par le directeur de cette biennale : « C’est au mi-temps des années 80 du siècle dernier qu’apparaît un nouvel héros « universel » : le Texte.

Il est né de l’union hiérogamique du structuralisme européen et de la textualité universitaire états-uniène, mais il gagne bientôt le reste du monde pour devenir un « intertexte », puis un « supratexte , généralisé, avant d’être le « cybertexte » des réseaux que l’on connaît.

Frédéric Jameson ( Dans son livre « la logique culturelle du capitalisme tardif » ) le dira comme ça : «  l’ancien langage de « l’œuvre », se voit partout remplacé par le langage assez différent du texte et de la textualité. Un langage dont est stratégiquement exclue la réalisation de la forme. Aujourd’hui, tout peut être un « texte » en ce sens (la vie, le corps les représentations diverses), alors que les objets qui étaient auparavant des « œuvres » sont désormais susceptibles d’être relus comme immenses ensembles de systèmes de diverses sortes »…. Autrement dit, et pour traduire cet hyper- galimatias  cyberabscons en langage simple : Aujourd’hui le texte remplace l’œuvre, le discours sur l’art remplace l’art, le baratin remplace la mise en forme, le pédant fonctionnaire remplace l’artiste, le contenant remplace le contenu, etc… Mais cela, on l’avait déjà remarqué. On avait déjà compris aussi que « l’intertextualité » en art était ce phénomène récent qui se produit lorsque tel texte initial engendre un autre texte commentaire, puis un autre, puis un autre, de telle sorte qu’apparaisse une gigantesque enflure logorrhéique, autoréférencée, à l’usage des seuls initiés membres de l’AICA, totalement délirante, communautariste, fermée sur elle-même et qui n’a plus rien à voir, ni avec le sujet du texte initial, ni avec l’art, ni avec quoi que ce soit d’ailleurs qui ait figure humaine.

Mais le comble, c’est de voir maintenant tous ces  rhétoriciens patentés et/ou  fonctionnarisés  de l’enfumage discursif comme le Directeur de cette Biennale, premiers producteurs de cette crème fouettée  intertextuelle sur fond de néant, complices systémiques  du capitalisme business art, convoquer un philosophe marxiste pour mieux nous faire avaler leur bidouillage verbeux, pédant, confus et incohérent, macédoine de mots et de concepts qu’ils utilisent  sans en maîtriser l’assemblage, mais qu’importe, pourvu que leur vertu sonore et incantatoire impressionne les sponsors et autres instances subventionnantes…et tous les gogos culturolâtres et je m’la pète contemporain.

 

 

Connaissez-vous la « langue » de Teresa Margolles ?

 

C’est une artiste adepte du ready-made et du story telling artistico-sociétal tel que celui présenté à la Biennale de Lyon. Cette artiste émergente a proposé à la mère d’un punk décédé, sans moyens pour enterrer son fils, d’ échanger un cercueil contre « une partie du cadavre , en l’occurrence la langue (donc le récit) qu’elle exposerait comme un ready- made » à la BAC lyonnaise...

Il  est question de cette œuvre très  « narrative », porteuse d’un vrai récit,  processuelle et discursive en diable , dans un texte de Christine Sourgins qui figure parmi  le grand dossier Marcel Duchamp publié dans l’actuel numéro du Magazine Artension. Numéro où figure également un texte de moi, que j’ai écrit tout spécialement pour ce dossier.

 

 

 

Les trente ans des FRAC : une honte nationale (mais une richessse selon le journal Le Monde)

 

J’ai lu, dans le monde du 24 avril, les trois pages d’un grand dossier destiné à  commémorer l’anniversaire des trente ans des FRAC et intitulées «  Les trente ans des FRAC, une richesse nationale »

Le texte introductif de Madame Lequeux, se termine ainsi à propos  du FRAC-Lorraine : « Un des axes importants de cette remarquable collection : les œuvres immatérielles. Première en France a avoir osé acquérir une œuvre de Tino Seghal (artiste international dont les œuvres exigent de n’avoir aucune trace d’elles-mêmes, ni textes, ni factures , ni rien), Béatrice Josse accumule le désincarné, « par goût de la performance autant que par nécessité, dit-elle…Car cela m’amuse de souligner que le capitalisme est capable d’acheter tout et n’importe quoi !»…Et si notre richesse nationale, au-delà des 26000 œuvres rassemblées, était aussi dans la pluralité – immatérielle – de ces regards ? »…En fait d’accumulation de  désincarné, je crois que nous avons avec ce texte l’incarnation même de cette pétillante imbécillité dont je parlais plus haut, relevée  ici par un cynisme d’une au moins égale pétillance…

 

Je dois dire qu’une telle flagornerie vis à vis de l’ appareil étatique me rappelle celle de la Pravda au joli temps du soviétisme, .. pire encore quand aujourd’hui, elle se voit augmentée de la même flagornerie vis à vis de la branchitude néo-capitaliste trash new-yorkaise telle qu’on peut la voir en couverture d’un récent supplément du Monde avec cette image que je vous joins de ce dandy jaunâtre  et édenté, ex junky recyclé dans l’art contemporain, et  qui occupe 15 pages du dit supplément à nous montrer ses différents accoutrements, à faire vomir les grands couturiers, mais comme illustration assez exacte de l’esthétique néo-décadente de  la haute finance néo-libérale.

 

On dit du Monde, qu’il est un journal «sérieux. Je pense qu’il ne l’est plus et que s’il voulait le redevenir il se séparerait de Madame Lequeux ( et pourquoi pas de Messieurs Dagen et Bellet par la même occasion) pour engager des journalistes d’art plus ouverts , inspirés, proches de réalités, moins mondains et cyniques, engagés et francs du collier et qui soient capables de faire  le véritable et libre travail d’information et d’investigation que les lecteurs attendent, au lieu de leurs  habituels et très ennuyeux  textes formatés , pénibles, pédants, et inutilement révérencieux..

 

Car si le Monde devenait un journal sérieux, voilà ce sur quoi, notamment,  il pourrait nous fournir informations et explications :

-       comment il se fait  que cette dame, directrice de FRAC puisse s’amuser à assouvir son penchant personnel à « l’accumulation du désincarné »,  en utilisant  l’argent et un dispositif publics sans contrôle semble-t-il des commissions ad-hoc et comités techniques paritaires prévus pour le choix des œuvres à acheter ?

 

-       Comment cette même personne  peut sans aucune vergogne  énoncer cette énormité : « cela m’amuse de souligner que le capitalisme est capable d’acheter tout et n’importe quoi !». Et montrer  en quoi cette formule exprime bien l’esprit délétère des FRAC et leur collusion patente avec le cynisme odieux type Maurizzio Cattelan du grand marché spéculatif

 

-       Comment, pourquoi, en fonction de quels critères, à l’issue de quelles délibérations, par quel retour d’ascenseur, par quelle rencontre de couloirs, à quel prix, à qui, à quelle date, chacune des 26000 oeuvres des FRAC a été achetée. Et si ces informations ne sont pas disponibles, nous expliquer les raisons de cette  non-transparence ou les bienfaits  de l’opacité ou du secret-défense dans ce domaine.

 

 

-       A quel prix revient, pour la collectivité publique, l’unité visiteur de FRAC, en prenant bien en compte le nombre exact  des vraies visites (sans comptabiliser les voisins  qui viennent seulement boire un coup à la buvette, ou les gamins de maternelle qu’on y traine de force) et le coût total :  achat des œuvres, frais d’entretien restauration, salaires (une dizaine par FRAC), frais de restaurant et de voyages et frais de fonctionnement, etc.

 

-       Pourquoi l’inaliénabilité de ces collections hétéroclites, achetées selon les fantaisies et pulsions mondaines  de petits fonctionnaires arrogants à la pensée ratatinée, sans aucune durabilité ou valeur  patrimoniale, qui se dégradent ou pourrissent très vite,, etc…Et pourquoi dans le même temps,  ces mêmes  FRAC ignorent 95% de la création actuelle ainsi ringardisée et disqualifiée, et parmi laquelle cependant résident les œuvres qui auront , elles , valeur patrimoniale…le jour bien où on en aura fini avec cette immense farce de l’art contemporain indexée à l’immense farce de la finance internationale.

 

 

-       Nous donner les raisons systémiques de ce gâchis, nous donner la liste bibliographique de tout ce qui a été écrit sur le sujet, mais que l’on cache pudiquement : voilà ce que le Monde s’honorerait de faire…

 

-       Nous expliquer pourquoi et comment, en ces temps de pénurie budgétaire et de restriction de la manne publique, les FRAC activent ce qu’ils appellent joliment les « publics empêchés » : hôpitaux, prisons, maisons de retraite, écoles maternelles, handicapès mentaux, non-voyants, banlieues défavorisées, etc. qui sont, comme objets de prédilection des opérations de marketing  caritatif, d’excellents capteurs de subventions. publiques parce qu’accélérateurs des glandes lacrymogènes de ces messieurs et   dames patronnesses férus d’art contemporain.…Pourquoi, parallèlement, ils activent le mécénat privé dans la plus belle confusion des genres où le marketing d’entreprise se trouve en parfaite symbiose avec le marketing culturel et le marketing de la commisération.

 

 

-       Pourquoi nous avons, dans ces trois pages du Monde, les encadrés- interviews des ci-devant Vincent Lamouroux et Anita Molinero, qui sont l’exemple même de ces sbires  multicartes du soviétisme néo-libéral d’Etat, à la fois artistes, professeurs en école d’art, commissaires d’expo, critiques d’art, conférenciers, membres de commissions et jurys divers et parfois galeristes privés… Parfaits spécimens de ces innombrables cumulards multicasquettes, qui peuplent les réseaux institutionnels et para-institutionnels et qui  font de cet art des FRAC le produit d’un appareil  parfaitement fermé et opaque et de conflits d’intérêts systémiques passibles des tribunaux.

 

-       Expliquer l’apparition de ces petites et coûteuses enflures architecturales qui veulent imiter le  Guggenhein de Bilbao,, comme la grenouille le bœuf,  dans quelques villes de France ( la plus belle , intitulée Les Turbulences, est à Orléans), pour abriter le FRAC local, alors , qu’autant que je sache, un FRAC n’a pas fonction muséale..

 

-       et le reste à l’avenant…

 

 

Oui, le Monde, s’il redevenait un journal sérieux, publierait un contre-dossier d’autant de pages sur les FRAC et l’intitulerait «  Les trente ans des FRAC, une honte pour la France » … toute l’info est disponible, pour peu que Le Monde, veuille bien se préoccuper des réalités dans le domaine de l’art d’aujourd’hui.

 

 

 

 

 

La patate chaude de l’art contemporain , est-elle préhensible par le politique ?

 

Le mercredi 24 avril, Raphaël Jodeau rencontrait au Sénat Marie-Christine Blandin, sénatrice écologiste présidant la Commission sur la culture et la communication.

 

A cette occasion, le Délégué général de Sauvons l'art ! a remercié la sénatrice pour son parrainage du colloque organisé par l'association le 23 janvier dernier.

Ils ont ensuite échangé sur les propositions qui ont été faites lors de cet événement afin de déterminer quelles mesures étaient indispensables pour améliorer la situation de l'art en France.

Raphaël Jodeau a insisté sur le fait que l'association Sauvons l'art ! avait une détermination absolue à venir en aide à toutes les personnes qui souhaitent le retour de la diversité et de la transparence dans l'art, et mis à disposition de la sénatrice l'expertise de ses collaborateurs pour les travaux communs à venir…. A suivre donc car demain n’est pas la veille où le politique (écolo- mélanchonesque en particulire) comprendra que ce qui se passe dans cet art contemporain devrait être  son affaire

 

 

 

Luc Ferry se lâche sur les FRAC… sans aller au fond…

 

Fric-frac : des impostures de l'art contemporain

       

La chronique de Luc Ferry dans le Figaro

 

Excellente enquête,  dans le dernier numéro  du magazineCapital, sur  ces temples de l'inculture que sont les fonds régionaux d'art contemporain (Frac). Créés comme il se doit par Jack Lang,  ils reposent sur l'idée, au premier abord sympathique, en réalité fallacieuse,  que l'art contemporain étant «difficile», trop «audacieux» pour être compris d'entrée de jeu par «la populace abrutie» (Kandinsky),  il devait être subventionné par l'argent public. Fadaise de gauche biaisée  à la racine, erronée dans son principe même, mais qui plus est consternante  de bêtise et de snobisme dans les applications auxquelles elle donne lieu  la plupart du temps. Bien entendu, elle fut plébiscitée par les artistes sans art et sans talent: au lieu d'avoir à convaincre un public, ils ont pu se contenter, souvent grâce au copinage, d'écouler leurs productions indigentes aux frais du contribuable. Je ne le dis pas à la légère: je vais en donner dans un instant quelques exemples particulièrement accablants. Mais revenons un instant encore sur l'idéologie qui sous-tend ces Frac: ils reposent sur cette mythologie avant-gardiste selon laquelle le génie étant par nature «en avance sur son époque», donc forcément incompris en son temps, il faut l'aider jusqu'à ce que son art rencontre enfin le public mérité. Pourtant, la réalité historique contredit de part en part cette conception élitiste, pour ne pas dire stalinienne, d'une «aile marchante» inspirée par des «guides géniaux» tirant le chariot de la «masse récalcitrante» (Kandinsky encore). La vérité, c'est que, en dehors d'une très courte période et d'un «modernisme» exacerbé propres au seul XXe siècle,  les artistes véritables et les écrivains  les plus authentiques n'ont jamais été des marginaux, méconnus et miséreux. Picasso lui-même, qu'on l'aime ou non, fut de son vivant une incomparable star, plus riche et adulée que Mike Jagger  ou Marilyn Monroe.

Même chose dans le domaine philosophique  et littéraire, où les plus grands furent reconnus bien avant leur mort.  Du très fortuné Voltaire jusqu'à Sartre, Heidegger ou Camus, nos philosophes les plus importants, y compris justement les plus «difficiles», furent de véritables célébrités «médiatiques». La notoriété de Rousseau, déjà, était telle, notamment après la parution deLa Nouvelle Héloïse, qu'on le reconnaissait dans la rue d'après les gravures publiées dans ses livres. Aux conférences  de Kant, élégantes, ministres et grands bourgeois se pressaient comme  à une finale de Rolland-Garros. Quant  à Victor Hugo, il connut honneurs et reconnaissance dans des proportions  qui feraient pâlir d'envie les chanteurs  et acteurs populaires d'aujourd'hui.  Qui oserait dire pour autant qu'il ne fut pas un génie et peut-être même,  selon le mot fameux de Gide, le plus grand poète français, «hélas» ?  Or ces grands hommes n'eurent jamais, ni de près ni de loin, le moindre besoin d'être subventionnés par qui que ce soit. La vérité, c'est que l'aide de l'État permet trop souvent à des impostures d'une rare vulgarité de se faire passer pour des chefs-d'œuvre. Ainsi de cette grotesque palette de chantier, absolument d'origine, achetée à «l'artiste» Eva Marisaldi pour la somme de 20 000 euros, ou encore de ces quatre tubes d'échafaudage rouillés, eux aussi en tous points semblables à ceux qu'on voit partout dans nos villes, acquis pour la somme de 22 000 euros!

Dans le même style, des banderoles syndicales en faveur des sans-papiers, banderoles récentes, je le précise, qui n'ont donc aucune valeur historique ni la moindre signification artistique, se sont vendues 16 000 euros! Bref, on répète et ressasse ad nauseam, cent ans après, mais sans la moindre audace et avec l'argent du contribuable, ce que Marcel Duchamp avait déjà fait mille fois à une époque  où, au moins, il se risquait encore  à «choquer le bourgeois». Disons le clairement: si ces choses immondes se trouvaient dans le hall de mon immeuble, je prierais mon gardien d'appeler d'urgence les services de la Ville pour nous en débarrasser.  Que ceux qui veulent les acheter le fassent, c'est bien leur droit, mais,  de grâce, sur leurs deniers propres! Qu'il se trouve des gens assez snobs  et incultes pour payer cette camelote  à prix d'or est une chose, mais qu'ils prennent dans nos poches pour  y parvenir au nom de leur conception aberrante de la culture en est une autre. En lisant ces lignes, les gardes rouges  de l'art contemporain vont crier  au fascisme. Qu'importe, le roi est nu  et il est temps de le dire.

http://www.lucferry.fr/

 

« Cela dit, Luc Ferry est quelqu'un de tout à fait estimable »

 

Je vous joins ce très pertinent commentaire d’un lecteur

 

j'ai lu le papier de Luc Ferry dans le Fiagro et l'article de Capital auquel il fait référence. Il a raison, mais il joue sur du velours avec les exemples qu'il donne. Et puis la notoriété du vivant de l'artiste ou de l'écrivain, c'est un peu vite dit. Hugo a eu des funérailles nationales, certes. Verlaine, un enterrement de misère sans personne. Qui connaît Bissière? Ou Otto Freundlich qui ne mangeait pas tous les jours à sa faim ? Je pourrais citer des artistes de grande qualité morts dans le dénuement. Van Gogh, ce n'est pas non plus une plaisanterie. L'état des lieux est plus compliqué à faire. Et, il ne faut pas non plus exonérer de leur responsabilité les acteurs politiques. Quand Ferry était ministre, Aillagon était rue de Valois. A peine entré en fonction, celui-ci inaugurait une grande exposition Buren. Or, Ferry qui disait alors  que l'homme des colonnes était "un vrai con", n'a rien dit à son collègue. De plus au ministère de l'éducation nationale, son conseiller aux arts plastiques, un type qui avait inventé l'agrégation d'art plastique, soutenait que le Mac/Val faisait du bon travail ! Cela dit, L. Ferry est quelqu'un de tout à fait estimable. Avec tout de même une part de comédie dont il ne se débarrasse pas entièrement quand il parle ou écrit sur ces sujets.

 

 

 

Faudra-t-il mettre un jour le contenu de tous les FRAC à la poubelle ?

 

Probablement…tout comme celui des biennales de type lyonnaise, puisque cela procède du même système global bureaucratico-médiatico – financier imbécile. Le problème qui se posera alors sera tout de même de séparer les 10% de vrais créateurs qui y figurent par je ne sais quelle heureuse erreur de casting, des 90 % de faiseurs opportunistes, puisque la principale « vertu » de ce système global aura été de tout mélanger, de détruire les vrais critères d’évaluation qu’il faudra donc reconstruire,  réhabiliter, et enlever  des sales pattes  du couple fonctionnaires - spéculateurs

 

 

 

 

 

 

Mon blog sur ragemag.fr

Allez sur ce site qui remet bien les pendules à l’heure des gens sympas

J’y tiendrai donc causette régulièrement en complément de mes chroniques

http://nictonnarcontanporin.ragemag.fr/trente-ans-frac-honte-nationale/

 

et voici mon  récent ajout sur ce blog:

C’est quoi cette poilade burénienne?

Avec Buren en vedette armoricaine (voir photo jointe)

 

Je vous joins cette image où l’on voit, à droite, notre outilleur visuel et anartiste de notoriété internationale , Daniel Buren, se poiler comme jamais il ne le fait, lui qui affiche plutôt d’habitude, ce  petit sourire entendu de l’homme pénétré de l’intensité de sa permanente réflexion sur l’art, tel le Sphinx  seul capable de déchiffrer l’Enigme du monde à travers  la grille de lecture de sa  bande verticale régulièrement espacée de 7,5 cm.

A droite, l’homme à l’élégant tombé-semi tirebouchonné de  foulard  Cacharel, et à l’hilarité moindre, c’est Jean Schalit, homme de presse, créateur de « Clarté » le journal des jeunes communistes dans les années 60, puis du journal gaucho-mao-spontex « Action » post soixante huitard, puis, beaucoup plus tard, du journal « La Truffe », après de nombreuses participations à plein de canards plus ou moins de gauche et extrème gauchiasse tout au fond du couloir, anti-bourgeois…Et puis maintenant gardien – chef du Jardin de Grand Launay à Lanrivain en Bretagne, où justement notre outilleur visuel doit intervenir in-situ, comme d’hab’, pour donner plus de visibilité au grand menhir qui se trouve au centre de ce jardin.

Et voilà ce qu’on lit dans le canard local, dans le plus pur dialecte  bas-breton : « Le charme du Centre-Bretagne a touché Buren au coeur... Et l'oeuvre que ce grand artiste va créer dans le jardin extraordinaire du Grand-Launay, à Lanrivain, devrait être particulièrement inspirée (…) L'auteur des fameuses colonnes du Palais royal, à Paris, a été sollicité par son ami Jean Schalit, maître du Grand-Launay, jardin classé remarquable, pour « poser la première pierre » du Festival  « Lieux mouvants », qui s'y déroulera début juin. »

Bon, d’accord, mais tout cela ne nous explique pas l’hilarité des deux compères…

1-première hypothèse : ils se bidonnent en pensant au grand menhir que Buren va recouvrir de bandes verticales noir et blanc, avec plein de petits menhirs  en plastoc disposés tout autour comme  les colonnes du Palis Royal.

2- Deuxième hypothèse, et la plus probable : Buren vient de raconter à son vieux pote au lourd passé révolutionnariste comme lui, ,  sa récente participation à la conception du nouveau design des sacs Vuitton et des foulards Hermés et du pactole qu’il a touché pour avoir permis qu’on sculpte ses fameuses bandes dans la roche des caves du Champagne Pommery….Et c’est bien, à mon avis cette énorme farce qu’ils ont joué au grand Kapital et à l’Etat culturel (et à la montagne de pognon que notre bidouilleur visuel a obtenu des  deux à la fois) qui les fait se marrer comme des malades…

 

 

 

 

Ma précédente chronique sur un site US

Ma chronique intitulée « C’est officiel : Marcel Duchamp n’est plus contemporain » a été publiée, traduite en anglais , sur le site US subversify.com : http://subversify.com/2013/04/18/its-official-marcel-duchamp-is-more-contemporary/

Y a donc pas que les textes d’Art Press qui aient le privilège d’être traduits dans la langue du business art….

 

 

 

Allez sur internet !

Vous pouvez retrouver ces chroniques en allant sur les sites : www.schtroumpf-emergent.com

, sur Mic Mag, le magazine des médias libres : www.micmag.net/es/voz-libre , sur www.actuartlyon.com

sur http://ragemag.fr/  et sur le site Défi Culturel :  http://www.sauvonslart.com/

 

 

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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 21:20

La chronique n° 42 de Nicole Esterolle

(2e version revue et augmentée)

 

Tous les deux ans, je lis avec gourmandise, le dossier de presse de la Biennale de Lyon, car c’est une friandise qui s’améliore sans cesse dans la préciosité conceptualo- langagière et la pétillante imbécilité… des qualités rares, comme je les aime, car avec elles, ma tâche  de vitrioleuse est  facilitée : il n’y a qu’à copier-coller les plus savoureux passages…et je vous en ai sélectionné deux ou trois.

 

Cette année, ça s’annonce assez copieux dans le genre, et ça commence hardement avec cette affiche de l’événement ( que je vous joins) où l’on voit un garçon avec un œil au beurre noir à côté d’une fille sans aucune anomalie physique détectable à premier examen

 

Qu’est-ce donc ? Mon Dieu ! par Sainte Thérèse de Lisieux et Sainte Catherine Millet réunies, par Saint Deleuze et Saint Derrida qui êtes aux Cieux, que s’est-il bien passé ? me demandai-je, terrifiée…et je subodore d’emblée le terrible « questionnement sociétal » propre à ce genre de manifestation d’art terriblement  contemporain. Quoi ? La bonne dame  aurait-t-elle flanqué un méchant coup de tête à son ci-devant bien aimé ? S’agirait-il alors d’une performance subventionnée  pour la défense des maris battus et comme cadeau d’anniversaire des trente ans du FRAC local?

Ou bien,  autre hypothèse tout aussi plausible :  l’évocation d’un nouveau procédé de production d’images, le phosphène, qui est ce que l’on voit quand on s’administre un bon coup de poing  dans l’œil : une symphonie chromatique aléatoire d’éclairs très psychédéliques… Le phosphène, qui aux arts visuels, ce que l’acouphène est .aux arts auditifs et le sapuphène aux arts olfactifs, est en effet une pratique créatrice de plus en plus répandue, dit-on, chez les jeunes artistes en mal d’émergence sur la scène artistique internationale, et c’est une discipline qui va , dit-on encore, entrer bientôt dans le cursus des meilleures Ecoles de Beaux-Arts françaises.

 

Troisième hypothèse, qui apparaît encore plus probable, lorsqu’on commence à lire les textes : c’est que cette photo choc a été choisie par le service de  com’ pour son adéquation avec le thème de cette Biennale qui est « le récit » ,. Titre évoqué d’ailleurs par le sous-titre bien visible à côté de l’œil poché : «  entre-temps, brusquement , et ensuite » qui sont les locutions habituellement employées par celui qui raconte pour ponctuer sa narration. L’œil ravagé implique donc l’existence d’un récit afférent, d’une histoire à raconter …et c’est le fait divers sordide  exemplaire d’une violence intra-congugale où le garçon se fait frapper parce qu’il avait osé dire à sa douce fiancée qu’il en avait marre de cette société matriarcale… D’où la pertinence en effet du choix de cette image épouvantable pour bien indiquer que le questionnement sociétal est le propos central de cette biennale, en même temps, bien sûr, que de se conformer à l’esthétique du financial art international qu’il s’agit, comme le prône le ministère de la culture,  de mettre à la portée du grand public, et des masses laborieuses, etc.

 

Alors, on va voir sur internet ce que font les jeunes artistes cités pour figurer dans cette biennale, et l’on tombe par exemple sur l’américain Karl Haendel  dont le sujet, très sociétal en effet , est de dénoncer la prolifération des armes à feu au USA (voici le lien http://www.biennaledelyon.com/fr/videos.html )…Et l’on tombe sur la française Lili Reynaud-Dewar. : http://www.dailymotion.com/video/xo8rvy_interview-lili-reynaud-dewar-fr_creation#.UXo9uoKWd7w   qui nous fait un récit de ses problèmes domestiques et de cette névrose propre aux ménagères qui ont plus de cinquante balais, parmi l’indescriptible désordre, en fond d’image, de caisses et ustensiles divers que  la dite ménagère a installé dans  son appartement.

Et l’on tombe enfin sur le fabuleux et très performatif Roal Romano Choucalesco, dont je vous recommande expressément cette fracassante vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=G0WoW7hbOWA&feature=related

 

 

Et puis, comme promis au début de ce texte, je vous fais un copié-collé d’un extrait de la préface  du directeur de cette biennale :

« Depuis sa création en 1991, je propose aux commissaires que j’invite de réfléchir à un mot- clé. Celui-ci vaut pour trois éditions successives. Puisé dans l’actualité immédiate, à l’usage fréquent et aux amplitudes sémantiques incertaines, ce mot appelle une interprétation artistique autant que sociétale. Il y eut d’abord Histoire en 1991, puis Global en 1997, Temporalité en 2003 et enfin de 2009 à 2013 : Transmission.  

Au mot Transmission que je soumets à Gunnar B. Kvaran, celui-ci me répond de façon littérale par Récit.(…)  Pour Gunnar B. Kvaran, poser récit à côté de transmission c’est par conséquent énoncer l’évidence de ce qui se passe («Le réel est ce qui se passe» dit le philosophe). Au néo- modernisme qui emplit nos murs et les patine d’une douce nostalgie, Gunnar B. Kvaran oppose une nouvelle attention à la forme. Car c’est une forme inédite de pensée. Et la forme de cette pensée est probablement ce qui dit le plus. Les histoires peuvent être bonnes, mais ce qui les distingue au bout du compte on le sait, c’est la pertinence de leur forme, car c’est elle qui crée le sens en formant le récit. Le Petit Prince a dit : « Raconte- moi une histoire », et le poète l’a dessinée. »

 

Moi, ce que j’aime bien dans ce texte, outre « la patine de douce nostalgie », outre la souplesse  du phrasé, et outre l’exquise  sophistication du propos, c’est  la formule : « mot-clé aux amplitudes sémantiques incertaines »…,autrement dit un mot qui veut dire n’importe quoi, ou plutôt rien du tout, mais sur lequel on est tout de même invité à puissamment réfléchir….au cas où il y aurait un mystérieux sens caché dans quelque anfractuosité sémantique. Et puis j’aime bien aussi l’allégorie du  Petit Prince qui voit son œil joliment encocardé par le conteur-poête subventionné…

 

 

Amplitude sémantique approximative,  tête de porc et pétillante imbécillité.

 

Ah ! J’allais oublier : parmi les 4 images qui feront la signalétique de l’événement BAC Lyon, outre le garçon à l’œil poché, la fille quelconque, l’autre qui souffle dans un ballon, il y a cette tête de porc que je vous joins… Oui, pourquoi pas une tête de porc ?… à l’amplitude sémantique très incertaine en effet, parce que nulle part il nous est précisé à quoi cela fait allusion.

Et puis comme promis : voici un deuxième savoureux passage de la préface écrite par le directeur de cette biennale : « C’est au mi-temps des années 80 du siècle dernier qu’apparaît un nouvel héros « universel » : le Texte.

Il est né de l’union hiérogamique du structuralisme européen et de la textualité universitaire états-uniène, mais il gagne bientôt le reste du monde pour devenir un « intertexte », puis un « supratexte , généralisé, avant d’être le « cybertexte » des réseaux que l’on connaît.

Frédéric Jameson ( Dans son livre « la logique culturelle du capitalisme tardif » ) le dira comme ça : «  l’ancien langage de « l’œuvre », se voit partout remplacé par le langage assez différent du texte et de la textualité. Un langage dont est stratégiquement exclue la réalisation de la forme. Aujourd’hui, tout peut être un « texte » en ce sens (la vie, le corps les représentations diverses), alors que les objets qui étaient auparavant des « œuvres » sont désormais susceptibles d’être relus comme immenses ensembles de systèmes de diverses sortes »…. Autrement dit, et pour traduire cet hyper- galimatias  cyberabscons en langage simple : Aujourd’hui le texte remplace l’œuvre, le discours sur l’art remplace l’art, le baratin remplace la mise en forme, le pédant fonctionnaire remplace l’artiste, le contenant remplace le contenu, etc… Mais cela, on l’avait déjà remarqué. On avait déjà compris aussi que « l’intertextualité » en art était ce phénomène récent qui se produit lorsque tel texte initial engendre un autre texte commentaire, puis un autre, puis un autre, de telle sorte qu’apparaisse une gigantesque enflure logorrhéique, autoréférencée, à l’usage des seuls initiés membres de l’AICA, totalement délirante, communautariste, fermée sur elle-même et qui n’a plus rien à voir, ni avec le sujet du texte initial, ni avec l’art, ni avec quoi que ce soit d’ailleurs qui ait figure humaine.

Mais le comble, c’est de voir maintenant tous ces  rhétoriciens patentés et/ou  fonctionnarisés  de l’enfumage discursif comme le Directeur de cette Biennale, premiers producteurs de cette crème fouettée  intertextuelle sur fond de néant, complices systémiques  du capitalisme business art, convoquer un philosophe marxiste pour mieux nous faire avaler leur bidouillage verbeux, pédant, confus et incohérent, macédoine de mots et de concepts qu’ils utilisent  sans en maîtriser l’assemblage, mais qu’importe, pourvu que leur vertu sonore et incantatoire impressionne les sponsors et autres instances subventionnantes…et tous les gogos culturolâtres et je m’la pète contemporain.

 

 

Connaissez-vous la « langue » de Teresa Margolles ?

 

C’est une artiste adepte du ready-made et du story telling artistico-sociétal tel que celui présenté à la Biennale de Lyon. Cette artiste émergente a proposé à la mère d’un punk décédé, sans moyens pour enterrer son fils, d’ échanger un cercueil contre « une partie du cadavre , en l’occurrence la langue (donc le récit) qu’elle exposerait comme un ready- made » à la BAC lyonnaise...

Il  est question de cette œuvre très  « narrative », porteuse d’un vrai récit,  processuelle et discursive en diable , dans un texte de Christine Sourgins qui figure parmi  le grand dossier Marcel Duchamp publié dans l’actuel numéro du Magazine Artension. Numéro où figure également un texte de moi, que j’ai écrit tout spécialement pour ce dossier.

 

 

 

Les trente ans des FRAC : une honte nationale (mais une richessse selon le journal Le Monde)

 

J’ai lu, dans le monde du 24 avril, les trois pages d’un grand dossier destiné à  commémorer l’anniversaire des trente ans des FRAC et intitulées «  Les trente ans des FRAC, une richesse nationale »

Le texte introductif de Madame Lequeux, se termine ainsi à propos  du FRAC-Lorraine : « Un des axes importants de cette remarquable collection : les œuvres immatérielles. Première en France a avoir osé acquérir une œuvre de Tino Seghal (artiste international dont les œuvres exigent de n’avoir aucune trace d’elles-mêmes, ni textes, ni factures , ni rien), Béatrice Josse accumule le désincarné, « par goût de la performance autant que par nécessité, dit-elle…Car cela m’amuse de souligner que le capitalisme est capable d’acheter tout et n’importe quoi !»…Et si notre richesse nationale, au-delà des 26000 œuvres rassemblées, était aussi dans la pluralité – immatérielle – de ces regards ? »…En fait d’accumulation de  désincarné, je crois que nous avons avec ce texte l’incarnation même de cette pétillante imbécillité dont je parlais plus haut, relevée  ici par un cynisme d’une au moins égale pétillance…

 

Je dois dire qu’une telle flagornerie vis à vis de l’ appareil étatique me rappelle celle de la Pravda au joli temps du soviétisme, .. pire encore quand aujourd’hui, elle se voit augmentée de la même flagornerie vis à vis de la branchitude néo-capitaliste trash new-yorkaise telle qu’on peut la voir en couverture d’un récent supplément du Monde avec cette image que je vous joins de ce dandy jaunâtre  et édenté, ex junky recyclé dans l’art contemporain, et  qui occupe 15 pages du dit supplément à nous montrer ses différents accoutrements, à faire vomir les grands couturiers, mais comme illustration assez exacte de l’esthétique néo-décadente de  la haute finance néo-libérale.

 

On dit du Monde, qu’il est un journal «sérieux. Je pense qu’il ne l’est plus et que s’il voulait le redevenir il se séparerait de Madame Lequeux ( et pourquoi pas de Messieurs Dagen et Bellet par la même occasion) pour engager des journalistes d’art plus ouverts , inspirés, proches de réalités, moins mondains et cyniques, engagés et francs du collier et qui soient capables de faire  le véritable et libre travail d’information et d’investigation que les lecteurs attendent, au lieu de leurs  habituels et très ennuyeux  textes formatés , pénibles, pédants, et inutilement révérencieux..

 

Car si le Monde devenait un journal sérieux, voilà ce sur quoi, notamment,  il pourrait nous fournir informations et explications :

-       comment il se fait  que cette dame, directrice de FRAC puisse s’amuser à assouvir son penchant personnel à « l’accumulation du désincarné »,  en utilisant  l’argent et un dispositif publics sans contrôle semble-t-il des commissions ad-hoc et comités techniques paritaires prévus pour le choix des œuvres à acheter ?

 

-       Comment cette même personne  peut sans aucune vergogne  énoncer cette énormité : « cela m’amuse de souligner que le capitalisme est capable d’acheter tout et n’importe quoi !». Et montrer  en quoi cette formule exprime bien l’esprit délétère des FRAC et leur collusion patente avec le cynisme odieux type Maurizzio Cattelan du grand marché spéculatif

 

-       Comment, pourquoi, en fonction de quels critères, à l’issue de quelles délibérations, par quel retour d’ascenseur, par quelle rencontre de couloirs, à quel prix, à qui, à quelle date, chacune des 26000 oeuvres des FRAC a été achetée. Et si ces informations ne sont pas disponibles, nous expliquer les raisons de cette  non-transparence ou les bienfaits  de l’opacité ou du secret-défense dans ce domaine.

 

 

-       A quel prix revient, pour la collectivité publique, l’unité visiteur de FRAC, en prenant bien en compte le nombre exact  des vraies visites (sans comptabiliser les voisins  qui viennent seulement boire un coup à la buvette, ou les gamins de maternelle qu’on y traine de force) et le coût total :  achat des œuvres, frais d’entretien restauration, salaires (une dizaine par FRAC), frais de restaurant et de voyages et frais de fonctionnement, etc.

 

-       Pourquoi l’inaliénabilité de ces collections hétéroclites, achetées selon les fantaisies et pulsions mondaines  de petits fonctionnaires arrogants à la pensée ratatinée, sans aucune durabilité ou valeur  patrimoniale, qui se dégradent ou pourrissent très vite,, etc…Et pourquoi dans le même temps,  ces mêmes  FRAC ignorent 95% de la création actuelle ainsi ringardisée et disqualifiée, et parmi laquelle cependant résident les œuvres qui auront , elles , valeur patrimoniale…le jour bien où on en aura fini avec cette immense farce de l’art contemporain indexée à l’immense farce de la finance internationale.

 

 

-       Nous donner les raisons systémiques de ce gâchis, nous donner la liste bibliographique de tout ce qui a été écrit sur le sujet, mais que l’on cache pudiquement : voilà ce que le Monde s’honorerait de faire…

 

-       Nous expliquer pourquoi et comment, en ces temps de pénurie budgétaire et de restriction de la manne publique, les FRAC activent ce qu’ils appellent joliment les « publics empêchés » : hôpitaux, prisons, maisons de retraite, écoles maternelles, handicapès mentaux, non-voyants, banlieues défavorisées, etc. qui sont, comme objets de prédilection des opérations de marketing  caritatif, d’excellents capteurs de subventions. publiques parce qu’accélérateurs des glandes lacrymogènes de ces messieurs et   dames patronnesses férus d’art contemporain.…Pourquoi, parallèlement, ils activent le mécénat privé dans la plus belle confusion des genres où le marketing d’entreprise se trouve en parfaite symbiose avec le marketing culturel et le marketing de la commisération.

 

 

-       Pourquoi nous avons, dans ces trois pages du Monde, les encadrés- interviews des ci-devant Vincent Lamouroux et Anita Molinero, qui sont l’exemple même de ces sbires  multicartes du soviétisme néo-libéral d’Etat, à la fois artistes, professeurs en école d’art, commissaires d’expo, critiques d’art, conférenciers, membres de commissions et jurys divers et parfois galeristes privés… Parfaits spécimens de ces innombrables cumulards multicasquettes, qui peuplent les réseaux institutionnels et para-institutionnels et qui  font de cet art des FRAC le produit d’un appareil  parfaitement fermé et opaque et de conflits d’intérêts systémiques passibles des tribunaux.

 

-       Expliquer l’apparition de ces petites et coûteuses enflures architecturales qui veulent imiter le  Guggenhein de Bilbao,, comme la grenouille le bœuf,  dans quelques villes de France ( la plus belle , intitulée Les Turbulences, est à Orléans), pour abriter le FRAC local, alors , qu’autant que je sache, un FRAC n’a pas fonction muséale..

 

-       et le reste à l’avenant…

 

 

Oui, le Monde, s’il redevenait un journal sérieux, publierait un contre-dossier d’autant de pages sur les FRAC et l’intitulerait «  Les trente ans des FRAC, une honte pour la France » … toute l’info est disponible, pour peu que Le Monde, veuille bien se préoccuper des réalités dans le domaine de l’art d’aujourd’hui.

 

 

 

 

 

La patate chaude de l’art contemporain , est-elle préhensible par le politique ?

 

Le mercredi 24 avril, Raphaël Jodeau rencontrait au Sénat Marie-Christine Blandin, sénatrice écologiste présidant la Commission sur la culture et la communication.

 

A cette occasion, le Délégué général de Sauvons l'art ! a remercié la sénatrice pour son parrainage du colloque organisé par l'association le 23 janvier dernier.

Ils ont ensuite échangé sur les propositions qui ont été faites lors de cet événement afin de déterminer quelles mesures étaient indispensables pour améliorer la situation de l'art en France.

Raphaël Jodeau a insisté sur le fait que l'association Sauvons l'art ! avait une détermination absolue à venir en aide à toutes les personnes qui souhaitent le retour de la diversité et de la transparence dans l'art, et mis à disposition de la sénatrice l'expertise de ses collaborateurs pour les travaux communs à venir…. A suivre donc car demain n’est pas la veille où le politique (écolo- mélanchonesque en particulire) comprendra que ce qui se passe dans cet art contemporain devrait être  son affaire

 

 

 

Luc Ferry se lâche sur les FRAC… sans aller au fond…

 

Fric-frac : des impostures de l'art contemporain

       

La chronique de Luc Ferry dans le Figaro

 

Excellente enquête,  dans le dernier numéro  du magazineCapital, sur  ces temples de l'inculture que sont les fonds régionaux d'art contemporain (Frac). Créés comme il se doit par Jack Lang,  ils reposent sur l'idée, au premier abord sympathique, en réalité fallacieuse,  que l'art contemporain étant «difficile», trop «audacieux» pour être compris d'entrée de jeu par «la populace abrutie» (Kandinsky),  il devait être subventionné par l'argent public. Fadaise de gauche biaisée  à la racine, erronée dans son principe même, mais qui plus est consternante  de bêtise et de snobisme dans les applications auxquelles elle donne lieu  la plupart du temps. Bien entendu, elle fut plébiscitée par les artistes sans art et sans talent: au lieu d'avoir à convaincre un public, ils ont pu se contenter, souvent grâce au copinage, d'écouler leurs productions indigentes aux frais du contribuable. Je ne le dis pas à la légère: je vais en donner dans un instant quelques exemples particulièrement accablants. Mais revenons un instant encore sur l'idéologie qui sous-tend ces Frac: ils reposent sur cette mythologie avant-gardiste selon laquelle le génie étant par nature «en avance sur son époque», donc forcément incompris en son temps, il faut l'aider jusqu'à ce que son art rencontre enfin le public mérité. Pourtant, la réalité historique contredit de part en part cette conception élitiste, pour ne pas dire stalinienne, d'une «aile marchante» inspirée par des «guides géniaux» tirant le chariot de la «masse récalcitrante» (Kandinsky encore). La vérité, c'est que, en dehors d'une très courte période et d'un «modernisme» exacerbé propres au seul XXe siècle,  les artistes véritables et les écrivains  les plus authentiques n'ont jamais été des marginaux, méconnus et miséreux. Picasso lui-même, qu'on l'aime ou non, fut de son vivant une incomparable star, plus riche et adulée que Mike Jagger  ou Marilyn Monroe.

Même chose dans le domaine philosophique  et littéraire, où les plus grands furent reconnus bien avant leur mort.  Du très fortuné Voltaire jusqu'à Sartre, Heidegger ou Camus, nos philosophes les plus importants, y compris justement les plus «difficiles», furent de véritables célébrités «médiatiques». La notoriété de Rousseau, déjà, était telle, notamment après la parution deLa Nouvelle Héloïse, qu'on le reconnaissait dans la rue d'après les gravures publiées dans ses livres. Aux conférences  de Kant, élégantes, ministres et grands bourgeois se pressaient comme  à une finale de Rolland-Garros. Quant  à Victor Hugo, il connut honneurs et reconnaissance dans des proportions  qui feraient pâlir d'envie les chanteurs  et acteurs populaires d'aujourd'hui.  Qui oserait dire pour autant qu'il ne fut pas un génie et peut-être même,  selon le mot fameux de Gide, le plus grand poète français, «hélas» ?  Or ces grands hommes n'eurent jamais, ni de près ni de loin, le moindre besoin d'être subventionnés par qui que ce soit. La vérité, c'est que l'aide de l'État permet trop souvent à des impostures d'une rare vulgarité de se faire passer pour des chefs-d'œuvre. Ainsi de cette grotesque palette de chantier, absolument d'origine, achetée à «l'artiste» Eva Marisaldi pour la somme de 20 000 euros, ou encore de ces quatre tubes d'échafaudage rouillés, eux aussi en tous points semblables à ceux qu'on voit partout dans nos villes, acquis pour la somme de 22 000 euros!

Dans le même style, des banderoles syndicales en faveur des sans-papiers, banderoles récentes, je le précise, qui n'ont donc aucune valeur historique ni la moindre signification artistique, se sont vendues 16 000 euros! Bref, on répète et ressasse ad nauseam, cent ans après, mais sans la moindre audace et avec l'argent du contribuable, ce que Marcel Duchamp avait déjà fait mille fois à une époque  où, au moins, il se risquait encore  à «choquer le bourgeois». Disons le clairement: si ces choses immondes se trouvaient dans le hall de mon immeuble, je prierais mon gardien d'appeler d'urgence les services de la Ville pour nous en débarrasser.  Que ceux qui veulent les acheter le fassent, c'est bien leur droit, mais,  de grâce, sur leurs deniers propres! Qu'il se trouve des gens assez snobs  et incultes pour payer cette camelote  à prix d'or est une chose, mais qu'ils prennent dans nos poches pour  y parvenir au nom de leur conception aberrante de la culture en est une autre. En lisant ces lignes, les gardes rouges  de l'art contemporain vont crier  au fascisme. Qu'importe, le roi est nu  et il est temps de le dire.

http://www.lucferry.fr/

 

« Cela dit, Luc Ferry est quelqu'un de tout à fait estimable »

 

Je vous joins ce très pertinent commentaire d’un lecteur

 

j'ai lu le papier de Luc Ferry dans le Fiagro et l'article de Capital auquel il fait référence. Il a raison, mais il joue sur du velours avec les exemples qu'il donne. Et puis la notoriété du vivant de l'artiste ou de l'écrivain, c'est un peu vite dit. Hugo a eu des funérailles nationales, certes. Verlaine, un enterrement de misère sans personne. Qui connaît Bissière? Ou Otto Freundlich qui ne mangeait pas tous les jours à sa faim ? Je pourrais citer des artistes de grande qualité morts dans le dénuement. Van Gogh, ce n'est pas non plus une plaisanterie. L'état des lieux est plus compliqué à faire. Et, il ne faut pas non plus exonérer de leur responsabilité les acteurs politiques. Quand Ferry était ministre, Aillagon était rue de Valois. A peine entré en fonction, celui-ci inaugurait une grande exposition Buren. Or, Ferry qui disait alors  que l'homme des colonnes était "un vrai con", n'a rien dit à son collègue. De plus au ministère de l'éducation nationale, son conseiller aux arts plastiques, un type qui avait inventé l'agrégation d'art plastique, soutenait que le Mac/Val faisait du bon travail ! Cela dit, L. Ferry est quelqu'un de tout à fait estimable. Avec tout de même une part de comédie dont il ne se débarrasse pas entièrement quand il parle ou écrit sur ces sujets.

 

 

 

Faudra-t-il mettre un jour le contenu de tous les FRAC à la poubelle ?

 

Probablement…tout comme celui des biennales de type lyonnaise, puisque cela procède du même système global bureaucratico-médiatico – financier imbécile. Le problème qui se posera alors sera tout de même de séparer les 10% de vrais créateurs qui y figurent par je ne sais quelle heureuse erreur de casting, des 90 % de faiseurs opportunistes, puisque la principale « vertu » de ce système global aura été de tout mélanger, de détruire les vrais critères d’évaluation qu’il faudra donc reconstruire,  réhabiliter, et enlever  des sales pattes  du couple fonctionnaires - spéculateurs

 

 

 

 

 

 

Mon blog sur ragemag.fr

Allez sur ce site qui remet bien les pendules à l’heure des gens sympas

J’y tiendrai donc causette régulièrement en complément de mes chroniques

http://nictonnarcontanporin.ragemag.fr/trente-ans-frac-honte-nationale/

 

et voici mon  récent ajout sur ce blog:

C’est quoi cette poilade burénienne?

Avec Buren en vedette armoricaine (voir photo jointe)

 

Je vous joins cette image où l’on voit, à droite, notre outilleur visuel et anartiste de notoriété internationale , Daniel Buren, se poiler comme jamais il ne le fait, lui qui affiche plutôt d’habitude, ce  petit sourire entendu de l’homme pénétré de l’intensité de sa permanente réflexion sur l’art, tel le Sphinx  seul capable de déchiffrer l’Enigme du monde à travers  la grille de lecture de sa  bande verticale régulièrement espacée de 7,5 cm.

A droite, l’homme à l’élégant tombé-semi tirebouchonné de  foulard  Cacharel, et à l’hilarité moindre, c’est Jean Schalit, homme de presse, créateur de « Clarté » le journal des jeunes communistes dans les années 60, puis du journal gaucho-mao-spontex « Action » post soixante huitard, puis, beaucoup plus tard, du journal « La Truffe », après de nombreuses participations à plein de canards plus ou moins de gauche et extrème gauchiasse tout au fond du couloir, anti-bourgeois…Et puis maintenant gardien – chef du Jardin de Grand Launay à Lanrivain en Bretagne, où justement notre outilleur visuel doit intervenir in-situ, comme d’hab’, pour donner plus de visibilité au grand menhir qui se trouve au centre de ce jardin.

Et voilà ce qu’on lit dans le canard local, dans le plus pur dialecte  bas-breton : « Le charme du Centre-Bretagne a touché Buren au coeur... Et l'oeuvre que ce grand artiste va créer dans le jardin extraordinaire du Grand-Launay, à Lanrivain, devrait être particulièrement inspirée (…) L'auteur des fameuses colonnes du Palais royal, à Paris, a été sollicité par son ami Jean Schalit, maître du Grand-Launay, jardin classé remarquable, pour « poser la première pierre » du Festival  « Lieux mouvants », qui s'y déroulera début juin. »

Bon, d’accord, mais tout cela ne nous explique pas l’hilarité des deux compères…

1-première hypothèse : ils se bidonnent en pensant au grand menhir que Buren va recouvrir de bandes verticales noir et blanc, avec plein de petits menhirs  en plastoc disposés tout autour comme  les colonnes du Palis Royal.

2- Deuxième hypothèse, et la plus probable : Buren vient de raconter à son vieux pote au lourd passé révolutionnariste comme lui, ,  sa récente participation à la conception du nouveau design des sacs Vuitton et des foulards Hermés et du pactole qu’il a touché pour avoir permis qu’on sculpte ses fameuses bandes dans la roche des caves du Champagne Pommery….Et c’est bien, à mon avis cette énorme farce qu’ils ont joué au grand Kapital et à l’Etat culturel (et à la montagne de pognon que notre bidouilleur visuel a obtenu des  deux à la fois) qui les fait se marrer comme des malades…

 

 

 

 

Ma précédente chronique sur un site US

Ma chronique intitulée « C’est officiel : Marcel Duchamp n’est plus contemporain » a été publiée, traduite en anglais , sur le site US subversify.com : http://subversify.com/2013/04/18/its-official-marcel-duchamp-is-more-contemporary/

Y a donc pas que les textes d’Art Press qui aient le privilège d’être traduits dans la langue du business art….

 

 

 

Allez sur internet !

Vous pouvez retrouver ces chroniques en allant sur les sites : www.schtroumpf-emergent.com

, sur Mic Mag, le magazine des médias libres : www.micmag.net/es/voz-libre , sur www.actuartlyon.com

sur http://ragemag.fr/  et sur le site Défi Culturel :  http://www.sauvonslart.com/

 

 

Allez sur facebook !

http://www.facebook.com/profile.php?id=100003611733859

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Mes chroniques que vous pouvez trouver aussi sur le site : www.schtroumpf-emergent.com

, sur Mic Mag, le magazine des médias libres : www.micmag.net/es/voz-libre , sur www.actuartlyon.com

sur http://ragemag.fr/  et sur le site Défi Culturel :  http://www.sauvonslart.com/ et ( en anglais ) sur le site US, subversify.com

 http://subversify.com/2013/04/18/its-official-marcel-duchamp-is-more-contemporary/

et l’interview-profession de foi  que j’ai donné au  magazine en ligne languedocien idem.mag

http://www.idem-mag.com/nicole-esterolle/

 

je vous recommande aussi

http://blablartcontempourien.wordpress.com/

 

 

Cette chronique est envoyée régulièrement par ailleurs à 18 000 journalistes ,  diffuseurs d’art , artistes et décideurs institutionnels  en France…et à tous les parlementaires

Et je compte sur vous pur la diffuser sur vos réseaux

 

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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 10:00

La chronique n° 40 de Nicole Esterolle 

texte que vous pouvez trouver aussi sur le site : www.schtroumpf-emergent.com, sur Mic Mag, le magazine des médias libres : www.micmag.net/es/voz-libre , sur www.actuartlyon.com, sur http://ragemag.fr/  et sur le site Défi Culturel :  http://www.sauvonslart.com/

J’avoue avoir toujours éprouvé une certaine  tendresse pour Benjamin Vautier, alias Ben (des hauteurs de Saint Pancrace, près de Nice). Aussi suis-je un peu troublée par la dégelée que vient de lui infliger ma rivale en vitriolage, Amélie Pékin, dans l’actuel numéro du magazine Artension. Cet article ( dont je vous joins la copie) est un flingage magistral de « la fondation du doute », conçue par Ben et qui vient d’ouvrir au sein de l’Ecole des Beaux Arts de Blois

Je suis d’autant plus embarrassée par cette dégelée, que Ben me soutient volontiers en écrivant  qu’il m’aime bien comme vitrioleuse, et qu’il me considére comme  la troisième meilleure chroniqueuse  d’art française, après Madame Millet d’Art -Press et Mademoiselle Lequeux du Monde, mais bien avant Philippe Dagen du même Monde.

Et puis au-delà de ces compliments qui me font plaisir comme vous pouvez pas savoir, je suis persuadée que quelqu’un comme Ben, qui, à 78 ans, fait toujours autant de fautes d’orthographe, ne peut être vraiment mauvais et mérite qu’on ne soit pas trop méchant avec lui. Je pense aussi qu’il faut reconnaître et respecter son ébouriffante et inextinguible inventivité « processuelle et discursive », son époustouflante faconde  de bateleur de foire d’art, avec ses 24 mots à la seconde et autant d’idées par minute

Oui, il faut savoir reconnaître la « pertinence » - comme on dit dans le milieu -  de  ses signatures de tout et n’importe quoi, de ses certificats de coup de pied au cul qu’il a distribués aux inspecteurs de la création et aux critiques d’art de l’AICA  venus voir ses expositions ; de  ses tee-shirts « à bas la société de consommation » qu’il vend  dans les têtes de gondoles  culturelles des super-marchés Leclerc ; de  ses tee-shirts « regardez ailleurs » que l’on voit parfois sur le dos d’un enfant africain affamé et squelettique ; de son célèbre tableau –écriture « Je suis seul » que l’on voit dans les bureaux des directeurs de FRAC, CAC,  et autres conseillers, curators, etc. alors qu’ils sont des milliers de fonctionnaires  de l’AC à être aussi nuls et seuls… ensemble , etc.

Reconnaître aussi qu’il est le seul artiste au monde à être capable d’ incontinences verbales et conceptuelles aussi bien contrôlées. Une qualité innée qui  rend ce surdoué du boniment,  qu’on le veuille ou non, indispensable dans le paysage artistique français  et qui en fait la meilleure incarnation de l’ exception culturelle, de l’esprit et du génie  hexagonaux .… Je pense pour cela que c’est lui qui devrait représenter la France à l’international, et non pas son « contemporain » – si j’ose dire - Daniel Buren, qui est exactement le contraire :  une honte pour la patrie, un rayé vertical, un sous-doué des alpages, un vrai boulet  pas drôle du tout, complétement mauvais question inventivité plastique autant que  conceptuelle… et piètre coloriste par dessus le marché !...Quand Ben dessine des tee shirts «  tout est art » pour les enfants du Sahel, Buren lui, dessine des petits carrés (eh oui, les bandes, c’est fini !) pour les sacs Vuitton…C’est dire le fossé idéologique qu’il y a entre les deux.

Ben me reproche d’ailleurs de trop prendre Buren comme « tête de turc », et qu’à trop taper dessus, cela lui fait de la pub et aboutit à l’inverse de l’effet souhaité… ça, je n’en suis pas persuadée, mais ce dont je suis sure, c’est que Ben est jaloux de ce que j’inflige à Buren en tant que meilleur symbole de la vacuité artistique officielle, et qu’il aimerait bien que je lui tape autant dessus, parce qu’il a un ego tellement démesuré  et vorace qu’il est capable de se nourrir aussi bien  des vacheries  que des gentillesses   à son égard…et là réside aussi son immense talent de dialecticien-débatteur.

Le génie de Ben, justement, c’est d’avoir compris avant tout le monde, que la vacherie, la critique, la dérision, la mise en question, le doute, etc.,  peuvent  être autant d’arguments marketing pour l’œuvre, la personne, l’entreprise, le système qui en sont l’objet. Il a su, bien avant Maurizzio Cattelan ,  hisser l’art du foutage de gueule au rang d’art majeur,  subventionnable par l’Etat, collectionnable par les milliardaires biélorusses, sujet de doctes thèses  universitaires, de conversations savantes  pour Trissotins de province, de fulgurantes extases pour les culturolâtres et de délicieuse hébétude   pour les masses laborieuses.

Chien-fou –du- Roi qui se mord circulairement la queue pour faire rire l’aréopage des courtisans, bouffon qui crache sur les pompes des puissants pour mieux les faire briller, autofellationniste  qui se nourrit de son propre foutrage de gueule, etc. ,  reconnaissons à ce baratineur de l’extrême  ce courage de l’ implication totale et ultimement intime  de lui-même dans ce tête à queue  désespéré du « non-art comme art » et inversement (aidé en cela par Annie, sa femme,  qui lui donne ses médicaments, lui gère son site internet et sa news letter, lui corrige ses fautes d’orthographe et lui vide les testicules régulièrement).

Cette constante, radicale, et formidablement acrobatique mise en abime langagière de son ego d’éléphant, atteint, selon moi, la grandeur – et peut-être la beauté -   tragique , voire shakespearienne - ,  qui caractérise les œuvres dont le contenu consiste à débattre ou s’interroger à perte de vue  sur leur non-contenu avéré. L’interrogation  « Art or not art ? », that is donc the metaphysical question ,  qui est  à l’origine du très productif, expansif, performatif, bourratif,  beaujolpif,  lucratif  et fricatif scepticisme Bénien.

Y a comme un doute sur un vrai-faux Ben !!!

On dit qu’il y a beaucoup de faux Ben qui circulent sur le second marché. Pas étonnant quand on sait avec quelle facilité on peut écrire n’importe quoi sur une toile, signer Ben et mettre ça chez Cornette de Saint Cyr… Mais il y un faux qui va devenir un cas d’école (du doute bien sûr) : c’est un tableau signé Ben où il est écrit : « ceci est un faux Ben ». Le problème étant que Ben ne veut ni le reconnaître, ni l’authentifier en déclarant : «vous voyez bien que c’est un faux, puisque c’est moi-même qui l’ai écrit dessus ! »…Il paraît que le beau Cornette en a fait une crise d’eczéma

 

Avec zéro pour cent de croissance, va-t-on commencer à douter de l’art contemporain ?

Avec la non-croissance, voire la décroissance qui s’annonce, on va commencer à douter de pas mal de valeurs bidons qui sont le moteur de nombreux vains investissements, dont ceux concernant l’art dit contemporain. Alors on va reparler de l’économiste –philosophe John Ruskin qui a inspiré Gandhi.

C’est ce dont il est entre autres choses  question dans cet entretien que Laurent Danchin à accordé à la radio-télé en ligne des PME Widoobiz.

Une vidéo d’une heure dont voici le lien :

http://www.youtuee.com/watch?v=TonwphxSwak »

C’est superbe et captivant. Alors mettez-la de côté, et écoutez-la dès que vous aurez une heure à ne pas perdre et à regagner sur le temps qui passe… Laurent Danchin , dans une optique Rilkienne nous montre qu’on peut s’approprier le monde hors des codes ou des normes, que l’Art est viscéral recherche de l’émotion, de la perfection, de l’absolu, de la transmutation.
On parle de Chomo, de Diogène, des Stylites, de John Ruskin et de Gandhi, de Krischnamurti, de chrétiens de gauche et d’églises romanes, de transcendance, de spiritualité et d’Invisible qui nous guide, de libre pensée, d’abeilles, de sens, d’Art Populaire et d’Art Savant, de la joie d’être au monde, des champignons et des arbres, mais pas que.
Un bel exemple pour nous construire selon notre nature intérieure, notre nécessité, nos missions, pour sortir d’un monde purement économique et retrouver une fraicheur d’âme, pour voir le côté généreux de l’Homme et renouer avec les utopies sociales.

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27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 21:25

La chronique n° 41 de Nicole Esterolle

 

que vous pouvez trouver aussi sur le site : www.schtroumpf-emergent.com

 

 

Marcel Duchamp était beaucoup moins doué pour la peinture que ses deux frères Raymond et Jacques et que sa sœur Suzanne, mais beaucoup plus futé et malicieux qu’eux. Et c’est d’ailleurs à la jalousie éprouvée à l’égard de sa fratrie que l’on doit   la formule célèbre de Marcel : «  bête comme un peintre » , qui fut complétée par celle d’André Breton : «  Marcel Duchamp est l'homme le plus intelligent de la première moitié du 20 e siècle", sans que l’on ait pu savoir s’il s’agissait d’un compliment sincère ou de  la pire des perfidies de la part du maître du surréalisme.

 

Le jeune Marcel hésita donc un moment entre la peinture qu’il considérait comme de la bêtise en soi et le dessin humoristique qui correspondait mieux à son tempérament farceur, à son penchant naturel pour la gaudriole  et à son intelligence mutine… Certains , aujourd’hui, disent  qu’il n’a en fait rien  choisi du tout , et qu’il a su, très intelligemment en effet, concilier le tout en jouant à la peinture la plus gigantesque farce de l’histoire des hommes depuis Cromagnon.

 

 

Comment devenir «  l’artiste le plus important du 20 e siècle » tel que l’est écrit dans tous les bons manuels d’art? D’où vient  cette notoriété planétaire de prophète d’une nouvelle religion artistique?  Comment devenir le gourou de cette immense secte métastasique des adorateurs du porte-bouteille ou de la roue de vélo? Comment parvenir à  un effet Larsen d’une  telle « importance » à partir d’une si petite quantité  d’œuvres réalisées :  un urinoir, une roue de bicyclette, un porte-bouteilles, une boite en valise, un grand verre, une pelle, un porte-manteau,  un dépôt de poussière sous verre, un nu descendant l’escalier, une Joconde à moustache, une porte en bois avec un trou par lequel on peut apercevoir une femme nue écartant les cuisses , et quelques autres menus bricolages ? Comment quelqu’un qui n’a quasiment rien foutu de sa vie,(hors son activité de dandy un rien gigolo et pique-assiette parmi l’aristocratie new-yorkaise) ,  rien produit, rien écrit, rien dit (sinon quelques boutades aussi creuses qu’alambiquées, quelques sentences énigmatiques de Sphinx au cigare, d’autant plus indéchiffrables qu’elles n’ont rien à déchiffrer, et un rébus posthume, crypto-débilo-ésotérico-abracadabrantesque,  avec un titre  à coucher dehors : « Etant donnés : 1e la chute d’eau 2e le gaz d’éclairage », qui ne veut strictement rien dire, mais qui pour cela a fait couler des kilomètres cube  de savantes exégèses), rien théorisé, rien étudié, rien donné, rien analysé, rien construit, rien mis en forme, rien inventé, rien créé en définitive… peut être dit « le plus important des artistes du 20 e siècle» , avant  Picasso par exemple qui a produit , lui,  quarante mille œuvres ? Par quel diabolique mécanisme, avec qui, pourquoi, au profit de qui, s’est opéré ce stupéfiant retournement du sens des choses ?

 

C’est à toutes ces questions, que répondra, je l’espère,  le prochain numéro du Magazine Artension dans un grand dossier consacré à Duchamp. Dossier  où l’on m’a demandé d’intervenir avec un texte d’un feuillet destiné à mettre un peu de moutarde dans la choucroute.

 

 

 

 

 

2- Pour un trophée « Marcel » de l’art contemporain

 

Dans ce texte que j’ai fourni à Artension et intitulé : «  mon prix Marcel Duchamp », je propose à l’ADIAF (, (Association pour la Défense Internationale de l’Art Français), association de riches spéculo-collectionneurs français, de décerner son  Prix Marcel Duchamp 2013 au  jeune artiste émergent breton, Régis Perray, et de créer une cérémonie de remise du « Marcel » de l’art contemporain sous forme d’un urinoir en or massif,  comme il existe le « César » du cinéma sous forme d’une compression de je ne sais quoi … Régis Perray est en effet un artiste obsédé du nettoyage, un surdoué de la technicité de surface, un compulsif du Karcher , un addict profond au Cilly Bang, qui a obtenu les félicitations du Jury à son diplôme de fin de Beaux-Arts, pour avoir superbement décapé les marches de l’Ecole des Beaux –Arts de Nantes. On le voit, sur la vidéo (dont je vous joins une image), acquise par le FRAC Pays de Loire, en train de balayer la route qui même à la pyramide de Kephren ... Et il est possible de découvrir ses principales actions de nettoyage à travers le monde sur le site : www.regisperray.eu/

Et si je propose à l’ADIAF de remettre son prestigieux trophée à ce frénétique du coup de balai, c’est que j’estime qu’il  peut contribuer à ce que s’exprime enfin cette capacité inhérente ou congénitale à la pensée duchampienne  de s’ auto-balayer  ou de s’auto-anéantir à terme.

 

3-A propos d’une  pissoire profanée à l’urine !

 

A propos de cet auto-anéantissement programmé du contemporain de type duchampiste, je présume  qu’il sera question, dans ce même grand dossier récapitulatif d’Artension, de l’acquisition, faite par la MAMAC de Nice, de la pissoire  de Duchamp cassée par Pinoncelli après que celui-ci  ait uriné dedans .

Une acquisition muséifiante  qui me semble importante symboliquement, car elle apparaît  comme la sacralisation d’un acte désacralisateur, ou comme l’institutionnalisation d’une  désinstitutionalisation , c’est à dire comme le début de la fin du tout-duchampien,  sonné par  une population institutionnelle nourrie exclusivement à cela depuis trente ans , et qui commence à en avoir un peu marre de bouffer du Ready-made à tous les repas.

Significatif, à cet égard, la présence de Catherine Millet et d’Olivier Kaeppelin, à la cérémonie-débat  d’accrochage de la pissoire profanée au MAMAC de Nice. Quoi de plus savoureux en effet que d’entendre Madame  Millet, de sa petite voix de Sainte Nitouche ingénue - qui a pourtant énormément  bourlingué intellectuellement et sexuellement-, faire l’éloge du geste pinoncellien, quand on sait quelle féroce pro-duchampienne elle fut pendant 40 ans à la tête d’Artpress. Quoi de plus émouvant que la repentance d’Olivier Keappelin, ex-ministre des Arts Plastiques, quittant ses fonctions  en avouant que les duchampistes de son ministère « avaient eu tout faux » et qu’il fallait prendre  maintenant en compte  la diversité de la création actuelle.Quelle satisfaction enfin de voir ces deux là, apprendre que Pinoncelli avait cassé l’urinoir avec l’accord de leur idole Duchamp, comme si ce dernier avait programmé lui-même la fin de son règne… et du leur.

 

 

4-Mosset : encore plus radical que Duchamp !

 

André Rouillé est l’inénarrable tenancier du show-room parisart.com sur internet , avec un édito quinzomadaire toujours bien croquignol. C’est un critique new génération, qui critique plus vite que l’ombre de son cerveau, et qui dispose d’un pistolet taser électrique à mots et à concepts  pour tirer dans les coins et simultanément  en arrière et en avant…Un as de la gâchette processuelle et discursive.

Son récent édito est consacré à l’autre inénarrable Mosset, le monochromiste motocycliste qui expose 10 immenses monochromes (de différentes couleurs) au MRAC de Sérignan (Cet équipement avec toutes les exigences scientifiques et techniques rayonne sur toute la région Languedoc-Roussillon et bien au-delà).. On y lit ceci : «  les neutralités répétitives  de Mosset, disposent d'une évidence paradigmatique que n'avaient pas les ready-made de Marcel Duchamp dont la transformation des objets ordinaires en œuvres d'art était tributaire du langage et d'un dispositif institutionnel »

Et encore ceci que je vous demanderai de lire à haute voix en articulant bien: « Elle donne la mesure de la radicalité théorique et esthétique d'une peinture qui n'a jamais cessé de se déployer aux extrémités de la peinture. En un point où la théorie et la pratique fusionnent, où l'absolue platitude substitue aux représentations la densité de réflexions sur la peinture, l'acte de peindre, et les conditions réelles de production et de diffusion.La répétition a été la solution adoptée par Olivier Mosset pour placer sa peinture dans l'ordre de l'évidence et de la neutralité. C’est une critique de la peinture par la peinture, plus précisément par la pratique d'une autre peinture dans la peinture…
Car la répétition-neutralité d'un même tableau archétypal, qui abolissait les notions d'évolution, de progrès, d'habileté, d'individuation, et bien sûr celles d'unicité, d'originalité et de nouveauté, déjouait les principaux mécanismes constitutifs des valeurs symboliques, esthétiques et économiques traditionnellement attachées à la peinture. »

 

NB : La motocyclette de l’artiste, acheminée tout spécialement de Los Angeles,  sera présentée en annexe de cette exposition

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

5-Chauffe, Marcel !

Ou comment se foutre de la gueule du peuple…avec l’argent de ce  peuple-même

 

« Le Frac Languedoc-Roussillon a proposé durant l'été 2006 une importante manifestation intitulée « Chauffe, Marcel ! » ,  dans une vingtaine de sites de la région. À partir des œuvres de sa collection et de celles d'autres institutions publiques, mais en invitant aussi des artistes de toutes générations, le Frac LR entend faire partager à un large public la grande diversité des démarches qui forgent la vitalité de l'art contemporain. Pour construire ce parcours la figure tutélaire de Marcel Duchamp a été convoquée... La diversité de ses pratiques a inspiré une multitude d'artistes qui ont trouvé en lui, parfois dans leur opposition même, un moteur dans leur propre parcours et une incitation à la liberté et à l'indépendance. »… Liberté et indépendance, mon œil ! quand on sait que les artistes participant ont tous été choisi pour leur formatage à la norme duchampo-contemporaine par une volaille institutionnelle nourrie exclusivement à la purée conceptuelle  du grand Duch.

Mais le plus extraordinaire dans cette affaire de Chauffe Marcel, c’est que c’est moi, Nicole, qui vais être taxée de populisme et de démagogisme en flinguant les les pintades et les dindons culturels du CIPAC, alors que ceux-ci en font un maximum dans le popu et la vulgarité crasse, avec cette lourde  référence à l’accordéoniste en « marcel » des bals  de campagne, à qui l’on demande parfois de « chauffer » l’ambiance déjà « pue la sueur »… C’est pas drôle, c’est cynique, c’est méprisant pour le « peuple » et cela donne une idée de délabrement psycho-mental des adeptes fonctionnarisés de la secte des adorateurs de Marcel : une progéniture volaillère dont Duchamp aurait honte, oui, et qu’il faudrait maintenant libérer du poulailler administratif pour la laisser s’ébattre  librement dans les fraiches et larges prairies de l’art vivant.

 

 

 

 

 

7-C’est officiel : le galeriste de Noirmont  n’est plus contemporain !

 

On apprend, dans la chronique de Judith Benamou du journal économique Les  Echos, que la galerie très duchampo-contemporaine  Jérôme de Noirmont va fermer, et on peut y lire l’explication suivante de la part de Madame de Noirmont: " l’art devient ce marché où tu parles de milliards, où le bling bling règne en maître. Nous voulons revenir à des valeurs plus humaines. Nous voulons intervenir différemment par des actions ponctuelles, caritatives, en collaboration avec d’autres galeries ou des collectivités locales par exemple. Replacer l’art au sein d’un projet de société. "

Ainsi, Jérôme de Noirmont qui faisait pourtant bien partie des galeries bling bling à vocation internationale, jette l’éponge. Trop humain sans doute, ou pas assez  inhumain pour subsister dans ce monde des tueurs de la haute finance artistique…Ainsi se vérifie  ce que je disais plus haut : le duchampo-bling-bling pour milliardaires et hauts fonctionnaires de l’art international commence à se dévaloriser moralement, avant une dévalorisation financière, qui arrivera,  à terme, lorsque les super méga galeries exploseront et s’anéantiront d’elles-mêmes dans le néant intersidéral… sur fond de grand éclat de rire des mânes du divin  Marcel.

 

La vérité  de Noirmont par le galeriste Eric Mircher

Attention : ça balance !

Extrait d’un texte que vous pourrez lire intégralement sur le lien indiqué plus bas

« La plupart des journaux, sites et autres « lieux d’information » reprirent à l’unisson les propos oiseux de Jérôme de Noirmont au sujet de sa fermeture liée entres autres au « climat idéologique et malsain français », au « matraquage fiscal français » et tutti quanti. On connaît la musique(…) Evoquer un certain nombre de facteurs extérieurs à cette fermeture est indécent. Une indécence qui ne gêne pas Jerôme de Noirmont en ces périodes peu fastes. Les Noirmont sont sans le sous : cette famille aristocratique n’a plus les moyens de ses ambitions depuis longtemps. Je parle de cette famille en général pas celle qui s’installa pendant vingt ans avenue Matignon au milieu des œuvres dont elle assurait la promotion. Il faut dire que Jérôme de Noirmont a appliqué une vieille recette de la vieille aristocratie : s’associer. Ou plutôt s’unir. Ainsi, Madame Dunoyer de Noirmont est également née Fraikin : les camions. Son père créa cette entreprise après-guerre à partir d’un petit camion de livraison. Il en fit un empire. Parcours remarquable de cet homme de peu qui put se flatter de créer un leader européen qu’il cèdera – peu avant son décès en 2004- pour plus de deux milliards. On l’a compris »

 

http://www.mircher.com/blog/2013/03/incontinence-journaliste-le-cas-noirmont/

 

 

 

 

 

8-Marcel Duchamp, artiste ou anthropologue ? 

 

L’art contemporain ne tend-il pas vers son propre anéantissement ?

Un texte de Alain Boton

 

Publié sur le site MAUSS (Mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales)

Voici le lien : http://www.journaldumauss.net/spip.php?article833

(Le bouquin contenant l'argumentation serrée qui soutient la thèse d'un Duchamp mystifiant socratiquement ses amis du monde de l'art devrait sortir en septembre prochain.)

 Cet effort vers le néant n’est-il pas ce qui anime tout l’art contemporain ? Pour en juger, il est essentiel de s’interroger sur la signification de l’artiste sans doute le plus emblématique de la modernité : Marcel Duchamp. Son œuvre, suggère Alain Boton (qui signait auparavant « l’artiste anonyme »), doit être lue comme un rébus. Un rébus qui nous dit que, derrière son « art », il n’y a qu’une expérience sociologique. C’est « le regardeur qui fait le tableau », écrivait Duchamp. D’où la traduction du rébus : « Si la loi sociologique qui veut qu’un objet créé par un artiste devienne un chef-d’œuvre de l’art s’il a d’abord été refusé par une majorité scandalisée de sorte qu’un minorité agissante puisse se caresser l’amour-propre dans le sens du poil en le réhabilitant est bien une loi « scientifique », alors mon urinoir, qui n’a pourtant aucun des attributs qui, en 1913, sont censés caractériser une œuvre d’art, deviendra un chef-d’œuvre de l’art s’il débute sa carrière par un refus radical et connu de tous ».
Où l’auteur, en suggérant que Duchamp a mystifié le monde de l’art, affirme qu’il en révèle la vérité : la vanité et la vacuité. A discuter.

 

 

 

 

 

9-Les cent œuvres d’art les plus bêtes du monde

Vous connaissez,peut-être ce livre : « Les cent œuvres les plus chéres du monde », écrit par la critique spécialiste du marché de l’art, la pulpeuse Judith Benamou-Huet, grande copine de Daniel Buren, groupie des collectionneurs et artistes milliardaires , et auteur également du très récent et important ouvrage de réflexion qui fera date dans l’histoire de l’art: « Les artistes ont toujours aimé l’argent »….Ben voyons, ma brave dame !

J’entreprends d’écrire un livre qui fera date je l’espère aussi et s’intitulera : «  Les cent œuvres les plus con du monde »…(qui sont aussi, souvent, les plus chères). J’en ai choisi déjà, parmi la production contemporaine,  quelques dizaines d’une crétinerie assez fracassante.

Si vous en connaissez, dans la catégorie art officiel contemporain et d’une réjouissante  stupidité , signalez- les moi, en m’indiquant par exemple le lien sur internet qui me permettra d’avoir les infos les concernant. ( SVP, ne m’envoyez pas   les œuvres trop odieuses, morbides, répugnantes, comme il y en a de tas, et qui n’ont malheureusement rien d’amusant )

 

 

10 – le « HAPPY ART » comme alternative à la sinistrose duchampiste

 

Happy Art est un groupe d’une cinquantaine d’artistes plutôt « singuliers » autour du fondateur Guy Sénécal. L’art « singulier », par son caractère spontané, enjoué, coloré, tripal, non savant, heureux, populaire, est particulièrement détesté par gens  de l’institutionnalité culturelle qui trouve cela très répugnant et vulgaire. Et c’est pour cela que le groupe Happy Art est interdit d’expo dans les centres d’art, comme s’ils étaient des pestiférés contagieux et alors qu’ils paient des impôts leur donnant accès aux édifices publics.

C’est pour lutter contre cet ostracisme,  qu’ils entendent devenir un mouvement structuré , car il existe bien en France 500 artistes pouvant se réclamer de cet art volontiers joyeux et positif, qui a constitué depuis quelques années un antidote à la négativité du duchampisme ambiant et officiel , cette esthétique tordue de la prise de tête très anxiogène,  « questionneuse de société » et remplisseuse des poches des richissimes collectionneurs amateurs de calamités artistiques les plus si,ostres et épouvantables possible pour être rentables financièrement.

http://www.happy-art.fr/DOSSIER_DE_PRESSE.html

 

happyart@me.com

 

 

11 – Place aux djeunes !

On signale un prochain débarquement de papys anciens combattants de Fluxus, pour le 6 avril, à l’école des Beaux-Arts de Blois, la ville de Djack Lang… Des vieux de la vieille internationale situationniste, des vieux tamalous de la provoc institutionnalisée, regroupés autour de pépé Benjamin  Vautier, alias Jaimal Hamonégo… Y a du doute dans l’air … Faites péter le viagra !

 

 

12 – Comment reconnaître un crétin duchampiste

Quand vous montrez la lune à un crétin, il regarde votre doigt… Quand vous montrez Anselm Kiefer à un fonctionnaire duchampien, il voit Bernard Venet… Quand vous lui montrez la Joconde, il voit Orlan… Quand vous lui montrez Soulages, il voit Buren…Quand vous lui montrez une sculpture de  Giacometti, il voit un porte-bouteilles…Etc.

 

 

 

 

*Allez sur internet !

Vous pouvez retrouver ces chroniques en allant sur les sites : www.schtroumpf-emergent.com

, sur Mic Mag, le magazine des médias libres : www.micmag.net/es/voz-libre , sur www.actuartlyon.com

sur http://ragemag.fr/  et sur le site Défi Culturel :  http://www.sauvonslart.com/

 

 

 

 

*Allez sur facebook !

http://www.facebook.com/profile.php?id=100003611733859

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Cette chronique est envoyée régulièrement par ailleurs à 15 000 journalistes ,  diffuseurs d’art , artistes et décideurs institutionnels  en France.

 

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25 avril 2013 4 25 /04 /avril /2013 10:34

 

La chronique n° 39 de Nicole Esterolle 

texte que vous pouvez trouver aussi sur le site : www.schtroumpf-emergent.com, sur Mic Mag, le magazine des médias libres : www.micmag.net/es/voz-libre , sur www.actuartlyon.com et sur le site Défi Culturel :  http://www.sauvonslart.com/

 

A l’occasion des « Entretiens sur les arts plastiques », organisés par Frédéric Mitterrand debut 2011, et au cours de l’une des tables rondes sur « l’international », animée par Nicolas Bourriaud, on a pu voir Olivier Kaeppelin notre dernier DAP (délégué aux Arts Plastiques, ministre de l’art contemporain en quelque sorte), se lever brusquement en fond de salle et déclarer « L’ État a eu tout faux et devrait tout changer pour favoriser la diversité sans prendre position pour l’évaluation des artistes ». 

Silence glacial de l’auditoire, bien évidemment, complètement  liquéfié (1) par cette déclaration d’un vieux commis de l’Etat au service de l’art Contemporain officiel depuis une bonne trentaine d’années (2) et qui se met à balancer ce qu’il a sur le coeur…Imaginez en effet , qu’au cours d’une réunion du Politburo sous Staline ou Brejnev, tel vieil apparatchik se lève pour lâcher tout de go  que le soviétisme «  a tout faux », qu’il a détruit l’économie, déshumanisé la société , etc… Eh bien la déclaration de Kaeppelin, c’était un peu le même pavé dans le même vieille soupe : nous avons , avec l’argent public, déshumanisé  la création artistique, saccagé  les systèmes de reconnaissance, ravagé les critères d’évaluation esthétiques, méprisé 95% des artistes et des galeries prospectives,  etc. D’où la grosse tétanie dans l’auditoire de professionnels confédérés de l’AC, qui n’en pensaient pas moins pour la plupart, mais qui n’avaient  jamais osé le dire, terrifiés à l’idée de se faire, non pas envoyer au goulag, mais virer de l’organigramme ministériel.

 

Ambiance de terreur donc à tous les étages de la forteresse « art contemporain », et je vous joins un texte  de la journaliste Ariane Warlin 1 sur ce qui se passe au Musée du Louvre en proie à l’art contemporain et récemment investi par Jan Fabre et son gros ver de terre, et actuellement par Wim Delvoye avec un énorme suppositoire en dentelle sous la pyramide d’entrée. Angoisse sourde et non localisable, pire qu’au politburo, parce que, dans ce lieu où tout le monde est subalterne, on ne sait plus qui terrifie qui et d’où vient la menace. ( voir la suffisance, la crétinerie et le cynisme terrifiants en effet   de ce Wim Delvoye – fameux  inventeur de la machine à merde et de quantité d’inepties porcines ou dentellières - sur : http://www.dailymotion.com/video/xrbb97_wim-delvoye-l-art-et-la-lutte-des-classes_creation#.UQjZSOgsp7w

Il faut dire que ce dirigisme d’Etat, quand il concerne la  création artistique, c’est la transgression créative- voire « performative » - obligatoire, c’est la non transgression qui devient transgressive, c’est le   fameux « désobéissez-moi », psychologiquement ravageur, qui est à l’œuvre pour la fabrication d’un fonctionnariat  aussi docile que schizophrène, c’est la double injonction comme arme du pouvoir particulièrement terrifiante parce qu’insoluble, et c’est ce qui explique pourquoi, dans le personnel institutionnel voué à l’AC, on trouve au mieux des cyniques ou des pervers, au pire de grands schizoïdes à tendance paranoïaque, ou de parfaits hébétés complétement lobotomisés.

Alors, comment cette forteresse de la boursoufflure délirante tient-elle encore debout, et pourquoi ne s’écroule-t-elle pas sur sa propre terrifiante inanité ? Eh bien tout simplement parce que ce dirigisme d’Etat est lui même dirigé, soutenu, conforté, par le business art international, qui est lui-même  indexé à la grande finance toujours prospère autant que sans foi ni loi ni régulation possible…Un financial art   qui fournit donc à l’ État le soutien financier et le  modèle  esthétique qui va avec. Et c’est ainsi qu’en toutes logique et impunité, Mr Aillagon utilise le Château de Versailles et Mr  Loirette le Musée du Louvre pour la valorisation des produits artistico-financiers de Mr Pinault. 

C’est cette collusion structurelle entre pouvoirs publics et grands intérêts privés, entre l’art officiel et la finance internationale, entre spéculation intellectuelle et spéculation financière, qui garantit l’impunité de cet  art contemporain d’état, où le conflit d’intérêt est inhérent ou consubtanciel, et qui compense son défaut de contenu ou d’intériorté, en développant  à l’extérieur de lui, une sorte d’enrobage d’épaisse crème fouettée relationnelle et communicationnelle, faite d’un mélange inextricable des genres, d’ abus de biens sociaux, patrimoniaux,  de conflits ou prises illégales   d’intérêts, de toutes sortes, etc.

La seule façon d’extraire l’art de cette situation de non-sens et  de non-droit, est donc le recours juridique pour le traitement de ce grand mélange des genres et de cette culture du conflits d’intérêts dans l’institution..L’arsenal juridique existe : il suffirait de l’appliquer, tel que nous l’explique l’avocat Roland Lienardt dans le texte 2

Vous pouvez aussi lire, du même auteur,  le « Petit Bréviaire de la corruption au ministère de la culture et de la communication
et dans ses dépendances 
» sur le lien  http://www.nodula.com/Pantouflage_du_mois.html

1-chacun arborant une mine aussi déconfite que celle du type qui vient d’apprendre que sa meuf s’est tirée avec Michel Onfray

2 - et tout heureux aujourd’hui de se sauver  de la sombre pétaudière qu’il a administrée si longtemps , pour aller couler des jours plus heureux au soleil méditerranéen de la Fondation Maeght.

 

Le colloque du 23 janvier 2013 au Sénat 

Ce colloque organisé par l’association Le Défi Culturel, avec le parrainage de Yann Gaillard, Sénateur de l'Aube, de Marie-Christine Blandin, Sénatrice du Nord, et de Marc Fumaroli, Membre de L'Académie Française , et animé par Christine Sourgins, a vu les interventions de Aude de Kerros, Laurent Danchin, François de Verdière, Noël Coret, Marie Sallantin, Ariane Warlin, Jean-Philippe Domecq, Pierre Souchaud, Pierre Lamalattie, Jérome Serri, Margaux Berry, Raphael Jodeau et Roland Lienardt.

Les videos de toutes ces interventions, y compris celles qui sont reproduites tout ou partie ci-dessous, sont visibles sur le lien : http://www.sauvonslart.com/modules/news/article.php?storyid=68589 

 

Faites circuler les textes du colloque !

Il ne faut pas compter sur la gauche germanopratine mollassement correcte de type Libération, Le Monde, Le Nouvel Obs, Inrock, etc, (collabobos objectifs du système financier dominant) pour rendre compte de ce qui s’est dit dans ce colloque. Alors c’est sur vous, chers lecteurs, que nous comptons pour déjouer cette espère d’omerta, pour faire circuler l’information indispensable,  pour arrêter ce délire étatisé de l’Art Contemporain.

Imprimez ces textes , archivez-les, transmettez-les aux amis, aux responsables culturels, aux politiques, aux journalistes  que vous connaissez, à votre élu le plus proche, etc… et l’histoire de l’art vous sera reconnaissante d’avoir contribué à casser le pouvoir de l’argent et de l’administration conjugués, pour une libre respiration de la création d’aujourd’hui.

 

1 -  Le Musée du Louvre en proie à l’art contemporain 

Une intervention de la journaliste Ariane Warlin au colloque « 30 ans d’art dirigé en France », organisé par Le Défi Culturel , au Sénat, le 23 janvier 2013 

J’ai publié, en février dernier, aux éditions Michalon, un livre consacré au musée du Louvre, intitulé « la face cachée du Louvre ». Quand j’ai commencé mon enquête au  musée, comme tout journaliste qui se respecte, j’ai dans un premier temps pris contact avec le service de presse du musée du Louvre. Mon objectif était de rencontrer Henri Loyrette, l’actuel directeur du musée. 

L’attachée de presse du musée, m’a opposé une fin de non recevoir. Me disant qu’il n’était pas question d’interviewer son directeur dans la mesure où le Louvre avait déjà ses propres éditions. Son message était clair : seul le Louvre pouvait parler du Louvre ! Je lui ai répondu que c’était comme si elle me disait que seul l’Elysée était habilité à parler du président de la République. J’ai insisté, mais rien n’y a fait. J’ai même envoyé un courrier avec A/R au président du Louvre, lequel est resté sans réponse. 

J’ai bien tenté de le contacter directement dans le musée après certaines de ses interventions. Mais là encore, il est resté très fermé, et a tourné les talons! Dans ma vie de journaliste, j’ai eu l’occasion d’enquêter sur un certain nombre de secteurs. Mais très clairement, c’est l’univers de la culture qui m’a paru le plus fermé. J’ai accédé beaucoup plus facilement à des dirigeants d’Areva qu’à nos élites qui dirigent les établissements publics. Comme quoi le nucléaire est plus aisément pénétrable que le petit monde de la culture !

J’ai bien entendu chercher à me rapprocher de personnes susceptibles de me parler de ce qui se passait dans les coulisses du musée. Je me suis rendue compte que la plupart étaient tétanisés à l’idée de prendre la parole, car ils avaient peur des représailles. Y compris des gens qui ne travaillaient plus au sein de l’établissement. Il a fallu les convaincre que je ne divulguerais pas leurs identités. J’ai pu constaté que régnait un réel climat de peur.

A défaut d’avoir pu obtenir une interview d’Henri Loyrette, j’ai cherché à me rapprocher des dirigeants d’autres établissements publics. Mais le contact a été tout aussi difficile à établir. A l’occasion de mon enquête, j’ai découvert à quel point la présence de l’art contemporain, des installations, des performances, était importante pour Henri Loyrette : en raison certainement des montages financiers et de la prétendue attirance des foules pour le très contemporain.

En interne, l’ambiance est tendue. Et même à l’extérieur, la dissidence est mal venue. Je citerais ici l’exemple de Michel Laclotte ou encore celui de Françoise Cachin, qui ont osé critiqué le Louvre Abu Dhabi, les vrais experts, ceux qui sont soucieux des collections, ont des décennies d’expérience sont écartés et maltraité ostracisés. Comme si les gens cultivés était une gêne.

Michel Laclotte a, du jour au lendemain, littéralement été rayé du conseil d’acquisitions des musées nationaux. Comme  Françoise Cachin  puis on lui enleva – en contradiction avec les statuts de cette association – la présidence de FRAME, l’association de musées franco-américains qu’elle avait fondée. 

Quant à Didier Rykner, qui avait aussi critiqué l’action du musée sur son site : « La tribune de l’art », il a été blacklisté et n’était plus jamais invité à aucun événement presse organisé par le Louvre, comme c’était le cas auparavant. Or Ryckner est un des rares contre pouvoir au système culturel or dans un pays démocratique où c'est l'argent du contribuable qui est en jeu, l'éliminer est absolument anormal Car le Louvre n'est pas une entreprise privée qui elle peut revendiquer de verrouiller sa communication.

Suite à la publication de mon livre, j’ai rédigé pour Défi Culturel un rapport sur l’art contemporain, qui m’a permis de constater, une fois de plus, à quel point le ministère de la culture guide les choix des galeristes , des maisons de vente aux enchères et la politique au sein des écoles d’art. La création est donc totalement dirigée et l’Etat est prescripteur. Les contribuables qui le plus souvent désapprouvent les choix opérés ne sont pas informé sur les critères de choix , subissent, n’ont pas leur mot à dire  L’art contemporain bénéficie ainsi d’un soutien financier impressionnant, sans compter que toutes les aides ne sont pas comptabilisées puisqu’elles sont souvent indirectes. Comme je l’explique ds ce rapport, très souvent aussi, l’argent qui est dévolu au patrimoine se retrouve par tout un jeu de vases communiquants dans l’escarcelle de l’AC. 

Les politiques font confiance aux experts et ne réalisent pas à quels points ces experts s’autoproclament dans un cercle fermé qui tourne en roue libre. Cependant un sénateur m’a quand même affirmé : "le pouvoir culturel est plus puissant que le pouvoir politique" 

 

2 - De l’approche juridique du délire Art Contemporain

Extrait d’une intervention de l’avocat Roland Lienhardt au colloque « 30 ans d’art dirigé en France », organisé par Le Défi Culturel , au Sénat, le 23 janvier 2013

La convention du 20 mars 2007 sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles

L’article 2 de la convention européenne sur la diversité culturelle pose comme premier principe directeur de cette diversité culturelle le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales

Cette convention rappelle donc qu’il ne peut y avoir de diversité culturelle sans démocratie et sans Etat respectueux de l’état de droit. L’exception culturelle ne peut pas être légitime si elle est basée sur la négation de la régle de droit et sur son contournement institutionnel. Elle sera un jour contrainte de respecter et d’appliquer ces principes. Il ne saurait y avoir de religion du bon gout ou de raison suprême imposant des choix artistiques. Une telle analyse reléve d’une conception religieuse de l’art, qui n’est pas acceptable dans une démocratie. C’est sur un tel fondement que les talibans détruisent les œuvres préislamiques.

Or, un rapport  commun de l’inspection général des finances et  de l’inspection générale de l’administration des affaires culturelles, publié en janvier 2007 établissait que 35,5 % des mécanismes de subvention du ministére de la culture n’avaient aucune base légale

Ce rapport conclut en indiquant que le ministére de la culture, en préférant exclusivement la subvention à l’appel d’offre, ´"fait un choix économiquement contestable et juridiquement risqué »

L’article 13 de la charte des droits fondamentaux de l’Union Européenne énonce ´"l’art et la liberté académique sont libres ». Le parlement européen qui donne le mode d’emploi de cette charte énonce que l’art ne peut être d’avantage encadré que la liberté d’expression et la presse. Cela signifie qu’il ne saurait exister légalement de contrôle a priori sur l’art. Et cette charte a valeur de droit positif en France depuis le 2 décembre 2009.

 

3 – L’art contemporain face à la loi, un texte imparable de Christine Sourgins dont vous pouvez charger le PDF sur le lien suivant :

http://www.deficulturel.net/modules/TDMDownloads/singlefile.php?lid=8

 

4 - Art contemporain d’Etat : Bilan trentenaire 1983 – 2013 

Par Aude de Kerros 

En 1983, en quelques mois, le Ministère de la Culture a connu une grande métamorphose. Une bureaucratie a été crée ex nihilo dans le but de diriger tous les aspects de la création, de l’enseignement de l’art à sa consécration. En 2013 les DRAC, FRAC, CNAC vont donc célébrer leur trentième anniversaire.

C’est l’occasion de faire un bilan…études et rapports se succèdent, on se congratule, une place est faite comme il se doit à l’autocritique, afin de progresser encore. En France, le bien fondé de ces institutions que « le monde entier nous envie » ne se discute pas sur la place publique. 

Ce colloque a pour but de montrer comment ces Institutions ont détérioré le tissus vivant de la création par excès de zèle et de bons sentiments. 

Il s’inscrit à la suite de deux autres colloques qui ont eu lieu, le premier en 2003, ici même au Sénat ;  « Art Sénat », organisé par Marie Sallantin qui a réuni Philippe Dagen, Nathalie Heinich, Alain Quémin, Jean Philippe Domecq, etc. 

Le deuxième en 2007, à la Halle Saint Pierre : « Mettre les pendules à l’Art » avec la participation de Pierre Souchaud, de Laurent Danchin, Jean Philippe Domecq, Christine Sourgins, François Derivery, etc

Ces colloques sont l’expression  d’un  long travail de critique et d’analyse de la politique culturelle, soutenus par de nombreux écrits dont Laurent Danchin a fait une surprenante bibliographie.

Nous faisons ici particulièrement référence au livre de Marc Fumaroli, « l’Etat Culturel » qui, dix ans après la création de ces institutions, a fait les tous premiers constats. 

 

Chronologie des faits

Tout au long de la troisième et de la quatrième République l’Etat français est intervenu, par principe, le moins possible dans la vie artistique et culturelle. Il s’est limité à ses fonctions strictement régaliennes. Faisant par ailleurs confiance à l’expertise du milieu de l’art lui-même. Cette période a été une des plus brillantes de la vie artistique. Paris est devenu le lieu de rencontre du monde entier dans le domaine des arts. Artistes et amateurs y recherchaient son exceptionnel milieu de l’art, aussi divers et imprévisible que fécond. 

En 1958,  la Vème République crée un ministère dans le but de mettre la culture à portée de tous. 

En 1981,  le Ministère de la Culture change de politique et ambitionne de devenir un Ministère de la création. La « Direction des Arts Plastiques » prend  une importance majeure et se voit dotée de nouvelles institutions en 1983. Elle devient un ministère au cœur du ministère.  Le « Délégué des Arts plastiques » fait concurrence au Ministre car il dispose, cas unique dans l’administration, de son propre corps de fonctionnaires, les « conseillers » et « inspecteurs  de la création ».  Ces derniers ont le titre d’ « experts » et ont pour mission de diriger l’art. Autodidactes pour la plus part, ils sont recrutés dans l’urgence.  Dix ans plus tard, en 1993, Jack Lang institutionnalisera ces vacataires et créera  un corps administratif inamovible, recruté sur concours et à l’abri d’un statut très particulier, une exception administrative. Il est vrai que leur mission est hors normes: Juger ce qui est de l’art ou non, décréter ce qui est bon ou mauvais. Ils sont au dessus des lois qui régissent la fonction publique sur la question des marchés notamment. Dans leurs fonctions d’achat et de commande publique, il est admis qu’ils n’ont pas de justifications ni de critères à donner. Ainsi, ils ont largement échappé pendant trois décennies aux organismes de contrôle propres à l’administration : Cour des comptes, Conseil d’État, Inspection des finances.

La chose ne se fera pas néanmoins sans étonner quelques spécialistes de   l’administration. Le sociologue Vincent Dubois en 1999, fait paraître un rapport « La politique culturelle, genèse d’une catégorie d’intervention publique ».

 Il souligne l’étrangeté et le caractère « flou » et utopique de cette nouvelle activité de l’Etat dont le principe est schizophrénique: « L’affirmation d’un caractère anti-institutionnel des institutions de la politique culturelle » Il avait noté avec surprise que le Ministère de la Culture se voulait en quelque sorte un ministère subventionnant la transgression de toute chose.

 

La Polémique

Au moment de son apparition, cette politique provoqua une vive polémique.

Lors d’un colloque consacré à l’étude des premières archives historiques ouvertes sur le début de la présidence de François Mitterrand de 1981 et 1985, Laurence Bertrand Dorléac, professeur à sciences Po et spécialiste de ces sujets, a fait l’étude de cette résistance.

En examinant la presse elle constate que la critique vient principalement de la droite libérale qui estime que la direction de l’art n’est pas un Service qui doit être confié à l’Etat. Elle craint l’instauration d’un art officiel et ses  inconvénients pour la création. La critique  vient aussi des communistes,  ils savent qu’ils en feront les frais.

Très rapidement la polémique a disparu des médias, qui adhérèrent massivement à cette politique messianique qui veut « sauver l’avant-garde ». Les opposants sont devenus des « réactionnaires » à combattre par des lynchages médiatiques en meute. L’accusation vraie ou fausse d’appartenir  à l’ « extrême droite » est depuis trente ans le seul argument opposé aux contestataires.

En 1992, la chape de plomb est telle que lorsque Jean Philippe Domecq a fait paraître son fameux article dans Esprit,  la nouvelle se répandit comme l’éclair. 

Le livre de Marc Fumaroli paru, à peu près au même moment,  s’est vendu à des milliers d’exemplaires. Marc Fumaroli parlera de « posture » vichyste: qui consiste à instrumentaliser art et culture pour éduquer le peuple. Il pense que c’est cet esprit qui préside à l’action de Malraux en 58 et de Jacques Lang en 81.  Diriger l’art avec « des bons sentiments » est pour lui un abus d’autorité qui assure avant tout la médiocrité.

 

L’engrenage fatal : cooptation et satellisation  

Dotés de budgets, de lieux et d’un corps de fonctionnaires, les institutions ont exercé leur pouvoir par cooptation.

Au début l’inventeur du système, Claude Mollard, avait prévu dans les institutions la représentation des artistes. Dominique Bozo les a supprimés :  « l’art était chose trop sérieuse pour être décidé par des artistes ».

La cooptation concerne les artistes et les acteurs naturels de la vie artistique. Ainsi, les institutions préfèrent collaborer étroitement avec la FIAC, les réseaux newyorkais, les foires internationales. En même temps elles affament les Salons et condamnent, par une concurrence déloyale, les galeries indépendantes. Ainsi a été déréglé gravement le marché de l’art en France.

Les galeries sélectionnées pour participer, avec l’aide de l’Etat aux foires internationales ou à la FIAC, ne choisissent pas pour autant  librement leurs artistes, un quota très important d’artistes, ne vivant ni ne travaillant à Paris, en majorité allemands et américains, sont imposés.

A vrai dire les choix artistiques de l’administration française se sont fait pendant 30 ans en réseau avec des galeries et des collectionneurs new yorkais, aux choix exclusivement conceptuels. C’est à New York qu’a été dépensé 60% du budget annuel consacré à l’achat d’art en France,  dans des galeries New Yorkaises, d’artistes y vivant et y travaillant. Cela à détruit la place de Paris. 

Dans ce jeu la peinture a été condamnée. Elle a été exclue des commandes publiques et des achats. Les dernières galeries de peinture ont été exclues de la FIAC en 1993.

 

  L’Etat est devenu le cœur de l’unique réseau de consécration. Comme le soleil, il satellise artistes, galeries, grands médias et collectionneurs. Ceux-ci sont réunis en une association, l’ADIAF, crée en 1994. Son but est de « travailler en partenariat avec l’Etat afin de « faire rayonner la création française dans l’international ». Les associations amies, partenaires subventionnés, sont aussi réunies en une association, le « CIPAC », Elle fonctionne au plus près de l’Etat et, comme une corporation, elle veille jalousement sur la manne distribuée. Enfin en ce qui concerne le mécénat, les entreprises sont invitées à travailler en partenariat avec le ministère. Progressivement en France l’argent privé dans le domaine des arts tombe dans les poches de L’Etat sans assurer une diversité artistique, comme c’est le cas partout ailleurs.

D’une part la bureaucratie coopte, en France, les artistes émergents avant la sanction du marché. D’autre part elle consacre, par des achats pour les collections muséales françaises, les artistes dont les réseaux newyorkais font la cote. Cela sans exiger aucune réciprocité pour les artistes français.  Ses artistes français, qu’ils soient officiels ou non, ne sont  pas reconnus dans l’International. Le Kunst Kompass, Artprice affichent peu de français dans leur classements. Deux noms d’artistes officiels apparaissent dans les rangs reculés : Buren et Boltanski. C’est peu et ils sont très vieux. 

Alain Quémin en 2003 a fait une étude sur le mystère qui entoure cet échec. Les résultats ont fait scandale. 

 

Du berceau à la tombe

Les inspecteurs décident du contenu de l’enseignement des Ecoles d’art prestigieuses de l’Etat. Ils ont interrompu la transmission des savoirs dans le domaine du dessin, de la sculpture, de la gravure afin de solidement établir en France leurs choix exclusivement conceptuels,

Cette bureaucratie a aussi contribué à détruire « le milieu de l’art » à la française : communauté de destin, société non conformiste et libre, réunissant autour des artistes, les intellectuels, amateurs et marchands. C’est la conception américaine qui a pris le dessus, définie par Arthur Danto, affinée par George Dickie : le milieu de l’art est devenu l’ensemble des « galeries-collectionneurs-institutions-médias », fonctionnant en réseau pour fabriquer de la valeur financière.

L’exception française est que les inspecteurs font office en France de « milieu de l’art ». Ils sont à la fois : théoriciens, commissaires d’expositions, membres des commissions d’achat et de la commande publique.

Les artistes campent désormais devant les lieux du pouvoir et tendent la main. Ils sont concurrents et isolés. La décomposition du milieu de l’art « à la française », est une des causes majeures du déclin de Paris.

 

Le déclin français

Entre 1981 et 1990, deux systèmes ont cohabité en raison d’un marché de l’art international très actif et varié. Il existait alors un secteur public conceptuel et subventionné et un secteur privé, très divers.

Après l’effondrement du marché de l’art en 1990, les galeries ont été très affaiblies et le pouvoir des inspecteurs est devenu casi absolu. Jusqu’à maintenant leurs critères demeurent mystérieux. L’Etat, jusqu’à il y a peu, était le principal collectionneur en France et ne collectionnait que du conceptuel. Les artistes français avaient une conscience vague de ce qui se passait dans l’International et ne distinguaient pas le jeu entre Paris et New York.  « L’expertise scientifique » des inspecteurs ne faisait aucun doute pour les médias.

Depuis 2008 cet ordre connaît de grandes modifications. On assiste à un basculement du pouvoir… Pour raisons de crise la nouvelle stratégie du marché financier de l’art et d’être le plus mondialisé possible. Paris est choisi par les grands réseaux comme le « lieu de mise en vue » des produits dont on fabrique la cote. En quelques mois les galeries newyorkaises se sont installées dans la capitale. Gagosian a couronné ce mouvement. Les lois et règlements qui régissaient le marché en France ont été modifiés pour être compatibles avec les pratiques du marché anglosaxon. L’Etat joue aussi le jeu en prêtant ses lieux de prestige. Le Louvre, Versailles, le Grand Palais,  servent de « show room ». Leurs statuts sont adaptés à ces nouvelles fonctions.

Les budgets ministériels, pour la première fois en baisse cette année, sont   de plus en plus absorbés par le fonctionnement des institutions.  Il y a moins d’argent pour la création.  Le pouvoir, le prestige des inspecteurs s’en trouve réduit. Ceux-ci sont de moins en moins les vrais prescripteurs. Ce pouvoir est aujourd’hui entre les mains des marques, des grands collectionneurs, qui investissent auprès des administrations afin de créer des évènements, de la visibilité, de la légitimité pour fabriquer les cotes

Avant 2008 les conflits d’intérêt entre le privé et le public existaient fortement mais n’étaient pas perçus par le plus grand nombre. La crise a fait comprendre comment fonctionnait le nouveau « milieu de l’art ». Le commun des mortels sait ou et comment se fabrique la valeur. Il a perçu que les critères sont la visibilité, la communication et le scandale, via le détournement du patrimoine. Il sait que l’art contemporain  se porte mieux que jamais à l’abri de ses réseaux rationalisés et fermés. 

Les analyses de Marc Fumaroli, de Jean Philippe Domecq datent d’il y a 20 ans, celles de Marie Sallantin d’il y a dix ans. Elles restent d’actualité.

 

Allez sur ragemag

Pour y lire un texte que je viens d’écrire sur l’exposition « Mirages d’Orient » à la Fondation Yvon Lambert en Avignon.

http://ragemag.fr/les-marchands-dart-sont-surtout-des-marchands/

Allez sur face à l’art

Pour y lire la révolte des étudiants de l’école d’art d’Avignon, qui ont réussi a virer leur directeur, harceleur moral, intellectuel et sexuel : www.face-art-paris.org/

 

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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 18:41
La chronique n° 38 de Nicole Esterolle
texte que vous pouvez trouver aussi sur le site : www.schtroumpf-emergent.com , sur Mic Mag, le magazine des médias libres : www.micmag.net/es/voz-libre, sur www.actuartlyon.com et sur le site Défi Culturel : http://www.sauvonslart.com/
 
paris-est-montreuil-expo-440x465.jpg1- le rôle déterminant de Robert Harroch, pour l’existence de ce salon d’artistes, qui vient d’avoir lieu à Montreuil du 12 au 16 décembre 2012. Ce riche homme d’affaire franco-israélien. propriétaire du Palais des Congrès de Paris-Est Montreuil, a mis gratuitement ce superbe lieu de 15000 m2 à la disposition des artistes…
Ceci est important à noter , parce que nous avons là la preuve que les riches amateurs d’art n’ont pas tous la morgue et le cynisme d’un François Pinault par exemple, pour qui l’art n’est qu’instrument d’affichage et de consolidation du pouvoir et de la fortune, mais qu’il en existe de parfaitement, désintéressés, affables, modestes, véritablement amoureux des arts et des artistes dans leur diversité, leur foisonnement, leur joyeux désordre et capables de vivre près d’eux pendant une semaine, de parler avec tous, de les aider à l’accrochage et au décrochage des tableaux, etc.
 
2- la réussite incontestable de cette première édition, avec 9400 visiteurs pour l’inauguration et 16500 au total, qui est étonnante pour un salon « périphérique » de 900 artistes, si l’on compare ces nombres à ceux de cet autre salon d’artistes, « Art en Capital », bénéficiant du centralisme prestigieux du Grand Palais et réunissant les œuvres de 2500 artistes…
Important à noter, parce que cela prouve que l’art peut se déployer librement, plus au large, loin des maigres subventions et de la très condescendante et asphyxiante mise sous cloche de l’administration centrale.
 
3- Une sélection faite par les artistes mêmes. En effet, les 900 artistes présentés dans ces Hivernales, ont été sélectionnés sur 3000 candidatures environ, par les artistes eux – mêmes inscrits à la MDA, grâce à un système tout à fait inédit de vote collectif , sur l’ « Agora » installé sur le site internet de la Maison Des Artistes…
Important à noter, parce que cela prouve qu’il est possible d’imaginer ici, comme cela pourrait se faire dans les structures institutionnelles, des procédures d’évaluation« démocratiques », où l’expertise et la parole des artistes pourraient être réintroduites pour remplacer celles des fonctionnaires au service du grand marché.
 
4- Un fond de solidarité. Sur les 110 euros de droits d’accrochage par œuvre, 10 sont destinés à un fond de solidarité aux artistes en difficulté financière pour les aider à participer au salon…
Important à noter,parce que cela prouve qu’il n’y a pas à désespérer d’un regain de solidarité entre les artistes tel que le souhaite la Maison des Artistes et son président Rémy Aron. (on imagine , face à cette information, le sourire commissératoire d’une critique d’art telle que Judith Benamou- Huet, célèbre hagiographe des collectionneurs milliardaires et des artistes « les plus chers du monde »…
 
5- une vente totale de 120 œuvres au cours de ce salon
Important à noter, parce que ce très modeste chiffre d’affaires généré par ces 120 ventes pour 900 artistes, représente assez exactement celui d’une seule vente dans telle galerie Perrotin, Lambert ou Gagosian, à un seul collectionneur PDG de grosse entreprise et gagnant justement 900 fois le salaire du manœuvre de base…
 
6- L'Assemblée Générale de l'Association La MDA (Maison des Artistes) s'est tenue au sein -même des« Hivernales », ouverte conjointement par Dominique Voynet, Maire de Montreuil et Razzy Hammadi, Député de Seine Saint-Denis…
Important à noter, car il se produit là, in-situ, parmi les œuvres, une connexion vivante, inédite et exemplaire entre des responsables politiques et l’organisation d’ artistes la plus représentative. Il se produit aussi une inédite et fructueuse conjugaison des projets de Rémy Aron, président de la MDA, et de Noël Coret, Président du Salon d’Automne. Le premier se bat depuis plusieurs années pour améliorer le statut des artistes, leur protection sociale et la solidarité entre eux ; le second a su développer le Salon d’Automne, tout en renforçant son indépendance ; les deux étant taxés pour cela de ringards réactionnaires par la branchitude contemporainiste parisienne.
 
7- Une ouverture à tous les champs de la création plastique, à toutes les tendances, techniques et modes d’expression, mais aussi à 40 nationalités…
Important à noter, quand on connaît le communautarisme féroce des réseaux qui « tiennent »le champ de l’art contemporain a vocation supra –nationale. Voir en effet , à l’opposé du salon de Montreuil, le Salon de Montrouge, hyper-subventionné et hyper-médiatisé, où accourt la fine fleur orlano - cuiresque de l’AICA, pour« accélérer la carrière » des « têtards émergents sur la scène artistique internationale », qui sont pour 90% d’entre eux, de petits cortex fraichement décérébrés et reprogrammés en Ecole des Beaux-Arts pour une probabilité de 1% d’émergence effective sur la scène internationale.
 
8- Le succés de la section « Happy art »
Important à noter, car il y a là comme la réhabilitation d’un art « heureux », coloré, sensuel, enjoué, positif, quand l’esthétique dominante fait plutôt dans la questionnite pathos, déprimante, l’angoisse , le morbide et le catastrophisme spectaculaires.
 
9-Une inflexion dans la courbe de croissance du « contemporainisme » en art, telle qu’on l’a vue monter de façon inquiétante depuis 3 ou 4 décennies.
Important à noter, car cet événement semble augurer d’une nouvelle époque : celle d’un art qu’on pourrait appeler « a-contemporain » ou« post-contemporain » ou « rien à foutre d’être ou non contemporain »… un art de demain en quelque sorte, beaucoup moins obsessionnellement « contemporain » qu’il ne l’est aujourd’hui…un art guéri et libéré, et plus apte assurément à s’inscrire dans une continuité historique.( le contemporainisme étant à considérer comme une tétanie passagère)
 
10- Un mutisme assourdissant des médias. Pas un seul des chroniqueurs d’art - à prétention toujours historicisante pourtant - n’a franchi le périphérique pour aller voir ce qui s’est passé dans ce salon…
Important à noter, car cela prouve encore une fois que la chronique d’art française ne s’intéresse pas, par principe, à ce qui devrait être notable par elle, à ce que son lectorat serait en droit de connaître ; cela prouve qu’elle n’a de tropisme que vers la jet arty society germano-pratine liée au business-art international et qu’elle considère ce rassemblement suburbain du sous-prolétariat de l’art, comme une « cour des miracles » infréquentable parce que susceptible de compromettre sa carrière et ses maigres piges.
 
 
Ce que signifie le succès de ces « Hivernales »
 
Hivernales-Bilan.jpg 

1-C’est qu’elles apportent la preuve que les notions de générosité, de solidarité, d’affabilité, de respect de la diversité , ne sont pas encore tout à fait disqualifiées et inopérantes dans le champ de l’art, malgré les incessants procès en ringardisme, démagogisme, populisme« nauséabond », dont elles sont l’objet depuis des décennies
 
2- C’est qu’à partir d’elle, l’espoir est permis de retrouvailles avec l’ensemble de la floraison artistique actuelle dans toute sa richesse, sa variété, sa multiplicité.
 
3-Car c’est avec cette reconnaissance, pour tous les artistes de ce temps, de tous bords, de toutes tendances, de toutes origines et de tous « niveaux », d’une égalité du droit de vivre, de créer , de parler, et d’être vus, que pourra se faire, non pas un applatissement où « tout se vaut »,comme le craignent certains, mais au contraire une ré-organisation« démocratique » du champ de l’art, une reconstruction de vrais critères d’évaluation esthétique , l’établissement de hiérarchies justes ( comme celles existant en politique à partir de l’égalité en droit d’expression pour tous les citoyens), des retrouvailles avec le public des vrais amateurs d’arts aujourd’hui désorienté et dégoûté, la dynamisation des libres systèmes de diffusion de l’art…
4-C’est sur cette « plate forme » citoyenne élargie, prenant en compte démocratiquement l’existence de toutes les espèces florales existantes, que pourra se faire la mise en place d’ instances d’évaluation et de décision, émanant dès lors des artistes réorganisés et solidaires ainsi que de l’ensemble des acteurs de l’art , et non plus d’une minuscule élite auto proclamée. Une caste qui s’est arrogé tous les pouvoirs, qui a imposé des critères délirants, qui a installé le chaos en détruisant toutes les valeurs patrimoniales et réduit la presque totalité des artistes au rang de sous-citoyens méprisables sans aucun droit de regard et de parole sur ce qui les concerne.
 
5-Oui, c’est par cette généreuse ouverture, expérimentée par Les Hivernales, que nous nous libérerons des méfaits de cette caste invraisemblable née de cette effarante collusion de l’institution avec le business art international, que pourront apparaître et être reconnues de nouvelles formes vraiment« contemporaines » parce qu’ancrées dans la réalité de l’art d’aujourd’hui.
 

Allez sur internet ! Vous pouvez retrouver ces chroniques en allant sur le site : www.schtroumpf-emergent.com
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Cette chronique est envoyée régulièrement par ailleurs à 15 000 journalistes , diffuseurs d’art , artistes et décideurs institutionnels en France.
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27 décembre 2012 4 27 /12 /décembre /2012 11:49
La chronique n° 37 de Nicole Esterolle
texte que vous pouvez trouver aussi sur le site : www.schtroumpf-emergent.com, sur Mic Mag, le magazine des médias libres : www.micmag.net/es/voz-libre, sur www.actuartlyon.com
 
m.figaro-buren-BD.jpgJe vous ai placé en pièce jointe l’image de la dernière de couverture du numéro du Figaro Magazine daté du 30 11 12. Il s’agit d’une publicité pour une célèbre marque de breuvage d’effervescent où l’on distingue, en arrière plan, un bas –relief de 2007 de Daniel Buren , « travail in-situ », intitulé « Ecrire la craie ». L’artiste a fait pour l’occasion creuser ses célèbres bandes verticales dans la paroi même de la cave, pour une œuvre qui doit défier l’éternité, parce qu’elle possède, selon l’artiste, tout comme les gravures rupestres des grottes de Lascaux, valeur de message à destination des générations futures …
Ainsi donc, après avoir dessiné des carrés de soie pour Hermès, conçu une ligne de tasses à café pour tel fameux porcelainier, fait des petits carreaux pour le nouveau design des sacs Vuitton, notre anartistedes années 70, rêve-il aujourd’hui d’éternité en plaçant sa force de subversivité dans un art pariétal au service d’une prestigieuse marque de pétillant.
 
Ainsi donc , notre vieux band’art, an’art et maoiste, fait-il opportunément dans le produit pour richissimes, chinois, russes et autres, à un moment où les valeurs boursières des entreprises du luxe flambent comme jamais, et où les ventes du business art international battent des records… Comme cela se passe toujours quand la récession et la misère s’installent et que l’on assiste à l’appauvrissement de tout le monde y compris de la majorité des artistes.
 
Ainsi donc, notre « outilleur visuel » national, non content d’avoir amassé des montagnes d’argent public comme prestataire de « visibilisation » auprès du dispositif culturel d’Etat, ramasse aussi de l’argent de la même façon avec de grandes entreprises capitalistiques
 
Ainsi donc, ce produit de pur in-situ de la gauche – caviar- Mitterrand-Mollard-Lang – culture - paillettes et plumes dans la raie verticale, ne répugne-t-il pas non plus à œuvrer toujours in situ avec la droite Champagne –Rolleix - Fouquet’s – Figaro - Sarko et Carla chansonnette …
 
Mais ce qui ne manque pas d’être extrêmement émouvant, dans cette rencontre fortuite de la bouteille de bulleux avec la raie buréneuse dans un caveau de maturation vineuse, c’est que nous avons là, la preuve tangible de cette vertueuse collusion qui existe de nos jours entre l’appareil institutionnel, dont Buren est le produit emblématique, et la grande finance dont la bulle de Champagne est le symbole d’autant plus festif, exultant et triomphant, qu’il se place sur fond de désenchantement social généralisé
 
Si je possédais son adresse mail directe, j’enverrais bien cette chronique à notre pétillant Jean-Luc Mélenchon, avec le document joint pour le soumettre à sa bouillonnante sagacité politique, lui qui a pris en mains un parti qui a toujours benoitement pensé que la culture de classe devait aussi profiter aux masses laborieuses et qui n’a jamais imaginé que l’esthétique cynique des dominants puisse être un moyen parmi d’autres de mieux endoctriner, assujétir et exploiter les dominés.
 
monsanto-Tof-VanMarque.jpgJe l’enverrais aussi aux représentants du parti écologiste vert et décroissant, en essayant de leur expliquer que Buren, c’est un peu comme le Round-up de Monsanto, ça nettoie radicalement le champ de l’art de toutes les floraisons sensibles, imaginatives, poétiques, ancrées dans une personne, un vécu, un lieu, un terroir, une culture…libres en quelque sorte et donc non conformes à la norme fixée par les multinationales du business-art .
 
NB : L’abus de Buren, comme d’alcool, est dangereux pour la santé. A consommez avec modération : d’où la brièveté de cette chronique….Mais, pour compenser cela, je vous ajoute une image d’une peinture sympathique intitulée « Monsanto, mon amour », que j’ai découverte sur le magazine Artension et qui a été réalisée par Tof Vanmarque, jeune artiste vivant et travaillant sur une petite ile au large d’Ouessant, parmi les troupeaux de moutons
 

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